Atterrissage fiction

Voici une petite nouvelle issue du cerveau fertile de l’Amirale.

Les deux blondinettes à l’arrière, cinq et huit ans, surveillaient vaguement le paysage, l’une en martyrisant une boucle de cheveux qui payait pour toutes ses inquiétudes de petite fille, l’autre caressant d’un air dépité un lapin en peluche, raplapla mais fidèle au poste de câlineur en chef; Jean-Jacques, au volant, respectant scrupuleusement les limitations de vitesse dont il avait la fierté d’être un des grands protecteurs, se félicitait de sa proposition pré-estivale, devant un parlement convaincu par un projet aussi essentiel que l’allongement de deux jours des vacances de toussaint – débat qui prit de longues semaines, il faut ce qu’il faut pour accoucher d’un non-évènement, si on ose dire accoucher avec des élus qui ne cessent d’engendrer des avortons de demi-projets et des fausses couches de mesures- bref, Jean-Jacques se félicitait d’avoir emporté une victoire : faire imposer la sieste sur aire d’autoroute.
Sa femme l’apprit dans les journaux et dans la salle d’attente du médecin esthétique qui s’occupait de ses paupières et vivait dans le même arrondissement que celui qui s’occupait des injections pour l’ovale du visage. La peur de vieillir de son mari faisait son travail, par capillarité probablement, et elle aurait peut-être économisé pas mal de blé en faisant chambre à part. Elle interrogea du regard la console à pattes de lion sur laquelle trônait les photos avant-après du docteur ès sculpture de la tronche, et demanda par mail à son cher et tendre quelques précisions avant d’emmener les filles dans le Larzac : si j’ai oublié mon lapin et ma tétine, chéri, ça vaut quand même, ou je paierai 130 euros d’amende ? Signé « l’épouse de l’arriviste ». Elle faillit lui suggérer de faire installer, avec l’argent des vilains riches, qq distributeurs de doudous à côté des Manix, pour ceux qui, comme elle, avaient omis de relire leur check list avant de prendre la route. Puis se ravisa. La porte s’ouvrit et la secrétaire polonaise par sa présence dans l’embrasure de la porte, lui signifiait que c’était son tour d’être reçue par Benjamin, qui avait le vent en poupe avec son visage totalement immuable, le botox, c’est l’autoroute de la sérénité, le passeport pour la zenitude, pas besoin d’avoir fait dix ans d’analyse. ça coûte un bras aussi, mais ça vous lisse la ride du lion du coup personne voit que ça vous a stressé le compte en banque.

Autant vous dire que le couple de mes parents allait bien, avec modération.

D’ailleurs maman avait lâché l’affaire, rappelé quelques copains de fac qui n’attendaient que ça de la plus belle paire de jambes, de seins et de fesses de Paris 5, et, mes sœurs déposées chez ses parents, était rentrée passer une paire de soirées post-étudiante où m’est avis qu’elle n’avait pas fait que picoler en évoquant.
Mais comme j’ai quinze ans et que mon père, c’est JJ, je t’avouerai maman, si tu t’en préoccupes, que bien que cela me trouble, cela me fait plaisir. Rien que parce que c’est malsain et que ça emmerderait profondément l’arriviste s’il prenait encore le temps de regarder le désastre de sa vie personnelle.
Mais il n’a pas le temps, il faut surveiller que les concitoyens quadra burn-outé font un dodo entre 14 et 15 à la Ferté-Bernard.

Pendant ce temps je rentrais de Houston, où ils m’avaient envoyé « to get some fresh air » parce que j’avais bien foiré ma terminale et que ça leur éviterait de trop s’inquiéter. Il était 7h30 du matin, I-phone en mains, trois jours seul dans le grand appartement m’attendaient avant de rejoindre Nico et toute sa bande à St Tropez, pour refaire la même chose que les étés précédents, mais avec l’entraînement on sauterait plus de filles et on prendrait plus de coke. J’étais décontracté, décontracté comme Mick Jagger après un massage tibétain.

Dans le taxi, l’odeur exagérée de vanille de synthèse, ajoutée aux gris-gris porte-bonheur du chauffeur probablement camourenais, en tout cas pas comme moi, me donna la sensation d’être comme un poisson nauséeux dans un vieux bocal à anchois avec vue sur le périph’ et les usines center qui bordent l’A4 en direction du neuf quatre.
Le 9.4 dont maman disait toujours en conduisant rue de Rennes ou du Départ « tiens c’était sûr encore un 9.4 on parle tjrs du 9.3 mais Maisons-Alfort et St Maur, je sais pas pourquoi, ils ont dû apprendre à conduire par correspondance ».
Je l’aime bien ma mère. je pense que sous ses airs, elle est totalement paumée, mais elle n’a pas quitté le navire, elle, elle fait à sa façon, et c’est parfois un peu « salsa verde » comme non-méthode éducative, mais je l’aime bien, elle me fait marrer et si ça pouvait m’arriver, je crois même qu’elle me ferait un peu pleurer, quand je la vois s’alimenter exclusivement de graines germées et de whisky et piquer une crise d’hilarité en posant sa main sur mon épaule.

Bref, le jet-lag, l’air conditionné froid d’air France, les heures sans bouger, le plateau repas à la fois insuffisant et écœurant, les gris-gris, la station improbable de radio (ils doivent émettre que pour les taxis sur des ondes qui passent pas av de Suffren), je sursautais sous les sms d’orange m’annonçant que j’étais rentré en France, me laissant bercer pour ne pas vomir en pensant à la prof de yoga de maman qui disait qu’il fallait respirer sur la douleur. J’avais toujours envie de lui répondre qu’on pouvait aussi arrêter de se foutre dans des positions à la con avec les doigts de pied qui s’emmêlent derrière l’encéphale, un coup à rester coincé en position du guerrier-mort-et -trois fois réincarné, et juste aller se foutre devant la télé, ça ferait passer la douleur et la nausée et ça rentabiliserait le canap’ à 8000. Mais ce serait arrêter un grand chantier : le mensonge quotidiennement construit que l’on est détendu et calme. bref, je me laissais bercer et allez savoir pourquoi, le ciel devait faire des trucs bizarres avec l’aube et la pollution mêlées, mais j’ai repensé à ma prof d’anglais de 6°, qui m’avait donné des émois inoubliables, et qui, en rentrant d’un voyage de classe à Cambridge, alors que nous discutions dans l’avion de ceux qui croyaient en Dieu, nous avaient un peu scotchés, avec sa tenue ultra-sexy, quand elle s’était mise à nous parler du Christ après dix jours à dragouiller le prof de maths que j’aurais bien foutu dans la Tamise, mais comme il lisait l’art de la guerre, j’avais piteusement fini mes chips au vinaigre et décidé d’attendre un peu. Raclure.

je m’étais dit à l’époque, que quand même, si il (le Christ, pas le branleur monté sur timberland payé pour nous sensibiliser aux fractions, équations à une inconnue avec pour horizon à la fin du collège quelques magnifiques vecteurs que je passerais mon temps et mes DST à mettre dans la mauvaise direction), donc je me disais que si Le Christ était comme elle disait pleinement homme, et pas moitié moitié, moitié Dieu, moitié Homme, – y avait une petite de ma classe qui disait ça et elle, Melle Finlay, essayait de pas s’énerver mais je voyais bien que ça l’exaspérait-, bref, le mec était assez couillu, un bon mélange de guerrier et de sage, qu’il avait pas peur, en fait qu’il s’en foutait pas mal de ce qu’on allait penser de lui, et ça avait fait tilt parce qu’à l’époque, papa m’avait prévenu qu’il ne m’emmènerait plus au foot, campagne oblige.
Qu’est-ce qu’il avait pu dépenser comme énergie pour que les gens pensent à mettre son nom imprimé sur du papier chiotte recyclé dans une urne, se fassent cocufier par des promesses qu’il devait apprendre par cœur en rentrant de l’Interallié tant elles étaient en adéquation avec sa pensée profonde. Pour que ces gens ensuite soient persuadés de le trouver génial et vraiment original et tellement intelligent et accessible. Mon cul, c’est du poulet. Bref. je m’étais dit, sentant confusément sans doute que l’église catholique, romaine et apostolique, ça lui ferait avaler son fromage blanc 0% de travers, que c’était pas du tout ce qu’on pensait, et que pour commencer, l’Evangile, c’était rafraichissant. je comprends pourquoi même le fromage blanc ça lui fait pas perdre sa bouée : il a avalé de tels saladiers de couleuvres, mon pauvre père, qu’il va avoir la nausée jusqu’au début de son Alzheimer. Maman attendant Chloé, verdâtre au-dessus de la lunette des toilettes, en tenue de yoga à me dire les yeux rougis « mon chéri, c’est un grand bonheur, tu vas avoir une petite sœur », à côté, c’est peanuts.

Melle Finley m’aurait certainement répondu d’un air pas du tout étonné et les yeux souriants que les voies de Dieu sont impénétrables, mais moi j’avoue que ces histoires d’étable, de vigne, d’eau changée en pinard, de moissons, de brebis paumée avec un berger qui plante tout pour aller la chercher, cette petite dinde, je trouvais ça très très très très cool. J’évitais d’en parler, mais le nouveau Testament et les films de Clint Eatwood, je sentais que fallait pas lâcher. Ça faisait bizarre de dire à Henri IV que mon auteur préféré, c’était St Luc, les profs auraient convoqué les parents du fils du député, ça aurait mis un souk pas possible, maman aurait fait la gueule toute la soirée parce que papa m’aurait savonné la tronche et refusé d’y aller faute de temps. j’ai filé doux comme un agneau mais la testostérone soutenant la grâce de l’Esprit, j’ai gardé St Luc dans ma table de nuit.

le ciment de ma foi devait être purement hormonal, question de timing pubertaire, et Melle Finley aurait pu m’endoctriner easily aussi bien sur Peter Pan que Charles Maurras, mais elle, dont je pensais qu’elle était forcément pas aussi impénétrable que son sujet, nous parlait tranquillement et comme d’un pote admirable de ce jeune homme qui n’avait pas eu peur de souffrir atrocement et de mourir, alors que sincèrement, entre les scribes, les pharisiens et les soldats gays en tunique, ça devait pas être de la tarte de se dégoter un coach en positive thinking à l’époque et à Jérusalem, entre la chaleur et les préparatifs de Pesar. Je rigole je rigole, mais ça faisait longtemps qu’on m’avait scotché. Du coup j’avoue, c’était encore flou mais Il a vraiment forcé mon admiration.

Evidemment, vous devez penser « il a décidé d’entrer au séminaire après ça, pour faire chier son père et en raison du refoulement d’une sexualité frustrée après fixation sur une maîtresse d’école, tout cela est très rousseauiste ma bonne dame ». Bah non, j’ai rien décidé, pour l’instant je m’apprête à faire de la merde avec mes copains et ça me va très bien.
Ce que je me dis surtout, c’est qu’à tant vouloir être aimés, et élus, les hommes politiques ne sont pas du tout sexy, pas du tout originaux et pas du tout élégants.

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11 réponses à “Atterrissage fiction

  1. coach,
    il est normal que l’animal tourne en rond. Ce n’est pas un koala mais un dahut déguisé.

  2. Nullissime… Médiocre nov’langue avec du franglais partout. Du grand Charles en renfort de catholicisme pour faire genre,…On se de demande quoi d’ailleurs.

    On devrait interdire aux femmes d’écrire, la littérature s’en porterait bien mieux. Le monde aussi.

    Au passage, quand on se la joue réac et cultureux ( l’amiral ou la guerre culturelle) on respecte autant l’orthographe que les règles de typographie française.

    Vous êtes ce que vous vomissez depuis des années.

    • Hahahaha! Grochon, le plus grand maso du web qui vient depuis des années ici pour apprendre mes textes par coeur puis me dire à quel point c’est nul. A ce niveau là on est quand même dans quelque chose de spécial. En fait, je pense que nous devons nous connaitre dans la vraie vie et que j’ai du vous froissez comme cela m’arrive souvent par inadvertance avec les insignifiants.

      Tout ça pour dire que votre avis m’en effleure à peine l’une sans faire vibrer les poils de l’autre et que, encore une fois, vous pouvez allez vous faire foutre branlotin.

  3. Vraiment depuis des années… plutôt quelques mois, vous avez cependant raison, j’dois être un peu et un peu seulement maso, car vous êtes une petite distraction (et j’aime particulièrement l’un de vos commentateurs : le tres binaire marchedanslenoir)

    Si je suis insignifiant que dire de votre prose. Vous prenez le contrepied de la niaiserie ambiante, par une autre. Il n’y a aucune profondeur dans vos propos, il transpire souvent voire toujours que vous faites appel à des choses que vous n’avez même pas assimilé :tel le catholicisme. Pour cela vous noyez vos écrits dans d’abondantes formules ( essentiellement et souvent au niveau de la ceinture) ce qui permet de dissimuler la misère de votre profondeur intellect ou la rend inintelligible. On retiendra parfois, une formule pip-caca, plus ou moins drôle.

    Alors oui, vous êtes pour moi un modèle, celui du bourgeois dégénéré, celui d’une caste privilégiée, qui jouit..et ne tiens pas son rang, au même titre que votre confrère bourgeois humaniste que vous honnissez, vous êtes tout autant inculte.

    see ya

  4. « …Ce qui permet de dissimuler la misère de votre profondeur intellect ou la rend inintelligible. »

    C’est vrai que Grochon, c’est profond.

    Enfin, c’est surtout sa connerie qui est profonde. Et son culot qui est insondable.

    « La misère de votre profondeur intellect » ? C’est écrit dans quelle langue, ça ? C’est de l’arabe dialectal ? Mais ça n’empêche pas Grc(h)on de donner des leçons :

    « Au passage, quand on se la joue réac et cultureux ( l’amiral ou la guerre culturelle) on respecte autant l’orthographe que les règles de typographie française. »

    Juste après avoir écrit ceci :

    « Du grand Charles en renfort de catholicisme pour faire genre,…On se de demande quoi d’ailleurs. »

    C’est à dire une phrase qui ne veut rien dire, agrémentée de fautes d’orthographe et de typographie (« pour faire genre », je suppose).

    Groc(h)on, le maître-typographe des temps modernes, le Grévisse du XXIème siècle. Venez nous apprendre le français et nous éclairer de votre sublime culture, Groc(h)on. S’il vous plaît. Que ferions-nous sans vous et votre immense savoir ?

  5. Marchedansle noir.

    Mon pseudo est conçu pour les flèches dans votre genre. Ça ne loupe jamais. Concernant ma phrase qui ne veut rien dire, vous saurez surement replacer le « de » la ou il se doit…

    a bientôt mon ptit marchedanslenoir, vous m’amusez, vous m’avez manqué.

  6. Vous, vous n’amusez personne, Gros Con. Vous êtes un sinistre con. Une ordure peu recommandable. Vous n’avez jamais rien fait de votre vie, rien partagé, rien donné. Vous venez étaler ici votre nullité et votre suffisance, et vous accusez les autres de vos propres vices. Du balai, Gros Con.

  7. « du chauffeur probablement camourenais »

    C’est un Africain de Rennes, donc ?

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