Archives quotidiennes : 25 février 2014

Un jour qui finalement aura eu une fin

Harold Ramis semble aller beaucoup moins bien. En tous cas c’est ce que dit la pierre tombale qui est en train d’être gravée à son nom. Il est donc de bon ton de lui rendre hommage pour sa contribution sans égale au cinéma de droite. « Un jour sans fin » est non seulement un film avec du Bill Murray dedans, ce qui en fait forcément un film génial, mais en plus c’est un vrai film réactionnaire, donc doublement génial.

Que cela ait été le but de Ramis au départ n’est pas très important. Le fait est que le résultat de cette comédie absurde sur un présentateur météo de type odieux condamné à revivre la même journée pour l’éternité ou pas loin dans un bled pourri de Pennsylvanie est de proposer une réelle réflexion sur le bien et le mal. C’est le film anti post-moderne par excellence puisque sa morale est que la rédemption ne vient pas de « l’épanouissement personnel » ou du fait de céder à ses instincts et besoin « naturels » mais au contraire du fait de s’élever et de vivre selon des idéaux absolus et permanents. Ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue, ce n’est pas ce qu’on en tire, mais ce qu’on lui apporte, son engagement. Bill Murray, sombre dans une profonde dépression quand il laisse libre cours à ses basses envies et à son détachement ironique et est sauvé quand il devient un membre de la communauté qui l’entoure et qu’il apprend à l’apprécier au point de l’aider.

Mais plus important que tout cela est le fait que c’est un film vraiment très drôle. Si « Un jour sans fin » avait été un film de gauche, il aurait été tourné en noir et blanc, le sexe aurait été omniprésent, clinique et répugnant et tout le monde serait mort d’ennui à la fin.

Donc rien que pour ça, merci Ramis et reposez en paix.