Ils n’en sont pas à une contradiction près

Certains blog degauches pleurnichent parce que les maliens seraient un peu exubérants dans leurs cérémonies pour fêter leur libérations des mains des islamistes velus. En effet, ça épurerait un peu à la machette.

C’est très surprenant quand on se souvient de ce que les pères spirituels de ces mêmes degauches ont fait lors de la libération de la France en 44-45.

A ce sujet, je vous laisse avec Audiard :

« Nous autres, enfants du quatorzième arrondissement, on peut dire qu’on a été libéré avant tous les autres de la capitale, cela en raison d’une position géographique privilégiée. On n’a même pas de mérite. Les Ricains sont arrivés par la porte d’Orléans, on est allé au-devant d’eux sur la route de la Croix-de-Berny, à côté de chez nous. On était bien content qu’ils arrivent, oui, oui, mais pas tant, remarquez bien, pour que décanillent les ultimes fridolins, que pour mettre fin à l’enthousiasme des « résistants » qui commençaient à avoir le coup de tondeuse un peu facile, lequel pouvait – à mon avis – préfigurer le coup de flingue.

Cette équipe de coiffeurs exaltés me faisait, en vérité, assez peur. La mode avait démarré d’un coup. Plusieurs dames du quartier avaient été tondues le matin même, des personnes plutôt gentilles qu’on connaissait bien, avec qui on bavardait souvent sur le pas de la porte les soirs d’été, et voilà qu’on apprenait – dites-donc – qu’elles avaient couché avec des soldats allemands ! Rien que ça !

On a peine à croire des choses pareilles ! Des mères de famille, des épouses de prisonnier, qui forniquaient avec des boches pour une tablette de chocolat ou un litre de lait. En somme pour de la nourriture, même pas pour le plaisir. Faut vraiment être salopes ! Alors comme ça, pour rire, les patriotes leur peinturluraient des croix gammées sur les seins et leurs rasaient les tifs. Si vous n’étiez pas de leur avis vous aviez intérêt à ne pas trop le faire savoir, sous peine de vous retrouver devant un tribunal populaire comme il en siégeait sous les préaux d’école, qui vous envoyait devant un peloton également populaire. C’est alors qu’il présidait un tribunal de ce genre que l’on a arrêté l’illustre docteur Petiot – en uniforme de capitaine – qui avait, comme l’on sait, passé une soixantaine de personnes à la casserole. Entre parenthèses, puisqu’on parle toubib, je ne connais que deux médecins ayant à proprement parler du génie, mais ni l’un ni l’autre dans la pratique de la médecine : Petiot et Céline. Le premier appartient au panthéon de la criminologie, le second trône sur la plus haute marche de la littérature.

Mais revenons z’au jour de gloire ! Je conserve un souvenir assez particulier de la libération de mon quartier, souvenir lié à une image enténébrante : celle d’une fillette martyrisée le jour même de l’entrée de l’armée Patton dans Paris. Depuis l’aube les blindés s’engouffraient dans la ville. Terrorisé par ce serpent d’acier lui passant au ras des pattes, le lion de Denfert-Rochereau tremblait sur son socle. Édentée, disloquée, le corps bleu, éclaté par endroits, le regard vitrifié dans une expression de cheval fou, la fillette avait été abandonnée en travers d’un tas de cailloux au carrefour du boulevard Edgard-Quinet et de la rue de la Gaité, tout près d’où j’habitais alors. Il n’y avait déjà plus personne autour d’elle, comme sur les places de village quand le cirque est parti. Ce n’est qu’un peu plus tard que nous avons appris, par les commerçants du coin, comment s’était passée la fiesta : un escadron de farouches résistants, frais du jour, à la coque, descendus des maquis de Barbès, avaient surpris un feldwebel caché chez la jeune personne. Ils avaient – natürlich ! – flingué le chleu. Rien à redire. Après quoi ils avaient férocement tatané la gamine avant de la tirer par les cheveux jusqu’à la petite place où ils l’avaient attachée au tronc d’un acacia. C’est là qu’ils l’avaient tuée. Oh ! Pas méchant. Plutôt, voyez-vous, à la rigolade, comme on dégringole des boîtes de conserve à la foire, à ceci près : au lieu des boules de son, ils balançaient des pavés. Quand ils l’ont détachée, elle était morte depuis longtemps déjà aux dires des gens. Après l’avoir balancée sur le tas de cailloux, ils avaient pissé dessus puis s’en étaient allés par les rues pavoisées, sous les ampoules multicolores festonnant les terrasses où s’agitaient des petits drapeaux et où les accordéons apprivoisaient les airs nouveaux de Glen Miller. C’était le début de la fête. Je l’avais imaginée un peu autrement.

Après ça je suis rentré chez moi, pour suivre à la T.S.F la suite du feuilleton. Ainsi, devais-je apprendre, entre autres choses gaies, que les forces françaises de l’intérieur avaient à elles seules mis l’armée allemande en déroute. Le Général De Gaulle devait, par la suite, accréditer ce fait d’armes. On ne l’en remerciera jamais assez. La France venait de passer de la défaite à la victoire, sans passer par la guerre.

C’était génial. »

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18 réponses à “Ils n’en sont pas à une contradiction près

  1. et s’il n’y avait que ça !!! j’ai eu l’honneur d’accéder aux archives de la stasi et autres joyeusetés des « degauhe » de l’époque ….. les talibans seraient presque des rigolos si on comparait, mais il me répugne de comparer l’horreur, je ne peux que la constater ……!
    bonne journée à vous

    • Oui, et je ne parle même pas du sort réservé aux Berlinoises quand l’Armée Rouge est arrivée…

      • D’après Antony Beevor, dans son livre « La chute de Berlin », celui des habitants et surtout habitantes de Prusse Orientale fut encore pire.
        Mais l’occupation allemande en Russie ne fut pas spécialement bisounours non plus.
        De même, le sort des Polonais occupés par les Soviets en 1939 ne fut pas particulièrement meilleur que celui des Polonais occupés par les Allemands.
        C’est probablement l’apanage des régimes ou idéologies totalitaires, dont se réclamaient souvent nos épurateurs en 1944 et dont le génocide vendéen est un précurseur

      • Tout a fait, cependant les crimes des uns sont souvent un petit peu plus mis en avant que ceux des autres.

  2. Les atrocités un peu passées sous silence, passe encore: c’est le privilège des vainqueurs. Mais glorifiées, ça laisse vraiment un sale goût dans la bouche.

  3. C’est ce genre de texte qu’il faut faire lire aux lycéens, pas Anne Franck ou Guy Mocquet…

  4. Je crois que c’est Pierre-Antoine Cousteau qui suggérait à la libération l’idée suivante pour mettre l’ambiance dans les repas de famille: il suffisait selon lui de dire à peu près ceci « j’ai l’impression que l’on a tué plus de Français à la libération que sous l’Occupation ». On savait se marrer à l’époque.

  5. Comment, Audiard, ce scribouillard pédalant, ce prolo, embourgeoisé, quelle honte !
    Sachez, que Paris fût libéré, dans la joie et l’allégresse, par l’orchestre philharmonique FFI/FTP, contenant en son sein de multiples virtuoses du parabellum.
    Toutes les inventions, de ce Michel, incapable d’être seulement communiste, auraient méritées la tondeuse, une chance pour lui,il était chauve.

  6. Merci, Amiral, vous me flattez !

  7. La libération du Mali … Et la France … Tout juste quelques jours et déjà des histoires de néocolonialisme …qu’est-ce l’Occident a donc à faire dans certains pays..? Alors qu’une fois cette liberté retrouvée .. Grande utopie en ce qui concerne .. Les bourreaux d’hier se retrouvent instantanément de retour au pouvoir pour de nouveau martyriser les populations avec de nouveau les mêmes aident financières de ces ces mêmes pays qui les ont libérés de leurs anciens bourreaux !

  8. Pour la libération de ces gentils maliens,fils du soleil et néanmoins frères humains ,on se souviendra avec profit du mot de ce gaulois,vainqueur des romains… »vas victis »

    Pour le reste….comme disait un collègue de mon père, lorsqu’un jugement portait sur un divers ,ou lorsque Bokassa vendait la mèche à propos de certains diamants… »qu’est ce que vous voulez….un negro….tout est dit… »
    Je précise que c’était il y a plus de 30 ans…

  9. Vous êtes sûr que c’est d’Audiard ? Il me semblait que c’était plutôt de Boudard (à moins qu’il ait raconté le même genre de choses).

    • Tout a fait sur. Mais effectivement, il ne doit pas etre le seul a avoir vu et donc a avoir relate ces horreurs.

    • J’ai le texte sous les yeux, c’est dans Audiard par Audiard. A l’origine c’est paru dans le figaro magazine du 21 juillet 1984.

      Le 23/01/13, amiral woland a crit : > Tout a fait sur. Mais effectivement, il ne doit pas etre le seul a > avoir vu et donc a avoir relate ces horreurs. >

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