Se défendre accroît les tensions

L’autre jour j’ai eu la chance et la joie d’entendre un débat sur l’opportunité d’armer (avec des bâtons et des gazeuses hein, pas avec des vraies armes quand même) les types chargés d’assumer la sécurité dans les HLM.

La conclusion dudit débat était que si une telle chose était autorisée, cela ne ferait qu’aggraver les tensions avec les sauvages metteurs de bordel. Après tout, la tension c’est bénéfique quand il s’agit de la peau des tams-tams, mais c’est très néfaste pour le vivrensemb’.

On ne fait pas plus absurde.

Si un type risque de se faire tabasser et qu’on ne lui accorde pas les moyens de se défendre il est évident que sa tension à lui va frôler la rupture d’anévrisme à chaque fois qu’il se sentira, même vaguement, en danger. Il en arrivera à laisser tomber ou à prendre les choses en mains façon inspecteur Harry.

C’est d’autant plus injuste que ce sont toujours les plus faibles qui en prennent plein les dents comme une adepte de bukkake.

La tension existe quand ce ne sont pas les bonnes personnes qui ont peur. Ceux qui devraient faire dans leurs frocs comme un nonagénaire à 30 mètres des gogues, ce sont les malfaisants, pas les honnêtes citoyens qui ne demandent qu’à vaquer en paix. Seulement, les gens de bien ont été dépouillés minutieusement de tous les moyens de défense possibles et imaginables par l’état qui les laisse comme des limaces salées se tortillant sous les yeux d’oiseaux affamés.

Dans ces conditions, autant être franc, abandonnons les endroits où les barbares pullulent, donnons leur leur indépendance et basta. Ou sinon, on passe le tout au lance-flamme et on utilise la police et l’armée pour ce pour quoi elles existent, c’est à dire assurer la sécurité des gens en écrabouillant d’un juste talon la vipère violente et non harceler les gens normaux avec des millions de tracasseries ineptes.

Sinon on finira avec de vraies milices. Remarquez, maintenant que je l’écris… Pourquoi pas?

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58 réponses à “Se défendre accroît les tensions

  1. J’ai entendu il y a quelques années un Italien parlant de la lutte contre la mafia en particulier et le grand banditisme en général. Je me souviens encore de ce qu’il a dit: « On a perdu la bataille à partir du moment où ce sont les policiers qui ont porté des cagoules et pas les malfrats ».

  2. C’est pas notre copain Rudolph Giuliani qui avait appliqué à NYC quelques remèdes de simple bon sens : augmentation policière, certes, mais encore tolérance zéro. Et ça a marché. C’est con, n’est-ce pas ?

  3. La tension existe quand ce ne sont pas les bonnes personnes qui ont peur.

    Superbe! Rien à rajouter (à part « superbe » bien évidemment).

  4. La réussite de New York contre la délinquance ne vient pas seulement de la tolérance zéro. Elle suppose aussi :

    – L’intelligence.
    – L’organisation.
    – L’honnêteté.
    – L’ardeur à la tâche.
    – Le goût du travail bien fait.
    – Le sens du service à la population.

    Toutes qualités qui ne sont pas spécialement françaises.

    Quand New York décide de mesurer les résultats du travail de la police et de les lui renvoyer à la gueule, la criminalité chute de façon spectaculaire.

    Quand la Frônce décide de mesurer les résultats du travail de la police et de les lui renvoyer à la gueule, les flics se planquent derrière les radars et abandonnent les « quartiers sensibles ».

    Après, les chochottes hurlent contre « la politique du chiffre ». Les chiffres ne sont responsables de rien. Les responsables sont les hommes qui les utilisent.

    Si vous donnez un stradivarius à un singe, il ne va pas vous faire du Paganini.

  5. Pangloss, c’est très exactement où je voulais en venir. Merci.
    Ygor, oui mais ça ne marche qu’avec des magistrats « complices »…
    Aristide, les nègres qui triment pour pondre les billets de l’amiral et ses formules vous remercient.
    Robert, je ne sais pas si les français sont si nazes que ça… Sinon, donnez un violon à un koala et il vous fera au moins du Boulez.

  6. Je songe très serieusement à m’inscrire à un stand de tir….

  7. Je sais bien mais bon, au moins, en cas d’attaque de zombies, je serai prêt…

    Vous vous y connaissez nettement mieux que moi en droit, mais la légitime défense, ça existe toujours quand même ?

  8. @ Robert Marchenoir
    Les flics se plaquent derrière leur radar parce que leurs chefs et les politiques n’ont pas le courage ni l’intérêt de leur interdire cette échappatoire. Il faut ajouter comme le fait remarquer l’Amiral le rôle ô combien néfaste de la culture de l’excuse qui anime la magistrature.

  9. Un petit chiffre : n’oubliez pas les 80 000 (quatre vingt mille, il n’y a pas de coquille) peines de prison non effectuées.

  10. « Les flics se planquent derrière leur radar parce que leurs chefs et les politiques n’ont pas le courage ni l’intérêt de leur interdire cette échappatoire. »

    C’est bien ce que je dis. Cependant, c’est un peu commode de rejeter entièrement la responsabilité sur les chefs et sur les politiques. Un chef est un policier. Il n’appartient pas à une race différente. Il y a des grands chefs, des petits chefs et des moyens chefs. Et un chef est un ancien non-chef.

    C’est une responsabilité collective de la police. Si les chefs ont besoin « d’interdire » une « échappatoire » aux non-chefs, c’est bien que les non-chefs y sont pour quelque chose…

    Ca aussi, c’est bien français : c’est toujours la faute des autres, les « chefs », les « politiques »… Nous, on n’y est pour rien, on est des pôv’ victimes, des agneaux tombés du nid (avec un Sig Sauer au côté, tout de même).

  11. « N’oubliez pas les 80 000 (quatre vingt mille, il n’y a pas de coquille) peines de prison non effectuées. »

    Cela n’a absolument aucun rapport avec ce qu’on reproche à « la politique du chiffre ». Au contraire ! Si les délinquants reviennent plus facilement en liberté, il est plus facile aux policiers de les retrouver, puisqu’ils les connaissent déjà, et donc de faire « du chiffre » avec de vrais délinquants, et non avec des grand’ mères qui dépassent la vitesse autorisée de 5 km/h.

  12. D’ailleurs, c’est ce que fait la préfecture de police avec sa newsletter : elle annonce triomphalement avoir arrêté tel délinquant… tout en précisant bien que l’individu en question, en général âgé de seize à trente ans, est déjà « impliqué dans x procédures » — souvent dix, vingt ou trente !

    C’est une façon subtile et intelligente d’expliquer à la population que la justice ne fait pas son travail…

    Mais en même temps, ça permet bel et bien aux flics de faire du chiffre facilement avec le même bonhomme, puisqu’ils peuvent se prévaloir de dix, vingt ou trente arrestations, et cocher les cases y afférentes sur leurs rapports, là où normalement ils ne devraient opérer qu’une seule arrestation si la justice était bien faite (parce que le gars aurait dû croupir en prison depuis).

    Donc, les flics n’ont aucune excuse pour harceler les clients faciles au détriment des voyous haineux et dangereux.

    A moins que l’on considère le « découragement » et la « démotivation » dûs aux juges rouges comme une excuse valable, mais alors faut faire postier, pas flic…

  13. « Nous n’avons pas le droit de nous défendre… »
    Bah oui …
    Que faire?

  14. Mais non, amiral.

    Il existe une véritable politique de lutte contre le crime comme en témoigne ce reportage.

    D’ailleurs avez-vous votre alcootest?

  15. A mon avis, le principal problème de la politique du chiffre « à la française » c’est que tout se fait à organisation constante, ou presque.
    Demander aux policiers de faire du chiffre, ça suppose d’être capable d’évaluer très finement l’activité de chaque commissariat, et même de chaque policier, pour savoir à quoi correspondent les chiffres rapportés, pour pouvoir orienter l’activité policière immédiatement en fonction de ces chiffres, pour pouvoir sanctionner les mauvais éléments et récompenser les bons, etc.
    C’est ce qu’ils ont fait à au NYPD avec le compstat mis en place par William Bratton.
    Mais en France c’est pratiquement impossible, à cause du statut de la fonction publique et des syndicats.
    En France la politique du chiffre ça consiste donc essentiellement pour le ministre de l’intérieur à exiger des résultats de la part des préfets. Il peut leur mettre la pression parce qu’ils ont un statut très spécial qui permet de les renvoyer du jour au lendemain. Ensuite les préfets vont à leur tour engueuler les commissaires, mais comme ceux-ci n’ont pas les moyens de contrôler finement l’activité de leurs hommes ni de les motiver, le résultat final sera simplement celui que l’on connait : on coche des petites cases dans des petits formulaires et on fait remonter l’ensemble jusqu’au ministère.
    Je cite les propos de l’un des « élèves » de Bratton :

    “You have to treat this business as if it were your own,” he says. “A Fortune 500 company is in the business of making money; we’re in the business of saving lives. Can I survive a year without a return on my investment? Maybe. Five years? No.” Cordero regards the public as the consumers of policing services. “We don’t accept excuses when we’re shopping if any item is not available; we expect supply to be consistent with demand,” he points out. “The public should not accept excuses from the police.”

    Voilà, tout est dit.
    Ah, si, j’ajoute quand même ceci : il faut évidemment que la chaîne pénale fonctionne d’un bout à l’autre et que les juges mettent effectivement en prison ceux qu’arrêtent les policiers. On ne va évidemment pas demander à ceux-ci de se casser le tronc et de prendre des risques si c’est pour voir les voyous venir les narguer trois jours après.

  16. Que faire ?
    Dans l’état actuel des choses :

    – Être prêt. (dans le sens, être rendu capable grâce à une préparation matérielle et morale)
    – Attendre.
    – Éventuellement voter pour se compter.

  17. Aristide :

    On en revient au même point. Vous dites qu’on ne peut rien faire en France à cause du poids des syndicats et du statut de la fonction publique.

    Qui, dans la police, parmi les flics de base « injustement opprimés par la politique du chiffre imposée par ces salopards de chefs et de politiciens », remet en cause les syndicats, exige la suppression du statut de la fonction publique, afin de pouvoir enfin lutter efficacement contre la délinquance ?

    Ne répondez pas tous en même temps.

  18. Pourquoi voudriez-vous que le flic de base demande la suppression du statut de la fonction publique ? Il est très peu probable que le flic de base ait jamais réfléchi au statut de la fonction publique et encore plus improbable qu’il fasse le lien entre ce statut et l’efficacité de la lutte contre la délinquance.
    Au maximum, si le sujet vient sur la table, il doit sans doute croire ce que lui en disent les collègues syndiqués, à savoir qu’il est évidemment normal que les agents la force publique soit des fonctionnaires et que la sécurité de l’emploi etc. est juste une compensation pour les risques et les inconvénients du métier.
    C’est un flic de base.
    Si vous attendez que le flic de base, ou plus généralement l’agent de base, réclame des réformes pour les faire vous pouvez directement vous retirer au couvent.
    Si vous attendez aussi qu’ils accueillent à bras ouvert les réformes de leur mode de travail que vous voulez impulser, même remarque.
    Bien sûr que si vous voulez modifier – ou pire encore, supprimer – le statut de la fonction publique ils vont presque tous hurler comme des koalas à qui on fait le maillot à la cire chaude.
    Et donc ?
    On s’assoit et on attend que tous les êtres humains veuillent bien devenir des anges parfaitement rationnels et désintéressés ?
    Je dis bien les êtres humains, et pas seulement les Français, parce que ce n’est pas un problème propre à la France, même s’il est peut-être plus aigu en France qu’ailleurs. Aux Etats-Unis aussi la réforme des méthodes de travail de la police a suscité des résistances, et continue d’en susciter. Toutes les grandes villes n’ont pas adopté les méthodes New-Yorkaises, notamment à cause du problème des syndicats.
    La responsabilité première dans ce cas, me semble-t-il, est celle des « décideurs » comme on dit, ceux qui ont en main les principaux leviers de commande et qui ont les moyens de réfléchir à ces questions : hommes politiques, hauts fonctionnaires, etc.
    Malheureusement en France, et là je dis bien en France, lorsque l’on entend les discours que tiennent lesdits décideurs, c’est pour le coup qu’on peut être tenté de se retirer au couvent.

  19. Je ne veux rien du tout Aristide. Je dis qu’ils sont responsables, c’est tout. Je dis que d’après vos propres critères, j’ai eu raison d’écrire :

    « La réussite de New York contre la délinquance ne vient pas seulement de la tolérance zéro. Elle suppose aussi :

    – L’intelligence.
    – L’organisation.
    – L’honnêteté.
    – L’ardeur à la tâche.
    – Le goût du travail bien fait.
    – Le sens du service à la population.

    Toutes qualités qui ne sont pas spécialement françaises. »

    Si les policiers français faisaient preuve des qualités ci-dessus, et que ce qui empêche la police de fonctionner étaient les syndicats et le statut de la fonction publique comme vous le dites, alors les policiers français devraient demander la suppression de ces derniers.

    Ils ne la demandent pas, par conséquent ils sont malhonnêtes, branleurs, etc. (Ou alors le statut de la fonction publique n’est pas le vrai problème.)

    On ne peut pas constamment échapper à ses responsabilités. Il arrive un moment où il faut payer la note. On ne peut pas vouloir le beurre et l’argent du beurre. Les actes ont des conséquences.

    La preuve, c’est qu’à New York ça a marché. Les flics de New York n’ont pas été torturés au fer rouge que je sache. Vous ne pouvez pas diriger les gens malgré eux, sauf à employer des méthodes dictatoriales. Les chefs ne sont pas nés avec trois couilles et deux têtes. Les chefs flics sont des flics comme les autres, et les flics sont de futurs chefs.

    Il y a bien un défaut moral de la population française à l’origine de cette situation.

  20. La logique, quand on parle de groupes hiérarchisés, est d’imputer les réussites et les échecs aux responsables, aux chefs. ça a toujours fonctionné ainsi (sinon, rien ne fonctionne). Napoléon avait réglé en son temps les problèmes récurrents de feux de forêt, dans le sud, en envoyant une lettre aux préfets qui les prévenait qu’ils seraient virés en cas de feux. Les préfets ont fait ce qu’ils avaient à faire. Il n’est pas venu à l’esprit de Napoléon d’insulter les pompiers et les garde-chasse.
    Il en va évidemment ainsi avec les policiers.
    Supposer en outre qu’ils sont bien contents d’arrêter un type trente fois parce que ça fait du chiffre, c’est se moquer du monde.
    Mais ce sont des fonctionnaires, donc des sous-merde, bien sûr.
    Les vigiles de supermarchés c’est autre-chose. D’ailleurs il n’y a pas de vols dans les supermarchés, ni d’attaques de fourgons blindés, surveillés par des Rambos privés. Non, la délinquance, c’est seulement quand il y a des fonctionnaires. Le fonctionnaire, c’est le mal.
    Les délinquants sont sûrement des fonctionnaires qui s’ignorent, en plus.

    Les policiers ne sont pas responsables d’une magistrature gauchisée à mort, d’une pénurie de places de prison et de la politique des radars.
    Les policiers ont même peu à voir avec la sécurité, comme tout nous le prouve. On pourrait en mettre dix millions à Paris, rien ne serait réglé pour autant, si la justice continuait de relâcher systématiquement les coupables. Les policiers ne sont que des agents, et généralement ils font leur travail correctement, parce que c’est dans notre culture de travailler correctement (on n’est pas des Africains).
    Si les délinquants étaient sûrs de risquer très gros en se faisant attraper (et ils se font déjà attraper), les choses seraient bien différentes.
    Enfin, tout ceci est élémentaire, je m’excuse.

  21. Marco Polo met le doigt sur LE problème fondamental : « d’une pénurie de places de prison ».

  22. Bravo pour le koala. J’en ai la chair de poule !

    A part ça, fonctionnarisée ou pas, je ne vois pas comment,tant qu’on tiendra si grand compte des états d’âmes d’une « intelligentsia » auto-proclamée, la police pourrait se montrer efficace. Il en va de même pour toute politique courageuse en quelque domaine que ce soit.

  23. Le travail des policiers est de maintenir l’ordre et d’assurer la sécurité des citoyens. Aujourd’hui ce n’est plus de ça qu’il s’agit, mais de reconquérir des territoires occupés. Et ça, c’est le boulot de l’armée. La France ne pourra pas faire l’économie d’une guerre civile.

    Les policiers font plutôt bien leur travail, compte tenu des moyens dont ils disposent et des ordres ineptes qui leur sont donnés. Les fautifs dans cette affaire, les responsables de la situation actuelle sont les juges, dont la plupart sont rien moins que des traîtres à leur pays. Dans un pays civilisé, dans un état de droit dont les institutions fonctionnent normalement, les traîtres devraient répondre de leurs actes devant un tribunal et être châtiés de manière impitoyable.

  24. pensez pas qu’il serait bon de vous poser les bonnes questions en essayant d’étudier le problème a la base.
    quelles sont les causes de la délinquance?

    ou alors voulez une société dirigée par la loi martiale ?
    elle aurait d’autres chats a fouetter que les petits adolescents bruleurs de boites aux lettres qui sont si barbares a vos yeux.

  25. « Qui, dans la police, … »

    Je dirais moi, encore qu’il faille nuancer la réponse.

    Robert, ce que vous ne pigez pas, c’est que le statut des fonctionnaires ou l’action des syndicats n’a rien à voir dans le délabrement policier. Avant tout, il faut bien saisir que ce qui a pu se faire à New-York pourrait fort bien se faire en France si on passait de la police nationale aux polices municipales et/ou territoriales (il faut bien laisser aux communies de province, souvent pauvres la possibilité de mutualiser). Lorsque la politique sécuritaire est entre les mains d’un maire ou d’un président de communauté de communes, l’échelon d’analyse et de décision est au plus près de la réalité du bassin criminogène. Or, tel n’est pas le cas. La décision est centralisée au niveau du ministère qui envoie en suite ses instructions conjointement aux préfets et aux DDSP pour ce qui les concerne. C’est avant tout une question d’échelle, on fait du bon quand on bosse dans le micro, dans le macro il y aura nécessairement des disparités de traitement, des bugs, etc.
    Sur la politique du chiffre, là encore il y aurait beaucoup à dire. L’outil statistique français a été largement inspiré par le fameux Compstat new-yorkais. On pourrait objecter quelques imperfections çà et là ainsi que quelques approximations voulues pour enjoliver le tableau. Mais il faut bien avoir à l’esprit que la politique du chiffre qui a été initiée par Sarkozy en tant que MI puis encouragée après son arrivée à l’Elysée est tout simplement stupide et procède d’une incompréhension de compstat. Exiger plus de chiffre, plus de résultats, quels que soient les circonscriptions est une ânerie sans nom qui ne contribue qu’à fixer sur certains secteurs des policiers qui seraient autrement plus utiles ailleurs et dresser la population contre l’institution à travers le flicage généralisé des comportements routiers, ce qui n’est pas la mission première du policier. Je précise, pour être compris, que les réunions compstat se passent d’une manière opposée à ce qui se fait chez nous. Les precincts qui présentent les chiffres les plus bas sont montrés en exemple alors que ceux qui ont des chiffres en hausse sont fustigés, parce que le postulat de base est qu’un poste qui a des chiffres bas est un poste qui tient vraiment son secteur. Vous le voyez le gap ?
    Enfin et pour finir, cela va faire 20 piges que je fais ce métier et j’ai croisé bien plus de types motivés qui ont envie de faire leur travail que de branleurs comme vous les rêvez. Seulement voilà, il faut composer avec un parquet qui ordonne la mise en liberté de crapules multi-récidivistes, il faut se soumettre à une organisation du travail qui ne vient pas de la base mais qui est imposée par une haute hiérarchie qui ne sait rien des réalités du terrain. Je suppose que comme tout le monde vous avez un patron. Est-ce que vous l’envoyez chier en le mettant en demeure de revoir sa copie ? Pour ce qui est de l’ardeur à la tâche, venez donc un peu sur le terrain vous faire tirer dessus, recevoir des cocktails molotov et dites-moi si vous reviendrez en deuxième journée. Seulement, il n’y a pas de sur-hommes et quand on envoie 5 ou 6 gaziers dans une cité où ils seront attendus par 50 types motivés, qu’ils n’auront pas le droit de faire usage de leur arme à moins d’être à l’article de la mort, que les instructions venue de très haut prohibent poursuites et affrontement autant que possible, vous le faites comment votre taf ?

    Dieu sait que je vous aime bien, mais parfois votre côté grande gueule et je parle sans savoir peut être exaspérant et insultant pour des gens qui font leur travail.

  26. L’indien, vous devriez lire le travail d’un socio-criminologue nommé Maurice Cusson : la délinquance, une vie choisie.

    Ça vous remettrait les idées en place.

  27. quelles sont les causes de la délinquance?

    Je vous donne la réponse d’un expert en matière de délinquance, Willie Sutton, l’un des plus grands braqueurs de banques américains du 20ème siècle :
    Why do you rob banks?
    ’cause that’s where the money is.

  28. « Robert, ce que vous ne pigez pas, c’est que le statut des fonctionnaires ou l’action des syndicats n’a rien à voir dans le délabrement policier. »

    Vous êtes bien gentil, Koltchak, mais il faudrait essayer de suivre la conversation.

    Je n’ai jamais dit que le statut des fonctionnaires ou l’action des syndicats étaient la cause du délabrement policier. C’est Aristide qui a introduit cette thèse.

    C’est alors que j’ai dit :

    SI le statut des fonctionnaires ou l’action des syndicats sont la principale cause de l’inefficacité policière,

    ALORS il conviendrait que les policiers dénoncent le statut des fonctionnaires ou l’action des syndicats,

    A DEFAUT DE QUOI ils devraient être considérés comme co-responsables de leur propre inefficacité.

    Ce qui n’a strictement rien à voir avec l’opinion que vous m’attribuez.

  29. @aristide
    vous croyez que les braqueurs de banque sont les memes qui foutent le bordel dans les cités ?
    j’en suis pas sur, là vous parlez de petite délinquance, de jeunes qui sont au chômages et qui sont a l’écart de la société, ne confondez pas petits larcins et grande délinquance financière ou grand banditisme qui eux méritent de vrais réponses violentes.

  30. L’indien,
    Pourriez-vous nous indiquer où commence le grand banditisme et où finit le gentil foutoir divers, citoyen et festif?
    Avec le tagueur qui salope une rame de métro?
    Avec le chouf qui prévient les dealers?
    Avec le petit dealer pour sa consommation personnelle?
    Avec le voleur de sac à l’arraché?
    Avec le braqueur de pharmacie ou de bureau tabac?

  31. Auteur du commentaire précédent.

  32. L’indien,

    C’est un exemple que je vous ai donné, un exemple. Un exemple est censé permettre de comprendre une vérité générale à partir d’un cas particulier. Donc il faut transposer un peu et ne pas se limiter aux circonstances du cas qui sert d’exemple. Donc puisqu’il faut vous mettre les points sur les i, non ça ne s’applique pas qu’aux voleurs de banques.
    Et oui ceux qui foutent le bordel dans les cités comme vous dites sont largement les mêmes que ceux qui braquent les banques, juste un peu plus avancés dans leur « carrière ».

  33. « Je n’ai jamais dit que le statut des fonctionnaires ou l’action des syndicats étaient la cause du délabrement policier. C’est Aristide qui a introduit cette thèse. »

    Désolé mais je n’ai pas dit ça non plus. J’ai juste dit que « la politique du chiffre » sans un changement profond des méthodes de management de la police c’était peu efficace et que statut de la fonction publique et syndicats étaient un obstacle majeur à un tel changement.
    Je ne pense pas que le statut de la fonction publique et l’action des syndicats soit la cause unique ni même principale de l’inefficacité policière. Je pense juste que c’est une cause parmi d’autres.
    Si l’on voulait lutter efficacement contre la délinquance il faudrait (la liste n’est pas nécessairement exhaustive) :
    Plus de place de prison,
    et
    Des juges qui condamnent effectivement les voyous,
    et
    des peines qui soient effectivement exécutées,
    et
    Un changement des méthode de management de la police
    et
    Des hommes politiques qui soutiennent effectivement l’action des policiers,
    Etc.

  34. C’est un obstacle majeur mais c’est pas la cause principale… Ca commence à sentir le coupage de poils de koala en quatre, Aristide.

    Je rappelle ma position initiale, d’où est partie cette discussion : les gens sont responsables de ce qu’ils font, et des conséquences de leurs opinions. Y compris les flics de base.

    En gros, hein. En très gros. Sans enculer le koala ni lui chercher des poux dans la tête.

    Et je maintiens. Je maintiens que rien de ce qui a été dit ici n’infirme cette position.

    Je maintiens aussi que c’est un des critères majeurs (principaux, premiers, comme vous voudrez) qui fait la différence entre le point de vue libéral et le point de vue étatiste.

  35. Robert,

    obstacle majeur à un changement profond des méthodes de management de la police,
    cause principale de l’inefficacité policière
    Puisque les deux ne sont pas identiques il ne me semble pas fondé de m’accuser de m’en prendre aux poils de ce pauvre koala.
    Sinon j’ai bien noté que selon vous la question principale est celle de la responsabilité individuelle des flics de base. Mais ça mériterait une réponse plus élaborée et pour le moment je n’ai pas trop le temps. Donc plus tard peut-être, en ce qui me concerne.

  36. @naif et aristide
    la présence d’une force armée dans les quartiers n’est justifiée selon moi qu’en cas de regroupement organisés dans le but de tuer ou de braquer un commerce.
    si c’est pour des petits larcins c’est contre productif.
    et non les auteurs des petits larcins n’ont rien a voir avec les braqueurs, et ne sont pas voués a le devenir, vous faites des raccourcis ridicules.
    enfin c’était peut etre de l’humour, nettoyer tout ça au lance flamme hahaha très drole

  37. Aristide et Robert Marchenoir, je n’ai sûrement rien compris à votre échange et sans doute cela n’a aucun rapport, mais actuellement le militaire de base n’est pas très chaud pour aller faire une patrouille avec un militaire Afghan.
    Il y va pourtant et exécute les ordres. Pourquoi ?
    Ne répondez pas tous en même temps.

  38. @ Robert Marchenoir
    voui voui voui vous avez mille fois raison et votre position INTELLECTUELLE et THEORIQUEest en toute logique inattaquable.
    Je vous suggère juste de relire très attentivement le commentaire de Koltchack et tout particulièrement le dernier paragraphe.

  39. @L’indien,
    je vais vous donner un petit exemple « de ces limaces se tortillant » Quand une femme se fait traiter de grosse pute devant ses enfants, et que le mari doit baisser l’échine, c’est en soit d’une violence extrême. Bronchez vous vous ferez exploser la tronche par une meute, qui vous harcèlera par la suite de plus belle, physiquement et matériellement.

    Simple incivilité, non harcèlement quotidien et répété, d’une violence extrême et invincible. Commencez donc a vous préoccuper de ceux-là. Sans parler de lance-flammes, des coups de gourdins s’imposent

    @Robert
    Robert a dit :  » (…) C’est un peu commode de rejeter entièrement la responsabilité sur les chefs et sur les politiques. Un chef est un policier. Il n’appartient pas à une race différente. Il y a des grands chefs, des petits chefs et des moyens chefs. Et un chef est un ancien non-chef.C’est une responsabilité collective de la police. (…) »

    Vous êtes un âne. La police (ou équivalent) exécute les ordres du pouvoir législatif. Et cela se vérifie historiquement, on lui fait même porter parfois un chapeau bien trop grand, pour maquiller les errements de la république.

  40. « non les auteurs des petits larcins n’ont rien a voir avec les braqueurs, et ne sont pas voués a le devenir, vous faites des raccourcis ridicules. »

    Et sur quelle base vous fondez-vous pour sortir cette connerie ? Les auteurs de petits larcins ont déjà fait leur choix, ensuite le reste n’est qu’opportunités… ou pas.
    Le parcours est classique et fléché. On commet des petits larcins puis de plus gros pour arriver au braquage de commerces de quartier puis on s’attaque à plus gros. Les plus hardis peuvent ainsi enfiler 10 braquages dans la journée. Le cash sert alors à acheter de la came qui scelle ainsi l’acte fondateur d’un nouveau réseau de trafic qui va employer 25 à 50 personnes dans la cité. Un bon dealer, je parle là de ceux qui sont aux manettes, peut gagner facilement 30.000€ par jour pour peu qu’il soit bien organisé. Et ça rien qu’avec le cannabis.

  41. Pour ma part, je me demande bien ce que vient foutre ici le point de vue libéral ou pas. Il me semble que plutôt que d’idéologie il faut parler efficacité. Et si l’efficacité n’est pas du côté libéral et bien on s’en tamponne, à moins que, pour paraphraser je ne sais quel illustre abruti, on ne préfère avoir tort avec Marchenoir plutôt que raison avec le pragmatique du jour qui accoucherait d’une organisation qui fonctionne.

    Quant à la co-responsabilité de l’inefficacité il me semble qu’elle se situe moins du côté de ceux qui ne sont que des employés aux ordres que du côté de ceux qui font un choix de société. Rappelez-vous V : « Comment est-ce arrivé ? Qui est à blâmer ? Bien sûr, il y a ceux qui sont plus responsables que les autres et qui devront en rendre compte mais… Encore dans un souci de vérité, si vous cherchez un coupable, regardez simplement dans un miroir. » Et après on me fera l’éloge du suffrage universel, de la démocratie, de la république.

  42. koltchak91120, pourriez-vous nous parler du vote policier? Une propension spéciale à voter Marine?

  43. C’est quand même marrant cette volonté de mettre en cause le fonctionnariat à tout prix. Tout prouve que le problème de la délinquance n’a presque rien à voir avec les méthodes ou le statut de la police, mais beaucoup, au contraire, avec l’idéologie et le laxisme ahurissant de la justice et des pouvoirs politiques. Incriminer le flic de base est une idiotie et une honte.
    Les flics arrêtent très souvent les coupables, d’abord parce que les délinquants sont souvent très cons (il n’y a que dans les films que les braqueurs sont des génies). Le problème est donc ailleurs. Mais il se trouve encore des gens pour s’offusquer qu’on ne répartisse pas bien les policiers dans les quartiers de Paris, que leurs horaires soient trop souples et qu’ils aient trop de vacances, que leurs méthodes ne soient pas assez managériales, etc.
    Ben non, le problème n’est pas du tout que la police soit un corps de fonctionnaires. C’est con pour ceux qui considèrent que tout le mal vient de là, dans l’éducation nationale, dans la police, partout, mais c’est aussi une belle occasion de voir les réalités au lieu de rester branché sur « le cri du contribuable » et autres fantaisies de ce genre.
    Imaginez un prof d’histoire en Urss au temps de Staline. Vous appliquez les méthodes les plus modernes, vous manadjez comme il faut et vous rendez votre prof beaucoup plus efficace pour faire passer son cours… lequel vise à montrer que Staline est un héros.
    Peut-être serait-il temps de comprendre que le problème principal est celui des programmes, des directives, et que le reste est secondaire. Même chose avec la police.

    Là où malgré tout Marchenoir a un peu raison, c’est sur le plan de la responsabilité morale (et non pas politique). Le prof qui récite bien son catéchisme stalinien est quand même un peu un salaud (il pourrait instiller le doute, faire un peu de mauvais esprit…) ; le flic qui fait du zèle quand il est face à un bon Français pas dangereux, et qui fait profil bas devant le caïd de banlieue, est quand même un peu une ordure.

  44. Il y a plusieurs facteurs dont il faut tenir compte.

    En premier lieu, les 35 heures. Même si elles ne sont pas réellement effectives, elles ont mis un souk terrible. Alors que le temps de travail normal était fixé à 39 heures, la semaine d’un policier tournait autour de 46 heures 30. Avec la nouvelle donne, sont apparus les RTT, les récupérations car les heures supplémentaires sont tellement peu rémunérées que souvent les gardiens préfèrent les récupérer. Les brigades et services tournent donc rarement en effectif normal.

    La sacro-sainte croyance qu’on sera plus efficace avec du personnel supplémentaire joue aussi pour beaucoup dans l’inefficacité. Elle empêche de réfléchir à une nouvelle organisation du travail, à de nouvelles méthodes. Et si d’une manière générale les syndicats français y croient, il ne faudrait pas s’imaginer que cette croyance n’est pas profondément ancrée dans le logiciel républicain. Cette croyance a un autre effet pernicieux, elle freine considérablement l’investissement dans les technologies de l’information et de planification qui dans de très nombreux pays assistent le policier au quotidien et aident à rationaliser les patrouilles en fonction de l’actualité des territoires.

    Quant à la responsabilité morale évoquée par Robert Marchenoir et Marco Polo, je n’ai jamais fait profil bas devant qui que ce soit, pas plus que la très grande majorité de mes collègues. C’est là une légende urbaine véhiculée par des individus qui ne supportent pas de se voir reprochés leurs écarts de conduite. Ceci dit, tout est avant tout une question de psychologie. Si on peut aisément se montrer indulgent face à quelqu’un qui reconnaît sa faute, on l’estgénéralement moins lorsque l’individu commence à râler sur le mode « zavez qu’ça à foutre » alors qu’il vient de cramer un stop ou un feu. Là, c’est clair je ferais le tour de sa caisse. C’est le jeu, il faut savoir perdre. Lorsque j’étais ado, j’étais un blouson noir, je me faisais contrôler à chaque fois que je prenais le métro, le bus ou que j’étais sur ma bécane. Jamais il ne me serait venu à l’esprit de râler. J’affichais un style vestimentaire qui me reliait à une forme de délinquance, j’assumais. Il serait bon que les citoyens honnêtes fassent de même. Assumer, c’est bien la pierre angulaire du libéralisme, non ? A moins que ce ne soit qu’à sens unique : mes droits, les autres je m’en cogne. Raccourci qui a été décrit et dénoncé par un auteur libéral, Bruno Léoni.

  45. Une pensée profonde de Billy The Kick: déjà tout petit j’aimais faire chier, mais maintenant je suis payé pour le faire.

  46. Personne ne pensait à vous, Koltchak, à propos des flics qui emmerdent les gentils et laissent faire les méchants (on ne vous connaît pas). N’empêche que ça existe. ce n’est pas pour autant que je vais cesser d’estimer votre profession. Je garde au contraire un préjugé favorable, et si je suis pris en faute, je fais profil bas. Mais vous aurez du mal à soutenir qu’il n’y a pas de salopards chez les flics; il y en a comme partout. Et c’est là qu’on est en droit, sur un plan individuel, sans juger toute une profession, de dire de ceux-là que ce sont des salopards.
    Mais nous sommes bien d’accord sur le fond (sauf que je ne comprends pas pourquoi vous revenez à ces questions très secondaires de l’organisation du travail chez les policiers, qui sans doute pourraient être optimisée, mais est-ce le problème ?)

  47. Je reviens dessus car elle est d’importance. Paris et Montréal sont deux villes quasi identiques en population et superficie et pourtant Paris a un effectif qui dépasse le double de celui de Montréal sans pour autant arriver aux mêmes résultats. Organisation du travail et méthode sont importants car ils conditionnent le quotidien.

    Pour autant je ne néglige pas la fermeté, ou le manque, de la justice dans l’équation.

  48. Tout à fait d’accord avec vous Koltchak. La question des méthodes employées par la police a son importance (et par conséquent aussi la question du statut, car le statut conditionne largement les méthodes qu’il est possible d’employer). Ce n’est qu’une partie du problème, nous sommes d’accord, mais c’est quand même une partie, et donc aussi une partie de la solution. Et ça n’a rien à voir avec le fait d’incriminer le flic de base.
    Par exemple savoir combien de policiers il est possible de mettre dans la rue à un instant T est importante, parce qu’il est prouvé que mettre plus de policiers dans la rue (et donc pas simplement d’embaucher plus de policiers, nous sommes bien d’accord) contribue à réduire la délinquance.
    Sur cette question je remets un extrait d’un récent rapport de la cour des comptes que j’avais déjà mis sur un autre fil :

    « Les services territoriaux de la DCSP sont soumis à d’importantes contraintes de gestion. Les directeurs départementaux n’ont en pratique qu’une faible maîtrise de l’affectation des personnels occupant des postes de responsabilité au sein de leurs services. Les règles complexes d’organisation du temps de travail, adoptées pour assurer une activité continue, 24 heures sur 24, sept jours sur sept, entraînent une grande rigidité de gestion des équipes, qui laisse peu de latitude aux responsables locaux pour répondre aux fluctuations de l’activité. En particulier, l’accumulation d’un stock considérable d’heures dues aux agents, provoquée par le système coûteux de compensation des services supplémentaires, constitue une lourde contrainte que l’administration paraît incapable de lever. »

    L’exemple New-Yorkais est particulièrement intéressant parce que New-York a connu une diminution spectaculaire de la délinquance à partir du début des années 1990 (les Etats-Unis dans leur ensemble aussi, mais moins forte qu’à NY, et au niveau national le cas est un peu plus compliqué à étudier qu’au niveau d’une ville).
    Aujourd’hui les criminologues américains s’accordent pour dire que la réussite New-Yorkaise s’explique largement par : l’augmentation des effectifs de la police et un changement profond des méthodes de travail de la police et une sévérité accrue de la justice (mais pour le coup au niveau national).
    Si l’on veut combattre efficacement la criminalité il faut jouer sur tous les leviers à la fois.
    Sur la question des méthodes de management du NYPD, un article de l’excellente Heather Mac Donald : http://www.city-journal.org/2008/18_3_nypd.html

  49. C’est trop facile, Aristide : évidemment que la présence policière est importante, et qu’il vaut mieux suivre une bonne méthode plutôt qu’une mauvaise. Mais la vraie question n’est pas là, puisque celle-ci est tranchée d’avance. Tant mieux si on améliore l’efficacité de la police. Le problème c’est qu’elle est déjà assez efficace, et que la délinquance n’en est pas gênée pour autant. Quand on arrête un truand pour la trentième fois, le problème n’est évidemment pas du côté d’une police qui serait inefficace !
    Vous faites beaucoup d’efforts pour maintenir la fiction d’une fonction publique inefficace. Ben non, ce n’est pas le problème.
    C’est comme si vous disiez que la guerre d’Algérie a été perdue à cause de la nullité de nos soldats-fonctionnaires. Sauf qu’ils l’avaient gagnée, eux, la guerre, et ce sont les politiciens qui ont abandonné l’Algérie (heureusement d’ailleurs).
    Si la police avait carte blanche et que des prisons étaient construites, on n’aurait pas besoin de « managers » pour réduire la délinquance.

    Les fonctionnaires français sont généralement compétents et travailleurs. Il faudrait seulement que les directives soient bonnes.

  50. Marco Polo, s’il vous plait, relisez lentement tout ce que j’ai écris depuis le début de cette discussion, puis relisez ce que vous avez écrit et demandez-vous bien sincèrement, dans le silence des passions, comme dirait Rousseau, si votre dernier message comporte un seul argument sérieux qui répondrait à ce que j’ai dit (et à ce qu’a dit Koltchak).
    Je ne vous demande pas la réponse.
    En revanche, vous serait-il possible de répondre à la question suivante : lorsque vous dites :
    Tout prouve que le problème de la délinquance n’a presque rien à voir avec les méthodes ou le statut de la police
    ou bien
    Le problème c’est qu’elle est déjà assez efficace, et que la délinquance n’en est pas gênée pour autant
    sur quoi vous appuyez-vous? Sur votre intuition? Sur votre connaissance directe et approfondie de la police française? Sur vos lectures?
    Koltchak, qui est manifestement de la maison, vous dit que la question de l’organisation du travail chez les policiers est importante.
    Je vous dit que cette question a son importance et je vous donne quelques pistes de lecture pour appuyer mes dires. Bien entendu j’en ai d’autres à votre disposition si celles-ci ne vous suffisaient pas, ce que je comprendrais très bien.
    Si vous nous contredisez, c’est sûrement que vous avez des éléments de connaissance que nous n’avons pas. Vous serait-il possible de nous les faire partager?

  51. Avec plaisir.
    La plupart des délinquants sont multirécidivistes. Il n’est pas rare qu’on les arrête dix fois, trente fois, parfois beaucoup plus encore.
    On les arrête.
    Puis on les relâche.
    Alors ils recommencent.
    Je m’appuie sur la lecture de tous les journaux qui me sont tombés sous les yeux depuis quelques dizaines d’années, et, je le crois, sur le bon sens. Sur la lecture de criminologues également, comme Raufer. Entre autres sources. Mais est-ce vraiment là que ça coince ? Mon constat est-il si étonnant ?
    La police les arrête. La Police est efficace. L’armée française est efficace. Elle était efficace aussi en Algérie (très). L’efficacité du fonctionnaire a peu à voir avec les résultats, car le fonctionnaire ne décide pas du résultat.
    Mettez les meilleurs profs du monde dans un lycée, et obligez-les à suivre des directives débiles et un programme absurde, vous ne ferez pas des génies à la chaîne.
    Vous le dites vous-mêmes : ce n’est pas en augmentant les effectifs qu’on va résoudre le problème (ou alors je n’ai rien compris au libéralisme et au discours du « Cri du contribuable »). Je suis bien d’accord avec ça, c’est tout.
    En revanche il faudrait construire beaucoup plus de prisons, et surtout condamner les délinquants.
    Je ne vois pas bien où ça coince. Je n’ai pas remis en question vos analyses, et je suis même d’accord avec ce que vous dites. Je me demande seulement pourquoi vous faites de la surdélinquance actuelle un problème de méthodes et de management, alors que le problème me paraît être de toute évidence beaucoup plus grave.

  52. @ Aristide,
    vous avez écrit :
    « Pourquoi voudriez-vous que le flic de base demande la suppression du statut de la fonction publique ? Il est très peu probable que le flic de base ait jamais réfléchi au statut de la fonction publique et encore plus improbable qu’il fasse le lien entre ce statut et l’efficacité de la lutte contre la délinquance.
    Au maximum, si le sujet vient sur la table, il doit sans doute croire ce que lui en disent les collègues syndiqués, à savoir qu’il est évidemment normal que les agents la force publique soit des fonctionnaires et que la sécurité de l’emploi etc. est juste une compensation pour les risques et les inconvénients du métier.(…) »

    Gardien de la paix, c’est très loin d’être une vocation pour la plus que grande majorité des jeunes qui choisissent cette voie. L’attrait pour la fonction publique est très important pour ceux qui en fonction de leur qualification optent pour ce métier, c’est même un point déterminant. Vous êtes à coté de la plaque.

  53. « Nous sommes complètement mobilisés, il y a 60.000 policiers, gendarmes, sapeurs-pompiers et secouristes qui ce soir veilleront à la sécurité des Français et tâcheront de faire en sorte que la fête se passe bien », a annoncé samedi sur RTL le ministre de l’Intérieur Claude Guéant.

    Allez ! Bonne année à tous les fonctionnaires et aux autres.

  54. oui, bonne année à tous les fachos !
    ce qui nous réunit est plus fort que ce qui nous divise.

  55. Je me demande seulement pourquoi vous faites de la surdélinquance actuelle un problème de méthodes et de management, alors que le problème me paraît être de toute évidence beaucoup plus grave.

    Là j’avoue que je ne sais plus quoi dire. Que vous puissiez m’attribuer cette position alors j’ai écris dans au moins trois messages (pas UN message, TROIS) que la question de la méthode (coucou René) n’était qu’une partie du problème…
    C’est donc si difficile à comprendre qu’un problème peut avoir plusieurs aspects et qu’il n’est possible de le traiter qu’en traitant tous ses aspects à la fois ?
    En tout cas je ne pourrais pas le dire plus clairement que je l’ai déjà dit.
    I’m at a loss.

    J’en viens maintenant à ce qui parait vous poser problème.
    Vous avez raison de dire qu’il existe un noyau dur de délinquants « bien connus des services de police » selon l’expression consacrée, et qui sont responsables d’un nombre tout à fait disproportionné de crimes et délits. Pour autant il ne s’ensuit pas que :
    – Tous les délinquants sont connus des services de police
    – Tous les délits de ces multirécidivistes sont connus des services de police
    Plus généralement vous me semblez raisonner comme si le crime était un stock qu’il s’agirait d’écluser une bonne fois pour toutes, alors qu’il s’agit d’un flux qui se renouvelle sans cesse et qui change de forme.
    C’est pour cela que le policier américain que j’ai cité dans l’un de mes messages compare son travail à celui d’un chef d’entreprise : il faut sans cesse adapter « l’offre » à la « demande » (ce qui ne veut pas dire que son travail soit EN TOUS POINTS comparable à celui d’un chef d’entreprise).
    Par ailleurs si vous voulez réduire le taux de criminalité et pas seulement augmenter le taux d’incarcération il ne suffit pas toujours de mettre plus de gens en prison (même si c’est NECESSAIRE). Il faut aussi empêcher les crimes et délits d’être commis et pour cela la réactivité de la police (et pas seulement de la police d’ailleurs) est un élément crucial.
    C’est la constatation toute simple derrière « la théorie de la vitre brisée » (ou en tout cas une de ses versions) : vous devez traiter tous les désordres, même petits, même ne conduisant pas à des arrestations, car si vous ne le faites pas vous envoyez aux délinquants potentiels le message que l’espace en question n’est pas protégé et vous les incitez à passer à l’acte.
    Je cite encore ce même policier, qui parle de son activité à NY avant les réformes introduites par Bratton : “All we had done up to that point was put people in jail, and it hadn’t made a difference,”.
    Je sais qu’il peut sembler contre intuitif qu’il ne suffise pas toujours d’incarcérer plus pour réduire la criminalité (même si c’est NECESSAIRE), et pourtant cela semble assez bien prouvé.
    Ce qui m’amène à une dernière chose : les journaux et le bon sens ne suffisent pas tout à fait pour être bien informé dans ce domaine (même si le bon sens est NECESSAIRE. Les journaux je suis moins sûr…, surtout que les deux ne sont pas toujours en accord). Ce n’est pas tout à fait par hasard qu’il existe une vaste littérature spécialisée sur le sujet.

    Et sur ce, bonne année à tous !

  56. Aristide, j’ai bien compris votre position, et nous sommes d’accord. Seulement vous insistez sur les questions de méthode, tout en reconnaissant que ce n’est pas suffisant. Oui, d’accord, mais si les questions de méthode sont secondaires (tout en étant nécessaires), pourquoi tant insister sur elles ? Je crois surtout que vous ne voulez pas admettre que notre police fonctionne aussi bien qu’elle le peut dans les étroites limites où les autorités politiques et judiciaires la cantonnent.
    J’espère ne pas faire de procès d’intention. C’est l’impression que j’ai, c’est tout.
    Moi je ne crois pas que les fonctionnaires travaillent mal, c’est notre point de divergence. Je crois que ce qui déconne, ce sont les ordres qu’on leur donne.

    Vous dites qu’un problème a plusieurs aspects, et que pour le traiter il faut traiter tous les aspects à la fois.
    Je ne suis pas entièrement d’accord. Les questions d’efficacité technique relèvent de la compétence des préfets de police, des commissaires, etc. Ce n’est pas une question politique.
    L’intendance n’a qu’à suivre, c’est son boulot (comme disait un grand homme, particulièrement efficace).
    Ce qu’il faut, n’est-ce pas d’abord une volonté ?

    Merci en tout cas pour les infos intéressantes et les extraits de rapports que vous avez donnés. Ils enrichissent ma vision des choses.

  57. mais si les questions de méthode sont secondaires (tout en étant nécessaires), pourquoi tant insister sur elles ?

    Relisez le début de cette conversation et vous verrez que j’émettais simplement une opinion sur la question de la « politique du chiffre ».
    Et si par ailleurs je soulève souvent (enfin, tout est relatif) cette question de la méthode c’est tout simplement car il me semble que l’on en parle moins que de celle du nombre de place de prison ou de la sévérité des juges. Et il est plus intéressant de dire quelque chose de (relativement) nouveau que de répéter ce que tout le monde sait, non?

    Les questions d’efficacité technique relèvent de la compétence des préfets de police, des commissaires, etc. Ce n’est pas une question politique.

    Dans la mesure où ces question relèvent beaucoup de la gestion des ressources humaines et que dans la fonction publique cette gestion est conditionnée par le statut de ladite fonction publique et par le rôle des syndicats cela devient une question politique, au moins en partie.
    Et pour finir j’aimerais croire qu’il est possible de dire « l’intendance suivra » malheureusement il me semble que les meilleurs plans du monde peuvent échouer pour des questions d’intendance si l’on n’y prend pas garde.
    Ceci dit en toute révérence pour de Gaulle qui, je crois, savait parfaitement se préoccuper des questions d’intendance si nécessaire.

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