Edito pour Mediavox: Les limites du capitalisme

Le capitalisme ne peut pas tout. Ne vous méprenez pas, je crois que le capitalisme soit la cause de nos problèmes, mais le fait qu’il soit attaqué par les technocrates, les sans-culottes, les égalisateurs et toute la ligue de justice sociale ne doit pas nous empêcher de réfléchir aux limites, j’insiste sur le mot « limite » qui n’est pas la même chose que « défaut », du capitalisme.

Le capitalisme a élevé notre niveau de vie de manière incroyable. Je suis à peu près sûr que tous ses pourfendeurs ne seraient que très modérément heureux de vivre dans les conditions du 17ème siècle. Le capitalisme nous a libérés de la pauvreté et des systèmes féodaux.

Mais c’est justement là que se trouve ses limites. Une fois enrichis grâce au capitalisme, il ne nous dit pas quoi faire du pognon. Une fois libre, il ne nous dit pas quoi faire de cette liberté. Il ouvre des boulevards de nouvelles réussites dans certains domaines mais crée une culture qui ne comprend plus qu’on puisse réussir autrement qu’en espèces sonnantes et trébuchantes. Il nous permet d’avoir accès à nos moindres désirs et commercialise au passage des choses qui ne devraient pas l’être. Objectivement cependant, ce n’est pas de la faute du capitalisme, mais la nôtre. Le fait que nous nous soyons amollis au point de tolérer qu’on puisse vendre, et surtout acheter, des string avec ouverture frontale pour des gamines de 8 ans montre que nous avons abandonné toute forme de culture un peu exigeante en tant que population. Le Capitalisme est comme de l’eau, nous sommes supposés construire des barrages et les maintenir en bon état. Quand le barrage se pète que la flotte détruit tout, ce n’est pas la faute de l’eau… Si je trouve la lampe d’Aladin et que je demande au génie de transformer tous les hommes de la planète en eunuques pour pouvoir me taper toutes les gonzesses, ce n’est pas de la faute du génie.

Non seulement nous ne voulons plus choisir entre le bien et le mal, mais le simple fait d’en parler vous transforme instantanément en parias que personne ne voudrait approché avec un aiguillon électrique pour le bétail de 5 mètre de long. La droite a donc complètement abandonné le combat culturel au profit d’une gauche moderne et tarée pour laquelle le seul but de la vie doit être de combler toutes les perversions, ce que le capitalisme d’empresse de faire comme le génie de la lampe.

C’est là que se niche l’ironie de cette histoire. La droite dure se détourne du capitalisme au lieu de l’utiliser et la gauche fait semblant de vouloir le combattre tout en l’usant jusqu’à la trame.

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44 réponses à “Edito pour Mediavox: Les limites du capitalisme

  1. Quand la droite utilise un couteau à pain, le pain est coupé.

    Quand la gauche utilise un couteau à pain, on retrouve ses viscères sur le sol.

    Je simplifie un max à donf, mais bon, en gros, c’est ça.

  2. Des strings à ouverture frontale pour des gamines de 8 huit ans, c’est une blague ou c’est vraiment vrai comme diraient les gamins car si c’est le cas, on marche vraiment sur la tête.

  3. Les ordinateurs, c’est génial, mais l’on peut tout de même reconnaître qu’ils ont une limite : ils ne font pas de café.

  4. reste a savoir ce que vous considérez comme pervers.
    personnellement je pense que les époques qui n’ont pas connu le capitalisme étaient avaient bien plus de pervers que notre période actuelle.
    enfin pervers est le mot utilisé mais c’est plus largement l’idée du bien et du mal.
    pour vous le monde est plus mauvais maintenant.
    bon c’est une vision des chose qui oublie le fait que l’humain s’adapte. les hommes d’aujourd’hui ne sont pas les mêmes qu’avant.
    par exemple dire que les populations riches sont touchées par la dépression parcequ’ils n’ont plus de problèmes vitaux, plus de guerres, ne signifie pas que le cerveau ne peut pas s’adapter a cette situation nouvelle. on était habitué a survivre, le changement de situation prendra du temps. attention a ne pas tirer de conclusions sur une constatation a court terme.
    Juger l’évolution, l’apprentissage de l’humanité est toujours difficile pour un seul etre. ce qui est plus évident c’est de constater votre nostalgie.

  5. Vous parlez d’évidence, Amiral. Evidemment que le capitalisme, ou l’économie, ou la prospérité, ne résument pas l’expérience humaine ni les motifs de vivre ou de mourir.

    • Je parle peut être d’évidence mais il me semble que parfois ça ne fait pas de mal de rappeler quelques évidences justement.

      • Mais à qui les rappelez-vous, au juste, ces évidences ? S’il y a effectivement des gens qui les ignorent (ou font semblant d’ignorer), ce sont bien les antilibéraux.

        Ces derniers surfont l’objet du capitalisme, pour pouvoir trouver matière à critiquer. Mais ça revient à lui reprocher de ne pas tenir des promesses qu’il n’a jamais faites.

        A l’inverse, je connais bien peu de libéraux qui s’y méprennent. Les partisans de l’école de la Law and Economics sont l’exception.

        J’en reviens donc à ma question : à qui s’adresse votre rappel ? Donnez des noms ! J’ai l’impression d’y percevoir une petite critique à l’adresse du capitalisme. Le cas échéant, elle serait peu justifiée, sauf à démontrer que le socialisme n’est pas affecté des mêmes « limites ».

        Sauf mon respect, à moins de démontrer que les machines à écrire font le café, je ne vois pas l’intérêt de rappeler que les ordinateurs en sont également incapables.

        Or, quant au fond, il existe de solides raisons de penser que le capitalisme, sans donner les clefs de la vertu, est effectivement le terreau le plus favorable au développement de la moralité.

        D’une part, il n’y a pas d’acte moral sans liberté et responsabilité. D’autre part, historiquement parlant, il apparaît que le capitalisme, tout au contraire de ce que l’on pourrait croire, tend à favoriser la compassion et l’ascétisme (en gros, Max Weber aurait inversé la cause et l’effet).

        Il est extrêmement vraisemblable que l’argent joue aujourd’hui un rôle bien plus faible qu’il y a deux siècles. L’on pourrait même reprocher au capitalisme de stimuler la naissance d’idéaux puritains.

      • Baraglioul, je ne suis pas lu que par des libéraux ou des capitalistes loin de là. Donc j’écris cela pour les gens qui passent.

      • Robert Marchenoir

        Mon commentaire se voulait élogieux.

      • Il n’est pas toujours évident de rappeler certaines évidences… notamment celles liées au méchant système dont ne peuvent se passer ceux qui croient le détester.

        Bien à vous et salutations aux Romains

  6. « des string avec ouverture frontale pour des gamines de 8 ans »

    Sans parler des strings à capuche, pour la diversité pudique et sensible.

    « mais il me semble que parfois ça ne fait pas de mal de rappeler quelques évidences justement »

    Pour des « néo-réacs » comme moi, (issus de la gauche et sortant progressivement du logiciel stérile de l’antilibéralisme et de l’anticapitalisme de cour de récré) votre « pédagogie » est toujours bienvenue.
    Bien plus constructive et à même de créer le consensus que les anathèmes à base de « gauchiste à pull rouge-brun en poil de lama antisémite » que peuvent parfois nous servir certains libéraux psychorigides, dès lors que l’on s’aventure, par exemple (et de façon parfois maladroite), à une critique du système bancaire ou du capitalisme financier.
    J’attends donc, avec plus ou moins de curiosité, les développements du « concept » de fascisme individuel et de libéralisme étatique.

  7. Woland : j’aimerais bien apprécier votre billet et ses brillants commentaires, mais un élément me manque cruellement (oui, je suis un con infini) : qu’est-ce vous entendez par « capitalisme » ?
    Sans attendre votre réponse, je vous précise que pour moi, pour l’instant, ce (gros ?) mot est un peu comme « libéralisme » : tout le monde en a sa définition ; tout le monde en cause à tout le monde et résultat, rien ne sort de tous ces éternels débats ( à la con ?).
    Bien à vous.

  8. Robert Marchenoir

    Un truc qui m’épate toujours, c’est que les anti-capitalistes, les anti-argent, les anti-écran plat (qui, je suppose, propagent leur opinion sur Internet au travers d’un écran cubique) sous-entendent, la plupart du temps, qu’il faut un Etat plus important, un Etat-stratège, bref un pouvoir fort, pour remédier à ces maux.

    Mais en quoi le dictateur le plus cruel pourrait-il améliorer la moralité de ses sujets ? « Avoir envie d’un écran plat » (le crime suprême selon nos faux anachorètes contemporains) ne se soigne pas à coups de lois et décrets, ni même par la torture pratiquée dans les caves d’une police politique.

    • Mais si moi je vous dis que j’accepte la loi de l’offre et de la demande pour les écrans plats (et par extension tous les consommables de base), mais qu’elle me dérange pour tout ce qui relève de l’esprit et de l’âme… Vous en faites quoi ?

      Illustration : je trouve normal qu’on laisse les gens choisir leur façon de se nourrir et de se vêtir, la façon dont ils aiment s’amuser, et qu’on laisse libre court à la concurrence entre les producteur de nourriture et de vêtements, les fournisseurs d’accès au net, les médias et les artistes (..etc.) Je suis pour les associations de consommateurs et les syndicats à l’américaine. Je suis aussi pourqu’on développe chez nous la pratique américaine du procès collectif : si un nombre important de gens ont quelque chose à reprocher à une industrie (ex : un fabricant de raviolis au bœuf remplace la viande de bœuf par du rat-d’égout), ils se constituent tous ensemble en partie civile et peuvent ainsi se cotiser pour se payer le meilleur des avocats.
      NotaBene : Les professions d’artistiques sont sans doute les professions les plus ontologiquement libérales, puisque lorsqu’on est artiste, si l’on ne plait pas au public, on se paie la honte et on crève de faim. J’ai un tempérament artistique, ce qui veut dire que je ne crains pas d’exposer mes productions à la concurrence de celles de mes homologues, ainsi qu’au libre jugement de l’opinion publique… au risque de me faire jeter des tomates pourries à la figure.

      Cependant je trouve anormal, par exemple, qu’on vende de la chair humaine. Même s’il y a une demande… Pourquoi n’y en aurait-il pas, après tout ? Il faut avoir une confiance bien aveugle en l’homme, pour penser que lorsqu’il possède de l’argent – beaucoup d’argent -, il ne puisse pas être en demande de biens et de services à caractère transgressif, susceptibles de priver son voisin de sa vie ou de sa liberté. Quant à l’argument qui consiste à dire que dans un monde libre, personne ne vendrait jamais sa vie ou sa liberté… C’est bien mal connaître la misère. Tant qu’il y aura de la misère, il aura des gens prêts à vendre leurs enfants au détail, comme du bétail. Si l’on postule qu’il faut autoriser cela, c’est toujours + ou – dans la perspective darwiniste que ces miséreux misérables n’aient aucune descendance et qu’ainsi leur espèce disparaisse de la terre. Or, la méchanceté n’est pas inscrite dans les gènes. Si l’on est un tant soit peu chrétien, on croit à l’individu, c’est-à-dire que l’on croit que tout le monde est susceptible d’être rédimé par ses actions – au niveau individuel – et donc on ne condamne pas les enfants du méchant à être dépecés parce qu’ils sont les enfants du méchant. Nous ne sommes pas responsables des péchés de nos pères, n’est-ce pas ?

      Quant à l’argument qui consiste à dire que dans un monde libre, il n’y aurait plus de misère. Je veux bien. Mais vous connaissez la chanson : « Quand les hommes vivront d’amour, il n’y aura plus de misère ». C’est ce que l’on appelle de l’utopie. (Sans parler du fait que dans un monde marchand, la misère a une fonction à part entière : c’est aussi parce que les gens ont peur de la misère, qu’ils travaillent dur, n’est-ce pas ?)

      Résumons. En termes logiques, le problème se pose ainsi :

      Vous postulez que le libéralisme est le meilleur des systèmes (a.k.a le plus moral) parce qu’il garantit la prospérité et anéantit la misère. Or, lorsque que j’ai postulé que certains hommes pourraient vouloir consommer de la chair humaine – laquelle demande rencontrerait forcément une offre, rendue possible par l’existence de la misère – nous avons vu par ailleurs que pour que le système libéral ne se révèle pas un système immoral, il faudrait qu’il n’y ait plus de misère.

      –> L’absence de misère ne peut être un pré-requis de base pour l’édification d’un système susceptible d’anéantir la misère !

      Voilà exactement ce que l’on appelle en logique, une aporie.

      [Joseph de Maîstre aurait dit : sans l’intervention d’une volonté extérieure et supérieure à la loi de l’offre et de la demande – une volonté de lui échapper ! – cette loi est immorale parce qu’elle est un serpent qui se mort la queue.]

      • Robert Marchenoir

        Mais si moi je vous dis que j’accepte la loi de l’offre et de la demande pour les écrans plats (et par extension tous les consommables de base), mais qu’elle me dérange pour tout ce qui relève de l’esprit et de l’âme… Vous en faites quoi ?

        Je vous réponds que je ne peux qu’être d’accord avec les enfoncements de portes ouvertes — tout en regrettant la perte d’énergie qui leur est consacrée.

        Vous ne semblez pas avoir lu ce qu’a écrit l’Amiral ni ce que j’ai écrit. Vous inventez un faux argument qui n’a jamais été soutenu par personne. Personne n’a jamais dit que tout ce qui relevait de l’esprit et de l’âme devait répondre à la loi de l’offre et de la demande. Et d’ailleurs, ça voudrait dire quoi, exactement ? Qu’est-ce que la loi de l’offre et de la demande pourrait bien dicter en ce qui concerne l’âme et l’esprit ?

        Cela a à peu près autant de sens que de prendre la parole pour affirmer haut et fort que la loi d’Ohm ne peut pas, ne doit pas, non, jamais, à aucun prix, déterminer la façon dont on joue la sonate Hammerklavier dans spéhi.

      • La loi ordinaire de l’offre et de la demande telle que nous la présentent en général les libéraux, postule que tout ce qui fait l’objet d’une demande massive de la part du public relève d’un besoin communément partagé, qui ne demande qu’à être satisfait, et que le fait de satisfaire ce besoin collectif relève du bien commun. Dans un monde libre, selon les libéraux, cette demande collective se verra forcément proposer une offre adéquate à un moment donné. Car il en va de l’intérêt de l’entrepreneur que de répondre efficacement à une telle demande. Dans cette vision idyllique, la nécessité rejoint pour ainsi dire naturellement l’éthique… La nécessité fait loi, certes, mais dans un monde excellent, où les hommes n’ont que de bonnes et de justes nécessités.

        Tout ce que je dis, c’est que pour faire un tel pari sur l’intérêt du plus grand nombre, il faut sacrément avoir confiance en la nature humaine…

        Car il est arrivé dans l’histoire que des masses énormes de personnes émettent conjointement des désirs qui ne demandaient qu’à être satisfaits, mais dont la satisfaction a entraîné des catastrophes, et quantité de crimes monstrueux.

        Imaginez, vous êtes en 39 en Allemagne, et la demande populaire, « la mode », est au nazisme… Satisferez-vous cette demande au nom de la liberté de la majorité de voir son désir assouvi ?

        Imaginez qu’une quantité énorme de personnes se ligue contre une seule autre, et que le bien-être de la masse dépende du meurtre d’une seule personne que cette masse a désigné. Cette seule et unique personne n’a pas les moyens de susciter l’intérêt des Etats et des entrepreneurs, puisque son intérêt-propre n’est pas l’intérêt général. Il ne représente personne et n’est représenté par personne, il n’a pas d’alliés ni de communauté. On dira qu’il est comme un étranger.

        Peut-être me direz-vous qu’une telle configuration est impossible, or une telle configuration a pourtant un nom connu. On appelle ce phénomène un « phénomène de masse », et le martyre désigné par le plus grand nombre, un bouc-émissaire.

        En vertu de quelles lois libérales n’accèderez-vous pas au désir de la majorité ? Dans quelle mesure le libéralisme peut-il vous retenir de sacrifier ce bouc-émissaire ? Et si ce bouc-émissaire était le Christ ?

        ***

        La loi de l’offre et la demande existe bien-évidemment dans le domaine moral : si je bosse à France Culture et que je veux garder ma place, dans quelle mesure ne dois-je pas me délester d’une part de mes opinions politiques pour garder mon job – le job qui me permet de me nourrir et de nourrir mes enfants ? France Culture est un cas-d’école, mais vous trouverez le même problème chez nombres d’employeurs dans les grands médias Américains. N’oubliez pas que le « political correctness », qu’on pourrait appeler en français, « autocensure pour plaire à la masse », ce sont les Américains qui l’ont inventé.

        De même quand j’ai parlé de vendre de la chair humaine, vous avez tout de suite imaginé un ogre qui cherchait son dealer de petits enfants écorchés… Mais si je suis une chanteuse qui a du talent, dans quelle mesure ne vais-je pas être forcée, malgré mon talent, par mon producteur ou mon agent, à me mettre à poil ou à coucher avec de sales types, pour accéder à un peu de reconnaissance ? – Vous me direz peut-être que dans un vrai monde libéral, seul le talent compte, et je n’ai pas à montrer mon cul si je chante bien, mais alors non seulement nous ne vivons vraiment pas dans ce monde libéral que vous décrivez, mais je me demande bien de quelle manière vous comptez le faire advenir.

        Car c’est dans la nature humaine que d’abuser de son autorité, quand on en a un peu, surtout à des fins sexuelles… je ne dis pas que c’est bien, je dis que vous n’empêcherez jamais les hommes d’être ce qu’ils sont.

        A moins de les menacer de prison, bien sûr… alors, vous réduirez un peu les abus… mais alors, si vous avez des prisons, il vous faut aussi des flics, et si vous avez un exécutif, il vous faut aussi un législatif, avec la séparation des pouvoirs et tout et tout… et nous revoilà avec un Etat, un état qui prélève des impôts pour faire tourner la machine (flics, juges, élus et précepteurs des impôts), et nous voilà déjà sortis du système purement « libéral ».

  9. Robert Marchenoir

    Vous racontez n’importe quoi. La loi de l’offre et de la demande n’a aucun rapport avec ce que vous décrivez.

      • [Je sais que vous n’en êtes pas un pour de vrai – juste un hypocrite ordinaire – mais bon, je trouvais le mot spirituel. ^^]

      • Je trouve que c’est assez bien décrit.Un gars qui voudrait un écran pas plat voilà qui est n’importe quoi. Un Troll ou un vrai troll, drôle d’image pour un seul mot, je cherche… est-ce que les cimetières en sont pleins ?

    • Je rejoins Robert. Excusez nous Irena mais vous dites n’importe quoi. Vous donnez à la loi O/D des aptitudes qu’elle n’a absolument pas.

      Je rappelle que cette loi est une simple relation entre les quantités d’offre et de demande en fonction du prix et cela, pour des biens et/ou des services monnayables.

      Irena, ce que vous écrivez n’est pas inintéressant mais cela n’a rien à voir avec la loi O/D.

      • « Je rappelle que cette loi est une simple relation entre les quantités d’offre et de demande en fonction du prix et cela, pour des biens et/ou des services monnayables.  »

        C’est bien de cela que je parle. Mais vous êtes bêtes comme des pieds. C’est affligeant.

  10. La loi de l’offre et de la demande est descriptive et non pas prescriptive. Elle n’est donc pas plus « libérale » que « socialiste ».

    (Et, effectivement, elle n’entretient qu’un rapport bien lointain avec le portrait qu’en fait Irena Adler).

    • Vous ne voulez pas réfléchir ? Il vous reste à me dénier le droit d’accès à votre vocabulaire. Classique.

      Quand on ne veut pas parler avec tout le monde, on se crée une novlangue accessible uniquement aux initiés (c-à-d aux esprits non-critiques).

      Je ne saurais compter le nombre de fois que des libéraux m’ont interdit de reformuler leur pensée avec mes mots. Aussi fidèlement, aussi généreusement, pensais-je synthétiser leur discours (pourtant entendu mille fois, entendu et plus encore écouté, avec attention et respect), c’est le principe-même d’établir des ponts logiques entre des notions d’économie et des notions qui dépassent l’économie, qui me décrédibilise systématiquement à leurs yeux. Selon eux, ces « ponts logiques » permettent d’office de catégoriser mes propos comme relevant du hors-sujet… alors que techniquement, ce n’est absolument pas le cas.

      Ils développent une thèse, ils ont le droit. Mais moi je ne suis pas de l’école de ceux qui peuvent se contenter d’une simple thèse. J’ai un esprit synthétique, ce qui veut dire que lorsqu’on me donne une thèse, j’imagine immédiatement son antithèse – c’est irrépressible -, et je ne puis me forger une opinion personnelle qu’à partir du moment où, ayant fait combattre les deux propositions à armes logiques égales, j’obtiens un vainqueur.

      [Pour info : mon collègue le troll, lui – habitué qu’il est aux exercices scolaires – préfère les synthèses qui ménagent la chèvre et le chou. Moi je suis de l’espèce qui tranche. Je n’imagine pas qu’une chose puisse être vraie si son contraire l’est tout autant. (Lui, si). ]

      Parler d’ « économie morale », ce n’est pas sortir de l’économie de marché. L’économie de marché ne vend pas que du divertissement dépourvu de sens, mais est aussi un véhicule privilégié pour certaines idéologies, au détriment d’autres. Tout simplement parce la notion même d’ « économie », lorsqu’on l’appose à celle de « morale », prend une connotation péjorative. Je n’y peux rien, c’est un fait. C’est même plus qu’un fait, c’est une nécessité.(cf : Post Scriptum) Je me contente seulement de pratiquer la maïeutique. Les idéologies non seulement m’indiffèrent mais s’insupportent.

      ***

      Ps : Pourquoi la notion d’ « économie morale » a-t-elle nécessairement une connotation péjorative ? C’est très simple : parce que si l’on considère les actes héroïques, les actes des Justes, d’un point de vue d’économiste, on est forcé de les considérer comme de simples « offres » (de moralité, de justice) répondant à une demande antérieure. Or dans ce cas précis, si l’on postule que l’acte héroïque, comme par exemple le martyre d’un saint, le sauvetage d’un enfant, est une offre « consommable » qui vient simplement en réponse à un « besoin de justice » antérieurement créé, on est forcé de rentrer dans une disposition d’esprit à la limite du satanisme… En effet, qui est-il celui qui systématiquement est le « créateur du besoin de justice », sinon le méchant, le tortionnaire, le vecteur du mal… le Diable ?

      Dans un système d’économie morale, on considère le Diable comme un acteur et un vecteur essentiel du Bien, on en fait en quelque sorte l’égal des Saints. Or d’un point de vue strictement moral, un tel postulat est déviant.

  11. Je crois que c’est entendu cette fois, à toutes choses malheur est bon est un axiome déviant ? Y’en a autant qui disent Dieu est dans le détail, d’autres que c’est le Diable. On dirait qu’Internet nous fait tous dévier. Amicalement, merci de trancher pour nous. C’est très bien fait . je plussplussoie.

    • L’expression proverbiale : « A toute chose malheur est bon » (le fait que vous mettiez « toutes choses » au pluriel est d’ailleurs on ne peut plus éloquent), ne signifie nullement : « Le malheur est bon à toute chose »… comme si on disait du malheur qu’il s’agissait d’une sorte de corne d’abondance, d’un remède universel, de la source de toute richesse ou de la plus haute des grâces divines. Vous accordez à cette expression une portée /gnostique/ (encore une fois), qu’elle n’a pas.

      L’expression consacrée signifie seulement : « En toute situation malheureuse, il y a toujours une épingle a tirer du jeu, quelque opportunité à saisir ». C’est davantage une sorte d’invitation consolatrice à l’opportunisme (avec tout ce que cela peut supposer d’incitation à la roublardise, à la triche), qu’un éloge de la franche vertu. On peut aussi la voir comme un encouragement à faire le « pas de côté » qui coûte, à voir les choses différemment, quand on est triste…

      L’anglais la traduit ainsi (trouvé sur le dictionnaire online Linguee.fr) : « But since every cloud has a silver lining »

      On est loin de Freud qui voyait dans les rêves des gens une corrélation systématique entre le caca et l’or… Ou des rêves alchimistiques tarés des interprètes lucifériens de la philosophie de René Girard, pour qui la plus grande richesse de l’humanité – et même son moteur unique – se trouve dans ses vices.

      See ? ^o^

      ***

      « Y’en a autant qui disent Dieu est dans le détail, d’autres que c’est le Diable. »

      Si Dieu loge dans le détail (= dans l’exception), il ne loge donc pas systématiquement dans le malheur ou dans le vice… Parce que ces deux denrées sont bien trop industriellement répandues. ^^

      Quand on dit : « le Diable loge dans le détail », c’est souvent pour rappeler aux gens qu’il ne faut jamais préjuger de l’excellence d’un homme, en particulier lorsqu’il donne toutes les apparences de la respectabilité (il faut se méfier de l’eau qui dort, n’est-ce pas ?)… ou alors c’est pour retenir le monde de se réjouir trop vite d’une situation qui paraît heureuse, lorsque certains indices sont là pour rappeler aux yeux aguerris qu’il y a clairement « une couille dans le potage ». Exemple : la « situation heureuse » est la conséquence chérie de causes que l’on aurait tout lieu de déplorer, et des nuages sombres se profilent à l’horizon…

      Tous les proverbes ont ceci en commun : c’est l’expérience qui nous apprend leur signification profonde. Les proverbes sont des sagesses enracinées dans l’expérience, des sagesses terriennes. Il sont tout le contraire des grands axiomes mathématiques avec lesquels les amateurs d’abstractions peuvent librement jongler dans l’éther, au mépris des conséquences.

      ***

      « On dirait qu’Internet nous fait tous dévier. »

      Apparemment non. J’échappe à cette règle. Comme quoi internet, qui n’est qu’un média, mais un média dira-t-on qui a une forte tendance a révéler la noirceur cachées à l’intérieur des hommes sociaux lorsqu’ils sont libérés de leur enveloppe charnelle et sociale, peut aussi révéler certaines lumières dont la société nie, étouffe et masque habituellement la présence agissante à l’intérieur des hommes.

      ***

      « Amicalement, merci de trancher pour nous. »

      Il faut bien que quelqu’un s’y colle. Puisque personne d’autre ne s’est dévoué, n’est-ce pas…

      +++plusplusplus+++

  12. Le tout repose à mon sens sur la notion de responsabilité: c’est elle qui, selon les termes de l’Amiral, doit servir à édifier les barrages.
    Une société libérale ne peut fonctionner sans ce principe, auquel cas elle vire à l’anarchie.
    Cependant, il apparaît aussi que cette notion soit une des plus mal partagée au monde, la masse des gens (et des pseudo-élites, d’ailleurs) étant un ramassis d’irresponsables en puissance, et en action aussi, de nos jours.
    Dès lors, comment faire en sorte, pour la pérennité d’un système libéral (et par extension, dans le cas présent, capitaliste), que les gens prennent conscience de l’importance fondamentale de cette notion et qu’ils fassent de cette dernière un pilier de leur existence ?
    Si vous avez des réponses, je suis tout ouïe ^^

    • « Si vous avez des réponses, je suis tout ouïe ^^ »

      Si dans un système libéral, l’erreur et le vice sont partout là en train de nous guetter – un peu comme si l’ennemi n’était plus derrière un front unique, derrière une frontière, mais partout et nulle part à la fois, sans aucune « possibilité d’une île » – cela veut dire que les hommes doivent y devenir extrêmement vigilants pour y faire survivre leur être moral, leur beauté intérieur… Est-il possible à un homme ordinaire de vivre en étant aussi – systématiquement – vigilant ? Je ne sais pas. Tous les acteurs de l’humanité ne vont pas se reconvertir du jour au lendemain en chasseurs de démons civilisationnels.

      C’est pourquoi la société traditionnelle proposait tout de même une réponse adaptée au besoin du grand nombre : l’individu n’y était jamais seul aux prises avec les grands enjeux de la morale, comme le Christ, il était considéré comme une brebis dans un troupeau, et ce troupeau avec des bergers. Lesquels bergers jouaient le rôle d’intercesseurs entre la masse et les grands questionnements philosophico-métaphysiques qui rendent fous et effrayent. Ces « bergers » étaient les prêtres et les rois, qui prenaient sur eux la responsabilité morale de faire éventuellement courir la société à sa perte. On leur savait gré de libérer le reste du monde d’une telle responsabilité morale, et c’est pourquoi leur autorité était respectée.

      Good old trick.

      L’homme n’est pas un animal « naturel », il ne peut pas être relâché dans la nature seul face à lui-même et à ses propres démons. Il n’en a globalement pas la force. Et c’est pourquoi il crée des sociétés, des états, des frontières, des hiérarchies arbitraires et des religions, qui lui permettent de se contenir lui-même, comme on contient les pandas dans des réserves dites « naturelles » (mais qui par définition ne le sont pas), afin qu’à l’image de l’humanité qui se trouve à l’intérieur de l’homme, ces pauvres bébêtes infirmes ne disparaissent jamais tout-à-fait du paysage terrien.

  13. petite correction :

    « L’individu n’y était jamais seul aux prises avec les grands enjeux de la morale, comme le Christ. Il était considéré comme une brebis dans un troupeau, et ce troupeau AVAIT des bergers »

  14. merci pour la réponse à mon souci de détail, en toute franchise j’aurais aimé ne pas lire (=exception). Cela ne m’a pas empêché de suivre le fil des liens et de tomber sur du super lourd. je lis donc quelques lignes chez vous, c super. Je vais même commencer à quitter Fb. Ah ma bergère y’a un autre Adler qui me fait cet effet. Au plaisir de vous lire

  15. J’ai tendance à être une lectrice silencieuse, mais pour le coup j’ai envie de m’incruster pour répondre à Irena (un peu tard, certes). Je la cite:

    « En vertu de quelles lois libérales n’accèderez-vous pas au désir de la majorité ? Dans quelle mesure le libéralisme peut-il vous retenir de sacrifier ce bouc-émissaire ? Et si ce bouc-émissaire était le Christ ? »
    « L’individu… était considéré comme une brebis dans un troupeau, et ce troupeau avait des bergers. Ces « bergers » étaient les prêtres et les rois… »

    Rappelons que justement, le Christ a été condamné à mort par les prêtres et les docteurs de la loi, et mis à mort par ordre du représentant de l’Etat romain… Nous avons donc ici un magnifique exemple de deux poids deux mesures avec pétition de principe. http://fr.liberpedia.org/Deux_poids,_deux_mesures_et_p%C3%A9tition_de_principe

    Il est également paradoxal de demander « Comment trouverez-vous la force morale d’aller seul contre la majorité? » lorsqu’au même moment on fait l’éloge des sociétés de brebis unanimes suivant docilement leurs bergers sans avoir à faire de choix moraux.

    J’avoue ne pas bien voir à quoi s’oppose ici Irena (sérieusement, qui a dit que l’homme devait être « seul face à lui-même » et qu’il ne devait pas vivre en société, avec des normes et des hiérarchies?), – ni ce qu’elle propose à la place.
    La loi de l’offre et de la demande étant une loi descriptive et non normative, il est aussi idiot de s’y opposer que de s’opposer au théorème de Pythagore. Mais ça a déjà été dit, je n’insiste pas.
    Le choix d’aller dans le sens de la majorité ou de s’y opposer relève d’une décision personnelle, et le libéralisme n’a généralement rien à en dire. Sauf s’il s’agit de s’en prendre à la personne ou à la propriété d’autrui, ce qui relève *justement* du domaine de la réflexion libérale. Poser la question « Dans quelle mesure le libéralisme peut-il vous retenir de sacrifier ce bouc-émissaire ? », c’est un peu comme demander: « Dans quelle mesure le végétarisme peut-il vous retenir de manger de la viande? » Si les mots ont un sens, c’est aussi pour qu’on n’ait pas besoin de poser des questions pareilles.

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