Archives quotidiennes : 27 février 2013

Woland unchained

Ce matin, en me savonnant les parties sous la douche, je pensais à Laurent Obertone…

Hum… Je ne suis pas sûr que cette phrase reflète exactement ce que je voulais dire. Je reprends. Ce matin, en me caillant les miches sous ma douche dont l’arrivée d’eau chaude était fort capricieuse, je me suis mis à penser à « Pulp Fiction » dans lequel Jackson et Travolta se font passer au jet d’eau froide par Keitel pour les nettoyer de divers morceaux de cervelle et de gencives éparpillées par négligence. Ce qui m’a fait penser à la prison (Harvey Keitel leur fait remarquer qu’ils ne devraient pas être timides vu qu’ils sont déjà allés en prison et s’y sont fait passer au jet). Ce qui m’a fait penser au concept d’enfermement à vie. Ce qui m’a fait penser au bouquin d’Obertone la France Orange Mécanique qu’il faut lire et faire lire absolument. Le tout au moment où donc je me savonnais énergiquement les roustons.

J’espère que c’est plus clair.

Tout ça pour dire que cela m’a fait réaliser une chose. Les seuls qui prennent perpète de nos jours, et je veux parler de la vraie perpétuité, celle qui dure vraiment toute la vie et qui est pénible et vous rend prêt à faire n’importe quoi pour l’adoucir ou qui vous rend soit littéralement fou de rage soit totalement apathique, sont les victimes du devoir de mémoire. Nous les mâles hétérosexuels blancs quoi. Nous sommes les seuls à devoir expier nos fautes, telles qu’elles sont fantasmées par Monsieur Moderne, tout le temps et pour toujours. Colonialisme et nazisme sont nos boulets, la presse est notre bagne. Nous n’aurons jamais de remise de peine puisque nous n’aurons jamais de commission de révision des peines. On nous a jeté au fond du trou puis on a perdu, un peu exprès, la clef. On ne pourra jamais nous aménager une peine alternative de consensus.

Pour paraphraser Victor Hugo, je crois que l’on peut dire « police de la pensée partout, justice historique nulle part. »