Stagiaire et auberge espagnols

Ce qu’on ne ferait pas par amour… Hier l’Amirale a lâchement profité du beau temps et du prétexte d’une promenade du Petit Mousse pour me piéger dans l’antre d’une annexe de la préfecture de police pour récupérer les passeports d’iceux. Bien entendu, alors que nous n’étions là que pour un retrait en théorie rapide nous nous sommes retrouvés face à une queue suffisamment monumentale pour donner des complexes à John Holmes. Bien entendu aussi, il m’a fallu rappeler à l’ordre, avec tout le tact dont je suis capable, des petits vieux grugeurs faisant semblant de se perdre et se plaçant sournoisement devant vous et surtout devant moi, ce qui a donné:

« Amiral Woland: – Monsieur, vous ne compter quand même pas sérieusement me passer devant? »
Grabataire: – Je vous suis passé devant?
AW: – Ben oui, je vous l’ai fait remarquer mais vous avez fait semblant de ne pas entendre. C’est pour ça que maintenant je vous parle très fort en me tenant à quelques centimètres de vous.
G: – Mais quand même je ne crois pas…
AW: – Ecoutez, je sais bien que vu votre âge grotesquement avancé il vous reste peu de temps à vivre et que donc vous êtes pressé, cependant je vous prierai de bien vouloir repasser derrière moi.
Type dans la queue: – Et de moi aussi qui était là avant vous.
Bonne Femme dans la queue: – Et puis de moi aussi…
G: – pffff… Bon ben je repasserai demain alors. »

Bien entendu toujours, il y avait un seul type essayant de tenir 2 comptoirs, pendant que 10 autres se tripotaient mollement la souris dans la salle à côté. Bien entendu encore, le type en question était d’origine hispanique encore très récente, je pense qu’il a dû descendre du bateau il y a environ 15 jours, il avait environ 45 ans et il arborait fièrement sur sa chemise rouge à la propreté nettement douteuse un badge où était inscrit à la main « stagiaire ». Ce fut donc une expérience longue et pénible qui me donna envie d’en finir dans un déferlement de sang et de larmes des autres.

En sortant je fis cette remarque à l’Amirale:

« AW: -Il est de bon ton de dire que le mépris des fonctionnaires est l’apanage des gros beaufs. Toutefois, quiconque à eu affaire à la classe administrative à presque toujours eu à subir une expérience misérable. Les clichés sont quand même souvent vrai.
L’Amirale: – Tu as raison mon chéri, mais tu devrais vraiment arrêter d’étrangler ce petit vieux de la main droite et ce stagiaire espagnol de la main gauche, tu vas encore te faire des crampes et tu t’en serviras comme excuse pour ne pas me masser plus tard. »

Dans la foulée, j’ai cédé à une curiosité morbide et accepté de regarder « l’Auberge Espagnole ». Y’a-t-il jamais eu un film aussi infect? Insultant plus la décence et la morale? Je ne crois pas.

Tout d’abord, tous les acteurs du film provoquent chez l’homme normal, de par leurs seules existences,  l’envie de leur déchirer les carotides à dents nues et non brossées. Ensuite, tous les personnages du film ne méritent pas autre chose que ces grandes gifles qui soulagent le donneur même si elles lui donnent des fourmis dans la main. Enfin, mais quel film de merde! Tout est nul, tout n’est que clichés qui savent qu’ils en sont et qui donc sont des clins d’oeil à « ceux qui peuvent comprendre ». Il faut d’urgence organiser la traque des responsables de la mise en spectacle de cette bouse sèche et les catapulter sur des tessons de bouteilles joliment déposé au milieu d’un gros tas de sel.

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12 réponses à “Stagiaire et auberge espagnols

  1. « une queue suffisamment monumentale pour donner des complexes à John Holmes »

    Fallait oser, hein.

    « tout n’est que clichés qui savent qu’ils en sont et qui donc sont des clins d’oeil à « ceux qui peuvent comprendre » »

    Excellente analyse lapidaire, qui vaut d’ailleurs pour un paquet de films (de merde).

    Autre film qui m’a rendu extrêmement nerveux : Saint-Jacques… La Mecque. Par ailleurs habile et correctement réalisé par la mère Serreau. Un film qui semble d’abord taper sur les clichés du vivre-ensemble en bureaucratie avancée, pour retomber, comme par une pente irrésistible, dans l’utopie mortifère de l’harmonie universelle.

  2. Putain, je viens de me rappeler un détail de L’Auberge espingouine, qui m’avait énervé, et pourtant j’étais grosso merdo encore gaucho : l’Espagnole qui moque les clichés sur les Espagnols… cette scène dénonçant les clichés était elle-même depuis longtemps un cliché ! Mise en abyme involontaire et grotesque.

  3. Ah tiens, chez moi, c’est plutôt les Divers qui se font un devoir de passer devant dans la queue.

    Un négrillon haut comme trois pommes vient se planter devant moi à la file devant la boulangerie.

    Moi : « Retourne derrière faire la queue ! »

    Négrillon : « Grmbl… » (fait semblant de n’avoir rien entendu).

    Moi : » DERRIERE ! »

    Le négrllon s’exécute. Dans trois-quatre ans, ses frères viendront me casser la gueule (à moins qu’il ne s’en charge lui-même).

    Un grand Arabe, jeune et en pleine santé, au supermarché : « Je peux passer devant vous ? J’ai SEULEMENT une pizza, je suis pressé. »

    J’aimerais bien qu’on me présente le fils de pute socialiste qui a, le premier, tenté d’accréditer cette nouvelle règle de « bienséance » marxiste qui veut que ceux qui ont « peu » de choses à acheter puissent passer devant les autres à la caisse.

    Moi (avec un grand sourire, histoire de ménager la susceptibilité de cet ombrageux fils de Mahomet) : « NON. Moi aussi, je suis pressé. »

    L’Arabe (visiblement contrarié) : »Ah, bah, ça coûte rien d’essayer, pas vrai ? »

    Pressé mon cul, oui.

    Je passe à la caisse. Je paye. La caissière fait son boulot. L’Arabe veut forcer le passage, payer avant que la caissière n’ait fini ses opérations. La caissière lui fait comprendre qu’il doit attendre.

    L’Arabe hausse la voix, commence à faire sa racaille, annonce qu’il va partir avec sa pizza de merde sans payer.

    Moi, à voix haute, à la caissière (ostensiblement arabe, elle aussi) : « Il y a vraiment des gens qui sont mal élevés.. » (Des gens ? quels gens ? on se perd en conjectures…).

    La caissière : »… » (regard las de celle qui a l’habitude).

    Cette raclure de bidet avait tenté d’humilier un non-musulman, la raclure s’est fait humilier (de son point de vue), elle était donc obligée d’humilier une femme pour rattraper le coup (la caissière arabe ferait l’affaire…).

    « Civilisation » de merde, vraiment…

    • @ Gil, ici on ose tout, c’est même à ça qu’on nous reconnait… Sinon, l’analyse lapidaire, c’est un peu la marque de fabrique de la maison. Le passage qui m’a sans doute le plus énervé dans l’auberge gnagnagna c’est quand Godrèche fait remarquer que Barcelone pue comme le tiers monde et que Duris lui dit que c’est raciste… Les faits sont racistes! Pour ce qui est du film que vous mentionnez, je n’en ai jamais entendu parler, donc merci de me prévenir.

      @ Robert, la mauvaise éducation, comme la bonne d’ailleurs, est parfaitement transraciale et transgénérationelle. Le problème c’est que comme le duel n’est plus en cours, il est plus difficile de rappeler la bienséance aux malotrus.

  4. C’est vrai que Barcelone pue. Quand on pense à ce qu’a été cette ville, et ce qu’elle est encore en partie. Dans certain quartier du centre où tout n’était qu’enseignes arabes, pakistanaises et chinoises, et population du même tonneau, j’ai failli gueuler : « Putain, je cherche un Catalan, à tout le moins un Espagnol !!! Y en a un ?? ». Mes amis m’ont bailloné et rapidement évacué, fort heureusement.

  5. « ‘La mauvaise éducation, comme la bonne d’ailleurs, est parfaitement transraciale et transgénérationelle. »

    Il me semble au contraire que ce blog montre, jour après jour, que le concept même de « bonne éducation » diffère radicalement d’une race et d’une civilisation à l’autre…

    Gueuler, forcer le passage, s’imposer par la violence, humilier les non-musulmans, dominer les femmes, cela fait partie de la « bonne éducation » pour un homme musulman…

    • J’ai pas dit transculturelle… Et puis les conquérant sont rarement bien élevés. J’ai même entendu dire que les teutons n’avaient pas toujours ète de très bonne compagnie…

  6. L’éducation sud-africaine :

    Siphokazi Mthathi, South African director at Human Rights Watch, said: « We’ve failed to make it understood that there is a price for rape. Sexism is still deeply embedded here. There is still a strong sense among men that they have power over women, women’s bodies and there’s also a strong sense that there’s not going to be consequences because most often there are no consequences. » Interpol estimates that half of South African women will be raped in their lifetime. But corrective rape – i.e. the rape of lesbians in the belief that it will make them heterosexual – is not even recognized as a hate crime and rights groups say few victims report their cases to the police. In many African countries being gay is illegal.

    http://diversityischaos.blogspot.com/2011/10/blacks-are-raping-lesbians-in-south.html

  7. Ah ! pardon, les Allemands étaient très korrects… Je suis sûr qu’ils faisaient la queue dans les grands magasins comme tout le monde… Bon, évidemment, il n’avaient pas besoin de faire la queue à la préfecture, puisqu’ils étaient la préfecture…

  8. Pas du tout, l’auberge espagnole est un bon film, il faut avoir été étudiant Erasmus pour le comprendre voilà tout…

  9. Je suis atrocement rabroué.

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