Archives quotidiennes : 21 mars 2013

Le Sonnet d’Arvers et mon grand-père

Puisque je fais dans les hommages aujourd’hui je vais continuer.

L’autre jour au fil de ma lecture de « une histoire de la littérature française » d’Haedens, je suis tombé (il ne faudrait jamais lire en marchant) sur une petite romanichelle qui faisait la manche et qui est morte sur le coup écrabouillée par mon corps massif et dur comme du bois de fer mais ça n’a pas d’importance, ce que je voulais dire c’est que je suis aussi tombé sur une mention du Sonnet d’Arvers ce qui m’a fait instantanément penser à feu mon grand-père.

C’était un colosse autodidacte à la mémoire assez prodigieuse (quoique plus je connais des vieux et plus je me dis qu’ils ont tous une bonne mémoire, ça doit être une coïncidence et en aucun cas lié aux méthodes éducatives de l’époque), fort en gueule, soupe au lait comme ce n’est plus permis, gaulliste acharné, anti-communiste atrabilaire, passionné de nouvelles technologies et qui aimait beaucoup ce poème.

Donc je vous le colle là :

« Mon âme a son secret, ma vie a son mystère :
Un amour éternel en un moment conçu.
Le mal est sans espoir, aussi j’ai dû le taire,
Et celle qui l’a fait n’en a jamais rien su.

Hélas ! j’aurai passé près d’elle inaperçu,
Toujours à ses côtés, et pourtant solitaire,
Et j’aurai jusqu’au bout fait mon temps sur la terre,
N’osant rien demander et n’ayant rien reçu.

Pour elle, quoique Dieu l’ait faite douce et tendre,
Elle ira son chemin, distraite, et sans entendre
Ce murmure d’amour élevé sur ses pas ;

À l’austère devoir pieusement fidèle,
Elle dira, lisant ces vers tout remplis d’elle :
« Quelle est donc cette femme ? » et ne comprendra pas. »

Ainsi, peut-être que la prochaine fois que vous lirez ce petit sonnet vous penserez à mon grand-père. On a l’immortalité que l’on peut.

L’adolphisme est-il un nazisme?

S’il est bien une supériorité indéniable du fascisme sur la social-démocratie c’est l’esthétique. D’ailleurs c’est pour ça que tant d’intellectuels se sont laissés charmer par ces jolis costumes, ces rassemblement bien chorégraphiés, ces corps sportifs et déliés et ainsi de suite.

C’est sûr que quand on compare nos régimes modernes à ça on a l’impression d’une lavasse infâme touillée avec un abaisse-langue utilisé à la mauvaise extrémité par rapport à un vrai espresso italien.

C’est ce qui nous fait revenir vers certains blogueurs dont on oublie parfois le talent à force de les lire depuis des années, ce goût puissant et vivant. Pour paraphraser un moustachu célèbre, on se doit d’encore préférer à tout leurs billets qui nous apprennent à danser.

Ainsi, on ne peut que convenir qu’une seule ligne de Stag vaut plusieurs millions de billets de blogueurs républicains.