Du western comme antidote à l’Etat utérin

Quand j’essaie de penser à ce qui a formé mon esprit, je reviens toujours à mes 6 ou 7 ans et à la première fois que j’ai regardé « Pour une poignée de dollars » et en particulier à ce moment où la magnifique latine demande à Clint Eastwood pourquoi il l’aide elle et sa famille et qu’il lui répond : « Pourquoi ? Parce que j’ai connu quelqu’un comme toi une fois. Personne n’était là pour l’aider. Maintenant barre toi. »

Quelles que furent mes lectures et expériences par la suite c’est toujours cette phrase qui me vient en tête quand je réalise que certains attendent de l’aide de la part de l’entité sans âme et implacable qu’est l’Etat qui n’est qu’une machine à broyer les individus.

Le western est une mise en pratique de la responsabilité individuelle. Les choses changent positivement ou négativement parce que des personnes physiques font des choix. Même si notre liberté se réduit comme une peau de chagrin dans les rouages d’un système totalitaire, c’est toujours nous qui faisons que la vie est plus ou moins supportable autour de nous. C’est notre responsabilité, pas quelque chose qui peut être sous-traité par des administrations, des comités et des réunions.

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42 réponses à “Du western comme antidote à l’Etat utérin

  1. Excellent! Du titre au texte! Bravo!

  2. Maître….
    Enseignez nous encore!

  3. Comme individu qui aimerait être le plus libre possible et rester souverain sur ses décisions (ah non, pas « souverain », le souverainisme, cay le mal), je n’aime évidemment pas l’état tout puissant et sa machinerie.

    Au mieux, je le considère comme un mal nécessaire, qu’il soit seulement efficace dans les domaines réduits où il doit l’être (frontières, monnaie, garantie du droit naturel).

    Sinon, ça tourne très vite au « paradis » libertarien, genre « Heaven’s Gate » ou « Tom Horn », champ libre pour les diverses oligarchies. A moins que l’on ne considère qu’un petit groupe de « gros éleveurs » décidant de tout dans la pénombre d’un salon cossu, c’est du « libéralisme » ?

    • Wopopop! Le liberalisme n’est pas le sujet. Le sujet c’est la culture du totalitarisme etatique. Sous l’ancien regime, qui n’etait pas plus liberal que celui dans lequel nous pateaugeons, l’etat etait moins totalitaire et les hommes etait donc plus libres (c’est pas pour autant qu’ils se marraeint tous les jours hein…).

    • Cependant, je suis en train de me demander si j’ai bien lu votre commentaire…

      Le 24 janvier 2013 11:06, amiral woland a crit :

      > Wopopop! Le liberalisme n’est pas le sujet. Le sujet c’est la culture du > totalitarisme etatique. Sous l’ancien regime, qui n’etait pas plus liberal > que celui dans lequel nous pateaugeons, l’etat etait moins totalitaire et > les hommes etait donc plus libres (c’est pas pour autant qu’ils se > marraeint tous les jours hein…). > >

  4. « Le western est une mise en pratique de la responsabilité individuelle, »

    Oui, mais pas seulement.
    Le héro de western, s’il prend effectivement ses responsabilités de son propre chef (sans rien attendre d’une superstructure d’état), engage toujours son action dans le cadre de valeurs traditionnelles (famille, communauté, pays, sens de l’honneur etc…), de valeurs COLLECTIVES que sur certains blogs « d’élite » on qualifierait facilement, mais évidemment à tort, de « à babouches ».

  5. « Le sujet c’est la culture du totalitarisme étatique. »

    A ce sujet, Pasolini pose ici une question intéressante: à savoir est-ce que l’individu était plus libre, sociétalement, sous la lourde et très visible machinerie de l’état fasciste ou l’est-il plus, aujourd’hui, sous la subtile mais non moins massive machinerie « libérale » ?

    ++++++++++++++++++++++
    Le centralisme fasciste n’a jamais réussi à faire ce qu’a fait le centralisme de la société de consommation. Le fascisme proposait un modèle, réactionnaire et monumental, qui est toutefois resté lettre morte. Les différentes cultures particulières (paysanne, prolétaire, ouvrière) ont continué à se conformer à leurs propres modèles antiques : la répression se limitait à obtenir des paysans, des prolétaires ou des ouvriers leur adhésion verbale. Aujourd’hui, en revanche, l’adhésion aux modèles imposés par le Centre est totale et sans conditions. Les modèles culturels réels sont reniés. L’abjuration est accomplie. On peut donc affirmer que la « tolérance » de l’idéologie hédoniste, défendue par le nouveau pouvoir, est la plus terrible des répressions de l’histoire humaine. Comment a-t-on pu exercer pareille répression ? A partir de deux révolutions, à l’intérieur de l’organisation bourgeoise : la révolution des infrastructures et la révolution du système des informations. Les routes, la motorisation, etc. ont désormais uni étroitement la périphérie au Centre en abolissant toute distance matérielle. Mais la révolution du système des informations a été plus radicale encore et décisive. Via la télévision, le Centre a assimilé, sur son modèle, le pays entier, ce pays qui était si contrasté et riche de cultures originales. Une œuvre d’homologation, destructrice de toute authenticité, a commencé. Le Centre a imposé – comme je disais – ses modèles : ces modèles sont ceux voulus par la nouvelle industrialisation, qui ne se contente plus de « l’homme-consommateur », mais qui prétend que les idéologies différentes de l’idéologie hédoniste de la consommation ne sont plus concevables. Un hédonisme néo-laïc, aveugle et oublieux de toutes les valeurs humanistes, aveugle et étranger aux sciences humaines. (Ecrits corsaires, 1973)
    ++++++++++++++++++++++

    Dans l’exemple cité dans le billet, le héro incarné par Eastwood aide qui il veut, sur ses propres critères. Qu’en est-il aujourd’hui de la liberté d’association (une des libertés de base) dans nos systèmes libéraux? Puis-je vraiment engager ou plutôt, ne pas engager qui je veux, sur mes propres critères?

    P.S. remarque annexe: avez-vous remarqué comment la figure du pionnier, si souvent célébrée dans le western, a quasiment disparu, en moins de vingt ans, des références utilisées par le monde politique américain, même à droite?

    • Oui mais non. Nous ne sommes pas dans un systeme liberal. Les gouvernements, partout dans le monde ou presque, depense une part gigantesque du PIB. Ce sont des machines, en general, de capitalisme de connivence.

      Sinon, sur le reste, a part que le fascisme etait precisement anti-reactionnaire, je suis a peu pres d’accord.

      Pour ce qui est de la liberte d’association, on sait bien que c’est caca parce que discriminant blahblahblah.

      PS: oui.

  6. Pour en revenir plus directement au thème du billet, une des plus belles figures de héro de western, Dan Evans dans « 3.10 to Yuma », un des meilleurs westerns jamais tournés (superbe photo, superbe musique, l’excellent Glenn Ford etc…)

    • Oui, très beau !
      Un de mes préférés perso pour ma part et en ce qui me cncerne, c’est pas pour me vanter, mais ça reste l’inégalé « The Man Who Shot Liberty Valance ».
      Mais j’avoue avec grande humilité qu’il y a de la concurrence.

  7. « Oui mais non. Nous ne sommes pas dans un systeme libéral »

    Je suis d’accord avec vous.

    Dans les pays dits libéraux, l’individu n’est pas vraiment libre, même si l’on ne risque pas directement sa peau en critiquant « le grand leader », ce qui est quand même pas mal. De même que la « libre entreprise » n’existe pas vraiment, comme par définition, tout système, qu’il soit libéral ou collectiviste finit toujours par l’établissement de diverses oligarchies qui barricadent bien vite leurs acquis, grossièrement genre Corée du Nord, et plus subtilement chez nous.

    Sur la part gigantesque de PIB dépensé, oui, mais je me demande tout soudain si un état comme l’état étasunien, qui dépense autant d’argent pour son appareil militaire, peut vraiment être qualifié de « libéral » ?

  8. A propos de Glenn Ford, que j’aime beaucoup, je me souviens d’un western où il jouait un éleveur de moutons qui s’installait dans un région dominée par de gros éleveurs bovins. Pas vu le film (dont le titre m’échappe présentemment), mais ça résumait assez bien la dialectique de la véritable libre-entreprise face au « libéralisme » (les gros éleveurs n’étant évidemment pas socialo-collectivistes).

  9. Correction: pas vu le film DEPUIS LONGTEMPS.

  10. L’Etat Providence qui vient au secours des assistés, c’est quelque chose de très récent et encore relativement rare.

    Mais tout le monde pense que c’est la « norme ».

    Les survivalistes vous diront qu’il va prochainement y avoir de grosses déceptions.

  11. C’est toujours nous qui rendons la vie plus supportable autour de nous. Sauf que « l’autour de nous » se rétrécit au fur et à mesure que les structures étatiques et bureaucratiques étendent leur domaine en faisant de plus en plus d’intrusion dans notre vie privée. Le héros de western pouvait agir car l’état était faible et lointain. Le citoyen-sujet d’aujourd’hui doit se révolter pour espérer jouir de la même liberté d’agir que le héros de western. Et ça, c’est très mal vu!

  12. Il reste quand même aux USA plusieurs avantages non négligeables:

    1: la liberté de parole.
    2: l’armement individuel.
    3: le système confédéral.
    4: l’espace (on peut encore se barrer là-bas dans un coin perdu pour être tranquille).

  13. En ce qui me concerne, le meilleur des Westerns, ça reste La prisonnière du désert. Chef-d’oeuvre.

  14. Pour moi :

    Et si quelqu’un est capable de me donner l’âge exacte d’Henry Fonda lors du tournage de ce film, il gagne… toute mon estime.

    • Oui, mais là, on est dans une autre catégorie.
      Votre personnage préféré ? Le Cheyenne, j’espère !
      Henry ne vieillit jamais, comme sa fille. Dans ce film, il semble avoir la 40 ou 50aine, donc il doit être plus vieux. Il suffit de regarder les dates mais j’ai la flemme.

    • Il est né en 1905 et le film date de 68. Je vous laisse faire le calcul.

      • Cretinus Alpestris

        Félicitations !

        C’est pas dit qu’à 63 ans, on soit pareillement conservé… enfin.. le temps nous le dira.

  15. Voilà, c’est keske je disais. Il paraissait plus jeune, même dans ses derniers rôles.
    Les Fonda ne vieillissent pas.

  16. le remake assez récent de 3 h10 pour Yuma avec Christian Bale et Russel Crow était assez bon.

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