La première génération à moins bien vivre que celle de ses parents

Voilà un des beaux poncifs que nous servent les modernes à longueurs de papiers, d’ondes et d’images. Il voudrait que ma génération (moins de 30 piges) soit la première dont le niveau de vie serait inférieur à celui de ses ascendants directs.

C’est totalement idiot.

D’abord parce qu’historiquement les gens ont toujours vécu à peu près comme leurs parents, parfois un peu moins bien, parfois un peu mieux mais globalement pareil.
Ensuite parce que ce genre de généralités tarte à la crème présuppose que nos parents qui ont eu à subir l’enlaidissement du monde matériel et du monde moral vivaient mieux que nos grands-parents parce que, voyez-vous, ils sont nés avec la télé et l’électricité, pas avec la bougie et les chiottes au fond du jardin. Le fait que l’industrialisation, le tourisme, la bêtise aient rendu le monde invivable et dénué de toute poésie ne semble par rentrer en ligne de compte. Comme d’habitude nous avons à faire à des petits comptables pour qui le fait d’avoir un iPhone veut dire qu’on vit mieux que quand Saint-Denis n’était connu que pour sa magnifique basilique. Au nom de quelle ordre noir sorti de l’imagination malade d’un chroniqueur mongoloïde le moderne gadgétisé vivrait mieux que Bitru qui n’a pas l’ADSL? Parce que son compte en banque serait mieux garni? C’est ça qui fait qu’on vit mieux? Foutage de gueule!
Enfin parce qu’il y en aura toujours qui individuellement feront mieux que leurs pères et d’autres moins bien. Dans ma famille certains ont gagné beaucoup d’argent avec un père alcolo et une mère femme de ménage, d’autres ont gaspillé des fortunes colossales amassés par leur parents ne laissant strictement rien à leurs enfants qui durent repartir de zéro.

Donc on peut toujours caresser le pessimisme des gens dans le sens du poil, leur donner de bonnes raisons de s’apitoyer sur eux-même, leur trouver des excuses avant même qu’ils échouent comme une mère emmenant son enfant débile mental à un concours de mathématiques. Comme toujours, médias et état fonctionnent en accord pour nous infantiliser, nous rappeler que nous sommes à la fois des vieillards et des nourrissons. Une nation énergique, jeune et allant de l’avant n’aurait pas ce genre de frilosité, mais nous avons l’euro, les technocrates, la sécu et la redistribution qui font que nous nous refusons à faire le moindre effort pour sortir de notre nid douillet même quand le chat affamé avance sur la branche. Si vous voulez vivre mieux que vos parents cessez donc de considérer le fric et le progrès technique comme les deux seules mamelles du bonheur, lâchez votre télé et vos écrans, parlez à votre femme, vos amis, vos voisins, vivez! Une des grandes fautes de nos parents fut de se contenter du matériel, et bien faites différemment ou sortez vous les doigts et vous vivrez mieux qu’eux.

Sinon 2 petites choses: je n’ai pas pu valider les commentaires en attentes bicoze je viens de quitter mon cher 14ème pour ailleurs et que je n’ai pas encore la toile du net chez moi, donc un peu de patience siouplaît.
Je suis en train de lire "la grenade et le suppositoire" de Dutourd et il est terrifiant de voir à quel point je suis en profond accord avec lui sur à peu près tout… Si vous aimez me lire vous vous délecterez avec son bouquin.
Des bisous.

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3 réponses à “La première génération à moins bien vivre que celle de ses parents

  1. René de Sévérac

    Je ne vous suis pas.
    Je ne conteste pas qu’il y ait des cas particuliers.
    Ceci dit la régression sociale est manifeste; imaginez un instant les individus partis à la retraite en 1982 (donc nés en 22) et considérez le chemin parcouru. Prenez un exemple : l’acquisition d’une voiture, objet de luxe et de libération en 1960, objet d’aliénation indispensable pour trouver un job en 2000.

    Je ne vous parle pas du QI en régression considérable du fait de l’école (j’allais écrire décérébration) , du jeu vidéo et de l’abandon de la lecture.

    Pardon, je me laisse aller ! Bonne Année quand même.

  2. Commentons sérieusement pour une fois :
    La qualité de la vie, c’est avant tout la fraîcheur de la bière avant 30 ans.
    Ce postulat étant posé voyons voir…
    Mon grand-père faisait rafraîchir sa bière dans un casier qu’il descendait au fond du puit.
    Mon père lui, utilisait une glacière (description sur demande).
    Moi-même, disposais d’un réfrigérateur avec compartiment à glaçons SVP !
    Mon fils use d’un « frigo américain ».
    Toutes ces générations ont bu de la bière fraîche, donc je vous suis monsieur l’amiral, c’est globalement pareil.
    Il n’y a que pour la cinquième génération que les informations me manquent, ils ne sont pas en âge de boire de la bière et le pourront-ils délirent les paranos.

  3. Vous me donneriez presque envie de revenir à Jean Dutourd, Amiral. Avez-vous lu « Au Bon Beurre » ou « Le Déjeuner du lundi »?

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