Archives quotidiennes : 14 septembre 2011

Dépravés parce que désespérés

Nos amis modernes aiment les explications simples résultant de mouvements plus gastriques que cérébraux (j’le sens dans mes tripes t’vois!). C’est a priori du au fait qu’à force de manger bio ils ont les boyaux aussi pourris qu’un trait d’humour spontané de Yann Barthès et la tête si fragile que la moindre surchauffe risque de la faire exploser comme le derrière d’un koala avec du maquillage et se promenant du côté du Uluru.

Ainsi, ils expliquent par force gargouillis intestinaux que si la si mal nommée jeunesse nationale se comporte comme une horde de cochons gyrovagues, c’est en fait parce qu’ils sont désespérés, pauvres et sans avenir. C’est effectivement limpide et ça vient des tripes comme ce qui couvre les chaussures des élégantes blondes de 16 ans qu’on peut croiser le samedi soir dans les rues du nord de l’Angleterre vers 2h du matin. C’est accessoirement aussi débile et répugnant.

La réalité est toute autre. Ces "jeunes" vivent bien mieux que 90% de la planète, notamment que ceux qui doivent aller à l’usine en Chine et en Inde pour produire les biens de consommation que nos "jeunes" considèrent comme leurs dûs alors que des bourgeois d’il y a cent ans n’auraient pu en rêver. Nos soit-disant pauvres "jeunes" désespérés sont soignés, subventionnés et éduqués sans avoir rien à faire en échange à part tomber malade, naître et se lever pour aller en classe. Jamais dans l’histoire de l’humanité et nulle part ailleurs qu’en Occident les gens, même pauvres, n’ont si bien vécu.

La véritable raison de leur dépravation n’est donc évidemment pas à chercher de ce côté là mais plutôt dans leur victimisation permanente qui leur permet de s’arroger tous les droits, dans la faiblesse des institutions qui leur donne toute impunité et dans la dévalorisation du travail qui n’est plus lié à la capacité de consommer et d’avoir une vie meilleure.