Du problème de la fonction publique

Vu que vous, mes chers visiteurs, ne loupez pas une occasion de ramener tous les sujets aux fonctionnaires histoire de vous écharper à loisir puis de vous rouler dans le sel avant d’entamer une petite danse de la victoire, j’ai décider de vous offrir un billet sur le sujet.

Que ce soit clair, étant plutôt porté vers l’anarchisme, je considère les fonctionnaires dans leur globalité comme étant une émanation d’un état obèse, tentaculaire et dangereux pour les libertés individuelles. Ce qui est la première raison pour laquelle je suis pour une diminution drastique de leur nombre. La hauteur atteinte après avoir mis tous les fonctionnaires en tas est en lien direct avec le véritable niveau de démocratie d’un pays.

Cependant, je suis aussi bien conscient que l’état ne peut être totalement annihilé, même avec les plus belles catapultes dernier cri, et que la fonction publique assurant un certain ordre ainsi qu’une certaine stabilité est nécessaire à la création de richesses. De plus, de par mon expérience personnelle, je peux aussi affirmer que certains fonctionnaires, à la louche je dirais un bon tiers, font leur boulot consciencieusement et bossent pour ceux qui se tirent la nouille toute la journée afin que l’administration ne s’effondre pas totalement. Je n’ai donc a priori rien contre les fonctionnaires pris individuellement.

Ceci établit, j’aimerais qu’on arrive à se mettre d’accord sur le seul point qui m’apparaît comme revêtant une réelle importance dans toute discussion sur les fonctionnaires: leurs nombre et, par conséquent, le poids économique qu’ils font peser sur le privé sont parfaitement hors de proportion avec les services qu’ils rendent et absolument démentiels vu le très profond trou de dettes dans lequel nous nous trouvons.

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66 réponses à “Du problème de la fonction publique

  1. Bonjour,

    Attention aux généralités : lorsque vous vous faites soigner à l’hôpital, ce sont bien des fonctionnaires qui sont aux petits soins pour vous.

    Il faut distinguer les administratifs de ce qui travaillent. (on ne pourrait être plus clair)

  2. ouais ben dans les cliniques pareil avec une bien meilleure hygiène et pour bien moins cher

  3. Tout à fait d’accord Amiral. Reste à déterminer s’il faut confiner l’état à ses fonctions régaliennes (à condition de bien définir le domaine de ces dernières) ou s’il est utile qu’il intervienne dans des domaines comme, par exemple, la santé et l’éducation…

    On pourrait également envisager, soyons fou, qu’on puisse travailler pour l’état sans que cela implique un statut aussi particulier que celui des fonctionnaires…

    Une chose qui m’étonne toujours, c’est que les défenseurs auto-proclamés des libertés sont généralement partisans de plus d’état alors que plus l’état se renforce plus les libertés se restreignent (cf. la quasi-disparition du droit à ne pas pleurer le leader en Corée du Nord).

    • M. Etienne,

      je partage complètement votre analyse. Il existe à Paris des hôpitaux privés « participants au service publique ». Dans le cadre de cette participation, l’Etat surveille leur gestion des dépenses. Mais ils ont aussi une partie 100% privée où l’Etat ne met pas le bout de son nez. Ces hôpitaux sont ainsi complètement libres sur leurs investissements et peuvent donc faire bénéficier le public de technologies de pointe achetées avec les sous gagnés sur la partie privée.

      Regardons autour de nous : le contrôle technique automobile est un exemple de service public sous-traité à des entreprises privées. Idem pour les écoles dites libres (sous contrat) vis à vis de l’Education Nationale.

      Sur le dernier point, c’est le résultat de l’infantilisation permanente. On a du mal à imaginer que l’Etat ne fasse pas à notre place ou ne finance pas à notre place.
      Or il semble que la bonne solution soit moins d’Etat, donc moins d’impôts à condition que ce que nous donnons aux impôts passe dans le financement d’associations d’aide ou le paiement des services aux entreprises qui « participent au service public » (comme les contrôles techniques ou les écoles privées hors-contrat).

      Qu’en pensez-vous ?

  4. « Lorsque vous vous faites soigner à l’hôpital, ce sont bien des fonctionnaires qui sont aux petits soins pour vous. »

    Bien sûr que non. Vous oubliez que « l’hôpital », ce sont aussi les « cliniques privées », qui rendent exactement le même service pour beaucoup moins cher. Mais elles n’ont pas le droit à l’appellation « d’hôpital », n’est-ce pas ?… Elle ne sont pas assez nobles pour cela.

    Un hôpital, c’est pas un endroit où on soigne : c’est un endroit peuplé de fonctionnaires.

  5. @Robert

    « (…) les cliniques privées, qui rendent exactement le même service pour beaucoup moins cher.(…) »

    Avant de blablater privé vs public, il faudrait avoir une idée de la répartition des pathologies soignés par les uns (cliniques) et l’autre l’hôpital public.

    Le même service ? Pour moins cher ? Et quid des subventions publiques que perçoivent les cliniques privées ?

    J’ai comme un doute et le « sentiment » que le privé gère majoritairement des petites et moyennes pathologies (subventionné publiquement et par mutuelle) et qu’on laisse ce qui est fort couteux à l’hôpital public.

    En sus des pathologies, des clients à l’équilibre budgétaire, pour le privé et pour les autres, le public. Peut-on vraiment comparer la gestion économique des uns et des autres.

    Si l’on inversait les rôles, le privé rendrait, un service au moins aussi pourri. Voire pire puisqu’ils ne soigneraient même plus les malades (faillite), à moins de palper des subventions en rapport.

    Je n’ai aucune estime particulière pour les fonctionnaires mais de la rendre vertueux le privé d’autant que dans me le cas présent, ils bouffent au râtelier. La petite rhétorique du liberal de base, le privé gère mieux, au moins ce n »est pas notre fric qu’on balance par la fenêtre, ….

    c’est d’une facilité.

  6. @Woland,
    *****
    (…)Que ce soit clair, étant plutôt porté vers l’anarchisme, (…)

    (…) la fonction publique assurant un certain ordre ainsi qu’une certaine stabilité est nécessaire à la création de richesse (…)

    ******
    Il n’y aurait pas un problème ? Ne seriez-vous pas un peu obèse intellectuellement ?

  7. Georges Clémenceau ( médecin … puisque certains parlent santé ici …) a dit : » Plantons des fonctionnaires, il poussera des impôts !  »
    Bravo Amiral !

  8. « Il faudrait avoir une idée de la répartition des pathologies soignés par les uns (cliniques) et l’autre l’hôpital public. » (Grochon)

    Non. C’est pour les mêmes actes médicaux.

    C’set toujours pareil : à chaque fois qu’on leur met sous le nez la preuve de leurs erreurs, les gauchos pinaillent, chicanent, mettent en doute « la méthodologie », « les chiffres ». Bref, font les malins.

    Il va de soi que les chiffres des stato-gauchistes sont absolument bétonnés, parfaitement honnêtes et sans la moindre erreur. Jamais.

    Par exemple, l’Etat ne connaît même pas le nombre exact de ses fonctionnaires. A part ça, « il faudrait avoir une idée de la répartition des pathologies blabla », nous assène une tripotée de statisticiens amateurs dès qu’on leur met le nez dans le caca de l’Etat, dont ils nous assurent qu’il sent la rose.

    « Quid des subventions publiques que perçoivent les cliniques privées ? »

    Au hasard, évidemment il n’en sait rien, il n’a aucune donnée sur le sujet. Evidemment, les hôpitaux publics, eux, ne reçoivent aucune subvention. C’est de l’argent gratuit qui tombe du ciel. Que donne notre bon roi Sarkozy (ou Chirac, ou Mitterrand, ou de Gaulle) sur sa cassette personnelle.

  9. Votre billet Amiral c’est un peu comme si l’instituteur encourageait ses élèves à reprendre la guerre des boutons…
    Mais puisqu’on est poussé par les autorités supérieures, allons-y gaiement!

    à la louche je dirais un bon tiers, font leur boulot consciencieusement et bossent pour ceux qui se tirent la nouille toute la journée

    Je vous trouve bien généreux là. Seriez pas en train de virer gauchiste?
    Et puisqu’on a convoqué Clémenceau, vous connaissez sûrement cet autre bon mot : « les fonctionnaires font les meilleurs maris. Lorsqu’ils rentrent du travail ils ne sont jamais fatigués et ils ont déjà lu le journal ».
    Et pan!

  10. “Quid des subventions publiques que perçoivent les cliniques privées ?”

    Bougre d’andouille ! On vous dit que les mêmes actes médicaux coûtent beaucoup plus cher dans le public que dans le privé : ce n’est pas une question de recettes ! C’est un question de coût ! Vous connaissez la différence entre une addition et une soustraction ?

    Evidemment, si le public coûte plus cher et qu’en plus il est financé par de l’argent public (ce qui est le cas), c’est doublement embêtant !

    Et c’est d’ailleurs bien parce que l’hôpital est financé par de l’argent public, parce qu’il n’est pas soumis à la concurrence du marché, qu’il est beaucoup plus cher !

    Putain, quelle bande d’analphabètes économiques !…

  11. Allons ! Allons ! Messieurs ! Il faut savoir dépasser nos clivages et nos honoraires m’enfin !

  12. Aristide : l’Amiral veut faire la compète avec les 168 commentaires de Didier. Au boulot mon vieux ! Moi j’ai déjà donné…

    “Les fonctionnaires font les meilleurs maris. Lorsqu’ils rentrent du travail ils ne sont jamais fatigués et ils ont déjà lu le journal.”

    Rien n’a changé : aujourd’hui, ils ont déjà lu les blogs (et commenté pour faire reculer l’hydre ultra-libérale).

    • Bob, mépadutou. Je veux au contraire qu’on arrive à s’entendre sur le fait que le problème est le piids de la fonction publique sans s’attarder sur les qualités intrinsèques du fonctionnariat…

  13. Bien sûr, il y le nombre des fonctionnaires à revoir, mais aussi les privilèges de certains, leur absentéisme, leurs grèves/prises d’otages des administrés…

  14. D’accord pour l’anarchisme, mais de manière très organisée.
    Je ne pense pas que le quantitatif, soit le seul point important concernant les fonctionnaires. Il faut au moins tenir compte de la pertinence de chaque poste, du retour sur investissement escompté et du rapport qualité/prix.
    Au-delà du quantitatif, de la pertinence, et du qualitatif, l’état d’esprit du fonctionnaire a aussi son importance, je crois.
    Un fonctionnaire élevé à la détestation de lui même et de ses concitoyens ne peut pas donner la pleine mesure de son talent.

  15. Il y a un point qui n’est pas abordé sur les fonctionnaires : contrairement à tous les travailleurs du privés, ils sont titulaires de leur poste, c’est à dire que celui-ci leur appartient de la même manière que sous l’ancien régime on achetait sa charge.

    Hélas, c’est là qu’est l’os.

  16. Bon, je vais encore ramener ma fraise, mais Clemenceau (sans accent sur le e) et les fonctionnaires, c’est un festival.

    D’abord, la citation exacte du Pinson, c’est : « La France est un pays extrêmement fertile : on y plante des fonctionnaires et il y pousse des impôts. »

    Aussi :

    « Un escalier de ministère est un endroit où des gens qui arrivent en retard croisent des gens qui partent en avance. »

    Il avait fait afficher cet avis dans son ministère : « Messieurs les employés du ministère de l’Intérieur sont instamment priés de ne pas s’en aller avant d’être arrivés. »

    On dirait du Pierre Dac.

  17. Bien sûr que c’est une question de nombre, l’Amiral, mais pas seulement. Il y a aussi la question du statut. Non seulement les fonctionnaires ont un pouvoir excessif parce qu’ils sont trop nombreux, mais ce pouvoir est démultiplié par les innombrables avantages indus dont ils bénéficient, et qui en font une classe protégée.

    A part ça, la question de la valeur individuelle des fonctionnaires est un piège.

    Celui qui la pose étant en général lui-même un fonctionnaire, elle équivaut à dire : hein ? kesstadi ? chuis un enculé ? mais vazy, dis-le !

    Ben oui, il est parfaitement possible que tu sois un enculé, connard. Surtout vu la façon dont tu te conduis sur les blogs. Mais, bien entendu, personne ne peut rien en savoir, et puis ça serait malpoli de le dire : c’est bien pour ça que tu poses la question, enculé.

    En revanche, dans le secteur privé, les enculés, on les vire. Donc y’en a moins, forcément.

    Dans le public, on les garde. Donc, non seulement y’en a plus, mais le secteur public attire les enculés, comme la merde les mouches du même nom.

  18. Amiral,

    Vous avez entièrement raison, il faut réduire la fonction publique. Demandons la création d’une administration à cet effet avec un joli ministre aux dents longues, sa petite commission et son autorité de tutelle indépendante.
    A moins, l’état ne pourrait rien faire!

  19. Les citations sont savoureuses.

  20. En tant que fonctionnaire, je pense pouvoir avoir quelques mots à dire.

    1) Le premier problème tient en ce que les fonctionnaires disposant du droit de vote se trouvent dans la position d’être juge et partie.
    2) Plus de 50% des députés sont fonctionnaires, ce qui contribue à empêcher toute réforme du système.
    3) Les fonctionnaires disposant du droit de grève possèdent un levier important dans la menace de bloquer le système.
    4) L’emploi garanti, la promotion à l’ancienneté sont autant de freins à la promotion des bons éléments et à l’éviction des boulets.

  21. Koltchak vous parlez d’or.
    A noter que jusqu’à la fin des années 1940 les fonctionnaires n’avaient pas le droit de faire grève. Au nom de la continuité du service public.

  22. Le nombre de jeunes qui veulent être fonctionnaires est ébouriffant. A de très rares exceptions près, ils ne sont pas animés par une envie irrepressible de se dévouer pour la collectivité mais par le désir d’avoir « une bonne place ».
    Dans la fonction publique m’a dit un jour un haut fonctionnaire, il y a dix pour cent d’exploités, quarante pour cent d’utiles, autant d’inutiles et dix pour cent de nuisibles..

  23. « Le premier problème tient en ce que les fonctionnaires disposant du droit de vote se trouvent dans la position d’être juge et partie. »

    Alors là je suis sur le cul.

    Déjà que j’ai l’impression de péter à la messe quand j’écris que les fonctionnaires ne devraient pas avoir le droit de vote (à la suite de Theodore Dalrymple — c’est pas moi qui l’ai inventé), le voir écrit par un fonctionnaire français, ça fait, euh… un peu comme si on rentrait dans la quatrième dimension.

    Remarquez que le blogueur ultra-hyper-libéral Vincent Bénard est fonctionnaire, lui aussi. Il évite de le crier sur les toits, cela étant.

  24. On notera d’ailleurs que le harcèlement moral, au sens judiciaire du terme, connaît une prévalence importante dans la fonction publique, et ça se comprend : quand il n’y a aucun moyen de sanctionner les gens, de discriminer, de récompenser les bons et d’écarter les mauvais, des procédés pervers prennent le dessus.

    Encore une illustration du fait que les meilleures intentions du monde peuvent aboutir à des conséquences inverses de celles que l’on attend.

  25. Le problème, c’est que tout le monde est d’accord, ici, pour taper sur les fonctionnaires.
    C’est pas marrant.
    Alors il faut que je m’y mette.
    D’abord, bravo à Marchenoir pour cette phrase magnifique, je cite :

    « Un hôpital, c’est pas un endroit où on soigne : c’est un endroit peuplé de fonctionnaires. »

    Là, on sent que c’est pensé. Un fonctionnaire médecin ne peut pas vous soigner, il peut seulement vous coûter de l’argent.

    (J’espère ne pas avoir trahi le sens du propos en le sortant du contexte, sinon on peut toujours me le signaler en m’insultant, bien sûr).

    Cela dit, je suis entièrement d’accord avec le billet de l’Amiral, qui pose le débat sans exagération. Oui, il y a trop de fonctionnaires en France. Oui aussi, ils ne travaillent pas si mal. 30 % ? Moi je dirais un peu plus, mais c’est difficile à évaluer. Pour prendre mon expérience personnelle, dans mon milieu de fonctionnaires à moi (15 ans de pratique quotidienne), je dirais à vue de nez que 80 % des fonctionnaires sont des gens consciencieux, qui ont à coeur de faire bien leur travail. Pour d’autres secteurs, je ne sais pas, je ne connais pas de l’intérieur.

    Je sens que quelques-uns s’étranglent, mais désolé, c’est mon expérience.

  26. Que les fonctionnaires n’aient pas le droit de faire grève, ça peut se défendre (et je serais assez pour, même), mais qu’aujourd’hui on puisse proposer de leur retirer le droit de vote, alors qu’on va l’accorder à tous nos Africains, je suis sidéré.

    Cependant je suis assez d’accord sur l’idée que le harcèlement moral est très présent dans la fonction publique en raison des faibles moyens de virer les gens autrement qu’en les écoeurant.
    Le problème, c’est qu’il n’y a pas de critères valables de jugement, pas de réelle rentabilité à mesurer, et toute promotion autre qu’à l’ancienneté risquerait de se faire surtout par copinage (politique, notamment). Je ne dis pas ça comme une excuse pour maintenir une situation soi-disant avantageuse (alors qu’elle ne l’est pas du tout pour les bons fonctionnaires) : c’est un problème.

  27. « J’espère ne pas avoir trahi le sens du propos en le sortant du contexte. »

    Nooon… Sans blague ?…

  28. Faut reconnaître que c’était pas très clair.

  29. « Mais qu’aujourd’hui on puisse proposer de leur retirer le droit de vote, alors qu’on va l’accorder à tous nos Africains, je suis sidéré. »

    De l’art de jouer sur le mot « on ».

    « On » 1 = Dalrymple, Koltchak et ma pomme, soit tout de suite une armée de 3 personnes.

    « On » 2 = la gauche et une partie de la droiche, soit quelques millions de types, avec lesquels l’armée ci-dessus est en total désaccord.

    Précisément, il est parfaitement cohérent de refuser le droit de vote aux étrangers tout en voulant le retirer aux fonctionnaires : ces derniers sont en effet les alliés politiques des immigrés, puisque la fonction publique nourrit la dépense publique, qui favorise l’assistanat, qui attire l’immigration, qui génère des postes de fonctionnaires pour remédier à ses méfaits et distribuer les allocations — et la boucle est bouclée.

    De même que les hommes politiques favorisent l’immigration pour s’assurer de nouveaux électeurs, les fonctionnaires ont intérêt à l’immigration, puisque celle-ci nécessite l’assistanat, qui lui-même justifie l’existence et le pouvoir des fonctionnaires.

    C’est le cercle vicieux de cette danse à trois — et on peut dire à quatre en rajoutant les syndicats dans le lot.

  30. »Le problème, c’est qu’il n’y a pas de critères valables de jugement, pas de réelle rentabilité à mesurer. »

    Sans blague ? Mais quelle est l’image que vous vous faites de l’entreprise privée ? Vous croyez vraiment que les gens y sont évalués uniquement sur des critères financiers ?

    S’il n’y a pas de critères valables de jugement pour un fonctionnaire… eh bien, c’est que le poste de ce fonctionnaire est inutile !

    On ne peut pas juger le travail d’un policier ? Sans blague ? Comment se fait-il qu’on y arrive à New York, alors, et pas en France ? Le travail d’un policier, ce n’est pas d’arrêter les criminels et de faire baisser la délinquance ? Et ça ne peut pas s’évaluer, ça ?

    Le travail d’un prof, ce n’est pas d’instruire les enfants ? Ca ne peut pas s’évaluer ?

    Le travail d’un éboueur, ce n’est pas de rendre les rues propres ? Ca ne peut pas s’évaluer ?

    Le travail d’un inspecteur des impôts, ce n’est pas de faire rentrer les impôts ? Et ça ne peut pas s’évaluer ? Ca s’évalue, d’ailleurs, et sur le critère de la rentabilité, encore, puisque les enquêtes et les redressements sont faits en fonction de l’espérance de gain pour le fisc !

    De façon plus générale, on ne peut pas juger de l’assiduité d’un employé, de sa ponctualité, de son ardeur au travail, de sa loyauté, de sa rapidité, de son intelligence, de sa capacité d’initative, de son esprit d’équipe ?

    C’est pourtant ce que font des millions de cadres et de patrons tous les jours dans le privé…

  31. Ben non, ce n’est pas aussi simple. Il y a de très bon profs dont les élèves sont nuls, par exemple, ne serait-ce que parce qu’ils ne parlent pas français (les élèves, pas les profs…). Ce n’est qu’un exemple.
    Les critères à peu près fiables sont l’assiduité, la ponctualité, ce genre de choses. Et cela vaut pour tous les métiers, y compris chez les fonctionnaires. C’est d’ailleurs une part de l’évaluation des enseignants, la moins abstraite sans doute, la plus objective. mais ça ne donne qu’une idée impersonnelle et superficielle de la compétence, surtout quand on doit juger les compétences intellectuelles.
    Je suis par ailleurs persuadé que dans bien des boulots du privé l’évaluation se fait de manière grotesque, loin de la transparence et de l’objectivité. Mon passage en usine, dans ma folle jeunesse, ne m’a pas convaincu du contraire, en tout cas.
    C’est pour cela que je crois à la conscience professionnelle plus qu’aux évaluations managériales. Motivons les gens, donnons leur un idéal, quand c’est possible, et laissons-les bosser.
    Les plus salopards réussiront à grimper les échelons, de toute façon.

  32. « 80 % des fonctionnaires sont des gens consciencieux, qui ont à coeur de faire bien leur travail. »

    Désolé, mais ça ne veut rien dire.

    A la veille du passage aux 35 heures, il y avait des centaines de milliers de fonctionnaires, en France, qui avaient à coeur de bien faire leur travail, et qui se croyaient super-consciencieux en travaillant (légalement) 32 heures par semaine.

    Inutile de vous dire (ou plutôt si, justement…) que si les mêmes avaient fait le même boulot dans le secteur privé, où la norme était à l’époque plutôt de 40, 45 h ou plus, ils seraient passés pour d’infâmes branquignols.

  33. Quels sont ces fonctionnaires qui devaient travailler 32 heures ?
    Des centaines de milliers ?
    Je ne vois pas la logique de votre dernier message.
    Et la norme, dans le privé, ce n’était pas 45 heures, mais 39 (il me semble).
    Ou alors vous voudriez que les fonctionnaires travaillent autant que des commerciaux payés à la commission, mais sans gagner plus en travaillant plus (contrairement au commercial) ? Quelque chose m’échappe.
    Le fonctionnaire fait son travail, et en général il le fait bien. C’est mon expérience.

  34. @Robert

    « Alors là je suis sur le cul. »
    Non, vous l’avez dans l’os, ou autrement dit : bienvenu chez les enculés.

  35. « C’est pour cela que je crois à la conscience professionnelle plus qu’aux évaluations managériales. Motivons les gens, donnons leur un idéal, quand c’est possible, et laissons-les bosser. »

    Bon, ben vous êtes de gauche, c’est clair…

    En tous cas, je constate une fois de plus que le fait de travailler dans la fonction publique française plonge l’individu dans un espace-temps où les lois terrestres habituelles ne s’appliquent pas. La réalité s’évapore, le sujet échappe à toutes les contraintes qui font le quotidien du commun des mortels.

    Partout ailleurs, dans tous les métiers, dans toutes les situations, dans toutes les activités humaines, dans toutes les civilisations, sous toutes les latitudes, les gens doivent être soumis à un système d’incitations et de désincitations, de contrôle et de contre-pouvoir, pour donner le meilleur d’eux-mêmes sans outrepasser les droits d’autrui.

    Dans la Fonction Publique Française, non.

    L’Etat donne un Idéal au Fonctionnaire, l’Etat Motive le Fonctionnaire (avec des Moyens, de la Considération et du Respect), et puis roule ma poule, le Fonctionnaire fait dégouliner l’Intérêt Général sur le reste de la population, et tout le monde nage dans le bonheur.

    Comme chacun peut le vérifier, d’ailleurs.

    Tous les fonctionnaires devraient être contraints de faire un stage d’un an dans le privé. Histoire de voir comment vivent les gens normaux dans la vie normale.

  36. « Le fonctionnaire fait son travail, et en général il le fait bien. »

    Bon, ben tout va bien alors.

    L’Education nationale produit des gens de plus en plus instruits génération après génération, la police fait régner l’ordre et la paix dans la rue, la justice tranche de façon équitable et punit les criminels, la poste livre le courrier vite et bien et les facteurs ne volent jamais dans les colis, l’impôt est indolore et pourtant suffit aux besoins de l’Etat, il n’y a pour ainsi dire par de dette…

    Qu’est-ce qu’on s’emmerde ? De quoi on discute ? Puisque tout va bien ?

  37. Si j’ai réussi à mettre Robert sur le c.l, je peux illico arrêter ma carrière de blogueur/commentateur, je ne réussirais jamais à faire plus fort :-)

  38. Sur ce fil, la plupart des critiques contre les fonctionnaires se limitent à la question de la paresse des fonctionnaires, de la plus ou moins grande quantité de « travail » qu’ils fournissent. Inversement, il est implicitement admis, d’une part, que les quelques secteurs de la fonction publique dans lesquels les journées de travail sont chargées (il en existe quelques uns) produisent effectivement de la valeur (ou en produisent autant que le privé), et, d’autre part, que la valeur du travail d’un fonctionnaire, si elle peut être faible, voire nulle, ne peut être négative.

    Ce faisant, ces attaques contre les fonctionnaires, même les plus agressives, me semblent faussées par le dogme marxiste de la valeur-travail.

    La valeur-travail, c’est tout simple, et très idiot. Ça consiste à dire que la valeur d’un produit ou service est fonction directe de la quantité de travail utilisée pour leur production.

    Cette théorie est de toute évidence erronée : non seulement elle omet de prendre en compte la productivité (au sens de « productivité physique ») personnelle de chaque travailleur, mais en plus (et cela est souvent méconnu) elle oublie également que le choix de la matière à laquelle sera appliquée le travail de l’employé, l’orientation de ses efforts, est primordial. Par exemple, quand Staline a fait creuser un canal entre la Baltique et la mer Blanche, il a utilisé pour cela le travail de milliers d’hommes (je suppose que personne n’osera mettre en doute l’intensité de l’activité de ces derniers…), et pourtant ce canal n’a revêtu quasi aucune valeur, tout simplement parce qu’il ne répondait à aucun besoin.

    En vérité la théorie correcte de la valeur est celle de la valeur-utilité : la valeur d’un produit ou service ne correspond qu’à utilité que ce produit ou service représente pour son acquéreur, sans lien aucun avec la quantité de travail nécessitée pour le fournir.

    Si l’on pouvait déterminer la valeur produite par chaque fonctionnaire, on pourrait vérifier s’il est payé au-dessous ou au-dessus de ce qu’il mérite (le salaire est en effet fonction directe, dans un régime concurrentiel, de la productivité.)

    Quelle valeur peut donc bien représenter le travail des fonctionnaires ?

    En fait, pour résoudre cette question, il faut distinguer les services publics administratifs des services publics économiques. Les deux types de service public publique fonctionnent par la violence agressive (« l’Etat est le monopole de la violence physique légitime »). En effet, tous deux sont financés par l’impôt, lequel est, par hypothèse, prélevé par la force. Cependant, dans le cas des services publics économiques, la violence n’intervient qu’à un stade, celui de l’amont, celui du financement, alors qu’en ce qui concerne les services publics administratifs, la violence est employée non seulement en amont, mais aussi en aval. Ces services publics-là se définissent en effet par le fait qu’ils ont pour objet de s’immiscer dans la vie des gens contre leur gré, par la force.

    (Dans les faits, les deux types de service public ne sont pas toujours organiquement distincts. Par exemple, la SNCF est un service public économique, mais elle dispose de certaines prérogatives de service public administratif, puisqu’il est défendu de lui faire concurrence.)

    Commençons par les services publics économiques. Les fonctionnaires qui y « travaillent » sont célèbres pour leur paresse, et leurs salaires sont relativement hauts. Néanmoins, leurs clients – pardon, leur « usagers » – trouvent réellement un certain intérêt à leurs prestations, puisque ils acceptent volontairement de payer pour les obtenir (je me place évidemment ici dans la situation d’un service public économique « pur », c’est-à-dire celui où la contrainte n’intervient qu’en amont), et indiquent ce faisant à combien ils valorisent le travail de ces fonctionnaires. La valeur de ce dernier est donc ou nulle, ou positive. Dans ces services publics-là, les agents de l’Etat ne sont donc au plus que des bouches inutiles. Evidemment, dans la plupart des cas, les usagers ne consomment ces prestations que parce qu’une partie du prix en est supportée par les impôts, et s’ils devaient supporter le coût total de ces prestations, ils préfèreraient s’en passer et garder leur argent.

    En revanche, dans les services publics administratifs, la « consommation » n’est pas volontaire. On ne vous demande pas votre avis ; on vous rend un « service » contre votre gré, le client – pardon, l’ « administré » – n’évalue pas la prestation, puisqu’il ne dit pas combien il serait disposé à sacrifier pour l’obtenir. Dans cette situation, comment contrôler la valeur du service ? Comment vérifier que les prestations des bureaucrates ont vraiment une « valeur » ? Pis, comment être sûr que ces prestations constituent vraiment des « services », et non pas des « torts », des « dommages » ? Prenons l’exemple le plus difficile. Quand Bernadette Chirac ou Bernard Thibault vont chez le coiffeur, ils consomment volontairement, et la prestation qu’ils reçoivent constitue donc bien pour eux un « service » qu’ils estiment supérieur à l’argent qu’ils déboursent. Mais si, demain, ces coiffeurs obtiennent des prérogatives de service public administratif et administrent, de force, leurs prestations aux gens normaux, parlera-t-on de « service » ou de « tort » ? De la même façon, l’inspection du travail, l’autorité de la concurrence, la Halde, ne rendent pas des services mais infligent des torts.

    Or, quand un civil commet une faute (i.e. une atteinte aux droits ou à la personne d’autrui) et ce faisant cause un tort à autrui, loin de réclamer de l’argent à sa victime pour la peine qu’il s’est donnée pour lui faire ce tort, il devra indemniser le dommage qu’il aura causé. Article 1382 du Code civil.

    Pourquoi les fonctionnaires devraient-ils échapper à cette règle de justice élémentaire et universelle ? Voilà un privilège exorbitant !

    Maintenant, prenons le cas du fonctionnaire enseignant. Les profs du public relèvent à la fois du service public économique (leurs cours peuvent, dans certains cas, se révéler utiles, et, surtout, ils assurent une prestation de garderie, pas toujours très sûre il est vrai) et du service public administratif (l’école est obligatoire et bien des gens ne sont pas en mesure, après avoir payé leurs impôts, de sortir de l’argent pour une école privée ; pour exercer la plupart des métiers il est nécessaire de présenter un diplôme d’Etat..).

    Les enseignants en début de carrière gagnent, paraît-il, deux mille euros par mois, et s’en plaignent, estimant être sous-payés. On leur répond en général qu’être payé deux mille euros par mois en travaillant si peu et avec si peu de capacité est une excellente affaire. Pas faux. Mais la première question devrait être : est-il au moins sûr qu’un prof fonctionnaire ne devrait pas avoir à payer, en raison du tort (désinformation, désapprentissage de la lecture avec la méthode globale, violence à l’école…) qu’il inflige aux enfants et aux parents ?

    La valeur étant subjective, la réponse variera selon les parents/enfants. Certains trouveront qu’au total, la prestation est positive, d’autres qu’elle est négative. Mais peu, je pense, estimeront que les profs doivent être davantage payés.

  39. « Qu’est-ce qu’on s’emmerde ? De quoi on discute ? Puisque tout va bien ? »

    Oui, c’est à peu près ça.
    Il faut juste virer les fonctionnaires qui n’ont pas grand chose à faire. Il y en a. Mais ceux qui bossent, eh bien, ils bossent.
    Quant à faire un stage d’un an dans le privé, je crois que vous pétez un peu un boulon, là. Vous semblez vous imaginer que les fonctionnaires ne vivent qu’entre eux, ne fréquentent personne en dehors de leur monde étroit, n’ont pas de famille dans le « privé », ne font jamais appel aux artisans, ne rencontrent jamais de commerçants…
    En fait vous les prenez pour de gros débiles. Cela pourrait être une conclusion (erronée), mais chez vous c’est un postulat.
    Moi je crois surtout que vous ne connaissez pas ce milieu, il est vrai très divers. Comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire, parler du « privé » en général ou des « fonctionnaires » en général n’a pas grand sens, parce qu’il y a mille et un statuts différents. Le statut des enseignants n’a pas grand chose à voir avec celui des salariés de la SNCF, et même entre les enseignants il y a d’importantes différences.
    Vous ne pouvez pas imaginer un système qui serait valable pour tous les fonctionnaires.
    Vous ne pouvez pas évaluer un prof comme une femme de ménage (fonctionnaire), par exemple.

  40. Des profs en début de carrière payés 2000 euros ? Vous avez déjà tout faux, Baraglioul.
    2000 euros, c’est après 10 ou 15 ans de carrière.
    Bon, c’est la seule chose que j’ai pigée dans votre message. Mais c’est du pipeau, alors le reste, j’ai un doute.
    Vous prenez des produits ?

  41. « Vous semblez vous imaginer que les fonctionnaires ne vivent qu’entre eux. »

    Je n’imagine rien, je constate. Je lis les affirmations ahurissantes de Marco Polo, qui n’est pas le seul à tenir de pareils propos, et de loin.

    Les fonctionnaires côtoient peut-être physiquement des non-fonctionnaires, mais ils restent visiblement dans leur monde à eux. Un monde protégé aux dépens d’autrui, un monde qui n’a rien à voir avec le monde réel.

  42. En fait, les fonctionnaires sont des autistes.
    Ou des extraterrestres.
    Vous ne vous rendez pas compte, Marchenoir, que vous décrivez ici votre propre rapport au monde.
    Tenez un peu compte de ce que vous dit Marco Polo. Je le connais bien, c’est un type sympa et honnête (et beau).
    Et puis c’est lui qui fait l’animation, là, parce que sinon vous seriez tous d’accord et ce serait d’un triste…

    • je rappelle au passage que le but du billet était de trouver au moins un point d’accord sur le sujet qui est que le poids de la fonction publique sur le reste de la population est bien trop important. J’oeuvre pour la réconciliation moi…

  43. « Parler du “privé” en général ou des “fonctionnaires” en général n’a pas grand sens, parce qu’il y a mille et un statuts différents. »

    Ben voyons!… Le pinaillage habituel à la française. C’est pas pareil. Y’a des différences. On peut pas comparer. Y’a le statut 698527 bis modifé 1935, et le statut 2156987 C12 paragraphe 1255 corrigé par la loi du 5 fructidor an IV. Ca n’a rien à voir ! Fopagénéraliser. Padamalgam.

    Bien sûr qu’il faut généraliser. Bien sûr qu’il faut ignorer les nuances et les différences. Ca s’appelle une synthèse : ignorer les différences secondaires, pour se concentrer sur les points communs et les différences fondamentaux.

    Vous êtes en train de nous dire qu’il n’y a pas de différence fondamentale entre les fonctionnaires et le secteur privé ? Ce n’est pas l’avis des défenseurs du secteur public, en tous cas !

  44. Il faudrait seulement savoir à quel point de vue on se place.
    Généralement, quand on parle du statut des fonctionnaires (qui n’existe pas, il y a mille et un statuts différents), on se place soit au plan moral, soit au plan technique.
    Au plan moral, on considère que c’est dégueulasse que les fonctionnaires aient tout un tas d’avantages, et qu’ils devraient avoir au contraire les mêmes conditions que les gens du privé (ce qui est doublement absurde, puisqu’il n’y a pas non plus de statut unique du privé).
    Au plan technique, on imagine les moyens d’abaisser le coût de la fonction publique, et parfois d’améliorer le travail des fonctionnaires en les « manageant » un peu (c’est comme ça qu’on dit ?).
    Pour baisser les coûts, il suffit d’avoir moins de fonctionnaires.
    Pour le reste, il faut se méfier. On pourrait faire travailler les profs 35 heures par semaine au lycée (et 10 ou 15 heures à la maison), en supprimant un mois de vacances sur l’année (et pourquoi pas en les payant un peu moins, tant qu’on y est). Mais il est possible qu’il n’y ait plus beaucoup de volontaires, et on se mettra à recruter des profs maghrébins, comme c’est déjà un peu le cas, d’ailleurs, notamment en maths et physique. Souvent ces profs sont très nuls, évidemment, mais comme ils sont vacataires, ils coûtent moins cher.
    On pourrait faire plein d’économie également en payant les chirurgiens 1500 euros par mois, et en augmentant leurs cadences de travail. Mais ne risque-t-on pas une panne des vocations ? En fait il y aura bien toujours quelques personnes pour accepter ces conditions de travail, des Arabes ou des déclassés quelconques. Des Roumains et des Russes, peut-être.
    Vous voulez avoir des profs de merde et des médecins incompétents ? C’est facile, vous avez la recette.
    Pour ce qui est des emplois de la fonction publique qui n’exigent pas de compétences particulières, comme postier par exemple, et que n’importe qui peut faire, c’est différent. Il n’y a pas d’intérêt à protéger le statut ou à offrir des avantages, parce que la selection des employés importe peu (je préfèrerais quand même qu’ils soient Français, bien sûr).
    Tiens, voilà encore une différence fondamentale entre fonctionnaires, que les contempteurs de la fonction publique ne font jamais, à ma connaissance.
    J’imagine que même dans le privé, quand on veut avoir des gens compétents, qui ont fait les études nécessaires, etc., on leur offre quelques avantages, non ? Ou alors on compte sur leur bonté d’âme ?

    C’est bizarre, cette idée que les employés de banques ont droit à un quatorzième mois, que les cadres de chez Total peuvent prendre des RTT, mais que les fonctionnaires diplômés, eux, ne devraient avoir droit à rien, même pas à voter. C’est sûr qu’avec Marchenoir, l’élite de la nation va se précipiter vers ces postes hautement attractifs. Notez qu’on y est bien déjà un peu : le métier de prof ne fait plus recette, et le niveau des jeunes recrues n’a pas tendance à monter. C’est quand même, de plus en plus, un boulot de merde.

  45. Sur ce, bonne nuit, je dois bosser demain. Réveil 6 heures pétantes !

  46. Marco Polo, pour le cas où vous ne l’auriez pas remarqué je suis fonctionnaire et pourtant je suis contre le droit de grève et le droit de vote des fonctionnaires. D’un autre côté, étant également contre le suffrage universel… il n’y a rien de vraiment étonnant.

    Dieu sait que je ne suis pas libéral, mais comment accepter que des types puissent être juge et partie ? Car c’est bien à cela que se résume le droit de vote des fonctionnaires. Sachant que toutes fonctions publiques confondues ils tournent alentour de 4 millions et autant de retraités, je vous laisse imaginer le sacré groupe de pression que ça représente, même si tous ne sont pas de gauche. Ça ajouté aux 51% ou 52% de députés issus de la fonction publique… Pas étonnant qu’aucune vraie réforme ne passe.

    Sur le droit de grève, idem. Comment accepter que des gens qui sont payés par l’argent public puissent bloquer les services publics ?

    Sur l’emploi plus ou moins garanti, même si on observe une percée des contrats de droit privé, il me semble qu’il y aurait matière à revoir certaines choses. Des contrats de 5 ans renouvelables avec des objectifs clairs fixés à l’embauche. Ceux qui ont tenu la distance ou fait plus/mieux que prévu sont reconduits, les autres laissent la place à des plus motivés.

    Pour le reste, il serait bon que les fantasmes sur les salaires s’arrêtent une bonne fois pour toutes. J’invite les curieux à consulter les grilles de rémunération des agents de catégorie C, les plus nombreux. Ça n’a rien de glorieux, loin de là. En revanche, dès qu’on tape dans la catégorie A, les primes se multiplient et lorsqu’on arrive à la haute fonction publique, c’est jackpot avec des à-côtés sympathiques et des possibilités de placards dorés où on peut rester chez soi 1 ou 2 ans, voire plus parfois en émargeant à plein pot. Mais je le répète, ce n’est pas du tout représentatif de la grande majorité des fonctionnaires. Nombreux sont ceux qui partiront à la retraite avec moins d’un smic de pension mensuelle.

  47. Entièrement d’accord, koltchak, sauf sur le droit de vote, qu’il ne me paraît vraiment pas opportun du supprimer. Dans les années 1880, peut-être… Songez que les fonctionnaires ne sont pas les plus « juges et parties » du système. Les médecins dépendent directement de la politique de sécurité sociale, les entreprises de travaux publics n’en parlons pas : l’Etat, la région ou le département sont parmi leurs plus gros clients. Les opticiens et les constructeurs de bagnoles dépendent de décisions politiques, etc. Dans les Etats modernes, où l’Etat prélève autant d’argent (même dans les pays les plus libéraux, comme la Suisse de Robert) tout le monde est un peu fonctionnaire, tout le monde a un intérêt personnel à ce que tel parti l’emporte plutôt que tel autre. C’est d’ailleurs pour cela peut-être que la position libérale stricte est electoralement si peu payante. Enfin, l’expression « juge et partie » est très exagérée, puisque rares sont les fonctionnaires à être plus payés ou vraiment avantagés en cas de victoire de tel ou tel parti. Si la gauche passe en 2012, les profs – qui votent majoritairement pour elle – n’en recevront aucun avantage, au contraire même, peut-être (cela s’est vu, du temps d’Allègre). Je ne vois vraiment pas où est le problème, en fait, ou alors il faut remettre en question le droit de vote des chomeurs et de beaucoup d’autres professions. Et puis, encore une fois, c’est une discussion surréaliste dans le contexte actuel : Franck Ribéry et Djamel Debbouze auraient le droit de vote, et pas moi ? Soyons sérieux.
    Pour le droit de grève c’est autre chose. L’idée d’un service minimum garanti serait la moindre des choses, mais je ne suis pas opposé à une impossibilité totale de faire grève, ce qui ne se fera de toute façon jamais. Il faudrait également interdire les grèves du privé qui nuisent aux droits élémentaires des gens, par exemple quand les camionneurs bloquent les routes.
    D’accord avec vous aussi, bien sûr, à propos des fantasmes sur les salaires du public. Parmi mes camarades d’études, beaucoup ont choisi le privé pour cette raison qu’être prof, financièrement (et même si on est catégorie A, au passage), c’est minable par rapport à l’investissement. Difficile de trouver des concours aussi selectifs qui débouchent sur des salaires aussi légers. J’imagine que dans la police on ne roule pas sur l’or non plus.
    Ce n’est pas grave : on travaille surtout pour la gloire et le prestige. Regardez tous ces gens qui nous admirent !

  48. Il y a des pays où les fonctionnaires n’ont pas le droit de grève, je ne vois pas ce qui pourrait empêcher l’adoption de cette mesure sinon la couillemollisation de la classe politique plus habituée à baisser pavillon qu’à tenir tête. Sur le privé, votre position ne tient pas. Les salariés du privé ne sont pas payés avec l’argent public, ce qui fait une différence de taille. Par ailleurs, bloquer des routes ne relève pas du droit de grève, pas plus que le sabotage de l’outil de travail (cf. l’histoire des 10 de chez Renault).

    Ce que vous ne voyez pas, c’est que le droit de vote accordé aux fonctionnaires leur permet d’être à l’abri de toute réforme de fond qui remettrait en cause les soi-disant acquis sociaux accordés à la suite de l’adoption de la plateforme sociale du CNR. N’oubliez pas que c’est dans la fonction publique que l’on trouve le gros des troupes syndiquées et non dans le privé. Pour avoir discuté avec pas mal de monde en 20 ans de fonction publique je me suis rendu compte que ce qui dérange le plus n’est pas tant la faiblesse des salaires, la lenteur des promotions mais bel et bien la perspective de l’évaluation individuelle, de la promotion de ceux qui se remontent vraiment les manches, bref l’adaptation des outils du privé à la fonction publique. Et tant que ces gens disposeront à la fois du droit de vote et des relais à la chambre et bien rien ne bougera réellement. Si ça ce n’est pas être juge et partie… De toute manière je suis opposé au suffrage universel qui est un dispositif qui va à l’encontre du bien commun.

  49. Moi, j’te collerais le statut de militaire à tout le monde !
    – CDD d’office pendant environ 10 ans avant d’être confirmé apte à poursuivre.
    – Evolution obligatoire hein ? Sinon dégage !
    – Déplacement géographique d’office en fonction des besoins.
    – Pas de syndicat.
    – Pas de droit de grève.
    – Une échelle des salaires de 1 à 7 (j’compte pas les généraux, race à part, nommés en conseil des ministres non mais…)
    – Bon le droit de vote, on l’a obtenu après les gonzesses alors j’dis rien.
    – Et des tests physiques tous les ans, gnark gnark ! Allez les civils grimpez à la corde pour continuer la carrière !

    Signé Coach Jong 1/2

  50. Il est toujours fascinant de voir les fonctionnaires défendre leur statut en arguant du peu d’intérêt qu’il représente : on est mal payés gnagnagna, on est mal considérés gnagnagna, le concours est trop difficile gnagnagna… ET DONC, il faut absolument conserver comme un joyau inviolable ce statut de merde qui nous permet d’être si mal payés, si mal considérés, etc.

    C’est un peu de la logique de nègres, ou de la logique musulmane.

    Le corollaire évident semble échapper à beaucoup : SI les fonctionnaires étaient beaucoup moins nombreux, S’ILS étaient recrutés, embauchés et licenciés selon les critères du privé, ALORS l’Etat serait en mesure de bien mieux les payer, ET ils seraient bien mieux considérés par la population, CAR il n’y aurait de fonctionnaires qu’utiles, compétents et dévoués (en gros, hein, par rapport au merdier actuel).

    Mais non : les fonctionnaires préfèrent être mal payés, mal considérés, etc, CAR cela leur permet de chouiner à l’année longue pour faire oublier les avantages qui les intéressent vraiment : inamovibilité, irresponsabilité et poil dans la main (en gros, hein, je généralise et je zamalgame).

  51. @Robert

    « S’ILS étaient recrutés, embauchés et licenciés selon les critères du privé,..  »

    Quelques chinois de plus qui s’engraisseraient, quelques chômeurs en plus, quelques bataillon d’immigrés pour remplacer les français jugés pas assez dociles, fainéants…Et quelques fils à papa qui s’engraisseront un peu plus les neurones, etc… etc…

  52. Logique gauchiste de débile mental chez Grochon : si on supprimait le statut de la fonction publique (ce qu’absolument aucune force politique organisée ne propose en France, de l’extrême-droite à l’extrême-gauche), l’immigration de masse déferlerait sur la France (ce qui est déjà fait et que la plupart des forces politiques cautionnent, à droite comme à gauche), et les immigrés prendraient les emplois des Français.

    Celui qui arrive à m’expliquer comment la suppression du statut de la fonction publique pourrait amener les immigrés à prendre les emplois des Français gagne une saucisse d’Auvergne.

    Celui qui arrive à m’expliquer comment la suppression du statut de la fonction publique pourrait augmenter la richesse des Chinois, au lieu de celle des Français (et en quoi cela serait regrettable) gagne en plus un camembert coulant.

  53. @Rorobert

     » Logique gauchiste de débile mental  »

    en gros, hein, je généralisais et je zamalgamais. Bref j’écrivais en mode Marchenoir, j’étais sur que vous alliez tomber dans le panneau et nous en rajouter une couche.

  54. « Bref j’écrivais en mode Marchenoir, j’étais sur que vous alliez tomber dans le panneau et nous en rajouter une couche. » (Groc[h]on)

    Bah non, moi j’écris des trucs qui ont un sens. Vous, vous écrivez n’importe quoi et vous prétendez après que c’était « pour rire ».

    Vous avez beaucoup de travail à faire avant « d’écrire en mode Marchenoir », laissez-moi vous le dire.

    Encore un fils de la « culture » Anal + / Libération / Education Nazionale. C’est pas beau à voir…

  55. Robert, soyez un peu plus gentil avec les interlocuteurs, ça ne coûte rien.

    Moi je suis d’accord avec votre programme :
    – moins de fonctionnaires
    – donc des fonctionnaires mieux rétribués et mieux considérés.

    Le problème, c’est que vous voulez absolument faire travailler plus des fonctionnaires qui seraient moins nombreux. Même en tenant compte du fait qu’un certain nombre des fonctionnaires éliminés ne faisaient pas grand chose (ce qui est sûr), cela se traduira par une sérieuse surcharge de travail pour les agents restant. Or, je me tue à vous dire que si vous me rajoutez quatre heures de cours par semaine, même mieux payé, je quitte le job. Quatre heures de cours c’est une classe en plus (voire deux, ça dépend), donc des copies en plus, des préparations, des heures que rien ne vient comptabiliser, qui sont invisibles, mais très réelles (hélas !).

    Le cas du prof n’est qu’un exemple, sans doute pas transposable à toutes les situations de fonctionnaires, mais réel et significatif. Il faut tenir compte des particularités des métiers, non ?

    Et ne dites pas qu’on pleurniche. Un gars qui dit qu’il travaille à un autre qui le traite de fainéant, il ne pleurniche pas, il rétablit une vérité.
    C’est vous qui pleurnichez sur tout ce bon argent durement gagné (?) qu’on vous vole !

  56. Ah, oui, tiens, je me rends compte que vous pourriez me répondre que ce n’est pas grave, si je quitte le job.

    Ok. Mais acceptez de mettre un Arabe à la place, alors.
    L’argument de Grochon est tout à fait recevable. ça a déjà commencé.

  57. « Ok. Mais acceptez de mettre un Arabe à la place, alors. »
    Ya intérêt !
    Et tous les arabes qui ne seront pas embauchés attaqueront l’état, en étant soutenus (non, je n’ai pas dit poussés au cul hein ) par la halde. Il y a une jurisprudence maintenant, avec le joli coup fait à Airbus. Du grand art.
    Faut donc repenser les concours ou les supprimer.
    Ca va améliorer le niveau.

  58. @Marco Polo
    Quatre heures de cours c’est une classe en plus (voire deux, ça dépend), donc des copies en plus, des préparations, des heures que rien ne vient comptabiliser, qui sont invisibles, mais très réelles (hélas !).

    Ne nous prenez quand même pas pour des cons, si vous avez 3 classes de 4ème au lieu de deux, je suppose que vous pouvez utiliser à peu près le même cours pour les 3 classes…. Donc les « heures de préparation » sont a peu près les mêmes pour 1,2 ou 3 classes de même niveau. Et j’ai quand même connu beaucoup de profs qui se contentait de « préparer » avec le manuel officiel et dont « les heures de préparation » se résumaient à pas grand choses…..

    J’ai aussi connu des profs qui faisaient tout l’inverse, c’est vrai, mais en minorité.

    Pour les copies, je vous l’accorde, mais aussi pour ça que vous avez les vacances scolaires…

  59. Skandal :
    ça ne change pas grand chose au problème : quatre heures visibles de plus génèrent des heures de travail invisibles en plus. Il y a même des gens pour croire qu’on pourrait bien faire 35 heures de cours, comme tout le monde !

    Carine :
    Je crois que les anti-profs ne comprendront jamais la réalité de notre métier.

  60. @ Marco Polo

    Le vrai problème c’est que « prof=fonctionnaire » est une égalité que vous prenez comme hypothèse alors qu’elle n’est qu’une conséquence de notre système de clientélisme généralisé (ou de corruption du peuple par les « élites politiques »).

    la préparation des cours et tout ça, c’est 50% gros pipeau et 50% conséquence d’un système étatisé ridicule qui change les programmes, et met tous les jours le baratin politiquement correct un peu plus en avant. La réalité c’est 25 à 30h de travail par semaine. Sur bien moins de semaines que les gens « du privé » (ou même du reste de la fonction publique). Et c’est pour ça que pléthore de bras cassés sont enseignants et ne veulent surtout pas d’évaluation réelle de ce qu’ils font.

    Je suis enseignant dans le supérieur (école de commerce) non fonctionnaire après avoir été enseignant fonctionnaire (maître de conférences à l’université). La conséquence de ce changement (outre une démission de la fonction publique que beaucoup n’ont pas compris, me faisant perdre mon « emploi à vie ») c’est que je suis payé plus cher, pour moins d’heures de cours (en fait à peu près pareil, mais le reste est en heures sup’) avec plus de moyens et de meilleurs étudiants.

    La raison ? Simple, la fac c’est gratuit donc les étudiants s’en foutent. Une école de commerce, on paye, donc on fait gaffe et on bosse. Intéressant pour le prof. Mais la conséquence c’est qu’on en attend plus des enseignants, également. Notamment des cours de qualité qui permettent réellement à l’étudiant de progresser. Les discussions genre « alors ce cours ? -Super, je les ai tous largués, ils n’en menaient pas large ! » s’entendent souvent à la fac, jamais dans une grande école. Dans le même temps, un bon prof qui enseigne bien, fait de la recherche intéressante (comme on attend réellement de nous, contrairement à la fac), c’est demandé, donc payé correctement. Et ça attire des étudiants, des entreprises intéressées par ces étudiants, etc. De l’argent donc. Qui permet de bien le payer.

    Ce schéma serait applicable sans problèmes au scolaire. Idem d’ailleurs que les tailles de classes, optimisées en fonction du coût (nombre de prof par étudiant, salles disponibles) et du rapport (efficacité de l’enseignement). Il est sans aucun doute possible de faire tourner le collège-lycée avec un tiers d’enseignants en moins, pour peu qu’ils soient bons et que l’optimisation mentionnée préalablement soit faite. Cela semble difficile pour l’instant, vue l’inertie générale. Mais en introduisant en parallèle à notre bon vieux système étatique de l’EN une école vraiment privée / libre (seule contraire, le niveau suffisant aux examens nationaux, et encore) plus un système de chèques éducation, on arriverait très vite à ce que les bons profs travaillent dans de meilleurs conditions, et soient mieux payés, tout en faisant en sorte que les mauvais deviennent bons ou partent et soient remplacés par des bons.

  61. Merci pour votre longue réponse, Franz.
    Vous dites qu’enseigner dans le secondaire, c’est 25 à 30 heures par semaine. Vous n’êtes pas loin de la vérité, peut-être, sauf que certaines semaines explosent la fourchette (conseils de classe, etc.), mais passons. Il faudrait tenir compte du fait qu’une journée de quatre heures de cours n’est pas équivalente à quatre heures d’un emploi de bureau normal : la pression n’est pas la même, la concentration non plus… Bref, on est plus proche de la fatigue du comédien que de celle de l’employé moyen. Vous savez, ces comédiens qui travaillent deux heures par jour, et qui seraient bien incapables de monter sur la scène 35 h. par semaine… Il faut tenir compte des spécificités du métier.

    Sur la façon dont vous supposez qu’on pourrait supprimer les mauvais profs, je suis sceptique. Il y a 800 000 enseignants en France. Même en en supprimant un certain nombre, disons 200 000, il vous faudra trouver 600 000 génies, tant dans leur discipline que dans leur pédagogie, dotés d’un charisme digne d’une star, et qui acceptent une paye certes revalorisée (selon votre programme) mais qui ne saurait monter bien haut, étant donné simplement le nombre de personnes à payer. On ne peut pas s’étonner de l’incompétence d’un certain nombre d’enseignants dans ces conditions, sans compter la dévalorisation sociale extraordinaire du métier. Qu’est-ce qu’un prof aujourd’hui ? Payez-les correctement, donnez leur un statut social correct, qui les fera respecter de tous (ce qui implique de chasser les parents et les délégués élèves des conseils de classe, entre autres), et vous verrez que le niveau remontera comme par miracle. Aujourd’hui, comme me le disait un collègue de maths, le seul moment où le prof est cionsidéré comme un membre de l’élite, c’est lors des oraux du Bac. Là, on se sent respecté et craint (si j’ose dire). C’est cela qui devrait être la norme, et les hommes se placeraient plus volontiers à la hauteur de leur charge.

    Ce qui passe aussi par une diminution importante du nombre de profs, je suis d’accord. On ne peut pas respecter comme un corps d’élite un corps de métier trop nombreux.

    Non, ce qui est extraodinaire, et qui prouve que le système ne fonctionne pas si mal, c’est qu’il y ait autant de profs compétents et sérieux dans l’Education Nationale, malgré tout.

    Je comprends les raisons qui vous ont fait quitter la fac. Prof en terminale depuis plus de dix ans, je vois bien ceux qui vont en fac et ceux qui partent en études courtes ou en classes prépas. Ce sont bien les plus mauvais qui arrivent en première année de fac. Mais c’est un autre problème.

  62. On en arrive a la même conclusion : moins de profs, mieux payés, qui travaillent plus…

    Un prof qui a, par définition, les vacances scolaires, peut bien travailler 35h voir 39h par semaine car rapporter sur l’année, le prof est toujours gagnant compte tenu des vacances…

    Pour la fac, pour y avoir été quelques années, je peux affirmer que la moitié des élèves n’ont rien à faire la bas. Ils ont à peine le niveau du bac. Voila pourquoi nos facs publiques sont si nulles. Et je ne parle même pas des syndicats étudiants qui, à chaque tentative de réforme, enfoncent l’université française un peu plus dans sa médiocrité.

  63. « Même en en supprimant un certain nombre, disons 200 000, il vous faudra trouver 600 000 génies, tant dans leur discipline que dans leur pédagogie, dotés d’un charisme digne d’une star, et qui acceptent une paye certes revalorisée (selon votre programme) mais qui ne saurait monter bien haut, étant donné simplement le nombre de personnes à payer. » (Marco Polo)

    M’étonne pas que les profs soient frustrés s’ils se prennent tous pour des génies. Ou s’ils s’imaginent que pour bien faire ce métier, il faut être un génie.

    Un bon prof est quelqu’un d’assez ordinaire, correctement instruit, et ayant une bonne éthique du travail. C’est tout. Autrement dit, un bonhomme de modèle tout à fait courant.

    Après, il y a des profs exceptionnels, comme dans tous les métiers. Mais c’est le cas aussi chez les boulangers ou les menuisiers : ceux-là deviennent Meilleur ouvrier de France. Pour autant, personne n’a jamais prétendu que le pain, en France, devait être exclusivement produit par des boulangers-fonctionnaires, chacun étant Meilleur ouvrier de France.

    Il faudrait que les profs arrêtent de se tirer la nouille et redescendent sur terre, un peu.

    Je précise que ces propos sont valables pour une situation normale. Pas pour enseigner à des classes composées d’arrirérés mentaux à QI de 70, avec une prédisposition génétique à la violence, un excès de téstostérone et une incapacité à se projeter dans l’avenir. Le tout dans un système d’idéologie communiste.

    Là, c’est carrément impossible d’être prof, et on aurait beau cloner Einstein à des centaines de milliers d’exemplaires, qu’on n’y arriverait pas.

    Le problème étant que la plupart des profs réclament le maintien de ce système communiste qui, justement, rend leur boulot impossible.

à votre humble avis

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