Archives quotidiennes : 12 avril 2009

Service public de lobotomisation

Voici un petit texte envoye par une de mes charmantes lectrices (et oui il n’y a pas que des gros bourrins poilus et gaves de testosterone qui passent par ici).

Je vous le laisse tel quel et je vous souhaites de tres joyeuses Paques a tous.

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Ce Vendredi Saint, au chemin de croix du Vème arrondissement, entre Saint-Médard et Saint-Etienne du Mont, j’ai été arrêtée par des journalistes de France 3 pour répondre à des questions sur les polémiques récentes, mon opinion sur le pape et sur l’Eglise.

Un peu hésitante, j’accepte : il faut pouvoir répondre de sa foi et de ses convictions, dussent-elles nous coller à la peau et nous attirer les foudres de quelques-uns…

A leurs questions, je sens qu’ils aimeraient m’entendre me dire sceptique vis-à-vis des propos de notre pape. Mais, du haut de mes dix-huit ans, je leur affirme que nous, les jeunes des aumôneries des lycées environnants (oui, nous, les futures « élites intellectuelles » !!), aimons l’Eglise et Benoît XVI plus que jamais, plus que jamais nous le soutenons et souffrons avec lui, et que, oui, l’Eglise souffre avec et aime cette petite brésilienne violée, comme le Christ sur cette croix que nous portons aujourd’hui, et je leur dit que nous ne sommes pas contre le préservatif , mais bien pour une forme de sexualité respectueuse de la dignité des personnes, qui croit en leur capacité à vouloir et à réaliser le meilleur… Non, nous ne sommes pas des criminels, nous voulons être des hommes debout… Je leur dis cela, et plus encore : je suis renseignée au sujet de ces polémiques et de leurs implications. J’ai un discours sérieux, clair et argumenté.

J’ai le ventre noué d’être vue à l’écran, peut-être, par des connaissances. J’ai peur qu’on me juge, ou qu’ils tronquent mes paroles. Mais je suis heureuse d’avoir pu rendre témoignage de la vérité. J’ai fait ce que j’avais à faire ; j’ai été appelée, je suis venue. Je ne L’ai pas renié.

Le soir, je regarde le reportage, au 19-20. Ils ont passé cinq ou six personnes. Le seul qui ait le même discours que celui que je leur ai tenu est un petit monsieur très âgé, très sage probablement. Mais en face de lui, des trentenaires beaux et attirants répondent que le pape est conservateur et rétrograde, mais qu’ils restent dans l’Eglise parce que, bon, voilà, tous les catholiques ne pensent pas comme lui.

Alors que nous sommes tous, sauf quelques-uns, à nous serrer les uns contre les autres pour résister à leurs attaques. Alors que les jeunes sont là, avec le pape, et qu’ils n’y a pas que les personnes âgées, comme ils voudraient nous le faire croire ! Mais nous n’avons pas le droit à la parole, pas le droit de nous défendre de leur immonde sabotage médiatique, de leur mensonge.

Ils manipulent l’information. Ils sélectionnent ce qu’ils font passer à l’écran en fonction de l’opinion de la masse, qu’ils veulent propager et enraciner. Ils pervertissent la vérité parce qu’ils ne veulent pas la reconnaître. Ils impriment à l’information la marque de leur opinion.

Ils nous mentent.

Il ne faut pas croire un mot de ce qu’ils nous disent.

Protégeons-nous, ne les écoutons plus. C’est notre unité qui est en jeu.

Une charmante lectrice

Les cavaliers de l’apocalypse sonnent à sa porte et il monte le son de sa télé (XVIII)

Bien entendu le vieux flic avait un plan, ou du moins une vague idée de ce qu’il voulait faire en rejoignant le groupe du CABEV. Il avait beau ne pas se faire d’illusion et ne pas se prendre pour Rambo ou Dirty Harry, il savait que le seul moyen de désamorcer la fin de ce monde qu’il n’aimait pas était de tuer ce qu’il comprenait n’être qu’un symptôme et pas le mal lui-même. La subtilité était bien entendu de réussir à faire ça tout en vivant suffisamment longtemps pour en profiter.

Le vieux flic aurait pu le tuer dans le commissariat. Dans l’ambiance générale cela n’aurait pas pose de problème. Mais ca n’aurait servi à rien. Pour calmer le jeu et sauver ce qui pouvait encore l’être, le vieux flic devait organiser une exécution publique, se servir de lui comme de l’agneau sacrificiel le plus tordu et pervers de l’histoire. Voilà longtemps que plus rien ne pouvait être sauvé par l’innocence, et puis de toutes façons, trouver des innocents en ces temps là était impossible. L’équation était donc simple, il lui fallait rameuter un maximum de gens, sans se faire canarder de trop près par les civils, les militaires ou les flics, buter l’autre et survivre à l’ire du CABEV. Sur le papier c’était du nanan.

Le premier problème avait donc été de sortir du commissariat dans le feutré, histoire de ne pas se faire repérer. Le vieux flic ne pouvait compter que sur lui-même, d’ailleurs sa dernière femme l’avait lourdé en lui reprochant d’être le dernier homme dans un monde qui ne voulait plus que de la douceur androgyne, et elle y croyait cette conne. Heureusement, comme la plupart des flics se planquaient, retranchés dans les sous-sols façon juifs sous l’occup’, sortir discrètement n’avait pas posé trop de problèmes. Les civils ne savaient pas qu’une des issues de secours donnait dans une ruelle à plus de 300 mètres du bâtiment principal. Maintenant il devait attirer l’attention sur lui, mais en douceur. Manque de bol, les premiers à les retrouver furent les chimpanzes de l’autre. Le vieux flic dut se résoudre à les suivre en attendant la bonne occasion. L’autre le présenta comme « son homme de l’intérieur ». Fallait bien reconnaitre qu’il ne manquait ni de sang-froid ni d’imagination, ce qui faisait de lui un enculé d’élite. Une lueur terrifiante passa dans les yeux de l’autre quand un de ses hommes lui mit en main un Smith et Wesson antédiluvien qui avait du servir sur un ranch ou dans un saloon 120 ou 130 années auparavant. Le vieux flic lui demanda pourquoi il utilisait une telle pétoire et il lui répondit que les armes modernes balançaient des bastos bien trop rapides pour faire des dégâts amusants.

Ce qui se passa ensuite devint assez flou pour le vieux flic, le cerveau humain ayant du mal à gérer trop d’adrénaline et la mémoire en même temps. Ils se lancèrent dans la rue, tirant sur tout ce qui bougeait. Le vieux flic ne comprenait pas quel était le but de la manœuvre avant de réaliser qu’ils étaient en train de se frayer un chemin vers la mairie. Ils couraient, tiraient, entendaient les balles siffler. Certains tombaient pour ne pas se relever, d’autres pour aller crever comme des rats en se tenant les tripes ou ce qui leur restait de visage dans des ruelles sombres ou ils croyaient se faire envelopper par la lumière la plus froide du monde.

Par un mécanisme d’une simplicité sublime, les civils avaient commencé à leur emboiter le pas, tous convergeaient maintenant vers le symbole du pouvoir. Les véhicules de l’armée postés devant furent rapidement anéantis pour une bonne moitié, l’autre ayant trouvé bien plus sage de prendre la poudre d’escampette et de laisser tout un chacun se demerder avec les moyens du bord. Le vieux flic suivi l’autre dans les couloirs de la mairie et ne put rien faire pour empêcher la chute du maire depuis la fenêtre de son bureau. Ca il s’en foutait un peu mais il aurait aimé empêcher le bruit de l’impact, mélange de chairs s’écrasant et d’os se brisant, cela lui avait envoyé un frisson très déplaisant le long de la colonne vertébrale.

L’autre se mit alors a la fenêtre et faisant face à la foule leur dit simplement que les otages seraient libérés si tous lui juraient allégeance. Et le vieux flic comprit, l’autre n’aurait pas le pouvoir dans la ville plus de quelques jours maximum, mais il l’aurait vraiment.

Le vieux flic rechargea son arme sans empressement.

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le reste dans fiction as usual.