Archives quotidiennes : 18 juin 2009

Mort au professionnalisme

Je sais, je sais, c’est un titre qui peut paraitre étrange (de jambon) à première vue, mais je m’en cogne.

Le professionnalisme est sans doute un des batards les plus hargneux de la modernité. Plus on avance et plus il faut être qualifié. Le bac pour tout le monde veut dire qu’en dessous de bac +5 on est limite illettré. Donc il faut toujours être plus pointu, plus spécialisé, plus professionnel.

Le professionnalisme c’est la mort de la poésie, c’est des tableaux excel au lieu de fiches qui expliquent de quoi elles parlent, c’est la vitesse débilitante des rapports humains, c’est la disponibilité permanente. Il faut les voir ces demi-yuppies, ces ouvriers spécialisés exhiber fièrement leur blackberry et autres iphone qui ne sont rien d’autre que des chaines doublées de velours reliant leurs couilles à la gegène du monde entier.

Le professionnalisme c’est la volonté sidérante de ne plus rien laisser au hasard, c’est le fric comme moyen et comme fin, c’est de croire qu’en becquetant comme ils disent à la télé on vivra pour toujours et on ne mourra jamais dans d’atroces souffrances.

Le professionnalisme c’est aussi l’étatisme forcené, la croyance que nous ne sommes pas assez sérieux pour gérer notre vie et que c’est pour ça que maman gouvernement est là, doit être là, pour nous dire quoi faire, quand et comment. Parce que cette connerie de professionnalisme veut dire qu’au lieu d’être des amateurs heureux et touche à tout, les individus deviennent des fonctions en dehors desquelles ils sont inaptes. A cause de ça les gens sont persuadés quélever des mômes est aussi difficile que de réaliser la fission atomique dans son salon.

C’est aussi de laisser la police nous défendre, même si c’est trop tard, ne plus réagir parce qu’on est « pas habilité ». Alors surtout, laissons les pro, flics et voyous, faire joujou avec ds flingues.

Le professionnalisme c’est aussi transformer le sexe, auparavant passe temps agréable plus ou moins réussi mais avant tout rigolo, en une performance sportive ou l’homme lime en se regardant dans la glace pendant que madame fait semblant de pousser des cris d’extase sous les coups de boutoirs mécaniques des nouveaux amants qui ne sont pas beaucoup plus que des androides chronométrant leurs performances et calculant le nombres de coups de reins et la taille de leur bistouquette de peur de passer sous les moyennes arbitraires édictées par les magazines soit-disant féminins.

Alors je le dis, en sport comme dans la vie, vive l’amateurisme!