Archives quotidiennes : 4 mars 2013

L’ironie comme révélateur à crétins

Allez lire cette merveille d’ironie subtile ne serait-ce que pour cette phrase magnifique : « Je rêve d’un monde plus libre, où l’on pourrait faire ce que l’on voudrait, dans le respect des normes de sécurité et de respect mutuel. »

Après ça vous pourrez lire les commentaires ahurissants de bêtise de tous les abrutis profonds qui ne comprennent rien à rien et qui ont pourtant le droit de s’exprimer sur internet comme des gens normaux.

Je pense qu’on devrait plus se servir de l’ironie pour appâter les demeurés et les faire rentrer dans des catapultes orientées vers des bassines de vinaigre bouillant.

On a loupé ça!

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La journée mondiale de la toile de tente s’est tenue le 1er février et on n’a même pas pensé à parler de ce magnifique acte de soumission volontaire à une culture étrangère.

Dommage.

Pour se me faire pardonner, voici une petite citation d’Oriana Fallaci s’adressant à l’atoll là Gros Minet.

« OF- […] S’il vous plaît, Imam, j’ai encore bien des choses à vous demander. De ce « chador » par exemple, qu’on m’a imposé pour venir vous voir et que vous imposez aux femmes, dites-moi : pourquoi obligez-vous les femmes à se cacher comme des ballots dans un vêtement inconfortable et absurde, à cause duquel on ne peut ni travailler ni rien faire ? Pourtant même ici les femmes ont démontré être à la hauteur des hommes, comme les hommes elles se sont battues, elles ont été emprisonnées, torturées, elles ont fait la Révolution comme les hommes.

AK- Les femmes qui ont fait la Révolution n’étaient que des femmes qui portaient le vêtement islamique, pas des femmes élégantes et maquillées comme vous, qui se promènent en décolleté en attirant une cohorte d’admirateurs. Les coquettes qui se maquillent et sortent de chez elles en montrant le cou, les cheveux, leurs formes, n’ont pas combattu le Shah. Celles-là n’ont jamais rien fait de bon, elle ne savent jamais se rendre utiles[…]

OF- Ce n’est pas vrai, Imam, mais de toute façon, je ne fais pas référence qu’au vêtement, mais à ce qu’il représente, c’est-à-dire la ségrégation dans laquelle les femmes ont été forcées après la révolution. Le fait même qu’elles ne puissent pas étudier à l’université avec les hommes, par exemple, ni travailler avec les hommes, ni se baigner à la piscine avec les hommes. Elles doivent plonger avec leur « chador », comment peut-on nager avec le « chador » ?

AK- Cela ne vous regarde pas, nos coutumes ne vous regardent pas. Si vous n’aimez pas le vêtement islamique, vous n’êtes pas obligée de le mettre, car le vêtement islamique est pour les jeunes filles et les femmes bien.

OF- C’est très gentil, Imam, je vais donc me débarrasser tout de suite de ce stupide chiffon moyenâgeux. Voilà »

Oriana Fallaci, intervista a Khomeini, « Corriere della Sera », 26 septembre 1979

L’Autre n’est pas forcément Ronsard

Je suis en train de me délecter de la lecture de « une histoire de la littérature » de Kléber Haedens et je regrette sincèrement qu’il ne soit trouvé personne pour me le mettre entre les mains quand j’avais 14 ans.

En tous cas ce papillonnage dans l’histoire de la littérature et des littérateurs m’a amené à réfléchir sur la relation du moderne à l’Autre. Il me semble que le moderne est prisonnier d’une vision romantique de la « rencontre ». En effet, Ronsard a rencontré Du Bellay par hasard et ça a donné au monde les merveilles de la Pléiade, on ne peut pas le nier, mais ça ne veut pas dire que toutes les rencontres fortuites portent en elles de tels germes. En fait la plupart des rencontres n’apportent au mieux que des désagréments et au pire des sévices quand même un peu cruels. Quand un pit-bull viole un petit enfant sourd en lui dévorant l’oreille à la façon d’un cochon connu, il y a rencontre et pourtant personne n’en sort grandit.

M. Moderne pense que sous prétexte que l’autre est différent, il va nous compléter et que nous serons plus que la somme de nos parties. Ce n’est pas nécessairement et systématiquement faux, cependant ce n’est pas une raison pour l’imposer à tous de force, à moins que le fait de se faire estourbir par un Autre soit, en tant que tel, déjà une richesse.

Tout ça pour dire que s’il ne faut pas forcément rejeter l’Autre, il faut quand même qu’il bosse sacrément dur pour que j’envisage de prendre la peine de traverser la rue pour lui pisser dessus s’il a accidentellement pris feu.

Désolé pour ce billet un peu confus et qui mériterait d’être plus développé mais le gras est dans le feu au taf et il faut bien de temps en temps je justifie mon salaire.