Archives quotidiennes : 17 novembre 2011

La faute du libéralisme?

Comme je l’ai déjà écrit, je ne suis plus du tout ultralibéraliste, je suis dorénavant un libéral mais en circuit fermé, ou en tous cas fortement délimité, parce que je ne vois pas en quoi ce serait une bonne idée de se la faire mettre profonde et enveloppée d’orties par les chinois et autres arabes sur le long terme pour des gains à court termes alors que leurs pays ne devraient être que de serviles provinces de notre empire.

Cependant, si on peut reprocher beaucoup de choses au libéralisme, encore faut-il savoir ce que c’est. Quand je lis et entends que la crise est la faute du libéralisme et du manque de régulations alors qu’elle est due au capitalisme d’état (déjà dénoncé par Ayn Rand et qui consiste en un copinage consanguin, voir pire, entre gouvernement et grandes entreprises) et à l’hyper-régulation (par exemple le gouvernement fédéral US forçant les banques à prêter de l’argent à des gens qui ne pouvaient en aucun cas le rembourser, ce qui a fini par déclencher la crise en 2008) j’ai envie de sortir les catapultes.

Si vous voulez être contre le libéralisme pour protéger les faibles, parce que vous vouez un culte à l’agrégation humaine, parce qu’on doit tous être égaux ou ce que vous voulez, d’accord, ça vous regarde. Toutefois, souvenez vous que ceux qui sont contre le libéralisme sont tout simplement contre la propriété privée. En effet, le libéralisme est une doctrine de la liberté individuelle, donc la liberté de contracter, et pour contracter librement, il faut être pleinement maître de ses possessions. On peut plus ou moins légitimement imposer des limites à la liberté, mais à la fin, il s’agit tout simplement de défendre la personne contre la collectivité et ses différentes manifestations. Point. Ceux qui nous assurent crânement que le libéralisme est la cause de tous nos maux alors que dans les faits la propriété privée n’existe plus que de manière résiduelle et que le gouvernement régule presque chaque aspect de nos vies du berceau au tombeau ont la cohérence du type surpris par le goût de l’eau qu’il boit alors qu’il l’a collectée au fond du mawashi d’un sumo particulièrement épais après un combat fatiguant dans une arène surchauffée.

Donc, à tous ceux qui confondent libéralisme et capitalisme, à tous ceux qui pensent que les officines de direction du monde et ultra-régulatrices sont les fruits du libéralisme, je vous propose de souffler un peu, de reprendre vos esprits et d’accepter que vous vous gourez assez salement sur les termes, ce qui est bien naturel vu que l’on vous ment sur leurs significations depuis des lustres.

Lectures plus ou moins sérieuses

Il y a quelques semaines, j’ai voulu vérifier quelque chose dans "l’archipel du goulag" de Soljenitsyne et il s’est produit un phénomène fort étrange. Le livre m’a happé et j’en ai commencé la relecture, puis, alors que je le trouve parfaitement épatant et drôle et instructif et tout et tout et bien je cale. Comme si, 15 après l’avoir lu pour la première fois j’avais aujourd’hui la maturité pour voir pleinement l’horreur du communisme tout en ayant perdu l’estomac pour la supporter… Ce livre se glisse sous votre peau et vous glace comme de l’azote liquide qui vous serait injecté directement dans les veines. Est-ce dû au ton rigolard employé par Soljenitsyne? Je n’en sais rien mais apparemment je ne suis pas encore assez blasé ou désensibilisé. Ce livre est le meilleur argument pour une limitation farouche et violente de la taille des gouvernements.

Dans ces conditions, j’ai lu diverses petites choses sans avoir accepté l’idée d’abandonner définitivement "l’archipel". Sur le tas, je vous en recommande 2 (si vous correspondez aux critères).

Si vous aimez la philosophie claire et bien écrite, la première est "de la foi" de Josef Pieper. Ce petit essai se lit comme une dissertation de philosophie longue d’une toute petite centaine de pages, extrêmement classique et incroyablement brillante. Il ne s’agit en aucun cas de prosélytisme ou de théologie, mais d’une réflexion profondément enrichissante sur ce qu’est la foi. Pieper est un vrai génie, c’est à dire quelqu’un qui rend simple et clair par ses explications et démonstrations des sujets complexes. L’opposé de tous les connards pédants qui compliquent tout pour avoir l’air plus intelligent auprès des gogos.

Si vous aimez la politique américaine et que vous lisez l’anglais, alors il vous faut acheter "Obama, the greatest president in the history of everything" que vient de sortir un de mes maîtres à bloguer et source d’inspiration régulière, j’ai nommé le très grand Frank J. d’IMAO. Le livre ne vous coûtera quasiment rien (moins de 3 euros) et il vous fera bien rire par exemple quand il décrit la façon d’enfiler un pantalon d’Obama… Mais je ne vous en dit pas plus. En tous cas moi, ça me fait me rouler par terre, ce qui est fort ennuyeux quand je lis dans des toilettes publiques.