Archives quotidiennes : 10 avril 2013

Pourquoi se soucier d’un « amas de cellules »

Il est assez rare que les mots me manquent. Cependant quand je vois une affaire comme celle-là dans laquelle un type est jugé pour avoir avorté des bébés viables en les achevant à coups de ciseaux dans la nuque et bien… Le vomi qui me monte dans la bouche m’empêche un peu de parler.

Toutefois, il me semble très clair que le fait que l’on traite les « fœtus » comme de simples « amas de cellules » ne peut qu’avoir un impact négatif sur la culture dans son ensemble et la façon dont on perçoit les bébés en particuliers. Finalement, quel mal peut-il y avoir à se débarrasser d’un « amas de cellules », que signifie une limite arbitraire dans le temps pour ça ? Et puis un « amas de cellules » c’est un peu comme un cancer, et on n’a pas à faire de sentiment pour un cancer.

Je vous laisse réfléchir à ça pendant que je m’imagine dans une pièce seul avec le Docteur Gosnell et une matraque en caoutchouc pour m’assurer que ça blague sur un bébé « tellement viable qu’il aurait pu marcher jusqu’à l’arrêt de bus » qu’il venait de buter est vraiment rigolote ou pas.

La Norvège, ce purgatoire calme

Hier soir, au cours d’une chasse aux trolls dans laquelle je m’étais lancé pour le bénéfice de Jacques Etienne,  j’ai fini par me perdre dans les rues mornes de la capitale norvégienne. Je me sentais comme un militant socialiste à qui on vient d’annoncer que finalement, peut-être qu’il n’est que modérément du côté du bien et du bon.

Dans ce grave moment de profond désarroi, j’en étais arrivé à la conclusion que mon corps, s’il n’avait pas d’abord été dévoré par des rennes traumatisés par les mauvais traitements du Père Noël, serait retrouvé par des bûcherons velus bien décidés à lui faire subir les derniers outrages après l’avoir tiédi au feu de pin et lubrifié à la graisse de phoque.

Soudain, au détour d’une ruelle, la marina s’offrit à mon regard et me réinsuffla un peu d’espoir. Après quelques derniers pas titubants, je réussi à trouver une petite auberge au doux nom de Druen où je pus me sustenter fort frugalement d’une tartine sur laquelle un cuisinier semblait avoir déposé un peu tout ce qui lui était tombé sous la main et d’une bouteille de Sancerre avant de retourner à mon hôtel, sans troll mais en vie.

Comme vous pouvez le constater, si on n’a pas été doté d’une imagination fertile, on se fait un peu chier la bite en Norvège.