Archives quotidiennes : 29 juin 2011

Histoire vraie, à peu de choses près

Dans un rare moment de faiblesse, j’ai accepté  de m’ouvrir aux beautés de la culture de l’autre. Je me suis donc retrouvé embringué dans une visite impromptue des grottes de batu.

Ecrasé par la chaleur et pressé par le noir de monde jaune qui m’entourait, je dus reconnaître la beauté du lieu car il est vrai que cet ensemble géologique est assez impressionnant, mais alors que je m’apprêtais à cracher mon dédain des ridicules statues en plastique de poulet, ou en plâtre verni au moyen des sécrétions de je ne sais quel animal, les certitudes me manque à ce sujet, j’entendis le garçon qui m’accompagnait pousser un cri de petite fille s’étant assise un peu vite sur un objet pointu. Le garçon en question ne me rend que quelques centimètres et une vingtaine de kilos, c’est donc déjà un assez bel homme. Me retournant, je vis que, tout à mes grognements et à ma réflexion sur le meilleur moyen de catapulter le bouddha de 40 mètres gardant l’entrée des grottes, nous nous étions trop approchés de macaques fort agressif et défendant leur petit coin de territoire recouvert de bananes laissées par des touristes aux capacités intellectuelles de dindons lobotomisés. Le cri lamentable de mon coreligionnaire trouvait donc une explication qui, à défaut d’être honorable, était compréhensible. Les macaques se retournèrent vers moi et commencèrent à charger ce qui me donna la joie de pouvoir mettre en pratique près de 30 ans de connaissances obtenues via des documentaires animaliers. Je me fis donc le plus gros possible en gueulant sur ces saletés de singes sans céder un pouce de terrain. Il s’ensuivit un silence un peu pénible au cours duquel singes et touristes me regardèrent du même air interloqué. C’est alors qu’un singe franchement plus téméraire que les autres me toucha le genou de sa petite main noire, calleuse et sans doute abominablement innommable tout en me montrant les dents. Je me voyais déjà enseveli sous une nuée de quadrumanes pouilleux, véritables petits sacs à maladie plein de dents et de hargne. Prêt à abandonner ma vie tout en adressant une dernière pensée à l’Amirale et au petit mousse ainsi qu’une petite prière à la Sainte Vierge, il me revint à l’esprit que Chavez était entre la vie et la mort et que je ne pouvais pas quitter cette terre sans en avoir une dernière fois humé l’air débarrassé de la puanteur d’un ignoble communiste de moins. Cette lueur d’espoir me rendit mon courage et d’un mouvement tout de grâce et de vivacité, je saisis le macaque par les narines, pliai un jeune arbre, posai la sale petite bête dessus et le catapultai vers les abîmes. Ce fut un délire dans la foule en liesse heureuse d’être libéré de ce primate tyrannique. Ils voulurent faire de moi leur dieu local, ce que je refusai bien entendu tout en essuyant mes doigts désormais plein de morve dans le foulard d’une femme toute alanguie. Cependant je ne serai pas surpris de voir une catapulte remplacer le bouddha géant lors de mon prochain passage.

Niaiserie

Christine Lagarde a déclaré que sa nomination à la tête du FMI serait une victoire pour les femmes. J’en déduis donc, vu l’autre candidat, que c’est une défaite pour les gros.

Et discriminer c’est mal.

Avatar, une critique objective

Essayons de nous éloigner des polémiques agraires quelques instants pour parler de cinéma.

Je me suis infligé le visionnage (pas dans un centre malheureusement, et oui j’aime toujours les références obscures…) du film Avatar. Et oui parfois les soirées sont longues dans les chambres d’hôtel solitaires de Kuala Lumpur… Et je ne parle même pas des après-midi où l’on rentre d’un brunch assez sérieusement arrosé, que l’on se pose dans sa piaule histoire de respirer un peu, qu’on est pas vraiment en état de lire avec succès, qu’on a allumé la télé au hasard, qu’on a laissé la télécommande sur la commode et que l’on est trop feignant, ou que l’on manque trop d’équilibre, pour aller la récupérer pour changer de chaîne au lieu de s’énerver seul sur le lit de cette chambre d’hôtel en pensant au fric généré par une bouse aussi… bleue!

Donc, je passe rapidement sur l’histoire qu’on a déjà vu mille fois de l’homme blanc qui aime tellement l’autre qu’il veut devenir comme eux. De "danse avec les loups" jusqu’à "la ligne rouge" en passant par "bienvenue chez les ch’tis", cela a déjà été ressassé maintes fois et c’est sans intérêt nouveau.

En l’occurrence, un sombre handicapé part sur une planète lointaine pour une expérience scientifique par laquelle il rentre dans le corps d’une grosse loutre bleue pour essayer de comprendre comment les grosses loutres bleues vivent, ou quelque chose comme ça. Bien entendu, les méchants zumains, surtout un vieux blanc de type réac, veulent détruire ce si joli monde ou tout vit en harmonie avec tout pour construire des tables de jardins. Bien entendu aussi, au cours de son apprentissage, l’handicapé tombe amoureux de la grosse loutre bleue la plus charmante qu’il ait sous la main.

Et c’est là que ça devient nouveau!

Avant les cinéastes se contentaient de violenter nos caboches en nous montrant à quelle point la nature c’est joli, que les locaux la respectent plus que nous et ainsi de suite. Ils nous prenaient aux tripes sans tenter le moins du monde de nous faire réfléchir. Mais c’est la première fois qu’un humain se tape une grosse loutre bleue dans un film grand public. Avatar est donc le premier film zoophile mainstream! Et il démolit le box office à la batte de cricket!

Je pense que ça illustre quand même un truc assez important sur nos sociétés "modernes". L’esprit tellement ouvert qu’elles ont attrapé un rhume de cerveau, ce qui ne leur pose pas de problème vu que ce n’est pas leur outil de travail, et qu’elles considèrent dorénavant ouvertement que toutes les sexualités se valent tant qu’il y a de "l’amûr". Amour qui ne saurait être exclusif bien entendu, puisque comme ce débile physique transformé en grosse loutre bleue, nous ne sommes rien d’autre que des animaux. Toute morale est donc anachronique, toute valeur est donc superfétatoire. En modernité l’homme doit être rabaissé au niveau de ses tripes et de ses parties génitales un point c’est tout.

Les gens auraient du sortir des salles au milieu du film en rigolant où en ayant envie de vomir, et pas seulement à cause de la 3D.