Archives quotidiennes : 25 mars 2013

Muse ingrate et versatile

Une nuit de ce week-end, assez tard et donc assez mouillé, j’ai cru avoir une formidable idée de billet au sujet de twitteur, de la gauche et de Voltaire. Cette inspiration m’était directement venue à la suite de la lecture de la blogowar déclenchée entre gens tolérants donc de gauche.

Dans ma tête cela prenait des allures d’échafaudage foutraque et grandiose, plein de sève libidinale et de licences obscènes. Cela aurait été un grand billet, faisant date dans l’histoire de la blogosphère politique et annihilant tous ces insectes. Cela aurait été la vie même exposée sous vos yeux ébahis, une explication définitive et absolue. Vous auriez été tellement secoué que vous vous seriez retrouvé avec la coupe de cheveux de Chantal Biya.

Et puis j’ai débourré. J’ai oublié cet élan et ce matin en lisant la note que je m’étais laissé pour penser à insuffler la vie dans ce qui était supposé devenir un être fabuleux, svelte et souple comme une vestale mythologique, je me suis rendu compte qu’en fait je n’en avais parfaitement rien à branler dans un verre de cantine de leurs enfantillages grotesques. Si leurs petites disputes ont pu me divertir une grosse demi-heure avant mon couché, elles ont perdu tout leur piquant dès lors que j’ai trouvé quelque chose de plus important à faire comme me curer le nez ou repasser le koala.

J’aurais dû écrire tout de suite au lieu de croire que l’on peut faire mûrir une fulgurance. Hemingway lui-même disait qu’il fallait écrire beurré et se relire à jeun.

Il n’en reste qu’une chose que je vais laconiquement partager avec vous. Twitteur est un média de gauche, je ne sais pas pourquoi mais c’est comme ça. La gauche passe son temps à rêver que Voltaire daigne s’abaisser à leur faire subir les derniers outrages. Ils adorent cette fausse citation de lui selon laquelle « je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous puissiez le dire » et pourtant ils n’ont qu’une seule envie, faire taire par tous les moyens ceux qui ne sont pas d’accord avec eux sur tout au picomètre près. En ce sens, ils sont bien les dignes héritiers de cette girouette emperruquée de Voltaire.

Je retourne à de plus saines lectures.