La plaisanterie était dans le placard

Aujourd’hui je vais traiter un thème battu et rebattu à ma façon.

En 1967, Milan Kundera, auteur pour gonzesses qui veulent frimer en prenant des poses de puissantes intellectuelles alors que le flou bovin de leur regard les trahi comme un adepte d’une taqiya sous stéroïdes, publiait "la plaisanterie. Dans cette « histoire d’amour », selon Kundera lui-même, un bon petit communiste tout ce qu’il y a de plus propre sur lui est exclu de l’université et enrôlé de force dans l’armée pour travailler dans les mines avec les autres hérétiques au dogme bolchévique pour avoir fait une blague.

En 2012 en France et partout en Occident, sans doute aussi ailleurs mais je me tape de ce qui se passe chez les sauvages tant qu’ils ne sont pas occupés à saboter mes jolies catapultes ou à martyriser des koalas, une vanne, ou même l’utilisation d’une simple expression courante, peut désormais vous mener au tribunal, ruiner votre réputation et vous détruire gentiment, surtout si vous êtes suspect de ne pas penser comme il faut au départ et même si vous décidez de vous enfoncer votre honneur là où le soleil ne brille normalement pas et que vous rampez sur des débris de verre enduits de syphilis d’éléphant en implorant le pardon de tout le monde et de vos inférieurs en particulier.

C’est parce que le XXIème siècle sera celui de la tolérance obligatoire et imposée de force par l’état ou ne sera pas.

Le seul minuscule problème avec ça, c’est que l’offense est dans les tripes de celui qui croit en être la victime. Par conséquent, tout peut potentiellement devenir une insulte, un appel à la haine ou une négation de votre moi profond ancré dans son histoire personnel et tragique si vous le voulez. Dans un pays normal, les gens sont supposés savoir ce qu’ils peuvent faire ou dire sans être inquiétés par les gendarmes. Avec le glissement que nous observons, la liberté est de plus en plus réduite sans même que nous le réalisions. Nous sommes tous coupables sans le savoir, ce qui n’est jamais très bon signe sauf pour la santé des dictatures molles dans lesquelles nous sommes en train de nous habituer à vivre.

Donc dansons sur le feu puisque c’est tout ce que nous pouvons faire. Créons pour nous-même des petites persona de résistants insignifiants. Nos causes sont à la hauteur de notre époque, et elles ne sont pas hautement glorieuses. Tout ce que nous pouvons faire c’est être encore vivant en attendant notre heure. C’est sournois mais cela vaut toujours mieux que la capitulation.

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16 réponses à “La plaisanterie était dans le placard

  1. Il n’en reste pas moins que je vous trouve excessivement sévère avec Kundera, dont les romans ne m’enthousiasment pas, certes, mais dont les essais critiques (L’Art du roman, Les Testaments trahis) valent la peine d’être lus.

  2. un bémol : « dans un pays normal »
    Existe-t-il encore un pays normal ? pas sûr …

  3. On pourrait presque croire que Knock inspire la justice du XXIe siècle:
    « Tout innocent est un coupable qui s’ignore. »

    D’ailleurs plus vous vous sentez innocent, plus vous êtes coupable.

    « c’est que l’offense est dans les tripes de celui qui croit en être la victime »
    Pensez-vous que cela pourrait soulager la victime si elle mangeait de la tête de veau à la vinaigrette?

  4. « Siècle de la tolérance… », oui mais une tolérance particulière toutefois puisqu’elle n’est due qu’à ceux qui justement en manquent cruellement.
    On commence vraiment à manquer d’air et j’ai bien peur que nos petites révoltes, chacun dans son coin, ne soient pas suffisantes pour inverser cette tendance lourde, mais alors lourde…

  5. Plutôt que de danser sur le feu, ce ne serait pas mieux de lui pisser dessus ?
    Je ne sais pas pourquoi, Amiral, mais je vous imagine assez bien en « super-résistant » comme dans Papy fait de la résistance.
    Super-résistant, sa catapulte turbo-atomique et son fidèle koala : il revient et il n’est pas content !

  6. Tûtafé.

    La législation d’au moins un pays occidental définit désormais les propos racistes délictueux comme tout propos jugés offensants par la personne auxquels ils s’adressent.

  7. Avec le glissement que nous observons, la liberté est de plus en plus réduite sans même que nous le réalisions.

    He oui.

    Encore l’autre jour, je regardais une interview de Thierry Ardisson :

    Oui, je sais, on peut penser ce qu’on veut d’Ardisson, il n’en reste néanmoins une figure marquante de la télêêê, voyez ?

    A un moment, en passant en revue ses émissions « scandaleuses » de l’époque, il déclare au journaliste de l’Express quelque chose comme : « C’était le bon temps. Maintenant, il serait impossible de dire certaines choses. La liberté recule, c’est évident. »

    He oui.

    Si même Ardisson le dit, c’est qu’il y a un véritable problème.

    Et Dieu sait s’il y a meilleur thermomètre qu’Ardisson à planter dans l’arrière train de notre époque socio-conscientisée pour y mesurer l’avancée de cette gangrène liberticide.

  8. Et les sketchs des Inconnus ?
    Cela n’est pas étonnant qu’ils aient préféré une carrière solo ensuite.
    Ils savent bien que ça ne serait plus possible. Ils rendraient leurs petites économies en amendes et dons divers aux racketteurs des associations racistes.

  9. « La plaisanterie », même en sautant des pages, je ne suis pas arrivé au bout.
    Mais bon. Peut-être est-ce dû à l’âge. Je saute de moins en moins loin.
    Certains éléments de la tirade de Figaro qui, au début du Barbier, raconte sa vie à Almaviva, sont d’actualité. Hélas!

  10. @ Robert Marchenoir
    Lequel ? Ça m’amuserait assez d’observer ce qui s’y passe. Parce que bon, si on y pense, souvent les zimigris et leurs amis disent des choses qui me heurtent. Si je peux les faire mettre en prison pour racisme ça n’aurait pas de prix !

    Hélas, d’une façon générale, la Liberté est massacrée au nom deS libertéS. Et trop souvent nos compatriotes (j’entends par là tous les occidentaux, en fait) acceptent sans renâcler que l’on rabote leur liberté pourvu qu’ils soient sûrs que celle des autres est bien contrainte.

    Comme tous ces français ravis d’être de plus en plus pauvres pourvu que les « ci-devant riches » le deviennent tout autant.

  11. Franz : je ne l’ai pas en tête. Probablement les Etats-Unis. Ou alors la Grande-Bretagne.

  12. Ah ! peut-être le Canada, effectivement…

  13. Le nom de Kundera me rappelle une anecdote qui vaut ce qu’elle vaut. Donc, au comptoir d’un café la conversation dérive vers l’Europe de l’est, et là je ne me souviens plus du prénom de Kundera, je demande autour de moi et on me répond à peu près : « Quoi ? mais qu’est-ce que tu nous emmerdes avec ta couille de rat ? » Bon, je vous avez prévenu.

  14. C’est drole, je viens de terminer ce livre il y a peu de temps, apres y avoir vu une allusion dans le dernier livre de Michéa et il est vrai que la comparaison avec notre epoque m’a frappé. Du coup je me coltine tout Kundera (en me cachant pour le lire), les auteurs ayant vecu sous le communisme ont un peu d’avance sur nous, faut profiter de leur expérience

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