« Même pas » ou la devise du Petit Mousse

N’étant pas un grand lecteur de Dolto et étant persuadé comme tous les parents que ma progéniture est parfaitement exceptionnelle, je ne sais pas si le Petit Mousse traverse une phase normale ou si c’est une partie de sa personnalité qui est en train de se faire jour.

Toujours est-il que cette petite entité haute comme 3 pommes passe ses journées à répéter ad nauseam « même pas peur » et « même pas mal ». Il grimpe un muret aussi haut que lui et avant de sauter sans filet : « même pas peur ». Après s’être ramassé sur le bitume suite à un mauvais rétablissement : « même pas mal ». Face à son père (1,90m, 100 kg, barbu, voix de stentor) qui l’engueule : « même pas peur, moi ça me fait rire ». Suite à la taloche, juste rétribution de ce qui précède, administrée par le même père : « même pas mal ». Et ainsi de suite toute la journée.

La difficulté est bien entendu pour les parents de ne pas sombrer dans la fierté imbécile qui en fera un insupportable tyran et de ne pas non plus casser une si éclatante confiance en lui. Ligne de crête sur laquelle nous marchons tous en permanence.

Que deviendra-t-il ce petit frondeur, ce minuscule bonhomme qui rigole dans la face de toutes les tempêtes ? Un punk au visage tatoué ? Un chef de gang ? Un petit fonctionnaire se rêvant aventurier solitaire ? C’est toute la beauté de la prime jeunesse, toutes les portes sont encore ouvertes.

Cette liberté encore presque absolue de destin étreint le cœur de ceux qui veulent son bien. Pourtant, il faudra bien la lui laisser cette liberté si on veut garder l’espoir d’en faire un homme debout.

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35 réponses à “« Même pas » ou la devise du Petit Mousse

  1. Amiral, c’est parfaitement normal et même salutaire pour votre gosse qui se construit ainsi en testant les limites posées par ses parents.
    Je vous rassure, le mien fait pareil à 26 mois, et son petit frère semble prendre le même chemin (genre on lui explique qu’il faut faire dodo et il éclate de rire en nous regardant droit dans les yeux).

    • Disons que ce n’est pas le cas de tous les enfants que je connais… Et puis c’est quand même une attitude hyper genrée et ça c’est mal!

      • J’ai fait la même chose durant des années, lorsque les lanières du martinet (autre époque…) s’abattaient sur mes cuisses nues. Ce qui avait le don d’énerver mon père, dont la main se faisait alors plus lourde…

        Sinon, je crois que le vrai problème du Petit Mousse, c’est qu’il se prend pour une erreur.

      • Ah le bon temps du martinet… Et bien moi je ne me souviens pas avoir été si insolent pour le plaisir.

        Vous vous méprenez, il n’a jamais dit qu’il se prenait pour erreur lui même…

      • A part dans les cas extrêmes, de force majeure, où l’on aurait affaire à de petits voyous pervers (ex : tentative de viol sur un plus petit), dangereux (ex : meurtre/torture d’un animal du type cheval, vache, chat ou chien) ou à des petits sauvages de la brousse (plus « matures » que leurs petits congénères civilisés du même age), je ne suis pas pour les châtiments corporels avant l’âge de la puberté… Je suis contre en particulier lorsque le châtiment a perdu toute valeur symbolique mais donne simplement l’impression à l’enfant qu’il n’est pas en sécurité physique en présence de ses parents, ou qu’ils se « défoulent » sur lui.

        Le bâton sur le bout des doigt est très douloureux, la fessée est humiliante et un rien perverse, le fouet d’orties est cruel, personnellement je ne les pratiquerais jamais de la vie sur mon enfant, mais toutes ces punitions « d’autrefois » avaient encore un certain mérite par-rapport aux « coups » que peuvent donner certains parents de nos jours à leurs enfants à main nue : ces punitions, quelque soit la force et la fréquence de leur usage, ne pouvaient pas tuer l’enfant, donc lui donner l’impression que sa sécurité physique, sa santé et par extension son droit à être en vie, étaient remis en question par ses parents.

  2. Tant qu’il n’est pas fonctionnaire et qu’il évite soigneusement l’ENA et/ou Science-Po, il sera, comme son père, quelqu’un de bien…

  3. Si vous ne l’envoyez pas rapidos en stage d’aguerrissement en Guyane, il risque de se ramollir à votre contact. Ne gâchez pas de si belles dispositions.

  4. Encore heureux qu’il ne prenne pas son vocabulaire sur ce blog.

  5. Il y a des gamins sur lesquels on se casse les dents question discipline ou autorité. Mais généralement, même s’ils en font voir de toutes les couleurs à leurs parents et éducateurs, ils gardent au fond d’eux-mêmes quelque chose comme un diamant de pureté et de « grand cœur ». Il faut toujours avoir à l’œil ce fond dans les moments les plus enragés. Sur neuf enfants, j’ai deux garçons comme cela. Et depuis tout petit. J’ai pu quasiment le cerner dans les premiers mois de leur existence. Ils avancent dans la vie sans tenir compte de rien ni de personne ce qui est très éprouvant pour l’entourage et parfois ravageur (parce qu’ils ne font rien à moitié) mais il y a quelque chose en eux de « vrai » et de « bon » qui me pousse à croire en eux avec force et qui les rend éminemment attirants.

  6. Je ne sais plus quel psy disait, à quelqu’un qui lui demandait des conseils pour éduquer les enfants : « quoique vous fassiez ce sera mal », ce que je trouve, d’une certaine manière, très tranquillisant.
    Pourquoi s’en faire en cas?

  7. Les chiens font pas des chats.
    C’est ce que je m’efforce de me souvenir quand je vois le mien péter un plomb après sept secondes d’effort sur un truc qui l’ennuie, et envoyer tout bouler contre les murs en gueulant comme un putois death-metalleux. C’est juste exactement moi, et je parle pas de la patience subnormale de sa mère.
    J’ai tendance à penser qu’un gosse insupportable avec ses parents s’en sert comme sparring-partners et que ça lui sera profitable pour la suite des événements, s’il a la chance de tomber sur des géniteurs qui savent encaisser et rendre. Le gosse trop effacé et facile aura des emmerdes différentes, mais in fine tout aussi déplaisantes que la petite saloperie de potentat domestique à qui môman et pôpa bastent tout parce qu’ils sont « trop fatigués pour se fâcher ».

  8. Fonction publique: toujours pas assez d’handicapés

    http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2014/04/22/97001-20140422FILWWW00355-fonction-publique-toujours-pas-assez-d-handicapes.php

    Comme c’est curieux ! Moi j’aurais dit qu’il y en a déjà bien trop…

  9. Un jour viendra où il aura peur quand il verra sa feuille d’impôts§

  10. Il vaut mieux quelquefois une bonne correction salutaire (avec modération amour et intelligence, ce qui n’est pas gagné d’avance) qu’une longue torture psychologique. Et ne demandez surtout pas la recette à un pédagogiste.

  11. Ou que le vrai terroriste du monde « libre » c’est celui qui va au boulot (humour de chômeur)

  12. 1,90m, 100 kg, barbu, voix de stentor, vous donnez parfois des « taloches », selon votre expression, à un petit enfant de 24 mois (!!) ce qui est très jeune pour être giflé par un homme, quand même. Il vous répond souvent d’un air bravache : « Même pas peur ! »

    Juste une supposition : et si tout simplement, il vous disait ça justement lorsque vous lui faites peur ?

    ***

    NB : Un enfant ne doit pas obéir parce qu’il a peur – peur pour son intégrité physique, peur à se faire pipi sur soi -, mais parce qu’il a peur de mal faire. Car un homme courageux n’est pas celui qui baisse l’échine devant l’adversité, mais celui qui le fait lorsqu’il sait qu’il a tort.

  13. Excusez-moi d’avoir été aussi « cash ». Je n’aurais pas dû, vraiment. De quel droit ? De quoi je me mêle ? – J’ai connu des garçons très bien qui avaient été battus dans leur enfance : certes, ils en sont toujours restés un peu cabossés… oui d’accord, oui mais, quels hommes ! Je lis en ce moment Jules Renard, qui a été un vrai enfant martyr, lui, pour le coup (Poil de Carotte, c’est de lui et c’est sa propre vie!).. eh bien, il en a réchappé, n’est-ce pas ? Enfin, c’est-à-dire qu’il en a nourri son esprit, son oeuvre, son cœur… Jules Renard, une chose est sûre, a été quelqu’un de bien. Voyez comme c’est complexe ! Faire un homme, c’est par-delà le bien et le mal, voilà la dangereuse – indicible – vérité.

    Nan mais faut pas dramatiser non plus… hein… *C’est la vie !* – comme on dit chez nous. :)

    La vie c’est violent, de toute façon. Extrêmement violent.

    Donner la vie à un être est la plus grande violence qu’on puisse lui faire. Cela n’excuse pas, mais au moins explique le comportement *fou* (et méchant) de bien des mères… Bien des femmes, en réalisant l’énormité de la responsabilité qu’elles prennent en mettant au monde un enfant, y perdent un peu de leur raison. Je pense d’ailleurs que c’est là qu’il faut chercher l’origine de notre infériorité – à nous les femmes.

    Je pense que si les femmes ont toujours eu un rôle de second ordre, le rôle du « deuxième sexe » ou du sexe faible, à travers notre histoire, c’est justement parce qu’elles devaient s’occuper des enfants. Pour s’occuper d’un enfant, il ne faut pas être très intelligent, sinon ça fait mal à la tête. Et au coeur. Grave. ^^

  14. J’ai failli y penser tout seul didon. Ce qui à moi m’apparaît certain c’est que les chats sont sur le point de ne plus faire des chats, au vu et au su même du plus con des cordonniers

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