Archives quotidiennes : 30 mars 2011

En fait dans le long island iced tea, il y a assez peu de thé

Quand on me demande ce que je célèbre, je répond toujours « le fait d’être encore vivant ». Tout le monde ne comprend pas, mais j’aime bien me faire des références de moi-même à moi-même.

Alors je vous propose de fêter le fait d’être encore vivant aujourd’hui en vous envoyant ce petit cocktail qui me plaît bien: le long island iced tea. Oui c’est américain tout ça, mais ça fait le boulot.

Pour ça, je refuse les doses individuelles, c’est un truc qui se prépare pour plusieurs, quitte à le boire tout seul…

Donc remplir à moitié un brot ou une carafe de glace pilée. Ajouter à parts égales de la vodka, du gin, du rhum blanc et du jus de citron frais (pas la saloperie déjà pressée, donnez vous un peu de mal!). Par-dessus verser 3 ou 4 cuillères (à thé ou à soupe selon votre goût) de sirop de gomme, ou juste de sucre si vous n’avez que ça sous la main.

Mélangez bien le tout à l’aide de ce que vous voulez.

Rajoutez un peu de coca pour la couleur essentiellement.

Versez dans un grand verre plein de glace.

Profitez d’être encore en vie en discutant avec des êtres aimés, en bouquinant quelque chose de bien, en écoutant de la bonne musique ou en appréciant le silence et le calme. Mais dans tous les cas, soyez heureux comme le recommandait le Christ.

Même pas peur!

En ces temps de phobies diverses, variées et surtout inventées, on peut légitimement se demander pourquoi seul le mâle blanc hétérosexuel est copieusement considéré comme un froussard. Il est xénophobe, mélanophobe, islamophobe, gynophobe et ainsi de suite. Seul lui se sentirait obligé de pisser dans son froc à la seule évocation de certaines choses?

Alors je sais que c’est assez puéril de se contenter de dire "toi-même", mais vu le niveau de justification des anathèmes en présence, je ne vois pas pourquoi je me priverais.
Donc voici une liste des phobies de quelques Autres observées d’après leurs attitudes de rejet.

Le divers à peur de la police qui ose lui demander des papiers, du méchant blanc qui l’exploite, du tyran dans son pays, de la justice dans celui-ci, de ne pas avoir une prime de Noël en plus de ses allocations chômage, de ne pas être assez représenté à la télé, de ne pas être représenté selon ses désirs à la télé, de l’histoire de France, d’être réduit en esclavage, de ne pas être respecté, de la langue française, de la grammaire, des catapultes, de l’ombre, des sirènes, des autres sirènes, de l’eau, de l’abstinence, des pompiers, des portes fermées…

Les LGBT ont peur de ne pas être reconnus comme étant normaux par la société, de ne pas être reconnus comme étant différents par la société, du sexe opposé, du SIDA, du religieux, du chibre non enroulé de plastique, des fringues normales, de la fin de la techno, du noir (pas celui qui vide en boîte de nuit…), des chaussons fourrés, des catapultes, des murs blancs, des portes ouvertes, des volets marrons, des placards…

Les adeptes de la religion de paix d’amour et de tolérance ont peur des femmes, des règles des femmes, de la poussière, des cochons, des dessins représentant momo, des israéliens, des chiens, de la nudité, des américains, des homos, des infidèles, des croix, de l’alcool, de l’absence de barbe, des complots, du feu, de la foudre, des souris, des galets, des tambours, des indiens d’Amérique, des feutres roses, des médecins, des carreaux aux fenêtres, des dinosaures, de la science, des passages piétons, des catapultes, de la stigmatisation, de l’amalgame..

Voilà, avec un soupçon de mauvaise foi on transforme tout ce que l’autre n’aime pas en phobie par une entourloupe vaguement psychologique, puis on rajoute ce qu’on veut à ce brouet infâme.

C’est super les étiquettes indécollables non?