La faute du libéralisme?

Comme je l’ai déjà écrit, je ne suis plus du tout ultralibéraliste, je suis dorénavant un libéral mais en circuit fermé, ou en tous cas fortement délimité, parce que je ne vois pas en quoi ce serait une bonne idée de se la faire mettre profonde et enveloppée d’orties par les chinois et autres arabes sur le long terme pour des gains à court termes alors que leurs pays ne devraient être que de serviles provinces de notre empire.

Cependant, si on peut reprocher beaucoup de choses au libéralisme, encore faut-il savoir ce que c’est. Quand je lis et entends que la crise est la faute du libéralisme et du manque de régulations alors qu’elle est due au capitalisme d’état (déjà dénoncé par Ayn Rand et qui consiste en un copinage consanguin, voir pire, entre gouvernement et grandes entreprises) et à l’hyper-régulation (par exemple le gouvernement fédéral US forçant les banques à prêter de l’argent à des gens qui ne pouvaient en aucun cas le rembourser, ce qui a fini par déclencher la crise en 2008) j’ai envie de sortir les catapultes.

Si vous voulez être contre le libéralisme pour protéger les faibles, parce que vous vouez un culte à l’agrégation humaine, parce qu’on doit tous être égaux ou ce que vous voulez, d’accord, ça vous regarde. Toutefois, souvenez vous que ceux qui sont contre le libéralisme sont tout simplement contre la propriété privée. En effet, le libéralisme est une doctrine de la liberté individuelle, donc la liberté de contracter, et pour contracter librement, il faut être pleinement maître de ses possessions. On peut plus ou moins légitimement imposer des limites à la liberté, mais à la fin, il s’agit tout simplement de défendre la personne contre la collectivité et ses différentes manifestations. Point. Ceux qui nous assurent crânement que le libéralisme est la cause de tous nos maux alors que dans les faits la propriété privée n’existe plus que de manière résiduelle et que le gouvernement régule presque chaque aspect de nos vies du berceau au tombeau ont la cohérence du type surpris par le goût de l’eau qu’il boit alors qu’il l’a collectée au fond du mawashi d’un sumo particulièrement épais après un combat fatiguant dans une arène surchauffée.

Donc, à tous ceux qui confondent libéralisme et capitalisme, à tous ceux qui pensent que les officines de direction du monde et ultra-régulatrices sont les fruits du libéralisme, je vous propose de souffler un peu, de reprendre vos esprits et d’accepter que vous vous gourez assez salement sur les termes, ce qui est bien naturel vu que l’on vous ment sur leurs significations depuis des lustres.

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37 réponses à “La faute du libéralisme?

  1. J’ajoute pour plus de clarté que je suis moi même pour limiter le libéralisme et donc la propriété privée dans certains cas.

  2. Dans le même genre d’erreur, souvenons nous de :

    -Georges Marchais : « Le communisme a globalement bien marché dans les pays de l’est »

    -JL Mélenchon : « Cuba n’est pas une dictature ».

    On ment tellement au gens sur le sens des mots et la signification des idées que le peuple français ne comprend plus rien à rien…

    http://www.contrepoints.org/2011/11/17/56032-le-bonheur-du-socialisme-de-nos-jours-pour-tous

  3. La liberté, oui, de contracter des instruments dérivés sur des évènements de crédit sur des créances que l’on ne possède pas. La liberté, oui, d’utiliser ces instruments pour spéculer contre les nations protectrices des peuples. La liberté, oui, d’émettre ces instruments sans les financer. La liberté, oui, d’utiliser l’argent levé sur notre dos pour rembourser les sinistrés.
    Sur cette belle fondation de la liberté individuelle, des édifices miteux, des hôtels de passe, des sociétés offshores, des pyramides de Ponzi, Lehman Brothers et Enron ont été construits.
    Ceux qui pensent que la gouvernance d’état est la source de tous nos maux, sont des malhonnêtes. Qu’ils retournent dans leur communauté Amish pour deviser entre eux du monde libre, de leur acres, et du deuxième amendement.

  4. aviseurinternational

    Il est venu le temps des « Laudes » : http://aviseurinternational.wordpress.com/2011/11/17/la-une-de-keg-des-unes-du-17112011-a-j-171-av-sarkozy-la-censure-rapprochee/ et gare à qui ne s’y consacre, on le coupe de la société des disants.

    Cordialement

    Aviseur

  5. « La liberté, oui, d’utiliser l’argent levé sur notre dos pour rembourser les sinistrés. »

    Hahaha, le stato-gauchiste qui beugle dans son coin parce que les politiques étatiques qu’il préconise ont conduit à financer la Grèce avec de l’argent public français… mais c’est toujours la faute à leulibéralisme, hein… c’est surtout pas sa faute à lui, l’étatiste, qui a préconisé des politiques étatistes qui ont été appliquées…

    Vous devriez la mettre en veilleuse, Nicolas, parce que dans quelques mois, c’est la France qui va faire la manche, et alors là, je gage que vous aurez changé de musique quand ce seront les Allemands qui refuseront « d’utiliser l’argent levé sur leur dos pour rembourser les sinistrés français »…

    La gauche = égoïsme radical + ignorance + courte vue + mensonge éhonté + changement d’avis comme de chemise + deux poids deux mesures.

  6. Vous ignorez la doctrine sociale de l’Eglise, Amiral. Sinon vous sauriez que l’Eglise ne confond pas libéralisme et propriété privée, dans la mesure où elle réfute le premier mais défend la seconde.

    « Quadragesimo anno » réitère le principe selon lequel le salaire doit être proportionnel non seulement aux besoins du travailleur, mais aussi à ceux de sa famille. L’État, dans ses rapports avec le secteur privé, doit appliquer le principe de subsidiarité, principe qui deviendra un élément permanent de la doctrine sociale. L’Encyclique réfute le libéralisme compris comme concurrence illimitée des forces économiques, mais confirme de nouveau la valeur de la propriété privée, rappelant sa fonction sociale.

    http://www.vatican.va/roman_curia/pontifical_councils/justpeace/documents/rc_pc_justpeace_doc_20060526_compendio-dott-soc_fr.html

  7. Et oui. Heureusement qu’on peut être pour la liberté, pour la propriété privée et pour donner des limites à l’Etat sans être libéral.
    Je trouve que l’alternative libéralisme-étatisme est étriquée et mensongère.

  8. « La liberté, oui, d’utiliser ces instruments pour spéculer contre les nations protectrices des peuples. »
    C’est bien la réflexion d’un type qui n’a rien compris… Il n’est pas possible de « spéculer » contre un pays avec des CDS puisque ces CDS ne sont pas émis par le pays en question. On peut éventuellement spéculer contre un émetteur de CDS à l’aide de CDS sur la dette souveraine, mais c’est tout. De la même façon qu’on ne peut pas spéculer contre la dette d’un pays puisque les dettes souveraines émise le sont à un taux qui est fixe et fixé par une enchère.

    Et puis si les pays ne veulent pas que l’on « spécule » sur leur dette (ce qui n’est pas possible d’ailleurs) il leur suffit de ne pas emprunter…

    « Ceux qui pensent que la gouvernance d’état est la source de tous nos maux, sont des malhonnêtes. »
    C’est bien l’état qui dépense ? C’est bien le gouvernement qui établit un budget en déficit ? Ce sont bien les députés qui vote ce budget ? Donc c’est la gouvernance d’état la source de la crise actuelle qui est une crise de dettes souveraines. CQFD.

    Pour la crise de 2008, je serai plus nuancé même si l’état américain à une énorme responsabilité.

    D’ailleurs Nicolas, puisque l’état c’est si bien, citer moins un pays développé digne de ce nom dans lequel l’état tient une part très importante (plus importante qu’en France) ?

  9. citer moins un pays développé digne de ce nom dans lequel l’état tient une part très importante (plus importante qu’en France) ?

    La Chine. Encore la moitié du PIB est réalisé par des entreprises publiques. Soit a peu près le même ratio qu’en France.

    Je vous concède que le secteur public chinois est en train de fondre comme la neige au soleil, ce qui n’est pas tout à fait le cas chez nous.

  10. « j’ai envie de sortir les catapultes. »
    Ca ne vous demande pas un effort surhumain, elles sont juste là, derrière la porte du garage.
    Et la liberté d’utiliser notre argent pour payer les rançons des touristes inconscients, fussent-ils humanitaires et même humanitaristes forcenés ?

  11. La liberté est inséparable de la propriété individuelle. Le contraire absolu de la liberté n’est pas l’oppression mais la servitude, un état dans lequel on n’est même pas propriétaire de soi-même. Cela dit, j’admets des limites à la propriété comme à la liberté quand l’une ou l’autre empiète sur celles d’autrui.

  12. Ce qui me dérange tout particulièrement, c’est le libéralisme sociétal. Pour le reste, je reste persuadé que toute idéologie ne peut que se révéler nocive si elle n’est pas tempérée.

    Pangloss, qu’entendez-vous par être propriétaire de soi-même ?

  13. Excellent billet, qui remonte le moral en ces temps moroses.

    L’une des plus grandes contradictions de notre époque est que partout on accuse le libéralisme (Généralement appelé ultra-libéralisme, un procédé typique de la novlangue) d’être responsable de tous nos maux, alors que ceux-ci proviennent d’une seule cause : le socialisme, comme vous le rappelez : Socialisme décliné en :

    – Capitalisme d’Etat : « .. copinage consanguin, voir pire, entre gouvernement et grandes entreprises ». Si l’on regarde de près, les entreprises du CAC 40 sont toutes gérées par des PDG issus de la « noblesse » d’Etat, et dépendant fortement de celui-ci, sauf quelques resistants (Bouygues, Loréal) qui restent aux mains des héritiers. Notons (L’oréal) que ce sont les seuls à ne pas céder aux sirènes des délocalisations et au profit maximum, (Encore un paradoxe !), là où les énarques (Pébereau, ancien de BNP PARIBAS) délocalisent à tout va. Mais qui rappelle ces vérités ?

    – Hyper-régulation (Pure doctrine socialiste)

    Mais c’est comme cela, l’Histoire nous apporte la preuve que bien des paradoxes ont été à l’origine de grands bouleversements, comme celui de la révolution française, où dix ans avant 1789 Louis XVI et ses ministres (Le génial Turgo en particulier) se battaient déjà pour réformer un système vieilli, mais qui trouvaient contre eux des parlementaires (Magistrats nommés, à l’époque) qui remontaient le peuple contre l’insupportable absolutisme royal, et bloquaient ainsi de saines réformes tout en rendant le pouvoir odieux (Et en aggravant la situation).

    J’attends le dernier acte, qui risque d’être … mouvementé !

  14. on a voulu rendre public des services pour simplifier le processus, ça sentait l’arnaque, on a privatisé pour la compétitivité, puis finalement on va se rendre compte que la concurrence ne peut pas etre saine et que les gens concernés sont lésés.
    peu importe public, ou privé, liberlal ou capitaliste ce qui compte c’est la logique et elle englobe un peu de chaque.

    Quand il y’aura un gouvernement mondial et que les services postaux bancaires, medecine, etc seront gérés par des armées de robots je crois qu’on se préoccupera peu du fait que ce soit privé ou public.
    surtout que d’ici peu de temps et ça comment déjà les entreprises privées seront énormes, mondiales, monopolisantes, et la frontière sera mince avec une entreprise public mondiale.

  15. @skandal In fine, n’est-ce pas le pays qui a été attaqué ? A plus large échelle n’est-ce pas la solidité de l’euro que le marché financier a testé ? In fine les opérateurs n’espèraient-ils pas un défaut de la Grèce pour obtenir le paiement de leur CDS ? Peut-être n’ai-je rien compris, mais c’est comme si j’achetai un contrat d’assurance tout risque sur votre voiture et que j’y mettais le feu pour obtenir les indemnités de sinistre. Ensuite, soyez rassuré, il est tout à fait possible de vendre à découvert des obligations souveraines et donc de spéculer à la baisse contre une dette souveraine, donc contre un pays.
    Pour terminer, je répète la nécessité de l’Etat, donc de la politique, donc de la démocratie en tant que force organisatrice de la société. Ce n’est pas une question de « l’Etat c’est bien » ou « l’Etat c’est mal », c’est une question de nécessité et de suffisance: l’Etat doit suppléer le secteur privé et je rejoins Sébastien sur ce point.

  16. Surtout, la liberté économique oblige à admettre que la solution ne tient pas dans la LOLF super machin, dans la RGPP trucmuche, la nouvelle norme comptable de mes balles, mais bien de choix humains responsables.
    Par ailleurs, la liberté économique ne se comprend que dans un système de valeurs cohérent. Le capitalisme concentré et libre-échangiste en est en fait aussi éloigné que le communisme. La relecture d’Hayek s’impose notamment à tous les fervents défenseurs de la liberté indiens ou Nicolas.

  17. La Chine, dîtes moi Sébastien, il y a bien longtemps que les chinois ont un système à 2 vitesses, communiste pour les fourmis issus du peuple et capitaliste pour les caciques du Parti.

    En cas de révolte, il y a l’armée populaire pour faire régner l’ordre à Beijing.

    Ne pensez pas Chine en regardant Shanghai mais dépassez les lumières de cette ville et vous retomberez en plein communisme chinois du style Mao.

  18. @Nicolas
    Très bon exemple, sauf qu’aucun opérateur de marché n’a le pouvoir de « mettre le feu à la voiture » (c’est à dire la Grèce en cessation de payement). Les opérateurs qui avaient prêté à l’État Grec (et d’autres, indirectement concernés) désirent s’assurer contre le fait que là, maintenant, les Grec peuvent très bien (et ça a déjà été fait en partie) leur dire « bon les gars, j’ai claqué mon pognon en dépenses clientélistes pour entretenir des armées de fonctionnaires inutiles, d’armateurs qui n’arment plus rien depuis longtemps, etc. etc. Donc je vous emprunte un peu pour rembourser mes « dettes sociales » (payer les salaires, les retraites), mais comme une fois que j’ai filé le blé à mes « clients » (au sens romain décadent) j’ai plus de quoi rembourser ce que je vous doit, alors, comme je suis un État souverain, je vous dit d’aller vous faire foutre, je ne vous rembourserait que la moitié de ce que je vous doit, et en fait je le ferais dans plus longtemps que prévu »… Donc ils prennent des CDS pour se protéger au cas ou le pire (de plus en plus probable, d’où les prix de ces CDS) viendrait à passer.

    Mais je ne vois pas comment ils pourraient « forcer » les Grecs à ne pas faire face à leurs obligations. Ils ne les ont pas forcés à arroser d’argent les fonctionnaires pléthoriques et inutiles qui sévissent là bas. Ils ne les ont pas forcés à ne pas recouvrer l’impôt, ils ne les forcent pas à ne pas réduire les pensions, traitements, et privatiser tout ce qui peut et doit l’être… Ou alors j’ai raté un épisode.

    Depuis la seconde guerre mondiale (au moins, il semblerait qu’en fait ça soit plus ancien encore) le gouvernement Grec pratique une sortie de Ponzi géant, dépense 2 à chaque fois qu’il gagne 1,5… et laisse « les générations suivantes » payer… Et les européens. Que je sache, les bénéficiaires ont été les grecs qui ont allégrement profité de ces 50 centimes « offerts par les marchés ». Sauf que je ne sais pas pour vous, mais moi quand je prête de l’argent, fut-ce à mes amis, je suis plutôt pour me faire rembourser à un moment ou à un autre… En nature s’il le faut. Sinon c’est pas un prêt mais un cadeau. Sauf que c’est moi qui doit décider si l’argent en question est un prêt ou un cadeau, pas le récipiendaire. Qui lui devrait se contenter, s’il à une once d’éducation, de me remercier, de s’en tenir au contrat implicite entourant ce prêt, et ne pas se faire/le faire remarquer…

    Mais il semblerait que ce qui est évident et de bonnes mœurs pour les gens « normaux » deviennent une « étrange et intolérable exigence » quand on parle États et fonctionnaires.

  19. @L’indien
    Vous avez raison et tord pour les robots. L’intérêt du privé n’est pas qu’il soit privé, pour les « services » en tout cas. Mais qu’il n’est pas public dans le sens où c’est une organisation qui démotive déresponsabilise et conduit à une allocation sous optimales des ressources (en gros ça coute plus cher pour être moins bien). Avec des robots, la démotivation et (au mieux) la dé-responsabilisation ne seraient pas un problème… vous avez sans doute raison, alors.

    Mais sans l’aiguillon de la concurrence (même simplement probable et non encore réelle), l’innovation, le progrès risque de se faire rare, surtout avec des robots… Donc il faudra quelqu’un qui les contrôle… Et la la question de public ou privé sera encore d’actualité… Donc en fait vous avez tord.

  20. Le tore se tord à tort devant Thor… Un peu d’effort pour le français, SVP !

  21. @franz
    « public dans le sens où c’est une organisation qui démotive déresponsabilise »
    c’est un constat, mais pas forcément une fatalité car je ne voit pas en quoi ces conditions de travail démotivent et déresponsabilisent.. c’est que c’est mal fait.
    Et je ne pense pas que la concurrence soit une source d’innovation et de progrès, au contraire garder ses trucs pour soi dans l’idée de faire mieux que l’autre nous fait perdre du temps et de l’énergie en comparaison a un système ou l’on travaille en commun partageant le savoir faire.
    c’est assez inimaginable aujourdhui, mais il me semble que
    Elle incite a baisser des prix de ceux qui ne cherchent qu’a les faire monter, je doute que le grand public soit gagnant dans cette façon d’établir les prix.

    Je ne voit pas aussi en quoi des machines ralentiraient le progrès étant des outils inventés pour nous apporter du temps libre, pour réfléchir en quoi progresser.

  22. Ah le joli monde rose et plein de poneys gracieux de notre cher Indien !

    Mais bien évidemment que la concurrence dope la créativité, stimule l’innovation. A la fin des années 70 s’il n’y avait pas eu des géants comme IBM, des boîtes comme Apple et Microsoft n’auraient jamais vu le jour. C’est justement la situation monopolistique qui bloque la créativité, il suffit de regarder le niveau d’innovations nées en France et ce qui se passe ailleurs. Notre recherche, que nous avons fonctionnarisée avec des machins comme le CNRS, pantoufle gentiment en regard de ce qui se passe dans tous les autres pays où la recherche est avant tout l’affaire du secteur privé.
    Maintenant, rien ne vous empêche d’aller voir ce qui se passe dans les bidules où on met tout en commun. Des lycées autogérés aux expériences d’entreprises autogérées en passant par les coopératives, combien figurent dans la liste des résultats honorables ? Et je ne parle pas des pays qui fonctionnent sur ce modèle, nous sommes bien d’accord sur le fait qu’il vaut mieux l’éviter, hein !

  23. @Ysengrin…
    Certes, mais, hélas pour les étourdis, il me semble qu’il est impossible de revenir sur un commentaire pour le corriger… Ça m’a arraché les yeux dès que je l’ai posté, mais n’ayant pas les pouvoirs de Thor…

    @Indien,
    Sans compétition, je ne vois pas vraiment ce qui pourrait pousser qui que ça soit à faire des efforts… donc à progresser. J’ai beau aimer les maths et l’économie au point de m’y être spécialisé, la recherche et l’enseignement au point d’en avoir fait mon métier, si mon établissement n’était pas en compétition avec le reste du monde pour trouver l’argent pour me payer, je puis en toute honnêteté vous dire que je ne chercherais que de temps à autre et n’enseignerait guère plus… Mais je suis sûrement juste une ordure d’ultra libéral égoïste. (Ou juste paresseux comme tout le monde).
    Étrangement votre monde humaniste ne peut marcher que si les humains cessent d’être ce qu’ils sont… Donc c’est en fait inhumain, comme les robots.
    C’est comme la critique du matérialisme caché dans la poursuite du profit, qui exige de profiter des fruits de la croissance: incohérent. Et quoi qu’en première lecture ça puisse sembler sympathique et plein de bonnes intentions, un monde inhumain et incohérent, in fine, s’apparente à l’enfer plus qu’à toute autre chose. Pensez donc à l’Archipel du Goulag, ça donne une bonne idée de ce à quoi pourrait aboutir cette vision pleine de bisounours et de polly-ponies…

  24. @franz
    La compétition ça va pour le sport, mais quand il s’agit de se nourrir, j’imagine que les premiers hommes chassaient en groupent pour augmenter les chances d’attraper les gros gibiers plutôt que de partir chacun de son coté dans l’idée de rapporter plus que les autres.
    Je pense que les gens qui bénéficient de vos recherches seraient gagnant si votre établissement et les autres partageaient les idées.
    Enfin je sais pas ça me semble cohérent, le travail d’équipe quoi.

    « votre monde humaniste ne peut marcher que si les humains cessent d’être ce qu’ils sont »
    Quand les européens pratiquaient le cannibalisme, j’imagine que certains n’acceptaient pas celà et que d’autres leur répondait que l’homme est comme ça.
    Je n’accepte pas ce fatalisme, au regard de l’histoire tout démontre que le l’humain actuel changera.

    @koltchak
    Ce n’est pas un monde de bisounours, et je ne parle pas de communisme, c’est simplement essayer trouver le mode de fonctionnement le plus propice a apporter des produits ou des services de qualité au grand public.
    J’ai pas l’impression que c’est ce que le système actuel fait, quand on voit l’obsolescence des produits, les services qui offrent de moins en moins de contact humain.
    Le système de concurrence actuel favorise les grands patrons et beaucoup moins le consommateur.
    soyez réalistes et ne mélangez pas tout, rangez votre artillerie anti communiste et socialiste, je parle de logique là, partant de constats.

  25. @Nicolas
    « Ensuite, soyez rassuré, il est tout à fait possible de vendre à découvert des obligations souveraines et donc de spéculer à la baisse contre une dette souveraine, donc contre un pays. » Et alors ? Cela ne fait pas augmenté le taux auquel prêtent les banques (interest rate) cela fait simplement monter le taux de rendement de l’obligation (yield, rapport entre prix de l’obligation et taux d’intérêt du coupon) puisque que pour un prix moindre, l’obligation rapporte plus. Donc cela n’a absolument rien à voir avec une attaque spéculative comme on peut en voir sur les actions.

    Et même si je travaille dans la finance, je suis contre le principe de CDS.
    « Pour terminer, je répète la nécessité de l’Etat, donc de la politique, donc de la démocratie en tant que force organisatrice de la société. » C’est marrant cela fait 30 ans que c’est comme ça et regardez la situation…
    Que l’état organise oui, qu’il contrôle tout et n’importe quoi comme actuellement, non.

    @Franz
    « Très bon exemple, sauf qu’aucun opérateur de marché n’a le pouvoir de « mettre le feu à la voiture » » ce n’est pas tout à fait vrai… Soros a réussit à le faire lors de son attaque contre la livre sterling par exemple.

    @L’indien
    « Et je ne pense pas que la concurrence soit une source d’innovation et de progrès » 200 ans d’économie développé (en gros depuis la révolution industrielle) vous donne tort. Comment arrivez-vous à dire d’aussi grosses bêtises ? Il suffit de voir ce qui se passe dans le secteur des tv, des portables, des ordinateurs ou des voitures… Je ne parle même pas des innovations financières.

  26. Peut etre aurait pu t’on faire mieux en fonctionnant autrement.
    Je n’ai pas l’impression que ce qu’on nous offre soit optimisé au mieux, c’est généralement de la mauvaise came je dirais.

  27. J’applaudis à ce post.

    À propos de l’opposition-confusion entre libéralisme et capitalisme, qui devrait plutôt être définie comme l’opposition entre capitalisme à capital privé et capitalisme à capital étatique (le libéralisme étant une doctrine et le capitalisme un mécanisme économique), càd l’opposition entre deux types d’organisation du capital, il y a un passage de cette vidéo qui dure une minute et quelques, et qui est un résumé d’une clarté éblouissante sur la question; c’est un condensé parfait de ce qu’on peut répondre au crétin qui nous ressort l’antienne « ah mais l’URSS aussi c’était du capitalisme gnagnagna » (de 2:22 à 3:33).

    (le reste de la vidéo démonte les mythes du supposé enrichissement de l’Occident par la colonisation et l’esclavage – c’est tout aussi passionnant)

    « Le capitalisme n’est pas une condition suffisante pour la liberté… c’est une condition nécessaire pour la liberté. Je n’ai jamais dit que n’importe où vous avez du capitalisme, vous avez aussi la liberté. » Tout est dit.

  28. @Skandal Le renchérissement soudain des CDS sur la dette souveraine grecque, organisé par un achat à tout prix (opéré par Goldman Sachs), a alimenté la panique à l’encontre de la solvabilité grecque. C’est ce que j’appelle mettre le feu, ou encore une manipulation de marché. Car cela a entraîné une baisse du prix des obligations grecques, les investisseurs se désengageant et en corrolaire un renchérissement du taux d’intérêt des obligations grecques. Qui le nie ?

    Donc, initialement une manipulation de marché et au final un service de la dette plus élevé pour les contribuables grecs (s’ils existent, lol), car les investisseurs n’ont pas « cru » à la solvabilité de la Grèce.
    La responsabilité des investisseurs privés, que l’on peut appeller « criquets », et plus encore des manipulateurs à l’origine de ce mouvement de panique, que l’on peut appeller « serviteurs de Mammon », est énorme dans cette affaire.

    C’est justement depuis 30 ans que nous marchons sur le chemin de la déréglementation, sous l’impulsion des appareils qualifiés d’étatiques, jusque là plutôt bien serviables avec l’économie de marché. Alors le verre est-il à moitié plein ou à moitié vide ?

    Les problèmes structurels grecques ont-ils été réglés ? Non. Quelle a été le rôle du marché ? Celui d’un vautour se repaissant des viscères de la belle Hélène.

  29. @Nicolas,
    Où ça de la dérèglementation ? A part peut-être sous la plume des journalistes de Libération pour pointer « LE coupable » idéal de tous les maux, on cherche toujours. (rappelons que l’activité financière aux USA et dans la plupart des pays du monde est plus réglementée, et de beaucoup, que la production d’énergie nucléaire… )

    Quant à la manipulation des marchés autour de la dette grecque la question est plutôt pourquoi le marché acceptait encore, il y a quelque temps de prêter à un taux si bas à des gens manifestement largement sur-endettés… De la propagande gouvernementale, grecque ou d’autres pays européens pour maintenir ce mythe du « les États ne peuvent pas faire défaut, surtout s’ils sont dans la zone euro ».

    Finalement, non changer le cours des obligations de la Grèce ne renchérit pas d’un iota le service de la dette. Ce service c’est les coupons sur les obligations existantes… Et ils ont été fixés il y a longtemps pour la dette existante. Le seul impact est que la NOUVELLE dette, la dette supplémentaire que ces gouvernement déjà sur-endettés ont souscris pour continuer à arroser leurs fonctionnaires prébendés et à ne pas recouvrer l’impôt chez leurs « clients » (les appeler électeurs ou citoyens salirait ces mots encore honorables)

    Et « le marché » (c’est un lieu, une fiction utile pour comprendre l’interaction de tous demandeurs et fournisseurs d’épargne, rappelons le), au contraire a continué à prêter à ce cadavre boursoufflé… Certes à des taux plus élevés qu’avant, mais tout de même. Sans ces salauds « des marchés », la Grèce ne payerait plus ses fonctionnaires ni se retraités depuis un certain temps déjà, faute de fonds.

  30. Savourez la nullité de Paul Jorion, cet « anthropologue, sociologue et économiste » belge qui a micro ouvert dans les grands médias pour propager le point de vue stato-gauchiste sur la crise :

    http://www.pauljorion.com/blog/?p=31137#more-31137

    Il faut lire cet article pour mesurer le niveau d’analphabétisme économique du personnage. (Sans parler de sa prétention de singe qui vient de découvrir une clé à molette, et qui entreprend de nous expliquer la plomberie.)

    On notera qu’il réclame l’interdiction des monopoles par l’Etat… Mais qu’il s’abstient soigneusement d’appliquer cette doctrine à son Etat chéri, et à ses monopoles « de service public ».

    Là, tout d’un coup, le monopole devient bel et bon et vertueux, et la « formation des prix » n’est nullement affectée, par exemple, par l’interdiction faite, en France, aux compagnies d’autocar privées de concurrencer la SNCF…

  31. « À cela je combine ma réflexion personnelle quant au prix comme résultante d’un rapport de force, qui s’est constituée au fil des ans sur les marchés des produits de la mer en Bretagne et en Afrique de l’Ouest, ainsi que, par la suite, sur les marchés financiers européens et américains. » (Paul Jorion)

    Ah booon ?… Le prix est le résultat d’un rapport de forces ?… Nooon ?… Tu crois ?… Mais dis donc, t’as pensé à t’inscrire, pour le prix Nobel d’économie ?

    Et le gars qui se vante d’avoir découvert la pierre philosophale économique dans « le marché des produits de la mer en Bretagne »… ça c’est du lourd…

    Je rappelle que ce type est invité comme « expert économique » sur les télés, au Nouvel Observateur, à Capital… vertigineux. Les gens s’en remettent désormais à des sorciers, à des rebouteux, à des charlatans.

  32. Nicolas:
    « In fine les opérateurs n’espèraient-ils pas un défaut de la Grèce pour obtenir le paiement de leur CDS ? Peut-être n’ai-je rien compris, mais c’est comme si j’achetai un contrat d’assurance tout risque sur votre voiture et que j’y mettais le feu pour obtenir les indemnités de sinistre. Ensuite, soyez rassuré, il est tout à fait possible de vendre à découvert des obligations souveraines et donc de spéculer à la baisse contre une dette souveraine, donc contre un pays. »

    Ce qui est excellent avec les communistes, c’est leur inculture manifeste qui ne les empêche pourtant pas de l’ouvrir.

    Premier point: si quelqu’un VEND, il y a bien quelqu’un qui ACHETE (jeu à somme nulle).
    Deuxième point: lorsque la dette a été émise, celui qui l’a émise se branle de ce qu’elle cote: il a été financé. Lémarchéfinancier peut spéculer tant qu’il veut, l’Etat aura reçu sa thune et continuera de servir le taux auquel l’oblg a été émise.
    Troisième point: quelqu’un pourrait-il me dire en quoi serait-ce scandaleux qu’un investisseur désirant prêter à la Grèce, dont la probabilité de défaut est de 99%, souhaite toucher du 40% alors que ce même investisseur désirant prêter à l’Allemagne, dont la proba de défaut est proche de zéro, ne souhaite toucher que du 2%? L’arbitrage risque/rentabilité, c’est le B.A.BA de la finance, niveau CP/CE1, premier chapitre de « la finance pour les nuls » ou du « bon sens près de chez vous ».

    Petite anecdote: un pote trader à Londres a changé de boite mais fait toujours le même taf, à savoir du dealing d’oblig pourries type Grèce/Italie etc… Dans sa nouvelle boite, un nouveau pays a fait son apparition dans cette classification d’oblig pourries: la France.. Ca promet…

    Autre anecdote: le taux à 10 ans auquel emprunte la France aujourd’hui est de 3.80%, soit le niveau de l’Italie il y a pile 1 an… L’Italie est à 7% aujourd’hui… J’aimerais pas gagner la présidentielle de 2012, moi…

  33. @Nicolas
    « C’est justement depuis 30 ans que nous marchons sur le chemin de la déréglementation ». C’est parfaitement faux, c’est même le contraire. Les marchés sont de plus en plus réglementés et régulés. Ce qui prouve bien que l’intervention étatique n’est pas la solution.

    Cela ne veut absolument pas dire qu’il ne faut pas combattre les abus et protéger les consommateurs.

    Quand aux CDS, leur paiement est tellement compliqué qu’il est peu probable qu’ils servent réellement…

    Mais comme je l’ai déjà dit je suis contre l’utilisation de cet instrument financier par des opérateurs non exposé au risque qu’ils sont sensés couvrir.

    On peut continuer a accusé « les marchés » tant qu’on veut, tant que les états et les gouvernements n’auront pas appris à dépenser moins, les peuples seront toujours en danger… C’est trop facile d’accuser celui qui prête.

    J’espère bien qu’une fois cette crise résolue, les banques ne prêteront plus, ainsi les gouvernement seront obligés de faire de budget équilibrés.

    Mais je n’y crois pas trop…

  34. Je viens de lire « l’article » de Paul Jorion… Lamentable… C’est effectivement niveau CP/CE1…

    Le pire étant lorsque cet énergumène nous explique que les « libertariens » sont pour les situations de monopoles… Si ils sont pour des situations de monopole, ce ne sont plus des « libertariens »…

    Selon sa réflexion, j’en déduis que les syndicats de la SNCF, RATP, Poste, en gros tous les syndicats de fonctionnaires sont des « libertariens »…

  35. Pingback: Régulation, capitalisme, libéralisme, ne pas se tromper sur les termes | Chrétienté Info | Eglise Catholique

  36. Le libéralisme: mais il y a à boire et à manger là-dedans!

    Toutes les définitions sont possibles dans toutes les disciplines!
    Ce n’est pas parce qu’il s’habille de racine libert- qu’il porte vraiment la liberté dans son prinzip (c’est comme démocratie: quand c’est écrit, c’est qu’on est en communisme).

    Propriété et liberté ne sont pas toujours liées: notre beau libéralisme n’a t-il pas jeté le bébé « liberté-des-uns » avec l’eau du bain « liberté-des-autres » en 1791 (Le Chapelier): direction misère prolétarienne du XIXème!

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