Archives mensuelles : février 2012

Le succès de The Artist

Comme je le mentionnais il y a quelques jours, j’ai donc regardé « The Artist » dans l’avion m’emmenant vers Rio.

Malgré une consommation de carburant approchant celle de mon véhicule, à tel point que la serveuse de l’air qui était en charge de mon ravitaillement a obtenu la constatation d’un accident de travail quand elle a montré à son toubib les ampoules qu’elle s’était faites aux arpions en faisant des aller-retour entre mon siège et le bar, je crois avoir compris pourquoi ce film connaît un tel succès.

Comme je l’ai déjà noté ici, ce que raconte un film ou un livre n’a que peu d’importance du moment que la séquence suivante est à peu près respectée: situation initiale/évènement extraordinaire/quête ou aventure initiatique/retour à une situation plus ou moins normale.

C’est exactement ce que fait The Artist, ce qui le rend infiniment supérieur à 95% de la production cinématographique du moment. Le noir et blanc, le muet, le cabotinage infernal des acteurs et ainsi de suite ne sont que des gadgets par rapport à cette parfaite mécanique de narration.

Et puis c’est tout.

Le noir et blanc me fait d’ailleurs penser à cette vieille blague juive: 2 hommes se disputent et décident de demander au rabbin de les départager. Ils vont le voir et ils lui demandent si oui ou non le blanc est une couleur. Après réflexion et étude des textes, le rabbin dis que oui, le blanc est une couleur. Les 2 hommes continuent à se disputer et retourne voir le rabbin pour lui demander si le noir est une couleur cette fois-ci. Même cirque. Le rabbin fini par répondre que oui le noir est une couleur. Alors le premier se retourne vers le deuxième et lui dit: « Ben alors tu vois David! La télé noir et blanc que je t’ai vendu, c’est bien une télé couleur! »

Premières impressions de Rio

Peut-être est-ce dû à une bouchée bacalao avariée que je n’arrive pas à digérer ce matin, mais la pensée ci-dessous emplie ma tête comme une obèse emplie une baignoire pour enfant.

Rio de Janeiro semble fasciner le monde. C’est vrai que c’est fascinant de réussir à allier la laideur architecturale communiste, le culte du corps nazi, le « rythme » africain, la densité asiatique et le consumérisme américain. C’est comme si un démon particulièrement déviant avait gavé toutes les cultures d’huile de ricin après leur avoir fixé un entonnoir sur la bouche à l’aide d’une perceuse à percussions, puis les avait forcé à se soulager dans un trou putride et qu’une fois le résultat séché, cela avait donné une ville et ses habitants.