Archives quotidiennes : 11 février 2013

6 brèves pour le lundi 11

– Le XV de France a encore perdu. Est-ce que le seul moyen pour eux de recouvrer un peu de dignité ne serait pas d’aller négocier un tarif de groupe chez Dignitas ?

– Quand j’étais petit on me racontait des histoires de grands méchants loups. Un peu plus vieux on m’a affirmé que le loup ne représentait aucun danger pour l’homme, qu’il avait plus peur de nous que nous de lui et ainsi de suite. Aujourd’hui on parle de renards becquetant des tout petits dans leur propre chambre ou de chiens dévorant des visages d’enfants. Vu que le loup est autrement plus féroce et balèze qu’un chien ou un renard, je me demande si on ne m’aurait pas un peu raconté des cracks pour citadins écolos ne connaissant rien de rien à la nature.

– Scoop : les gens pensaient manger de la merde et ils se rendent compte qu’en fait c’était du canasson. Ils devraient être agréablement surpris, non ?

– Plus je passe du temps sur tweeter et plus je me rends compte que les blogueurs de la réacosphère sont les aristocrates de la droite internétique.

– Voilà un sondage sur l’état du journalisme en France qui devrait vous mettre du baume au cœur. En tous cas ce n’est pas souvent que je me retrouve dans la majorité à presque toutes les questions d’une enquête d’opinion.

– Je crois que ce qui me plait le plus dans La France Orange mécanique d’Obertone, c’est qu’il comprend et exprime très clairement que si la politique est une bataille, la culture est la vraie guerre. Achetez ce bouquin, c’est un ordre !

La France Orange Mécanique

La France Orange Mécanique est un livre brutal dont la lecture est aussi, peut-être même plus, éprouvante que l’écoute d’un discours de François Hollande.

Au cours d’une jeunesse relativement turbulente je me suis fait casser 2 bouteilles sur la tronche, arracher la cornée des 2 yeux (ça cicatrise incroyablement bien), fendre la lèvre sur un centimètre et demi et pris une multitude de coups dont le plus douloureux fut très clairement un pointard pile dans le trou de balle alors que j’étais recroquevillé en boule au sol. Toutes ces expériences enrichissantes ne m’ont jamais traumatisé. Après tout, c’était parfois de ma faute, parfois pas,mais c’était toujours entre adultes « consentants ». Si je vous raconte ça ce n’est pas pour me la jouer gros dur mais seulement pour vous donner un peu de contexte sur mon expérience de la violence. Je sais ce que c’est je l’ai subie et infligée, en tous cas toujours acceptée. Ce que nous narre Obertone est littéralement traumatisant. Pourtant il faut le lire parce que si on ne veut pas voir sa propre jambe en train de pourrir et qu’on se bourre le nez de coton parfumé au pet de koala pour ne pas sentir la pestilence, on ne peut pas avoir le courage d’attraper un hachoir pour s’amputer et se sauver.

Obertone nous coince la tête dans son bras et nous tire sur les paupières pour nous forcer à regarder notre jambe grouillante d’asticots. C’est donc un livre nécessaire.

C’est aussi le livre incroyablement courageux d’un journaliste qui brûle ses vaisseaux. Après ce bouquin dans lequel il met en joue et exécute sa propre profession il n’a plus le choix qu’entre la victoire et l’exil sur Mars.

Il faut donc acheter ce livre pour le lire puis pour le distribuer et le faire lire, de force si nécessaire, ne serait-ce que pour se découvrir respectueusement devant une paire de balloches aussi monumentales.

Il ne s’agit pas que d’une énumération de faits divers faisant plisser le nez des gens raffinés qui savent que céplucomplikéquessa. La France Orange Mécanique est une analyse implacable du trou dans lequel nous sommes tombés, des branches épineuses que contre lesquelles nous nous cognons et nous déchirons dans notre chute et du purin acide dans lequel nous allons nous noyer à l’arrivée. Il ne s’agit pas d’une théorie du complot mais d’un regard lucide sur le résultat de la pensée moderne mise en application.

Ceux qui disent qu’Obertone ne propose pas de solution dans son livre ne savent pas lire et méritent donc des coups de règles en fer sur les doigts où ailleurs en fonction de leur niveau de responsabilités. Obertone propose très concrètement d’utiliser la carotte et le bâton. On colle la carotte dans le fion d’un sauvage, puis le bâton, puis une carotte encore plus grosse, râpeuse et biscornue. Comme ça tout le monde sait à quoi s’en tenir. La violence doit changer de camp un point c’est tout.

Un collègue me demandait vendredi pourquoi je m’impose ce genre de lecture. La réponse est sur la couverture du livre : « nul n’est censé ignorer la réalité ».

Voici l’avis de Didier Goux, celui de Pierre Cormary et celui d’H16.