Le vieux flic fut surpris par le boucan qui envahit soudain le commissariat. Il avait passé ces dernières heures perdu dans ses pensées. Depuis que les choses s’étaient durcies avec l’autre malade, et que tous les jeunes loups de la PJ avaient été ridiculisés les uns après les autres, il avait finit par récupérer le bébé. Un rond de cuir avait eu l’idée lumineuse de lui refiler le dossier. Pas du tout pour ses compétences mais bien plutôt parce qu’il était le fusible idéal. S’il merdait sa carrière ne serait pas foutue, il n’aurait qu’à prendre sa retraite avec une demi-solde pour avoir gravement failli à sa mission. Bref, soit il réglait cette saloperie gluante, soit il l’avait dans le baba jusqu’à la gorge.
En fait c’était bien plus que du boucan, c’était une mini-émeute. Les flics gueulaient dans tous les sens et étaient en train de barricader le commissariat. « Mais il se passe quoi bordel de pine à queue », se demanda le vieux flic. Il sortit de son bureau pour tomber nez à nez avec le visage du fou furieux qu’il avait pu voir sur les caméras de contrôle et qui mettait le pays à feu et à sang depuis des semaines. Il était encadré par 2 uniformes, avec l’air goguenard du type qui sait ce qu’il fait.
Vraiment le vieux flic ne comprenait plus ce qu’il se passait.
« – T’as vraiment le cul bordé de nouilles vieux, lui dit un collègue qui passait dans le couloir.
- Attends, quelqu’un peut m’expliquer d’où elle sort cette vérole ?
- Ben il vient d’arriver, escorté par ses jeunes, la moitié de la ville aux basques voulant les lyncher mais ayant trop la trouille pour bouger. C’est pour ça qu’on doit barricader le commissariat.
- Donc on se retrouve dans la position à la con ou on doit protéger cette crevure ? Déjà que le public pouvait pas nous blairer, là on va clairement êtres considérés comme des putains d’ennemis par la population… Pourquoi on n’a pas fermé les yeux et les portes et laisser la populace faire le boulot ?
- T’es vraiment dépassé hein ? Les lynchages c’est un truc de raciste américains, ici on est dans un pays civilisé et on protège les gens, même si on pense que ce sont des enflures de première.
- Mais tu te rends pas compte qu’avec les juges actuels, sa bande va prendre maximum 10 ans et lui à peine plus, soupira le vieux flic. Le seul moyen de rétablir l’ordre est de se débarrasser de toute cette bande d’arsouilles, sinon je te jure que tout va s’effondrer façon 1793 et tout le tintouin.
- Y’a vraiment que toi pour penser du mal de la révolution française, dit le collègue en s’éloignant, visiblement accablé par la réaction le vieux flic. » Il lâcha encore avant de partir, « et on a du pain sur la planche, faut qu’on trouve ses derniers otages avant qu’ils crèvent de faim et de soif. En plus il a prévenu les télévisions que seulement certains otages pourraient êtres sauvés parce qu’ils seraient soi-disant tous reliés les uns aux autres et en sauver un en ferait mécaniquement péter un autre.»
Selon les derniers chiffres, il y avait environ 200 otages.
Le vieux flic eu une illumination, il commençait à comprendre ce que l’autre pourriture avait voulu faire. Dresser les habitants contre ceux qui avaient lamentablement échoué dans leur mission de faire régner la paix, créer une suspicion permanente de tous envers tous, détruire la société.
Il n’avait plus 40 choix, il devait l’interroger, sauver les survivants et balayer le reste sous le tapis de la mémoire défaillante des cons dehors en faisant en sorte que cette incarnation de la folie ordinaire disparaisse. Sinon c’était le chaos de compétition et il ne comptait pas passer ses dernières années dans la trouille permanente. Lui son plan était plutôt de les passer dans une petite de la moitié de son âge. Ce n’était jamais vraiment rigolo une guerre civile. En même temps, il disait toujours à ses collègues qui lui demandaient quelque chose que lui aurait bien voulu un poney mais qu’on n’avait pas toujours ce qu’on voulait dans la vie…
Les premiers pavés s’abattaient déjà sur le commissariat, mais il savait que cette unité de façade ne durerait pas. Que d’ici peu les gens allaient s’organiser et s’écharper pour sauver ceux qu’ils aimaient en laissant crever les autres dans une absolue bonne conscience.
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Le debut dans fiction tout ca…