28 septembre 1962

J’ai découvert Roger Nimier tardivement et par hasard. J’ai été élevé dans une famille de droite « raisonnable » et Nimier ne faisait pas partie des références de mes parents, alors que mon père ne peut citer « Adios » de Kléber Haedens sans avoir la larme à l’œil… allez comprendre.

C’est « Baroque et fatigué » qui fut mon premier contact avec Nimier. A l’époque, je me momifiais doucement dans le désert et je m’occupais en lisant des blogs et en bousillant scrupuleusement mes neurones à grand renfort de vodka frelatée. Comme je ne comprenais pas ce que voulais dire cette formulation, que je trouvais très heureuse au demeurant, je me suis renseigné. C’est là que j’appris l’existence de Nimier ainsi que celle de la blague des hussards.

Alors j’ai lu Nimier. Je ne peux pas dire que j’ai tout aimé, mais force est de reconnaitre que le bougre écrivait sacrément bien et qu’il était d’une intelligence vraiment rare. Et puis le personnage me plait. Ce goût pour le luxe, les jolies filles, la désinvolture et les mauvaises fréquentations en font tout naturellement l’un de nos pères spirituels.

Il est mort le 28 septembre 1962. C’était notre James Dean à nous, moins le fétichisme d’être pris pour un cendrier humain.

Tout cela me file un peu le bourdon donc je m’arrête là et vous laisse avec la citation par laquelle j’ai été happé dans son œuvre.

« Quand les habitants de la planète seront un peu plus difficiles, je me ferai naturaliser humain. En attendant, je préfère rester fasciste, bien que ce soit baroque et fatigant. »

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10 réponses à “28 septembre 1962

  1. Oui, n’est-ce pas? Il n’est pas ordinaire celui-là. Dommage qu’il se soit viandé trop tôt, il en avait encore sous le pied.

  2. Difficiles dans quel sens ?

  3. Par lequel conseilleriez-vous de commencer ? Je suis pas dans le désert, j’aime pas la vodka, mais j’ai plus rien à lire…

    • « Au début, j’aimais pas le lait. Puis, je m’y suis fait.

      Ensuite, j’aimais pas le vin. Puis, je m’y suis fait.

      Après, j’aimais pas la vodka. Puis, je m’y suis fait.

      Là, je suis en train de me faire à la vie.

      Mais, je préfère encore la vodka. »

      (c)Cretinus Buchowski

    • Selon moi il faut commencer par les épées puis enchainer tout de suite avec le hussard bleu.

  4. Merci, plus qu’à passer soutenir les petits libraires du 9-3

  5. « Vivre, dire qu’il va me falloir vivre parmi ceux-là. Tout ce qui est humain m’est étranger  »

    De mémoire ce doivent être les dernières phrases du hussard.

    Elles ont bercé ma jeunesse, et continuent de me hanter, par leur désespoir élégant.

    Il y avait du punk chez Nimier, un pessimisme roboratif.

    Je n’avais pas tort, à l’époque, de me méfier du futur.

    J’étais même plutôt optimiste, finalement, si l’on compare ce que je craignais de l’avenir, et ce qui s’est produit !

    Il valait peut-être mieux que Roger Nimier ne voit pas ça.

    Il est mort jeune, le hussard, tant pis pour ses proches, tant pis pour nous…

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