Archives mensuelles : juin 2009

Mickael Jackson est mort et les mollahs iraniens continuent à bien niquer leur peuple

Donc le roi de la pop est mort… Tout le monde nous le présente comme une idole tout ça. Loin de moi l’idée de diminuer sont talent qui est indéniable, surtout il y a 20 ans, mais c’était quand même un tripatouilleur de petits garçons de niveau international. Il aurait du être mis en institution il y a bien longtemps. Alors oui il fut l’homme moderne par excellence, refusant toute sa vie de grandir, vivant dans un parc d’attraction entouré d’enfants et d’animaux. Bon je passe sur les parents qui laissaient leurs mômes dormir chez ce grand malade.

Mais ce qui est vraiment interessant et instructif la dedans c’est qu’il suffit qu’un saltimbanque casse sa pipe pour que des trucs vraiment important comme la situation iranienne ou des enfoirés font massacrer leur peuple pour bien faire comprendre à tout le monde qui est le chef ou le fait qu’Al Qaeda a déclaré que s’ils prenaient le pouvoir au Pakistan ils utiliseraient les armes nucléaires disponibles pour s’en prendre à tous leurs ennemis.

On a les medias et les informations qu’on mérite et tant que nos contemporains se contenteront de leur nullité et de celle des infos, ils n’auront pas le droit de se plaindre quand ça va vraiment leur péter à la gueule.

O tempora, o mores.

Mort au professionnalisme

Je sais, je sais, c’est un titre qui peut paraitre étrange (de jambon) à première vue, mais je m’en cogne.

Le professionnalisme est sans doute un des batards les plus hargneux de la modernité. Plus on avance et plus il faut être qualifié. Le bac pour tout le monde veut dire qu’en dessous de bac +5 on est limite illettré. Donc il faut toujours être plus pointu, plus spécialisé, plus professionnel.

Le professionnalisme c’est la mort de la poésie, c’est des tableaux excel au lieu de fiches qui expliquent de quoi elles parlent, c’est la vitesse débilitante des rapports humains, c’est la disponibilité permanente. Il faut les voir ces demi-yuppies, ces ouvriers spécialisés exhiber fièrement leur blackberry et autres iphone qui ne sont rien d’autre que des chaines doublées de velours reliant leurs couilles à la gegène du monde entier.

Le professionnalisme c’est la volonté sidérante de ne plus rien laisser au hasard, c’est le fric comme moyen et comme fin, c’est de croire qu’en becquetant comme ils disent à la télé on vivra pour toujours et on ne mourra jamais dans d’atroces souffrances.

Le professionnalisme c’est aussi l’étatisme forcené, la croyance que nous ne sommes pas assez sérieux pour gérer notre vie et que c’est pour ça que maman gouvernement est là, doit être là, pour nous dire quoi faire, quand et comment. Parce que cette connerie de professionnalisme veut dire qu’au lieu d’être des amateurs heureux et touche à tout, les individus deviennent des fonctions en dehors desquelles ils sont inaptes. A cause de ça les gens sont persuadés quélever des mômes est aussi difficile que de réaliser la fission atomique dans son salon.

C’est aussi de laisser la police nous défendre, même si c’est trop tard, ne plus réagir parce qu’on est « pas habilité ». Alors surtout, laissons les pro, flics et voyous, faire joujou avec ds flingues.

Le professionnalisme c’est aussi transformer le sexe, auparavant passe temps agréable plus ou moins réussi mais avant tout rigolo, en une performance sportive ou l’homme lime en se regardant dans la glace pendant que madame fait semblant de pousser des cris d’extase sous les coups de boutoirs mécaniques des nouveaux amants qui ne sont pas beaucoup plus que des androides chronométrant leurs performances et calculant le nombres de coups de reins et la taille de leur bistouquette de peur de passer sous les moyennes arbitraires édictées par les magazines soit-disant féminins.

Alors je le dis, en sport comme dans la vie, vive l’amateurisme!

Au fond du sac avec un chat sauvage et une bouteille de rhum III

Il s’engouffra dans les escaliers faiblement éclairés par les veilleuses au dessus des portes. Il avait beau bien les connaitre, Jean était toujours surpris par l’odeur de pisse et de vomi qui s’exhalaient de cet endroit. La lumière ne fonctionnait plus depuis des lustres et seuls les plus courageux ou inconscients osaient encore se tenir à la main courante. Au mieux ils finissaient avec la main couverte de foutre ou autre produit du corps humain. Au pire, avec une profonde entaille due à une lame de rasoir attachée à la rampe juste pour le plaisir de faire chier quelqu’un. En effet, ce qu’il y a de bien avec la coupure au rasoir est qu’elle est profonde et souvent indolore. Par conséquent les gens arrivent en bas de l’escalier barbouillés de leur propre sang sans bien comprendre d’où cela vient. C’est certes cruel, mais même les plus lobotomisés ont parfois besoin de distractions autres que celles offertes par la boite à images sacrées.

En descendant, il était attentif au moindre bruit, mais ça respiration lui semblait démesurément bruyante. Jean se disait qu’on devait l’entendre à des kilomètres et plus il essayait de la contrôler plus il soufflait et ahanait alors que l’effort était encore minime. Le sang battait à ses oreilles et il fut prit d’un vertige. Il dégringola dans un coin, sa chute amortie par les immondices entassés là par ses chers voisins qui ne descendait plus les poubelles depuis l’interruption de services des ascenseurs. Il en était à reprendre son souffle en se demandant de quand datait son dernier vaccin antitétanique, quand il entendit plusieurs personne montant. Ils pestaient contre le fait d’avoir à monter si haut pour attraper une si petite baltringue ou quelque chose du même style. Jean se retourna contre le mur et ne bougea plus un muscle. Il espérait passer inaperçu dans le tas d’ordure au cœur de la pénombre. Il comptait dans sa tête. Il ne savait plus s’il était maintenant au 12ème ou au 11ème étage. Il ne savait pas non plus comment il avait pu être si vite retrouvé. Ce ne pouvait être que les sales gamins qui au lieu d’aller à l’école faisaient le guet toute la journée. Ils étaient les seuls à connaitre tout le monde et à tout savoir. Enfin, tout savoir était sans doute largement exagéré vu qu’il renforçait dignement le bataillon des 40% d’élèves de 6ème incapables de déchiffrer un texte simple.

Ils s’arrêtèrent à son niveau. L’odeur du shit se mélangeait maintenant à celle de la merde. Jean sentait sa tête tourner de nouveau. Il se mordit l’intérieur des joues jusqu’au sang pour rester éveillé. Ils étaient 4 à reprendre leur souffle juste à coté de lui.

« – Vous vous souvenez de ce que nous a dit le boss hein ?
– Oui, on le ramène pas trop amoché le petit blanc. Le boss veut le travailler façon médiévale dans la cave de la tour C.
– Et la fille ?
– Ben si on l’utilise faut qu’on la nettoie après. Le boss aime pas « patauger » comme il dit.
– Donc moi je propose qu’on choppe le gus, on l’attache avec ce qu’on trouve ou on fait en sorte qu’il ne puisse pas vraiment se tirer, puis on fait tourner la fille. Après on aura qu’à la foutre dans la baignoire et lui fourrer le tuyau de la douche et voila, elle est pas belle la vie ? »

Ils rirent tous en acquiesçant copieusement ce qui était pour eux un des meilleurs plans de l’histoire des plans puis ils reprirent leur ascension poussive.

Jean se demanda pendant un quart de seconde s’il ne devait pas remonter pour sauver la fille, puis il se dit qu’il avait considérablement mieux à faire que de se faire tabasser par quatre molosses guadeloupéens défoncés au crack. Il attendit de ne plus les entendre et se remit à descendre en claudiquant légèrement.

Au fond du sac avec un chat sauvage et une bouteille de rhum II

C’est pour cette raison qu’il décida de la laisser là. D’un coup d’épaule il la poussa au fond du studio et sorti le plus vite possible en fermant à clefs derrière lui. C’était déjà un premier problème de réglé. Il ne connaissait pas cette fille et était déjà suffisamment bien enfoncé dans la bouse pour éviter de se trimballer une ingrate. Il savait bien que dans les films, les plus belles histoires d’amour commençaient comme ça, mais là tout de suite la pétoche avait réduit sa libido et ses testicules à la taille de raisins de Corinthe. Survivre d’abord, niquer après.

Il fallait qu’il descende de son 24ème étage le plus vite possible. Dans les films, ceux qui vont vers le haut sont presque toujours perdus. Il devait se retrouver dans la rue et cavaler le plus vite possible jusqu’à la gare à 1 borne, sauter dans le premier RER vers n’importe où et commencer à réfléchir. Une fois à l’abri il pourrait peut-être aller voir les flics. Ou tout recommencer ailleurs. Tout recommencer ailleurs était sans doute une meilleure idée. Le type qu’il avait frappé était un « grand frère » reconnu et respecté de tous. Il avait même reçu la médaille municipale quelques mois auparavant. Autant dire qu’il était intouchable. Il se demandait comment cela avait pu arriver. Internet lui expliquait qu’on était tous fiché, que la police était partout, la télé présentait les politiques comme étant des responsables capables et compétents. Comment dans ces conditions une enflure de compétitions internationale avait pu être récompensée pour ses bassesses ? Peut-être que c’est lui, Jean qui se gourait du tout au tout. Il se sentait perdu. Et puis ou vivrait-il pendant et après le procès ? La bande des fleurs séchées lui ferait la peau à la moindre occasion. Jean voyait déjà son corps couvert de plaies et d’hématome être porté mollement par le cours d’eau immonde qui coulait pas loin de la citée. Un frisson lui secoua les épaules. Il avait toujours détesté la vision des noyés. Ces corps boursouflés, difformes, dégueulasses quoi.

Donc il devait descendre. Mais fallait-il descendre par l’escalier, 24 étages c’est long, surtout si on rencontre des malfaisants à mi-chemin et qu’il faut se mettre à trotter dans l’autre sens et que de toutes façons on a prévu de se taper 1 borne en sprint alors qu’on a pas fait de sport depuis 10 ans et qu’on crame un paquet par jour. D’un autre coté, l’ascenseur, quand on est attendu en bas, ça fait bien piège à con dont on ne peut pas sortir non plus. Moins fatigant mais plus mortel aussi. Jean n’était pas vraiment joueur dans l’âme. Il avait bien intégré que la raison seule devait mener nos vies et même s’il n’était pas exactement câblé comme un premier prix de concours général, l’adrénaline faisait fonctionner son cerveau de façon plus efficace que d’habitude. Il décida donc de commencer la descente en ascenseur jusqu’au 5ème, puis de finir à pieds.

Il pouvait entendre la fille glapir dans tout le couloir. Il fallait qu’il se taille fissa avant qu’elle ameute toute la tour. Ou qu’il la bute. Mais là, tout de suite, sa boite crânienne était déjà sur le point d’exploser. Il appuya sur le bouton de l’ascenseur et la double porte métallique s’ouvrit sur un grand vide. Jean avait oublié que les ascenseurs avaient été mis hors services par les dealers de sa tour quelques semaines plus tôt. Un enfant était d’ailleurs mort. Il s’était écrabouillé comme une merde au fond du gouffre béant qui s’était ouvert devant lui. Cet enfant avait comme été avalé par un ogre géant. Et vu son état à l’arrivé, on pouvait se dire que l’ogre l’avait aussi digéré. Le ministre du logement s’était déplacé avec une meute de journalistes. Il avait serré la pogne des parents avec l’air contrit de circonstances et cet instant merveilleux de communion républicaine face à sa propre nullité avait été immortalisé pour le journal du soir puis instantanément oublié par les spectateurs comme Jean qui attendaient les résultats du foot ou les prévisions de la météo.

Ce serait donc les escaliers. Il poussa la porte avec en tête l’idée qu’il devait faire le moins de bruit possible, être attentif aux bruits autour et surtout ne jamais être surpris entre 2 paliers.