Archives quotidiennes : 9 mars 2009

Mangeons creole

Comme les miettes d’empire sont a la mode et que dans le cochon, de la tete a la queue tout est bon, voici une recette de queue de cochon des antilles.

– Faire tremper les haricots rouges la veille
– Ajouter des queues de cochon salées ou à défaut un gros morceau de lard fumé (ça donne un très bon goût)
– La cuisson se fait dans l’auto-cuiseur pour un gain de temps mais également pour obtenir une sauce épaisse
– Les haricots rouges doivent être bien cuits et très fondants
– Certains ingrédients sont quasi indispensables : Cives (oignon pays), des clous de girofle, thym, ail et du piment. Mais bon, on peut faire sans si on n’a pas le choix.
– Certains de mes amis ont testé ce plat avec des haricots rouges en boîte, je trouve cela une très bonne idée surtout si on ne dispose pas de cocotte minute. Il faudra en revanche augmenter les proprtions d’épices (cives, clous de girofle, poivre, thym…) car les conserves sont généralement fâdes en goût.

Recette :

500 g d’haricots rouges ou roses (roses pour moi)
2 queues de cochon salées
1 morceau de lard fumé (d’environ 150 g)
1 oignon
4 à 6 Cives
2 gousses d’ail
Thym
2 feuilles de
bois d’inde  ou de laurier
Quelques brins de persil (facultatif)
Piment
6 clous de girofle
Poivre, éventuellement du sel
Huile neutre
Eau

Il existe deux méthodes :

– Soit on fait bouillir au préalable les queues de cochon dans de l’eau avec quelques épices : thym, vinaigre, ail, poivre et piment. Puis on les ajoute aux haricots rouges et on garde juste la moitié du bouillon.

– Soit on les fait revenir et elles vont cuire en même temps que les haricots rouges.

Cela dépend de votre envie, du temps que vous avez, de la qualité des queues de cochon…

Pour ma part, je choisis toujours la 2ème méthode.

Astuces :

– Ajouter une pincée de bicarbonate pour accélerer la cuisson des haricots rouges, attention de ne pas en mettre beaucoup ça donne un mauvais goût parfois quand c’est sur-dosé.

– On peut également ajouter une pincée ou un bâton de cannelle au plat pour éviter ainsi ou réduire les gazs gastriques ;-)

Comment faire …

Mettre dans une cocotte minute un peu d’huile (un filet), ajouter les queues de cochon rincées, le lard, les deux gousses d’ail juste écrasés contre la planche à découper, les cives coupés en deux, l’oignon coupé en 4 (il va fondre), les clous de girofle (écraser légèrement la tête entre vos doigts pour qu’elles dégagent leurs saveurs), le bois d’inde (ou le laurier) et enfin le thym.

Bien fair revenir tout cela pendant au moins 10 min. N’ajouter pas le piment à ce stade car il risque d’être très fort et piquant.

Ajouter les haricots rouges et mélanger le tout.

Ajouter le poivre puis arroser de beaucoup d’eau à couvrir presque doublement les haricots rouges.

Ajouter les brins de persil entiers sans les émincer (facultatif)

Faire cuire sous pression 40 à 45 min.

Ouvrir puis laisser réduire la sauce.

Ajouter le piment entier (ou juste une pointe ou un morceau) et réctifier l’assaisonnement. Vous pouvez le mettre entier en veillant à ce qu’il n’éclate pas (le mettre en surface sans trop mélanger le plat, puis l’enlever au moment de servir)

Ecraser quelques haricots rouges contre la paroi de la cocotte pour qu’elles rendent la sauce plus épaisse.

Nous avons dégusté ce plat avec un ragoût de porc aux carottes : viande, carottes, laurier, tomates, moutarde, sel, poivre, piment, ail, thym, eau , matière grasse. Le tout dans un plat allant au four et hop cuisson pendant 50 min (sous aluminium, ensuite légèrement sous grill).

Les pois rouges à la mode créole se dégustent avec tout type de viandes : poulet, poulet boucané, grillade, poissons, agneau, chatou, lambi… Vous pouvez l’accompagner de viandes en sauce ou grillée.

 

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Les cavaliers de l’apocalypse sonnent à sa porte et il monte le son de sa télé (IX)

Le vieux flic se sentait de plus en plus comme une caricature. Un peu comme une pointe de silex coincée entre un MP3 et un ordinateur portable. Il était entré dans la police alors qu’il était jeune. Il allait en sortir toujours aussi jeune mais il lui semblait que le monde autour de lui avait vieilli. L’amateurisme hargneux qui était l’apanage de la flicaille il n’y avait encore pas si longtemps, s’était transformé en un professionnalisme froid. Il s’était vu passer de l’état de cowboy traquant les méchants à celui d’assistante sociale tentant tant bien que mal de sauvegarder des ilots à peu près paisibles. Plus ça allait plus il se demandait pourquoi il avait fait jouer le peu de relations qu’il avait pour se maintenir à son poste et ne pas être envoyé à l’usine de colle, baptisée pudiquement préretraite par les pouvoirs publics. Mais, au fond de lui, il savait que sans son métier, il n’était plus rien. Il n’avait jamais été rien d’autre qu’un flic, il était trop tard pour embrasser une carrière d’artiste expérimental, d’astronaute ou de pompier. Ses rêves de petit garçon étaient loin et perdus. Il n’avait jamais réussi à fonder un foyer, ou en fait si, il avait trop bien réussi et aujourd’hui les 3 pensions alimentaires que le flic versait à ses ex-femmes faisaient de lui essentiellement un esclave. Et pas un esclave genre sympa à qui sa maitresse donne des compensations pour le féliciter. Non. Lui se sentait plus entre l’eunuque et le champignon. Castré, dans le noir et couvert de merde.

Mais en fait tout cela n’avait qu’une importance toute relative. Ce n’était jamais que la vie comme il disait toujours.

Alors certes, il avait du apprendre à réduire son répertoire de bons mots de peur de subir les foudres de sa hiérarchie. Aujourd’hui le flic ne pouvait plus faire la moindre vanne sur les femmes, les gens de couleur, les infirmes, les pédophiles, les animaux et ainsi de suite. En tous cas il n’était plus supposé pouvoir en faire. Mais il se les servait à lui-même dans sa vieille caboche de cheval sur le retour. Cela lui permettait d’arborer un infime sourire presque permanent qui agaçait prodigieusement tous les gens autour de lui. C’était d’ailleurs pour cette raison qu’il s’était laissé pousser une moustache si broussailleuse et anachronique. Ils étaient tous si graves, si sérieux dans leur mission. L’époque ou le flic pouvait fumer dans les bureaux et avait toujours une bouteille d’un alcool plus ou moins honnête dans un tiroir de son « espace de travail » était bel et bien révolu. C’était le progrès. Un progrès de merde, d’accord, mais le progrès quand même.

Le flic ne pouvait pas s’empêcher de penser que quand même les gens étaient méchants. En particulier quand il avait sur son bureau un dossier comme celui-ci. Un clochard et un volontaire de la croix rouge retrouvés morts. Un peu plus que morts en fait. L’agresseur en avait fait de la charpie. Le volontaire présentait de nombreuses traces de morsures sur les poignets et avait la face enfoncée à angle droit. D’après les légistes, le coupable s’était retrouve a un moment en position d’infériorité, le cou pris entre les bras du volontaire, il l’avait mordu pour se dégager puis lui avait violemment frappé le visage contre des marches. Le flic adorait les rapports des légistes. Si froids, si absurdes et donc si drôles. Vu les photos que le flic avait sous la main, il semblait assez clair que le volontaire avait été frappé « violemment ». Son visage se réduisait à une barre de front et a son menton. Le reste était de la bouillie qu’il aurait bien filée à son chat s’il en avait eu un. Quant au clodo, il avait été roué de coups et ce pauvre hère n’avait pas eu la volonté nécessaire pour se défendre. Il n’était pas beau à voir non plus, mais en même temps, ca faisait sans doute un certain temps qu’il n’était plus beau à voir ce paumé.

En attendant, le flic allait devoir commencer à chercher quel déglingué sous acide avait commis le crime, pourquoi, puis le trainer devant un juge et le voir prendre 6 mois d’hôpital psychiatrique avant qu’il ne puisse de nouveau gambader dans les rues de la ville. Ou sinon, peut être que pour ce qui serait sans doute sa dernière enquête, le flic pouvait se permettre une bavure. Fallait voir.

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Comme d’habitude pour les petits nouveaux, vous trouverez l’integralite de l’histoire en cliquant sur « fiction ».