Irruption du réel sur Public Sénat

Samedi 15 octobre, le soir relativement tard, alors que je zappe sans conviction, je suis soudain stupéfait par un faciès ressemblant à quelque chose de vomit par je ne sais quelle goule infernale. Je m’arrête donc quelques instants par pur voyeurisme et parce que ce sont ces petites choses qui font qu’on a le moral. Après tout, comme il est dit dans la Bible: "Quand je me considère, je me désole, mais quand je me compare, je me console."

En fait, ce n’était pas du tout un reportage sur les erreurs de la nature kidnappées par des cirques itinérants, mais un documentaire sur "les filles dans les cités". Des jeunes femmes nous racontaient leur vie de tous les jours. Pour faire bref, elles disaient qu’il ne faut pas se faire faire une réputation de "pute*" qui déshonore la famille et fait courir de graves risques à leur intégrité physique. De fait, une pute se fait violer par les bandes et battre à mort par ses frères. Comment éviter une telle réputation? D’abord, faut avoir du bol vu qu’en déclinant les avances des garçons, ses derniers dans leur vif et justifié courroux peuvent vous faire une telle réputation pour se venger. Ensuite, il ne faut jamais fréquenter des garçons, ne jamais être seule avec eux, ne jamais être féminine ("t’es un bonhomme ou t’es une pute") et ainsi de suite. L’apartheid sexuel, les femmes forcées de devenir des fantômes étaient clairement montrés.

Et pourtant…

Et pourtant, durant le débat qui suivit les bonnes femmes expliquaient fort doctement que cela était dû au "manque de communication" entre les filles et les garçons. Pas une seule réflexion sur le fait que les blancs n’étaient pas vraiment sur-représentés dans le documentaire, une jeune fille dit même à un moment que chez les arabes et les maliens "c’est comme ça". Pas une seule réflexion sur la place de la religion dominante dans ces milieux. Non, les femmes des banlieues d’immigration sont brimées à cause d’un manque de communication, pas autre chose. Et moi j’ai la gueule de bois parce que je n’ai pas assez mangé en buvant 3 bouteilles de vin. Ces abruties n’étaient pas capable de voir, ou refusaient de voir ce qui transpirait pourtant clairement de ces images. Elles n’auraient pas été capables de faire le lien entre l’odeur nauséabonde ambiante et la proximité de la fosse septique même si elles étaient plongées dedans jusqu’à la truffe.

Dieu se rit des hommes (et des femmes) qui se plaignent des conséquences alors qu’ils en chérissent les causes.

* Le mot pute était beaucoup utilisé dans les témoignages… A tel point que l’une de ces filles disait qu’elles étaient habituées à ce mot comme s’il était dans le dictionnaire. Arrêtez de rigoler bêtement, je jure que c’est vrai.

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9 réponses à “Irruption du réel sur Public Sénat

  1. Un réel qui vous saute à la gueule et qui vous appelle « chéri », si on ne le voit pas, c’est qu’on est vraiment irrécupérable.

  2. Ben, « pute », c’est dans le dico, non ?

  3. Le con (moi). Je viens de comprendre. Vous devrez vous habituer à ma débilité légère ou me bannir. Mais vous devrez vous décider rapidement : j’ai commencé à creuser un terrier dans ce blog et une fois fini, je serai indélogeable.

  4. Oui, des fois, bien manger ne suffit pas, il faut la qualité. Cà me rappelle un repas il y bien longtemps à « Chicago » (non pas aux US, mais à Toulon, rue Chevalier Paul et adjacentes, avec plein de jeunes filles de bonne famille, tous les Amiraux devraient connaître). Deux douzaines de moules (des vraies, des parc du Lazaret, des Balaguiers et alentour), et deux ou trois bouteilles, à peine plus. Après, ça a été dur ; je crois que les moules n’étaient pas fraîches.

    PS : j’ai revisité le quartier il y a quelques temps, je me demande si ça ne sent pas un peu le manque de communication, mais c’est comme ca…

  5. Eh, oui, dissonance cognitive classique.
    Sexisme…bzz-bzz…pas bien.
    Racisme…bzz-bzz….pas bien
    Immigrés sexistes…bzz-bzz…syntax error! syntax error!

  6. Oui Chicago maintenant c’est plein d’une diversité « non communicante »

  7. fosse septique
    pas sceptique ( sceptiques , ce sont les gauchiasses en train de lire vos billets ; « mais ma parole , ce voyou d’amiral nous traite d’erreur syntaxique ! »)

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