Finkielkraut face à Ramadan

Hier soir je suis tombé (ouille) sur un débat entre Finkielkraut et Ramadan.

Ce fut un spectacle assez déprimant. D’abord nous avions d’un côté un Ramadan tiré à 4 épingles, l’oeil malicieux et le sourire carnassier et de l’autre Finkie avec ses airs de vieux sorbonnard fatigué et n’osant pas regarder son adversaire dans les yeux. Malgré la belle pugnacité de Finkie, il faut bien reconnaître que cela avait une couleur métaphorique du monde d’avant épuisé et crevant de trouille face au monde d’après sûr de lui et conquérant. Comme une petite vieille osant encore faire quelques remarques à haute voix mais sans viser personne de particulier dans un bus rempli de CPF démonstratifs.

Ensuite Finkielkraut sentait le besoin de se justifier, de se légitimer quand Ramadan faisait preuve de son antisionisme (quel euphémisme…) sournois. Les rôles étaient tout simplement inversés. En acceptant que l’ennemi choisisse le terrain et la définition des termes, on ne peut jamais gagner.

Enfin, hier soir Ramadan a fait preuve du génie de la captation propre à l’islam que j’ai pu observer lors de ma visite au musée des arts islamiques de Doha dans lequel de nombreux artefacts voient leurs origines purement et simplement détournées pour devenir « islamiques » (par exemple une pierre tombale sicilienne avec une croix dessus…). En l’occurrence, Finkie disait que le voile était interdit en France et pas dans d’autres pays occidentaux en raison de nos traditions de galanterie qui sont selon lui une exception civilisationnelle. Ramadan a rebondi sur le sujet comme un enfant consanguin sur le lit de ses parents qui sont à la fois sa soeur et son grand-père pendant qu’ils lui font un petit frère. Il a accusé Finkie de colonisation de la galanterie et a sorti ce pauvre Denis de Rougemont et son « Amour en Occident » du placard où il ne demandait rien à personne pour dire que dans ce livre il était établi que l’amour courtois avait été piqué aux arabes. Alors il se trouve que ma lecture de cet ouvrage remonte un peu, mais il me semble me souvenir parfaitement (je veux bien qu’on me prouve le contraire si quelqu’un à le temps de faire des recherches) que Rougemont dit que la forme des poèmes et de l’art courtois n’est pas occidentale mais proche-orientale. Il ne parle absolument pas du fond. Donc, si mes souvenirs sont exacts, Ramadan s’invente des références et personne ne prend la peine de les vérifier pour lui mettre le nez dans son caca et lui donner un coup de papier journal sur le museau, ce qui le remettrait à sa place naturelle dans la chaîne alimentaire.

Après j’ai éteint, je ne voulais pas trop m’énerver avant de me coucher non plus…

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9 réponses à “Finkielkraut face à Ramadan

  1. Le livre de Rougemont, c’est plutôt L’Amour ET l’Occident. De toute manière, je doute fort qu’on puisse considérer Rougemont comme un spécialiste de l’art des troubadours, dont le problème de l’origine est complexe et reste énigmatique.

  2. On dira ce qu on voudra les 2 hommes sont si différents mais quelle élocution, un vrai plaisir de les écouter surtout Finkie. Pour info, j ai trouvé la vidéo:
    http://corto74.blogspot.com/2011/11/finkielkraut-vs-ramadan-le-debat.html

  3. Même analyse que la vôtre, très cher ! Et j’ai dû quitter la chaîne à peu près au même moment que vous…

  4. Superbe lapsus de Ramadan aux alentours de 7 minutes :

    « Ce que je vous dis, c’est l’absolue condamnation de la liberté d’expression. »

    Le masque tombe.

  5. Le portulan te ment

    Ramadan devrait nous entretenir de l’existence de l’équivalent chez ses coreligionnaires des trobairitz, qui ont rapidement changé la donne dans la prétendue « relation vassalique », dont on qualifie l’amour courtois.

  6. Finkie a perdu l’usage d’un oeil, Amiral et puis il a toujours cette dégaîne du type qui porte toute la shoah sur ses pompes c’est son style. Pour ce qui est de dialoguer avec Ramadan, c’est déjà une erreur, le principe de l’Islam ça a toujours été la réfutation des adversaires. Pour ce qui est de Rougemont comme de Marrou, ils sont allés chercher une pseudo-origine arabe de l’amour courtois (l’aimée comme suzeraine) or comme il n’y a jamais eu de féodalité en pays d’islam la démarche était déjà proprement grotesque

  7. Voilà bien le genre de débat que je ne peux vraiment plus regarder.
    Faut bien se ménager…

  8. Discuter avec un frère musulman….autant philosopher avec un parpaing.
    J’imagine Don Juan d’Autriche débattant avec Selim II de la nature profonde de l’Islam la veille de la bataille de Lépante et Jean Sobieski prenant un café avec le grand vizir devant Vienne….
    On ne discute pas avec l’ennemi, on l’écrase.

  9. proche orientaliste

    Valette,
    On ne discute pas avec l’ennemi, on l’écrase.

    Vous avez tout dit ! Bravo ! hhhh
    Je salue en vous le courage que les précèdents commentateurs n’ont pas eu !!!!

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