Archives quotidiennes : 1 novembre 2011

Stagiaire et auberge espagnols

Ce qu’on ne ferait pas par amour… Hier l’Amirale a lâchement profité du beau temps et du prétexte d’une promenade du Petit Mousse pour me piéger dans l’antre d’une annexe de la préfecture de police pour récupérer les passeports d’iceux. Bien entendu, alors que nous n’étions là que pour un retrait en théorie rapide nous nous sommes retrouvés face à une queue suffisamment monumentale pour donner des complexes à John Holmes. Bien entendu aussi, il m’a fallu rappeler à l’ordre, avec tout le tact dont je suis capable, des petits vieux grugeurs faisant semblant de se perdre et se plaçant sournoisement devant vous et surtout devant moi, ce qui a donné:

« Amiral Woland: – Monsieur, vous ne compter quand même pas sérieusement me passer devant? »
Grabataire: – Je vous suis passé devant?
AW: – Ben oui, je vous l’ai fait remarquer mais vous avez fait semblant de ne pas entendre. C’est pour ça que maintenant je vous parle très fort en me tenant à quelques centimètres de vous.
G: – Mais quand même je ne crois pas…
AW: – Ecoutez, je sais bien que vu votre âge grotesquement avancé il vous reste peu de temps à vivre et que donc vous êtes pressé, cependant je vous prierai de bien vouloir repasser derrière moi.
Type dans la queue: – Et de moi aussi qui était là avant vous.
Bonne Femme dans la queue: – Et puis de moi aussi…
G: – pffff… Bon ben je repasserai demain alors. »

Bien entendu toujours, il y avait un seul type essayant de tenir 2 comptoirs, pendant que 10 autres se tripotaient mollement la souris dans la salle à côté. Bien entendu encore, le type en question était d’origine hispanique encore très récente, je pense qu’il a dû descendre du bateau il y a environ 15 jours, il avait environ 45 ans et il arborait fièrement sur sa chemise rouge à la propreté nettement douteuse un badge où était inscrit à la main « stagiaire ». Ce fut donc une expérience longue et pénible qui me donna envie d’en finir dans un déferlement de sang et de larmes des autres.

En sortant je fis cette remarque à l’Amirale:

« AW: -Il est de bon ton de dire que le mépris des fonctionnaires est l’apanage des gros beaufs. Toutefois, quiconque à eu affaire à la classe administrative à presque toujours eu à subir une expérience misérable. Les clichés sont quand même souvent vrai.
L’Amirale: – Tu as raison mon chéri, mais tu devrais vraiment arrêter d’étrangler ce petit vieux de la main droite et ce stagiaire espagnol de la main gauche, tu vas encore te faire des crampes et tu t’en serviras comme excuse pour ne pas me masser plus tard. »

Dans la foulée, j’ai cédé à une curiosité morbide et accepté de regarder « l’Auberge Espagnole ». Y’a-t-il jamais eu un film aussi infect? Insultant plus la décence et la morale? Je ne crois pas.

Tout d’abord, tous les acteurs du film provoquent chez l’homme normal, de par leurs seules existences,  l’envie de leur déchirer les carotides à dents nues et non brossées. Ensuite, tous les personnages du film ne méritent pas autre chose que ces grandes gifles qui soulagent le donneur même si elles lui donnent des fourmis dans la main. Enfin, mais quel film de merde! Tout est nul, tout n’est que clichés qui savent qu’ils en sont et qui donc sont des clins d’oeil à « ceux qui peuvent comprendre ». Il faut d’urgence organiser la traque des responsables de la mise en spectacle de cette bouse sèche et les catapulter sur des tessons de bouteilles joliment déposé au milieu d’un gros tas de sel.