Les cavaliers de l’apocalypse sonnent à sa porte et il monte le son de sa télé (XIV)

Alors que les flics étaient encore en train de rameuter leurs psychologues de bazar, les bons étant déjà pris et refusant les tarifs horaires proposés par un gouvernement en banqueroute, pour savoir a qui ils avaient à faire, lui était en train de mettre en place son plan. Le chaos par la peur. Bien sur, cela n’avait rien d’original. Les extrémistes de tous bords avaient toujours agit de la sorte. Mais lui comptait y apporter sa petite touche. Il avait toujours été surpris par la facilité avec laquelle ont peut faire faire des choses surprenantes à un homme défoncé aux amphets’. Il avait toujours été encore plus surpris par la facilité avec laquelle on peut vendre n’importe quoi aux journalistes. Lui et sa petite équipe, donc en fait lui seul vu que les autres n’étaient pas exactement câblés comme des bêtes de concours Lépine, avaient donc décidé, en marge de leur véritable plan de revendiquer le moindre accident mortel sur la route, le moindre fait divers sanglant. Une petite équipe était dédiée à l’épluchage des journaux. Quand ils trouvaient une affaire du type « un suicidaire prend l’autoroute en sens inverse, se tue et emmène 2 autres personnes avec lui », ils appelaient la rédaction et revendiquaient l’accident comme un attentat perpétré par leur soin, eux le comité André Breton En Vrai, le grand homme avait un jour dit que l’acte surréaliste ultime était de descendre dans la rue et de tirer sur les passants avec une mitraillette. Cette méthode avait l’avantage notable d’épargner ses troupes opérationnelles encore maigres et de semer un vent de panique. En plus, ça prenait les modeux à contrepied puisqu’ils croyaient que ces horreurs étaient commis au nom de l’art et non de la sauvagerie.

En quelques jours, internet aidant, le trafic routier avait diminué d’un tiers. Il en riait d’aise. Les flics ne savaient plus où donner de la tête, les gens dénonçaient leurs voisins sur le moindre soupçon. La chienlit était en train de s’étendre.

La seconde partie de son plan consistait à enlever des gens sur des parkings de supermarchés, de les torturer en se filmant à visage découvert et de poster les vidéos sur internet. En quelques semaines les supermarchés se vidèrent. Il frappait partout, dans tout le pays, sans modus operandi, sans logique apparente, sans demande au gouvernement. Juste des revendications, de la violence et du surréalisme.

Bien entendu, pendant ce temps, il continuait à recruter. Il avait maintenant des caves entières remplies d’adolescents menottés à leurs lits et shootés à heure fixe. Il savait que c’était comme ça qu’on formait les meilleurs soldats chez les maitres du genre, les africains.

Les rares autorités morales des quartiers qui tentaient de s’opposer à lui étaient toutes traitées de la même manière : attaché à l’intérieur d’un caddy de supermarché et lancé de l’arrière d’une fourgonnette du haut d’une cote sur une autoroute bondée. Au moins ils ne pouvaient pas dire qu’ils n’étaient pas morts de façon surprenante.

La troisième partie de son plan devait se mettre en place d’elle-même. Il voulait que les « citoyen » reprennent les choses en main face à la nullité des pouvoirs publics. Ce qui amènerait ces mêmes pouvoirs publics à s’en prendre à des innocents puisqu’ils ne pouvaient rien faire contre lui. Mais cette partie était trop lente à se mettre en place, il fallait qu’il intervienne de manière encore plus directe pour forcer l’implosion et qu’enfin la quatrième partie se mette en place, la lutte de tous contre tous, la perte de confiance en son voisin qui fait commettre les pires crimes à des gens jusque-là sans histoire. Grace a lui, tous allait dorénavant avoir une histoire. Tous seraient forcés de reconnaitre que le temps ne s’était pas arrêté, que leurs vies sous cellophane ne pouvait pas les protéger, que la nature humaine existait et qu’elle n’était pas belle.

Il fallait donc accélérer les choses avant que les flics, aussi incompétents soient-ils ne puissent le faire disparaitre dans le feutré d’une cellule aux murs capitonnés. Il savait exactement comment faire, cela ne demandait qu’un peu d’organisation et de doigté comme disait Mme Claude ou Horowitz, il ne savait plus.

————————

Le debut dans fiction.

6 réponses à “Les cavaliers de l’apocalypse sonnent à sa porte et il monte le son de sa télé (XIV)

  1. putain, tu as une âme de planneur stratégique révolutionnaire …

  2. Monsieur l’amiral,

    « Le surréalisme, s’il est un réalisme c’est afin de dégager le halo magique du réel, d’être un sur-réalisme. »

    C’est de Gaétan Picon. (ça ne s’invente pas)

    Et bien moi, je vais me coucher…en rêvant d’Armageddon Mwouahhhhh !

  3. Bien écrit, je suis sûr que tu pourrais nous faire, un bon feuilleton cher collègue réac.
    Surtout que j’apprécie la référence surréaliste, l’acte gratuit comme liberté absolue, luttons contre la société et la raison.
    Tu vires nihiliste?

    • Merci Flavius, mais c’est deja un feuilleton! C’est le 14eme chapitre. Sinon je ne vire pas nihiliste. Je l’ai ete et j’en suis revenu, mais il m’en reste un peu au fond quand meme.

à votre humble avis

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s