Lectures passées, en cours et à venir

Ces derniers temps j’ai lu:

"Casino Royal" de Ian Fleming: le premier James Bond est absolument génial. A des kilomètres des fades adaptations cinématographiques et incroyablement réac. Le héros est un homme, avec ses doutes et ses faiblesses mais surtout avec des principes et de l’honneur. C’est très très bon. The bitch is dead.

"L’humeur vagabonde" et "les enfants du bon Dieu" d’Antoine Blondin: j’ai rarement eu la chance de lire des choses si délicieusement écrites. Ces livres sont absurdes, gais comme tout et font du bien par où ils passent. Et puis comment ne pas aimer quelqu’un qui disait que le concept de hussards, inventé par la gauche pour désigner des écrivains de droite, avait pour but de faire croire qu’il existait des écrivains de gauche.

"L’été fini sous les tilleuls" de Kléber Haedens: encore un livre qui glisse tout seul. On n’en tire pas grand chose à part peut-être la nostalgie d’une époque où la France existait encore et donc un peu de joie triste. Bien entendu, comme ce fut le seul livre primé de Haedens, c’est sans doute aussi son moins bon, en tous cas dans ceux que j’ai lu.

"La trilogie berlinoise" de Philip Kerr: les deux premiers sont très bon, le troisième un peu moins bien et le quatrième est pénible parce que totalement invraisemblable ce qui est toujours un problème pour un polar qui, par nature, se veut hyper réaliste.

En ce moment je lis:

"Mémoires d’un rouge" d’Howard Fast: bien que fort pénible à lire, il faut toujours profiter des cocos qui ouvrent une fenêtre sur ce qui se passe dans leurs têtes. Persuadé d’être du côté du bien, d’oeuvrer pour la paix, se croyant incroyablement important, passant son temps à se contredire et soit mentant effrontément, soit étant d’une naïveté parfaitement grotesque. Fast ose même appeler le McCarthysme "la terreur", comparant les quelques soucis que les communistes ont eu à juste titre avec l’administration américaine avec les persécutions subies par les juifs et autres en Europe avant et pendant la Deuxième Guerre Mondiale. C’est à vomir. A titre de comparaison, 10 personnes ont été blacklistées à Holywood alors qu’à la libération le monde culturel français à été purgé de milliers de personnes, par les cocos, dont beaucoup perdirent la vie. Vraiment à vomir.

En ce moment je trépigne:

J’attends la réception de "Holy terror" de Frank Miller dans lequel une espèce de batman rouge bousille du terroriste islamiste par fourgonnettes entières. 10 ans après le 11 septembre 2001, il était temps que quelqu’un "du monde de la culture" et d’assez connu dise clairement: "Pour la première fois de ma vie, je sais ce que c’est que de faire face à une menace existentielle. Ils veulent notre mort. Tout d’un coup je réalise de quoi mes parents parlaient pendant toutes ces années. Le patriotisme, je le crois aujourd’hui, n’est pas qu’une vieille métaphore filée sentimentale. C’est de l’autoconservation. Je crois que le patriotisme est le coeur de la survie d’une nation. Ben Franklin l’a dit: Si nous ne nous accrochons pas les uns aux autres, nous seront tous accrochés séparément."
De la bien bonne bédé en perspective!

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16 réponses à “Lectures passées, en cours et à venir

  1. Amiral, vous me donnez des envie…

    En ce moment je suis dans la biogrpahie de Keith Richards.

  2. Dans une trilogie, fût-elle berlinoise, le quatrième tome est toujours de trop.

    Sinon, à propos de Kleber Haedens, je me souviens avoir bien aimé Adieu au Kentucky. Son Histoire de la littérature française est riche et passionnante, même si elle renferme aussi quelques énormes conneries, qu’on s’étonne de trouver chez lui.

  3. Amiral, faites l’effort d’une relecture avant envoi.

    « Dans une trilogie […] le quatrième tome est toujours de trop. » Vraiment Didier, voilà une lecture qui fait du bien à entendre !

    • Skandal, c’est le but.
      Didier, est-ce de ma faute à moi si la trilogie berlinoise comporte 4 livres? Envoyez vos réclamations à Kerr… Sinon, j’ai beaucoup aimé Adieu au Kentucky (il me semble en avoir déjà parlé ici) et je tiens absolument à mettre mes petites mains boudinées sur son histoire de la littérature française. Mais tout ça ne vaut pas Adios.
      René, vous avez raison. Est-ce mieux ainsi?

  4. Une trilogie en quatre volumes ? Ben, et alors ? Ça dépend de la taille des bouquins !

    (La réplique finale est coupée, hum)

  5. A propos des ordures communistes, je ne saurais trop vous conseiller la lecture du Tchékiste de Vladimir Zazoubrine paru chez Bourgois.

    Lénine a dit de ce livre : « c’est un livre terrible, un livre nécessaire« , en toute logique il fut donc interdit et Zazoubrine mourra en 1938, pendant la grande terreur stalinienne, probablement assassiné. Ce n’est qu’après la chute du communisme que le manuscrit sera exhumé du département des manuscrits de la bibliothèque Lénine à Moscou.

    En gros, c’est le récit à la 1ère personne d’un responsable local de la Tchéka qui a fait le choix de sacrifier sa vie à l’idéal communiste. Il donne tout pour la cause, y compris l’amitié, en allant jusqu’à exécuter sommairement son ami parce qu’il a violé une bourgeoise emprisonnée. En conscience il tue son ami devant elle puis lui tire une balle dans la tête parce qu’elle est une ennemie du peuple. Il sait qu’un jour un autre tchékiste viendra pour le supprimer parce que la cause est pure et que l’humain est faillible et cela il l’accepte parce que la cause dépasse tout, y compris sa vie. Il n’est qu’un infime rouage.

    Tout simplement terrifiant.

  6. Attention monsieur l’amiral ! A partir du sixième on est dans la sexalogie et là, tout est permis (entre adultes consentants bien sûr).

  7. Eventuellement, Koltchak, un truc plus gai ? Non, parce que je veux dire, la prose déprimante, c’est pas ce qui manque en ce moment…

  8. Il y a aussi  » Le cimetière des innocents  » d’Alexandre Yakovlev, sur la révolution bolchévique et tout ce qui a suivi.
    Extrait :  » Le métropolite Vladimir de Kiev fut mutilé, castré avant d’être fusillé. Son corps laissé nu, exposé à la profanation publique. Le métropolite Véniamine de Saint-Pétersbourg, candidat possible à la succession du patriarche, fut transformé en un pilier de glace : on le passa sous une douche d’eau froide par un temps glacial. L’évêque Germogène de Tobolsk, qui avait accompagné le Tsar en exil de son plein gré, fut sanglé vivant à la roue à aubes d’un bateau à vapeur et déchiqueté par les pales en rotation. L’archevêque Andronnik de Perm, qui s’était acquis une réputation de missionnaire et qui avait œuvré au japon, fut enseveli vivant. Et l’archevêque Vassili a fini crucifié et brûlé.  »

    Que voulez-vous, je ne suis pas un type particulièrement gai, comme tout pessimiste. D’un autre côté, si vous voyez dans l’actualité des 30 dernières années matière à sourire. Je laisse volontiers les jeux du cirque à ceux qui désirent s’abrutir pour ne pas voir la fin qui approche.

  9. J’ai vu à la télé il y a des années un film très impressionnant qui s’appelait Le Tchékiste. Je suppose que c’est l’adaptation du roman de Zazoubrine.

    Affiche… parlante.

    http://en.wikipedia.org/wiki/The_Chekist

  10. Bien, personnellement, je relis Tintin.

  11. Le portulan te ment

    Ah l’Amiral ! V’là t’y pas que vous rentrez pile poil dans l’inventaire du « Bloc » de J. Leroy, paru ce jour-même.

  12. Moi, j’ai lu « Où cours-tu petit lapin » avec ma nièce de quatre ans. L’histoire trépidante et hautement philosophique d’un chiot qui court après un lapin sans voir (quel con) que le lapin est vachement plus rapide parce qu’il fait des bonds par-dessus tous les obstacles.
    Je vous propose aussi « Tchoupi va sur le pot », « Calinours va à l’école » et les aventure d’Arc en Ciel le petit poisson.

  13. Le portulan te ment

    Amiral, j’en dis juste ce qu’en dit Le Fol du Fig’ dans sa chronique :
    « Tandis qu’Agnès Dorgelles négocie à La Lanterne des portefeuilles ministériels avec le pouvoir en place, le destin de deux hommes se joue. Le premier, Antoine Maynard, est l’amant de la nouvelle dirigeante du Bloc Patriotique. Petit-fils de Nimier et des Hussards, cet écrivain capable de citer aussi bien Paul-Jean Toulet que Breton, a enseigné avant de s’imposer comme l’une des éminences grises du mouvement.
    http://blog.lefigaro.fr/le-fol/2011/08/le-fn-version-marine-inspire-un-roman-choc.html
    Bien à vous

à votre humble avis

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