Films dans l’avion

Hier j’ai regardé Gran Torino et the wrestler, puis après je me suis endormi saoul et menotté pour avoir frappé une hotesse de l’air avec un saumon (Jean-Luc Delarue si tu me lis…).

Alors the wrestler est suffisament chiant pour être un film français. Il ne vaut le coup que parce que Rourke s’est magnifiquement et méthodiquement détruit au cours des 20 dernières années, ce qui force le respect.

Pour ce qui est de Gran Torino, j’en ai eu une vision très différente de celle qui à apparemment prévalu chez les réacs. Pour la plupart d’entre eux, ou du moins ce que j’ai pu en lire, il s’agirait d’une charge contre l’homme blanc raciste qui trouverait sa rédemption dans le fait de se mettre a aimer une bande de nems.

Je pense qu’ils ont tort.

Voila des années que je suis un grand fan de Clint et même si ces derniers temps il s’est mis à ne manger plus que des graines en espérant devenir immortel, on retrouve dans à peu près tous ses films la même idée qui est celle du dernier homme debout, de celui qui a toujours refusé le compromis, celui qui fini toujours cocu. C’est encore le cas ici. Toute sa vie il a voulu rester debout au milieu d’un monde qui s’écroule et à la fin il décide de rendre les armes et de s’incliner face à l’envahisseur plutôt que de transmetre les miettes d’héritage à des gens qui ne les méritent pas. C’est le principe de préférer cramer ce qu’on a au lieu de le filer à des cons. Le personnage principal ne s’excuse pas, mais il abandonne par lassitude. Quand on regarde ce qu’il y a autour de nous, il faut bien reconnaitre que ça se comprend.

23 réponses à “Films dans l’avion

  1. Vision intéressante : j’ai hâte de voir le film…

  2. espece en voie de disparition

    Gran Torino .

  3. « @ Espece en voie de disparition, desole mais je ne peux pas laisser votre lien »

    Censure ! Salaud ! Ordure ! Fasciste ! Islamiste ! Sociologue !

    Désolé. :(

  4. Pfiou ! vous l’avez échappé belle monsieur Hank, car si vous aviez traité monsieur l’amiral d’intolérant, c’était si je me souviens bien, direct dans la cale avec des indiens…

  5. On ne fera pas mieux que la série des inspecteurs Harry, vous souvenez vous de l’épisode ou il est en proie à une bande de réacs corrompus ayant infiltré la police ? Pas crédible du tout et pourtant c’est du grand cinéma grace à la présence quasi-muette de ce vieux Clint.

  6. Je viens de voir Gran Torino. J’ai le même regard que vous sur ce film, que j’ai beaucoup aimé.

  7. C’est vrai que sociologue, tout de même…

    (Et j’ai placé un « c’est vrai que », juste pour énerver Renaud Camus !)

  8. Pas vu Gran Torino… honte sur moi. Je peux encore me rattraper… ?
    En revanche, The Wrestler, quelle claque ! Si, moi je trouve.

  9. Perso je viens de me faire Tropic Thunder…….. aucun rapport mais je me suis bien marrer quand même ! La j’hésite entre Dikkenek (que j’ai déjà vu 3 ou 4 fois) et un épisode de Burn Notice……

    • @ Coach, exactement.
      @ French connexion, moi je prefere les westerns spaghettis aux inspecteurs Harry, même s’ils étaient très bien.
      @ Eliott, oui je suspecte certains d’entre « nous » d’êtres légèrement paranos.
      @ Didier, je serai surpris que Camus me lise…
      @ PMalo, je veux bien que vous développiez sur le lutteur parce que moi je me suis juste ennuyé.
      @ Skandal, Dikkenek, toujours Dikkenek.

  10. Je ne trouve pas qu’il abandonne, il se sacrifie et
    le quartier est débarrassé du gang, finalement! Et à moins que la caution soit payée par ceux qui les manipulent, ou que la justice soit aussi laxiste qu’en Europe, ils sont dans les cages pour un moment, non? Et la famille sympa va pouvoir continuer à vivre tranquille…sauf si les autres ressortent aussitôt.

  11. Pas envie de développer. J’ai bien aimé, j’ai trouvé ça très juste, simple, honnête, et Rourke pathétiquement bon.
    Sans rationnaliser le truc, je me suis laisser porter et envahir par une émotion sauvage.
    La vie bête et méchante d’un pauvre gusse me touche plus que les violons sirupeux, effets spécieux et casse-têtes hollywoodiens, que voulez-vous.
    Mais c’est sûr que rien ne remplacera un bon Dikkenek !

  12. Gné, t’es malade ? Sur Gran Torino, tous les réacs que j’ai pu lire (Fdesouche, Valeurs actuelles, etc) ont loué ce film en disant à quel point si l’amitié entre le vieux et la famille est possible, c’est parce qu’ils partagent les mêmes valeurs d’élitisme, de sacrifice pour leur patrie, d’engagement, de respect envers leurs traditions, que le film se termine d’une manière très inhabituelle, girardienne, et finalement astucieuse, pour Clint Eastwood et ce qu’il cherche à faire.

    Toutes raisons qui font que c’est plutôt les prog’ que je ne comprends pas quand ils louent ce film, ils s’en tiennent beaucoup trop à la surface des choses.

  13. Je ne suis pas cinéphile pour deux sous, je n’ai aucune culture (à ma grande honte, mais passons…) c’est pourquoi je ne pourrai argumenter mon point de vue au sujet de The Wrestler, mais j’ai, comme PMalo, été très touchée par ce film. Dieu sait pourtant que le catch et le sang, je n’apprécie pas particulièrement…
    Je l’ai d’abord trouvé un peu faible au niveau du scénario. Mais, au fond, ces mots rares participaient de la tension douce et toujours égale (d’où, peut-être, l’adjectif « chiant » employé par Woland). Ce film n’est pas un grand cri de douleur qui déchire un silence, c’est le gémissement ininterrompu d’un homme qui s’incline devant sa vie comme un taureau vaincu dans l’arène par les flèches répétées plantées dans sa chair.
    Et je lui dois d’avoir été sensible – c’est si rare – à une certaine beauté de la violence.
    The Wrestler m’a semblé être la dilatation de l’instant d’une naissance (d’une mort, en fait), un lent poison qui s’instille comme une première respiration (la chute finale), la déchirure de s’arracher à une vie, et aussi l’humilité d’admettre de n’avoir pas tout réussi, ou de n’avoir pas réussi dans les bons domaines, dans le plus important.
    J’en ai eu les larmes aux yeux.

  14. Merci, Tullia, pour cette si belle phrase : « Ce film n’est pas un grand cri de douleur qui déchire un silence, c’est le gémissement ininterrompu d’un homme qui s’incline devant sa vie comme un taureau vaincu dans l’arène par les flèches répétées plantées dans sa chair. »
    C’est très juste.
    Voir ce débris humain, face à la déchéance et la mort jamais acceptés mais un beau jour inéluctables , tenter de rabibocher sa vie en pure perte et se suicider dans un dernier élan d’orgueil pathétique et sublime, m’a physiquement vidé.
    Et c’est justement cette quasi-absence de scénario, cette tragédie ridicule où tout est prévisible et écrit dès les première minutes, cette banalité, cette vulgarité, cette réalité presque documentaire, qui font la force de ce film : voilà, dans sa misère et sa grandeur, la faiblesse de l’humanité esseulée.

    Cher Poly, même si je n’ai pas vu Gran Torino, ce que j’ai lu à son propos se rapproche en effet plus de ce que vous dites là.
    Et votre dernière phrase sur les « prog » qui s’en tiennent trop à la surface des choses ne s’applique pas qu’à ce film, et pas qu’aux « prog ». ;o)

    • @ tous et à Poly en particulier, je maintiens ce que je dis, y’a plein de reacs qui ont fait dans les bottes de Clint, et the wrestler c’est médiocre. Suffit pas de montrer un raté pour qu’un film soit bon.

  15. Certes non. Et point ne l’ai je dit.

  16. Je n’ai pas vu Gran Torino (désolée… ^^) mais ce que vous en dites, sur le fait que le réalisateur ait été amené à mettre en scène la capitulation du réac face à la modernité et non sa victoire, ça me paraît tout simplement beaucoup plus fort parce que 1) cela est beaucoup plus plausible 2) c’en est donc beaucoup plus poignant 3) c’est une telle vision des chose qui nous donne précisément l’envie de nous révolter.

    En quelque sorte la littérature et le cinéma sont faits pour montrer des histoires tristes. Et c’est le réel au contraire qui est le champ de tous les possible : celui de la révolte contre la fatalité. Laisser le tragique aux héros, ça veut implicitement dire que c’est la vie de tous les jours qui doit être faite de happy endings.

    C’est pour cela que The Wrestler, que j’ai vu, m’a beaucoup touchée : parce que si l’on est bon public, on lutte avec lui. On lutte pour trouver avec lui une échappatoire à son destin tragique : on lutte pour qu’il revienne avec nous parmi les simples hommes, et que « The Lamb » ne soit pas crucifié.

  17. Je n’ai pas vu le catcheur, mais gran torino m’a beaucoup plu, et je n ‘y ai pas vu un homme qui capitule face au modernisme, mais un homme qui est assez intelligent pour changer et se rendre compte qu’il était trop fermé sur lui meme.
    J’y ai ressenti de l’espoir, et vous une dure et triste réalité…….
    Vous auriez préféré quoi comme scénario? qu’il ne se mélange pas, et qu’il reste seul avec ses préjugés sur les asiatiques et les noirs.

  18. Avec Gran Torino, Clint Eastwood a réussi un coup de génie en transposant une valeur traditionnelle, le sacrifice de soi, dans une histoire américaine moderne. Le sacrifice de soi est encore très présent dans l’inconscient collectif asiatique malgré la transformation moderne de leurs sociétés. Cette valeur est antinomique à une des valeurs centrales de la modernité libérale (la conservation de soi).

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