Archives quotidiennes : 9 décembre 2013

Ce n’est pas qu’on n’arrive plus à la lever, c’est qu’on n’en a même plus envie

Thatcher refusait de sauter, Wauquiez va sur youporn.

On a vraiment des hommes politiques à la hauteur des évènements…

Mais au-delà de cette énième preuve de la nullité crasse de ceux qui mendient nos votes, il est quand même intéressant de se pencher sur ce que l’on pourrait voir comme la fin du sexe dans une société développée de plus en plus fatiguée d’elle-même.

Comme souvent en matière de dégénérescence, la Japon a plusieurs longueurs d’avance sur nous aut’. Présenté depuis longtemps comme un pays de déviants où le Marcel lambda était prêt à payer des sommes affriolantes pour s’acheter une culotte sale d’écolière à se caler sous, le nez en rêvant à la retraite, le Japon est en fait en train de devenir un no man’s land sexuel. Un quart des hommes entre 16 et 24 ne sont pas intéressés par la gaudriole, voir même la méprise. Pour les femmes, le chiffre atteint 45% pour la même tranche d’âge selon Abigail Haworth. 49% des femmes de moins de 34 ans ne sont pas engagées dans la moindre relation romantique et pour les hommes c’est 61%. Un tiers des japonais de moins de 30 ans n’a jamais été à un rendez-vous galant. Il ne s’agit même pas de sexe ou de gouts plus ou moins prononcer pour le fait de se faire relier les parties génitales à une batterie de voiture là mais de manifester un peu de curiosité pour l’autre moitié de la population… L’intimité est fuie. Tout simplement.

Abandonnez tout de suite ce sourire narquois en train de naître sur vos lèvres. Nous n’en sommes pas là mais nous sommes sur le chemin. A force de croire que la sensualité peut se trouver dans des films pornos qui sont entre la vivisection sans anesthésie et les planches de cours pour gynéco, nous commençons aussi à nous détourner du sexe réel au profit du virtuel, sans poil, sans odeur, sans attachement, sans vie. C’est en tous cas ce que je me dis quand je vois le nombre croissant de mes amies, executive women, la trentaine toussa, ayant essayé de se trouver un poney au moyen des sites de rencontres et qui sont effarées de constater le nombre de ces messieurs qui veulent seulement sexter et envoyer des photos de leurs pénis plus ou moins vigoureux plutôt que de se rencontrer, s’embrasser, se caresser et autres activités qui nécessitent d’être dans la même pièce que l’autre.

Notre ennui existentiel est bien plus grave que la crise économique. Il est en train de nous détruire de l’intérieur. Nous sommes une société en dépression nerveuse et je ne connais pas de prozac suffisamment fort pour nous en sortir à part la révolution.