Une quenelle aux amateurs de Fitzgerald

Je viens de terminer « Gatsby le Magnifique » et je demande, non, j’exige que l’on m’explique pourquoi il a ce statut de livre culte.

Sans déconner… Je ne dis pas que c’est une lecture désagréable, mais franchement, on glisse dessus et à la fin il ne reste rien qu’un vague ennui. Sans doute le même que celui que ressentent ces personnages qui tentent vainement de s’étourdir. Pour tout vous dire je l’avais déjà lu, et je ne me souvenais quasiment pas de ce qu’il se passait dans ce fatras d’élans romantiques incohérents.

Pour résumer, un type dont on ne sait a peu près rien, est très amoureux d’une redoutable salope ingrate et mariée à une brute infidèle. Le tout est narrer par une espèce d’ectoplasme qui n’a pas d’autre fonction que celle d’être un procédé d’écriture commode pour tenter vainement de rendre le tout un peu plus vivant.

« Gatsby le Magnifique » c’est un peu comme un koala empaillé, on croit que ça fait bien de dire que c’est bien alors que c’est un attrape poussière encombrant et ostentatoire.

J’entends les filles au fond nous expliquer que c’est une si belle histoire d’amuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuur et gnagnagna. Ben non. Eventuellement c’est une mise en garde pour les jeunes hommes qui ne savent pas encore comment sont les femmes, un genre de manuel pour romantique un peu bêtasse.

Il avait eu peu de succès au moment de sa sortie, et franchement je comprends pourquoi. Ca aussi c’était mieux avant.

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54 réponses à “Une quenelle aux amateurs de Fitzgerald

  1. Ah, justement, je viens de terminer un roman qui, entre autres, égratigne « Gatsby le Magnifique ». Ca s’appelle « Et nos yeux doivent accueillir l’aurore », et c’est signé Sigrid Nunez.

    • Bravo a Sigrid Nunez alors!

      • Ouaip. D’autant que l’égratignage de Mme Nunez prend parfois la forme d’un hommage – comme quoi rien n’est simple.

        Et pour être franc, j’ai aussi lu « Gatsby le magnifique », avant mes vingt ans (il faut bien connaître ses classiques, et le plus tôt est le mieux), mais il ne m’en reste aucun souvenir. Je m’y remettrai peut-être un de ces quatre matins.

  2. Il y a des livres comme ça… C’est la même chose pour Le Grand Meaulnes. Et (à un autre niveau) pour Belle du Seigneur.

  3. Je vais encore une fois vous donner raison.

  4. C’est étrange, parce que pour ma part j’ai confusément gardé un excellent souvenir du grand meaulnes. Confusément, car je l’ai lu adolescent, donc un certain temps. Je me souviens qu’il m’avait plu à ce moment-là, pour l’atmosphère quasi-féérique ou irréelle qui y était créé, quelque part au fin fond de la france. Pour gatsby je ne sais pas, j’ai dû commencer deux fois et pareil, j’ai abandonné rapidement. Je ne me demande si justement ces deux bouquins n’ont pas en commun de (tenter de) créer une atmosphère (pour gatsby, je suppose : le NY huppé des années 20). Après, on accroche ou pas…

  5. Totalement d’accord pour Gatsby. Ce roman m’est tombé des bras.

    Certains Américains que j’ai interrogés sur sujet m’ont dit que le style était excellent. Peut-être qu’une oreille anglaise est mieux placée pour apprécier ces subtilités-là, mais ça m’étonne tout de même un peu.

    En même temps, la littérature américaine est tellement pauvre que par contraste…

    J’avais eu la même impression pour Le grand Meaulnes, mais j’avais été rétrospectivement séduit (sans avoir besoin de le relire) par « l’atmosphère quasi-féerique » dont parle Zdzislaw.

    • J’ai la chance de pouvoir lire l’anglais en VO et je maintiens que Gatsby et d’un ennui sidéral. Sinon, dire que la littérature américaine est pauvre dénote une assez grande méconnaissance de la dite littérature.

      • Moi aussi je l’ai lu en VO. Je voulais dire que certains subtilités de la VO pouvaient m’échapper.

        « Sinon, dire que la littérature américaine est pauvre dénote une assez grande méconnaissance de la dite littérature.
        Hé hé, j’attendais une réaction. Bon, qu’est-ce que vous aimez?

      • Palahniuk, bukowski, hemingway, Melville, King, Toole, Bradbury, Wouk, Dick, Ellroy, Salinger par exemple.

      • Je ne les ai pas tous lus, mais je maintiens que le qualificatif de « pauvre » convient pour la littérature américaine. Par exemple, Steinbeck ou Faulkner sont des écrivains que j’ai plaisir à lire. Le problème est qu’ils sont classés, avec ceux que vous citez, parmi les plus grands écrivains américains, alors que s’il fallait les inclure dans un classement mondial, ils ne feraient même pas partie du top 500. Et que dire de Fitzgerald, ou de Hemingway… C’est un peu comme la littérature française contemporaine. Certains affirment que Houellebecq en est le meilleur représentant. Je n’ai rien contre cet écrivain, mais, s’il est vrai qu’il est le meilleur romancier francophone vivant, c’est tout de même inquiétant, parce que Houellebecq, quel que soit son mérite, est tout de même loin d’être un génie.

    • J’ai du mal à considérer que la littérature américaine est pauvre, par contre c’est vrai que nous la connaissons mal. Faulkner, Steinbeck, Capote, Elroy pour ne parler que de ceux que j’aime, ce sont tout de même pas des bites.
      Après c’est un style, comme pour toutes les littératures étrangères. On aime ou pas, mais ce qui est certain c’est qu’elles ont une personnalité propre qu’il faut essayer de comprendre. Comme la littérature russe.

  6. Shakespeare, Dickens, les Brontë, Joyce, Thackeray, Hardy, tout ça c’est nul.

    • Ah ouais quand même…

    • Tout ça, c’est nul ?
      Ca va bien, vous ?

      • Dickens (à l’exception, paraît-il, de Great Expectations, que je n’ai pas lu), les Brontë, Thackeray et Hardy, c’est objectivement nul, quoique je comprenne que les adolescentes aiment à pleurer en lisant les Brontë.

        Je n’apprécie ni Shakespeare ni Joyce, mais, en-dehors de mes accès de provocation gratuite, je n’oserais évidemment affirmer d’eux qu’ils seraient « nuls ». Suffisamment de gens dont j’apprécie la sensibilité littéraire m’ont dit d’eux (ou au moins de Sh.) qu’ils méritaient vraiment d’être lus.

        Il n’en reste pas moins que la plupart des gens qui prétendent lire Shakespeare et Joyce avec plaisir sont des affabulateurs ou des moutons de Panurge. Même Virginia Woolf reconnaît dans son journal que, jusqu’à un âge avancé, elle se forçait à proclamer qu’elle adorait Shakespeare.

  7. J’aime énormément les nouvelles de Fitzgerald et Gatsby m’a beaucoup ennuyée aussi ! De même que le Grand Meaulnes.

  8. Bon, remettons les pendules à l’heure. Gatsby c’est du barbara cartland. Mais comme c’est amerdeloque c’est tout de suite de la bonne litterature. La mauvaise litterature amerdeloque c’est de la bonne. La bonne litterature amerdeloque c’est du génie. C’est le privilège de l’empire. Et comme la plupart des traducteurs sont payés au kilomètre, ce que vous lisez est de la pisse d’âne. Il y a assez de vrais écrvains français pour pas perdre son temps à lire la merdasse venue d’ailleurs.

  9. Je pensais qu’on s’était mis d’accord pour ne présenter les koalas que sous un jour favorable. Il y a brisure du pacte républicain.

  10. Un bouquin à effet légèrement laxatif. On a gâché du papier pour l’imprimer et on en gâche encore quand on le lit.

  11. Belle du Seigneur, pouah. Les lectrices de cet inavalable pavé ont longtemps été stupéfaites qu’un homme puisse si bien décrire des sentiments qu’elles ne confient en principe jamais à leur mâle attitré; l’ami Cohen est tombé sur de plus bavardes, les a amplement recopiées sans les citer et a signé la chose tout seul, et puis salut.

    Moi, je m’attaque à l’Iliade et l’Odyssée.

  12. Bin nan !
    Les filles au fond ne diront même pas que c’est une belle histoire d’amouuuuuuuuuuuuuur puisqu’elle se termine mal !
    Il nous faut du rose, à nous !
    Ya de l’alcool, de la folie, du sang et des larmes. Pas pour nous, ça.

  13. Je préfère Of Mice And Men, de Steinbeck,
    Et de très loin.

  14. Bon, c’est très bien toutes ces considérations mais ça ne répond pas à la question : pourquoi Gatsby est-il « le magnifique » (great)?
    Hein, je vous le demande.

  15. @Aristide: pourquoi magnifique? Parce que Le Grand Gatsby aurait été ambigu (grand par la taille?). Cela dit, je ne vois rien de grand ni de magnifique chez lui.
    Je lis également l’anglais en VO. La Bible et Shakespeare sont la base de la culture anglaise. Une simple citation leur suffit et tout le monde sait (savait?) à quoi on se réfère.

  16. Le personnage de Gaby n’a effectivement rien de magnifique vu de notre culture hexagonale, riche à souhait, désoeuvré, narcissique et probablement mythomane.

  17. Cela dit, je ne vois rien de grand ni de magnifique chez lui.

    J’ai cru comprendre que c’était l’expérience de la plupart des lecteurs. C’est bien pour cela je pose la question : pourquoi Fitzgerald a-t-il intitulé son roman « The GREAT Gatsby »?

  18. Il n’y a plus qu’à l’interviewer!

  19. gatsby ne peut etre que great, c’est un amerdeloque et il est riche. D’ailleurs personne ne sait d’ou sort sa fortune. La prohibition? Ou autre traffic? Il est l’archétype du rêve amerdeloque, et peu importe les moyens, car chez les amerdeloques être riche c’est être un élu de Dieu. Great donc parcequ’élu de Dieu.

  20. J’ai trouvé cinq réponses de profs ici:
    http://www.enotes.com/homework-help/great-gatsby-why-gatsby-considered-great-389367
    Je ne suis pas convaincue.

  21. Anelka fait une quenelle anti système après un but, woland fait de même après avoir lu un livre… on avait déjà eu le type du petit journal de C+, se retrouvant à faire une quenelle sans qu’il sache très bien ce que ce geste évoque.
    Pour revenir à la littérature, on appelle ça des petits moutons de Panurge.
    Bêêê Bêêê

    • T’as toujours pas trouvé de solution pour ta mauvaise haleine?

      • Et vous, on vous a offert un livre d’histoire pour vous cultivez un peu, ce qui vous permettra en 2014 d’arrêter de publier n’importe quoi ?

      • Un livre d’histoire de l’éducation nationale?
        Vous devez vous moquer de moi. Considérer que l’histoire vue par les socialistes est la vraie, faut vraiment être naïf.
        Allez donc vous brosser les dents.

      • Pas forcement un livre d’histoire de l’EN, rien que lire un livre même Gatby le magnifique, devrait vous instruire sur la description de la société américaine durant les années folles. Mais à votre niveau, je crois même que réussir à finir Fripounet, serait déjà un authentique exploit.

      • Je t’ai dit d’aller te laver les dents, tes propos sentent le progressisme.
        J’ai assez de culture pour interpréter vos mots. Pas besoin de vos conseils.

  22. C’est un roman de classes : les Riches sont une classe à part. Et même en devenant très riche, on ne devient pas Riche (on le naît). Or, les femmes aiment les Riches…

  23. @egq: c’est bon, hein? Les femmes ne sont pas toutes attirées par l’argent, certaines préfèrent des gens intéressants et cultivés!

  24. Le magnifique, je pense que c’est parce que dans la société où il évolue, il en met plein la vue, il est l’archétype de la réussite. Un peu comme nous disons Laurent le Magnifique ou le Grand Siècle. Enfin, je dis ça et je n’ai même pas lu le livre.

  25. @Barbara: euh…qui est Laurent le Magnifique?

  26. Laurent de Médicis (1449 – 1492).

  27. Pour les amateurs de musique nord-américaines, et malgré quelques outrances dans les explications, voici un lien qui pourrait intéresser quelques-uns :
    Le titre :
    POUR EN FINIR AVEC LA PROPAGANDE MENSONGERE, TROMPEUSE, ABSURDE ET STUPIDE SUR L’ORIGINE DES MUSIQUES NORD-AMERICAINES
    Le lien:
    http://www.propagandes.info/blog/rapide-remise-des-pendules-a-lheure-des-origines-musicales-nord-americaines/

    • Merci pour ce beau délire anti-sémite, dont l’analyse est simple à faire :

      1) Le jazz, le blues et le rock seraient d’origine blanche, et non noire. C’est possible, et l’hypothèse est en effet intéressante, même si ce texte ne mène pas la démonstration à son terme, loin de là.

      2) Si vous pensez le contraire, c’est la faute des Juifs. Quel rapport ? Pas le moindre fait n’est apporté à l’appui de cette allégation.

      En revanche, l’auteur du texte ne manque pas d’enfoncer des portes ouvertes (les negro spirituals sont d’origine religieuse : ah boooon ? tu crois ?…), et d’appeler à la rescousse Einstein, Marx et Freud, dont on ne voit pas bien le rapport avec le jazz ni avec le rock, mais dont on voit tout à fait le rapport avec le délire anti-sémite.

      En particulier ce canard selon lequel Einstein aurait copié les travaux de savants non-juifs, ce qui démontrerait que les Juifs sont « l’Empire du Mal », comme l’explique ce texte. Si de telles bêtises sont censées illustrer « l’intelligence blanche » (comprendre : non-juive), on est plutôt mal barrés…

      Indépendamment de ce que des gens qualifiés (et je souligne ce terme) peuvent penser de la polémique sur l’originalité des travaux d’Einstein, les anti-sémites qui utilisent son nom de façon obsessionnelle montrent ainsi qu’ils ne connaissent rien à la façon dont la science fonctionne, qu’elle soit blanche, juive, jaune, noire, ou verte à pois bleus.

      Le canard Einstein semble avoir été inventé pour faire oublier l’énorme sur-représentation des Juifs dans les prix Nobel, et je précise : les prix Nobel de sciences dures, pour lesquels il est assez difficile d’alléguer que les résultats seraient truqués parce que le jury serait aux mains des Juifs (puisque c’est là l’explication magique permettant de justifier n’importe quel complot imaginaire).

      Et le texte se termine sur une citation de Faurisson, qui attribue aux Juifs tous les maux du monde, y compris le bombardement d’Hiroshima. Personnellement j’ai la couille gauche qui me gratte, je pense que c’est la faute des Juifs.

      Sans compter que l’abruti auteur de ce pamphlet anti-sémiste se contredit lui-même :

      Depuis la fin des années 1950, l’Empire du Mal [comprendre : les Juifs] nous dissimule insolemment ou sème la suspicion sur les anciennes musiques blanches nord-américaines dans la seule intention de nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Les assassins de la Mémoire nous ressassent strictement et à outrance la diffusion de gospel, blues, jazz ou autres styles, exclusivement de types négroïdes et sémites dans le but de nous faire gober à l’incompétence des Blancs en la matière.

      Enorme fautes de français comprises : il faut croire qu’il n’y a pas que des intelligences supérieures chez les Blancs non-juifs.

      Il faudrait savoir : les « musiques nord-américaines » sont la preuve du talent inné des Blancs — et les Juifs tentent de le dissimuler en en attribuant l’origine aux Noirs, ou bien ce sont des genres musicaux inférieurs, « de type négroïde et sémite » ? C’est l’un ou l’autre, ça ne peut pas être les deux.

      Bref, si ce type voulait faire la démonstration que l’anti-sémitisme est une idéologie d’abrutis, il a fort bien réussi son coup.

      • En réponse à l’inculte Robert Marchenoir :
        Nous avons là l’exemple typique du comportement délétère d’un termite qui est incapable de fournir une contradiction pertinente et qui ne supporte point que la Vérité se répande. Ce termite est prêt à nous faire prendre des vessies pour des lanternes en vilipendant son venin sur une analyse authentique dont la vérité, la réalité et la sincérité sont incontestables.
        Heureusement les « goys » ne sont pas tous anesthésiés par les bobards immondes et criminels du termite. Nous devons combattre la saloperie du termite en enfonçant son « pif » dans son gros caca.
        A. Mesnard

      • Retourner prendre vos pilules.

      • Retournez-vous…

  28. Bien content de voir que je ne suis pas seul à considérer « the Great Gatsby » comme un navet, et même et plus exactement, la prose d’un adolescent boutonneux travaillé par le réveil de sa quéquette à la vue de Pâquerette (« Daisy » en V.O.)

    Mais je me présente. Né en France, j’y ai passé mes vingt premières années. Le reste, bientôt cinquante ans, en pays d’anglophonie, où j’ai été critique de livres pour le Times Higher Education Supplement. Tout cela pour dire que ma compréhension de la langue anglaise va au-delà de « my tailor is rich. »

    Je me suis toujours demandé ce qui faisait de « Gatsby » un tel chef-d’oeuvre, au point que, l’année dernière, voulant en avoir le coeur net, j’ai claqué les douze dollars qu’il coûte en livre de poche.

    « Gatsby » c’est l’histoire d’un grand dadais qui tombe amoureux d’une fille de la haute super-friquée, aperçue de loin, et qui passe le reste de sa vie à essayer de gagner de quoi rejoindre le clan des super-friqués et s’acheter un gourbi à côté de celui de Daisy. Il y arrive, à force de trafics peu ragoûtants (drogue entre autres). Aucune description de ces trafics. Résultat: un roman chiant comme la pluie, 100% narcissisme et contemplation du nombril, 0% description de la pègre que Gatsby devait nécessairement avoir fréquentée si l’on en croit l’histoire.

    Je vous recommande plutôt la lecture de « Gadsby » de Ernest Vincent Wright, que vous pouvez lire sur le Net (cherchez!) pour pas un rond.

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