Archives quotidiennes : 28 février 2014

Edito pour Mediavox: Les limites du capitalisme

Le capitalisme ne peut pas tout. Ne vous méprenez pas, je crois que le capitalisme soit la cause de nos problèmes, mais le fait qu’il soit attaqué par les technocrates, les sans-culottes, les égalisateurs et toute la ligue de justice sociale ne doit pas nous empêcher de réfléchir aux limites, j’insiste sur le mot « limite » qui n’est pas la même chose que « défaut », du capitalisme.

Le capitalisme a élevé notre niveau de vie de manière incroyable. Je suis à peu près sûr que tous ses pourfendeurs ne seraient que très modérément heureux de vivre dans les conditions du 17ème siècle. Le capitalisme nous a libérés de la pauvreté et des systèmes féodaux.

Mais c’est justement là que se trouve ses limites. Une fois enrichis grâce au capitalisme, il ne nous dit pas quoi faire du pognon. Une fois libre, il ne nous dit pas quoi faire de cette liberté. Il ouvre des boulevards de nouvelles réussites dans certains domaines mais crée une culture qui ne comprend plus qu’on puisse réussir autrement qu’en espèces sonnantes et trébuchantes. Il nous permet d’avoir accès à nos moindres désirs et commercialise au passage des choses qui ne devraient pas l’être. Objectivement cependant, ce n’est pas de la faute du capitalisme, mais la nôtre. Le fait que nous nous soyons amollis au point de tolérer qu’on puisse vendre, et surtout acheter, des string avec ouverture frontale pour des gamines de 8 ans montre que nous avons abandonné toute forme de culture un peu exigeante en tant que population. Le Capitalisme est comme de l’eau, nous sommes supposés construire des barrages et les maintenir en bon état. Quand le barrage se pète que la flotte détruit tout, ce n’est pas la faute de l’eau… Si je trouve la lampe d’Aladin et que je demande au génie de transformer tous les hommes de la planète en eunuques pour pouvoir me taper toutes les gonzesses, ce n’est pas de la faute du génie.

Non seulement nous ne voulons plus choisir entre le bien et le mal, mais le simple fait d’en parler vous transforme instantanément en parias que personne ne voudrait approché avec un aiguillon électrique pour le bétail de 5 mètre de long. La droite a donc complètement abandonné le combat culturel au profit d’une gauche moderne et tarée pour laquelle le seul but de la vie doit être de combler toutes les perversions, ce que le capitalisme d’empresse de faire comme le génie de la lampe.

C’est là que se niche l’ironie de cette histoire. La droite dure se détourne du capitalisme au lieu de l’utiliser et la gauche fait semblant de vouloir le combattre tout en l’usant jusqu’à la trame.