Archives quotidiennes : 21 février 2012

Traquenard polonais à Rio

Donc je suis bien rentré du Brésil, joie ineffable! Avant d’y retourner d’ici quelques semaines, mais pourquoi! Pourquoi!

Je n’ai pas grand-chose à ajouter sur cet endroit grotesque où les hommes font plus attention à leurs physiques que les femmes, ce qui est toujours le signe d’une anormalité culturelle profonde et perverse comme le dindon de la Cicciolina après le passage du poney. En plus ils sont globalement tous moches comme des poux tatoués et victimes récentes d’un effroyable accident de voiture ce qui est en fait une publicité assez contre-productive contre le métissage comme horizon indépassable du genre humain.

Cependant il m’est arrivé une aventure plaisante pendant ce séjour que je vais vous nawwez en collant au plus pwès de la wéalité pwésentement comme on dit en Wépublique Démocwatique du Congo.

A peine arrivé à Rio, j’ai reçu un e-mail d’un lecteur polonais, Szczepan, vivant en Amérique du Sud (ils sont partout!) qui me quémandait une brève audience afin de pouvoir baiser mes pieds et me faire des offrandes. Malgré mon humilité naturelle, j’ai accepté son invitation et lui ai donné rendez-vous dans le quartier le plus foutrement gai de Rio. Pour le soutenir dans son excitation
tremblotante, il demanda à un autre ami polonais, Zdzisław, qui lui me lisait du temps du désert, de l’accompagner.

Au début ils furent d’une grande timidité, n’osant pas me regarder dans les yeux et demandant à rester debout à côté de ma table, puis porté par les traits caractéristiques de leur race et environ 10 caïpirinhas chacun la conversation prit un tour des plus plaisants sur l’optimisme, la reproduction avec les sauvages locales, les amis degauches qu’on aime bien quand même, la paranoïa des bloggueurs et ainsi de suite. Ils hurlaient tout deux au serveur, dans un rare patois de Podlachie, qu’ils crameraient son bar si jamais ils devaient pisser la première avant de s’être fait servir la seconde et ainsi de suite. Toutefois, si Szczepan devenait de plus en plus volubile au fur et à mesure que la cachaça emplissait sa gorge et son cerveau comme l’impression de dégout de lui-même envahi quelqu’un qui réalise que ses oreilles ne saignent plus à l’écoute de Zaz, l’inverse exact se produisit chez Zdzisław qui finit par éructer qu’il était 9h30, qu’il en avait marre de dépenser de l’énergie à discuter avec nous alors qu’il pouvait la concentrer sur le fait de se ruiner les derniers neurones qui l’empêchaient de jouir de la vie comme un socialiste. Ce furent ses derniers mots vaguement cohérent de la soirée.

Szczepan et Zdzisław étant tout deux des fonctionnaires
internationaux, je me vis bien entendu obligé de leur rappeler un certain nombre de fois et de manière très discrète que comme ils ne payaient pas d’impôts, et que donc ils vivaient effectivement avec mes sous, il était de leur devoir de régler la note. Szczepan insista sur le fait que non, je le nourrissais intellectuellement et il désirait ardemment que pour la symbolique je le nourrisse aussi tout court. Zdzisław lui se contentait de me regarder d’un œil torve en bavant doucement entre ses pectoraux rendus luisant, véritable invitation à se faire tasser le caca dans le quartier où nous étions. Ce qui devait arriver arriva, quelques minutes plus tard nous repoussions la communauté LGBT dans son ensemble à l’aide de nos chaises comme des dompteurs face à des lions affamés. C’est à ce moment que Zdzisław craqua et qu’il se mit nu et en quête d’une plage pour éteindre dans la mer ce brasier qui s’était allumé en lui. Je ne sais pas s’il réussit à l’atteindre ou pas… Mais il n’avait pas l’air très bien parti. Contrairement à une idée très répandue, les gays sont bien plus rapide que les zombis classiques. Pendant ce temps Szczepan ayant abandonné le combat comme les politiciens d’en avoir quelque chose à foutre de la dette, essayait de persuader une très jeune fille que, si, elle voulait avoir sa langue à lui dans sa gorge à elle. J’étais seul face à cette horde aux instincts cannibaliques. Je me suis donc réfugié à l’intérieur du bar que je barricadais. Puis je n’eus qu’à vider le stock en attendant le jour puisqu’il est connu que les gays fondent au soleil (ou peut-être les vampires, je ne sais plus).

Enfin je m’en suis tiré sain et sauf et je tiens malgré tout à remercier Szczepan et Zdzisław grâce à qui la routine infernale de ma mission fut un peu atténuée. Je les assure ici de ma profonde reconnaissance malgré tout et leur confirme qu’ils n’ont pas à être bourrelés de remords pour leurs actions aussi infâme fussent-elles.

A part ça, reprise du blogging quotidien lundi prochain théoriquement.