L’éducation sentimentale et autres lectures

Cet été j’ai lu à l’instigation indirecte de Didier Goux qui y fait régulièrement référence, et que j’ai même lu écrire qu’il ne mettait à peu près rien au-dessus, L’éducation sentimentale de Flaubert et j’ai été déçu. Non que j’ai trouvé le livre mauvais, il est indubitablement très bon, seulement je dois être trop romantique et idéaliste et suivre ces personnages se rouler dans la médiocrité pendant des centaines de pages sans qu’ils en tirent quoi que ce soit m’a laissé un drôle de goût dans la bouche. Je suis ressorti de cette lecture sans aspiration, sans réflexion, seulement avec l’impression d’un manque de souffle et un grand mépris pour ces héros pathétiques. Bref, aucune joie à la lecture de ce roman que je reconnais pourtant comme étant presque parfait dans sa construction et sa narration. Pour moi, Flaubert s’y est fait montreur d’automates et non d’âmes.

D’un autre côté, Salut au Kentucky de Kléber Haedens, que j’ai lu dans la foulée et qui est aussi un genre d’éducation sentimentale, m’a laissé l’impression exactement inverse. J’imagine que cela est du au fait que je n’aime pas tellement qu’on flatte ma misanthropie qui est déjà bien assez enflée comme ça. Mon cynisme est subi et je ne peux m’empêcher de toujours espérer. On a les moyens qu’on peut pour résister à l’appel du gouffre.

Sinon, de mes lectures du dernier mois je retiendrais qu’Ocean’s songs de Kersauson ne vaut pas tripette (faut bien payer ses impôts hein), que Pourquoi j’ai mangé mon père de Roy Lewis est divertissant sans tellement plus, que La conjuration des imbéciles de John Kennedy Toole est fabuleusement drôle, est parfaitement excellent et que vous devez le lire séance tenante sous peine de catapultage, que La planète des singes de Pierre Boulle est très daté et que La trilogie berlinoise dont j’ai lu la moitié est pour le moment parfaite pour qui a toujours rêvé de voir Philip Marlowe enquêter dans le contexte de l’Allemagne nazie.

Oui, je considère que des vacances réussies se passent dans une pièce fraîche et sombre avec une pile de livres, quelques caisses de vin et un cochon qu’on mange par petits bouts. Je suis un homme d’intérieur depuis toujours vu qu’à 5 ans à ma très chère Maman qui me poussait à coups de balais pour que j’aille jouer dans le jardin au prétexte au combien fallacieux que suite à notre déménagement prochain nous n’aurions peut-être plus de jardin je répondis "j’espère bien, comme ça tu ne pourras plus me forcer à aller jouer dehors".

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11 réponses à “L’éducation sentimentale et autres lectures

  1. Nuance de taille : je ne mets rien au-dessus chez Flaubert (quoique : La Légende de Saint-Julien L’Hospitalier…). Ce que vous pointez est sans doute le point faible de Flaubert : son manque d’empathie pour ses personnages. Mais L’Éducation sentimentale (titre grammaticalement fautif, ainsi que le notait Proust) vaut surtout par ses masses, ses différents plans, et sa vision extraordinaire de l’insurrection parisienne de 1848 (à mettre en parallèle avec le tableau piteux qu’offre Hugo des émeutes de 1832 dans ses Misérables…). Pour vous réconcilier avec Flaubert, peut-être, lisez donc – si ce n’est fait – Un cœur simple.

    La Conjuration des imbéciles est en effet un roman irrésistible de drôlerie – mais d’une drôlerie assez poisseuse voire cafardeuse, finalement. Dans les années quatre-vingt, beaucoup de mes amis ne m’appelaient plus autrement qu’Ignatius…

    • @ Didier, je ne voulais pas trahir votre pensée… Toutes mes confuses, je vous ai mal lu ou je me suis mal souvenu ou les deux… Sinon je ne suis pas faché avec Flaubert, je reconnais sa grandeur tout en notant qu’il est trop mécanique à mon goût. Mais vous avez raison sur ses description de la révolution qui sont remarquables. Dans tous les cas, ça ne m’empêchera pas de lire Bouvard et Péuchet dans pas longtemps et donc un coeur simple que je rajoute à ma liste.
      Pour ce qui est de l’humour de la Conjuration, il est l’image de la Nouvelle-Orléans où j’ai vécu jadis. On aime ou on déteste. Moi cette mélancolie désabusée et pourtant pleine d’énergie me comble de joie. Mais je ne vous appelerai pas Ignatius… Ce ne serait pas très gentil.

      @ Cherea, le 4ème volume (amusant pour une trilogie) La mort, entre autre est déjà en ma possession…

  2. nickel la trilogie berlinoise et puis n’hésitez pas le volume qui suit la mort vous va si bien ou quelque chose comme cela…

  3. @ Cherea, j’ajoute que me croyant personna non grata chez ILYS, je suis surpris de vous voir par ici.

  4. Ah bon, on en apprend tous les jours…je ne vous savais pas persona non grata chez ILYS…enfin bon…

  5. Disons que XP et moi avons eu des mots peu amènes l’un envers l’autre… Remarquez, il est vrai que si tous les gens avec qui XP s’est disputé ne sont pas les bienvenus chez vous, il ne doit vous rester que peu de lecteurs. J’ai du surinterpréter les choses…

  6. Ah mais vous auriez tout à fait le droit de n’aimer pas Flaubert ! Et la raison que vous en donnez est l’une de celles qui le faisait détester par un Léautaud, par exemple. Si vous lisez Un cœur simple, ne ratez pas le deuxième des Trois contes : cette Légende de Saint-Julien L’Hospitalier dont je parlais tout à l’heure.

    Sinon, mes rapports avec XP ont commencé par une belle et solide engueulade, sur ILYS, et ça ne nous empêche nullement d’entretenir aujourd’hui les rapports les plus cordiaux. Donc, vous voyez…

    • Didier, ce n’est pas que je n’aime pas… C’est plutôt que pour le moment j’y suis assez imperméable. Mais je note tout ça et je les rajoute à la pile.
      Pour le reste, tout arrive vous savez… Je suis de nature rancunière, mais je ne demande qu’à être détrompé.

  7. Amiral,

    Je vous admire car pour les classiques français sont imbuvables, souvenirs d’ école qui me martyrisent encore. Heureusement que la BD était là pour me donner le goût de la lecture.

    Tintin, Gaston Lagaffe, Cubitus, Balck et Mortimer et autres!

    Sinon, cet été ce fut :  » Les cavaliers de l’empire » : « Mémoires d’un officier de turcos ».

    Voilà.

  8. Perso, j’ai commencé la biographie de Loana… je n’en suis qu’à la 7ème page et j’ai pas encore tout compris de l’intrigue…

  9. Messieurs,
    La lecture de votre blog génère des dysfonctionnements de mon anneau pylorique et, à cause de vous, je passe ensuite de folles nuits.
    Oua-ho !

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