Archives quotidiennes : 6 janvier 2010

Le mur de la honte mais ça dépend

Un des trucs qui me plaisent vraiment, c’est l’indignation sélective.

Par exemple, si les Etats-Unis construisent une palissade pour éviter l’invasion de wetbacks, c’est dégoûtant. Si Israel construit un mur pour empêcher quelques explosions intempestives au milieu de sa population civile, ce sont les juifs qui se sont transformés en nazis. Mais si l’Egypte construit un mur parce que ses ressortissants et dirigeants ne veulent pas avoir à gérer les palestiniens, alors là c’est le silence radio. D’ailleurs dans la région, ils sont quelques uns les pays qui sont bien content de laisser les palos moisir sur pied. Krieg gross malheur tout ça.

Pareil pour Cécile Duflot qui part aux Maldives, prouvant à tous qu’elle aussi, ses principes elle s’assoit dessus quand il y a une jolie queue de Mickey à la clef ou que son compagnon est un peu fatigué. Dans le même style on a Michel Drucker, rendu richissime par sa géniale façon de toujours poser de gentilles questions qui explique chez Pierre-Louis Basse sur Europe 1 que les écarts entre les riches et les pauvres sont vraiment devenus trop injuste et que maintenant il faut partager. Alors je passe sur l’âne Basse parfait dans son rôle de poil à gratter subventionné (ouh je suis du côté des gentils prolos bien au chaud dans mon studio) mais que Drucker et son âge canonique m’explique à moi qui suis jeune et fringant qu’il va falloir que je partage me fais vraiment rigoler. S’il veut mon pognon faudra venir le chercher. Et puis si l’argent ne fait pas le bonheur, qu’il le rende comme disait Renard.

Dans le même style on a Obama mettant 3 jours à réagir à un acte terroriste, mais oui lui je sais c’est pas pareil parce que si on l’aime pas on est forcément raciste alors bon… Ou Al Gore alors qui voyage partout en jet, à une maison qui consomme autant qu’une ville moyenne et veut que j’éteigne mon chauffage et que je m’éclaire à la bougie en errant sur les routes sur une carriole le nez collé au cul d’un boeuf plus ou moins odorant.

Bref, ce qui est important dans le relativisme moral c’est de savoir au départ qui il faudra dénoncer ou pas, en fonction de la mode du moment. C’est simple et beau, d’autant plus quand c’est expliqué par des gens qui se targuent de réfléchir, d’avoir le sens critique tu vois et tout ça.

Un autre cas dans le style qui m’a presque fait renverser ma bière, c’est un gus dans une émission (ça balance à Paris il me semble) qui expliquait à Lafesse, qu’il était bien gentil, que son humour c’était coule, mais que quand même, comment c’est-y qu’il savait que certains ne riaient pas de ses pitreries pour "les mauvaises raisons". Le truc génial non? Le genre, nous on a le droit de rigoler de tout parce qu’on SAIT qu’on est gentil, mais le crétin bas du front doit être suspecté de mauvaises pensées qu’il faudra effacées si possible dans un camp de la mort de la tolérance parce que l’humour y’a que les gens bien qui peuvent le pratiquer.

Pourquoi j’aime l’indignation sélective? Parce que ça facilite mes listes des gens que j’aurai le plaisir de catapulter en premier. Ca fera de la place.