Archives quotidiennes : 13 juillet 2008

Le complexe du fight club

Suite a la reponse de Stag des enfants de la zone grise je commence a un peu mieux comprendre l’envie de decroissance de certains de mes corelegionnaires.

Le reac est un romantique par essence. Il se sent lese en lisant Dumas et creve d’envie de charges heroiques, sabre au clair, de jeunes femmes pudiques ravies de se faire prendre de force, de colonies tout ca… Bref de combats quoi. Ils sentent bien que le progres technique leur a vole cette possibilite, confinant les hommes dans un confort tel qu’ils n’ont meme pas senti l’emasculation.

Dans ces conditions, c’est sur que le retour a la terre, la hutte en bouse et l’eclairage a la bougie qui rend toujours les filles plus jolies, a la biere faite maison et ainsi de suite ca peut faire envie a certains.

C’est ca le complexe du fight club: comment peut-on se connaitre si on a jamais pris un coup de poing dans la gueule, si on a jamais beche la terre, si on a jamais tue un ours a mains nues…

Alors comme le reac est aussi un etre intelligent et raffine, il a tendance a ne pas ceder a la tentation de la camaraderie virile qui unit les troupes de fachos beuglants. Et puis en plus c’est quand meme lamentable et navrant de faire une descente a 8 avec des barres en fer pour terroriser l’epicier arabe du coin. On est loin de la charge heroique la…

Donc le reac est coince. Se sentant d’une autre epoque, il a envie d’y retourner.

Et bien moi je dis non. Le confort je l’aime et il n’est pas forcement emasculateur. Rien ne vous empeche chers amis d’aller habiter une hutte en correze ou ailleurs. Moi j’aime la ville, j’aime internet et tout ce que ca permet. J’aime aussi une bonne bagarre (dans tous les sens du terme) de temps en temps. Et les coups de poings dans la gueule c’est pas si difficile que ca a trouver.

Alors bien sur je regrette une epoque plus gaie. Aujourd’hui tout est devenu tellement professionnel que c’en est gerbant. Prenons un exemple tout simple. Les films porno des 70ties etaient bon esprit, gaudriolant en diable. On prenait de la drogue et apres on faisait des betises avec nos petits corps. Aujourd’hui les films sont tous les memes. Du sexe a la chaine. On prend une petite russe de 18 ans et on la fait tourner entre des brutes. Du sexe sans joie quoi. Et je reconnais qu’on peut regretter que le corporate world en professionalisant tout ait ote la joie du cordonnier de la fable.

Mais en attendant le cordonnier de la fable, il n’arrivait pas a nourrir ses enfants et il avait sans doute une esperance de vie de 45 ans.