Archives quotidiennes : 23 novembre 2012

Les racines ça a du bon

Quand on est un esprit simple comme moi, on apprécie l’ironie qui était selon Sainte-Beuve « de toutes les dispositions de l’esprit la moins intelligente ».

C’est pour ça que ne peux pas m’empêcher de me marrer comme Orin Scrivello en plein trip de protoxyde d’azote quand des pauvres petits militants UMP se raccrochent au piteux Congrès de Reims du PS pour garder un peu d’espoir. Ils me font penser à une pauvre petite pute sortant de sa première séance d’abattage en se disant que ça va aller puisque d’autres sont passées par là et ont survécu sans réaliser qu’elles avaient peut-être des qualités qu’elle n’a pas.

Dans le cas du PS, une de ces qualités est une très longue histoire quasiment ininterrompue. Lors du Congrès de Reims, le PS avait déjà une bonne centaine d’années. Il en avait déjà vécu des crises, des putschs, des moments de gros temps. Bref, le PS et ses militants avaient, et ont toujours d’ailleurs, une longue histoire, des racines, des traditions qui leur permettent de survivre au lieu de se balancer par la fenêtre.

L’UMP elle à 10 piges. Point. C’est un conglomérat de partis qui eux aussi n’avaient que quelques années au compteur. C’est un mouvement hors sol, de technocrates purs jus. Autant dire que ce n’est rien. Que dalle. Nib. Ses militants ne peuvent se raccrocher à rien. L’UMP est un fétu de paille emportée par la moindre brise comme celle qui lui souffle dessus en ce moment avec la délicatesse d’une jeune fille koala respirant juste au-dessus de la virilité de son amant gardien de zoo pour la première fois.

Donc le PS, le parti du-passé-faisons-table-rase-toussa a été sauvé par son passé alors que l’UMP le parti-des-valeurs-qui-sont-bien-de-chez-nous-mais-pas-trop est détruit par sa modernité.

C’est aussi ironique que d’avoir pleins de partis remplis ras la gueule de nuisibles et pas une seule catapulte comme le chantait à peu près Alanis Morissette quand j’étais jeune.

Huitième et dernier édito pour Mediavox: A chacun ses marottes

Cher lecteur (et vous aussi qui vous faites lire ce billet par Stephen Hawking),
Voici donc mon dernier article pour Médiavox que je remercie très sincèrement pour cette vitrine et pour la liberté absolue qui m’a été accordée.
Le hasard est quelque chose d’amusant. Voici huit semaines que j’écris ici que nous allons à la catastrophe (chacun ses marottes, pour certains c’est la greffe de roses, moi c’est de jouer à Philippulus) et voici que l’UMP se plie en 85 pour me donner raison.
D’un côté nous avons le sémillant M. Copé, de l’autre le froid M. Fillon et tous les deux se disputent âprement comme des héritiers se sentant lésés par les dispositions testamentaires de leur regretté Papa. Ils sont prêts à foutre le feu à la baraque juste pour que l’autre ne puisse pas en jouir. Ils veulent tellement la mettre à l’autre à lui en poinçonner les reins qu’ils ne réalisent pas qu’ils ont mis en pièces le jouet pour lequel ils se disputent.

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