Archives quotidiennes : 16 avril 2013

Gosnell et le silence des journalistes français

Quand un dégénéré décide de tirer sur des gens et fait quelques morts aux US, ça fait tout de suite les gros titres des journaux en France.

Quand un dégénéré décide de tuer des centaines de bébés aux US en leur coupant la colonne vertébrale avec des ciseaux, ça ne fait pas une ligne dans les journaux en France.

Je suppose que les mains de nos journalistes ont été coupées et sont dans des bocaux en verre dans le frigidaire de Gosnell à côté des pieds d’enfants qu’il aimait conserver.

Sentiments jolis et idées nauséabondes

La semaine dernière, il y a eu en ces lieux une grande discussion entre Marchenoir, Erig et Carine sur les bienfaits de l’IRA en matière de massages de rotules, la méchanceté de Thatcher, grande sorcière de l’Est et mangeuse de cœurs de grévistes de la faim un peu faméliques, les sentiments en politique et les autoroutes passant sur des sites sacrés.

Sans revenir sur les qualités et les défauts de Maggie, elle disait quelque chose qui me semble être d’une très grande importance : « Un des graves problème de notre époque est que nous sommes gouvernés par des gens qui se soucient plus des sentiments que des pensées et des idées ».

Il faut bien reconnaitre qu’elle avait parfaitement raison.

Les sentiments n’ont rien à faire dans le gouvernement d’une nation. Ce qui compte ce sont les idées et la réflexion. Nous ne sommes pas dans la tête des gens (sauf si on compte les pipes) et cela n’a pas d’intérêt d’y être (sauf en cas de pipe donc). Là par exemple, mes collègues pensent que je bosse d’arrache-pied pour lutter contre la corruption dans le monde du gaz et du pétrole alors que je suis en train d’écrire de manière quasi-automatique un billet de blog lamentable tout en laissant mon cerveau vagabonder pour essayer de trouver la manière d’accorder poisson fumé et langue de porc. Thatcher était peut-être très triste de devoir sacrifier Sands, peut-être pas, mais ça n’a aucune espèce d’importance. Si on y accorde le moindre intérêt, cela veut aussi dire qu’on s’ampute du droit de virer les enrichisseurs de chez nous parce qu’ils ont des enfants meugnons et que c’est trop triste. Ca veut dire qu’on ne peut plus critiquer l’islam parce que ça leur fait trop de peine. Ca veut dire qu’on ne peut plus réfléchir parce que c’est discriminant.

Les sentiments en politique ne sont rien d’autre que du chantage. Les sentiments sont le domaine du relativisme le plus pur, de la plus grande compétition morale et donc notre mort assurée. Les idées, qu’il est de notre devoir intellectuel de défendre, demandent de bien plus grands efforts, mais elles autorisent aussi l’utilisation de catapulte.

On n’a rien sans rien.