Archives quotidiennes : 3 juin 2014

Bruit blanc et saturation

Je viens de passer un long weekend entouré de gens nauséabonds et parfaitement sympathiques mais il y a un mais.

En vieillissant je me rend compte qu’il m’est désormais de plus en plus difficile d’être en contact avec un groupe, quel qu’il soit, plus de quelques heures. C’est physique.

Le groupe, parce qu’il se suffit à lui-même, parce qu’il trouve sa justification en lui-même, avale les individus, les digère et recrache de l’ersatz  d’homme et de femmes. De la bouillie de colonne vertébrale. Squelettes remplacés par un grand exosquelette protecteur qui autorise toutes les simplicités, tous les raccourcis. Le groupe neutralise les neurones comme un mauvais alcool, il ne les bouffe pas façon prion puisque l’individu redevient fréquentable dès qu’il en sort. Pas besoin de réfléchir quand on est en groupe, comme on est tous d’accord et que la moindre pensée dissonante est instantanément noyée par le borborygme satisfait de l’ensemble, on peut se reposer la matière grise. Et c’est comme ça que doucement, mais surement, on glisse dans la connerie grégaire.

Parfois on se réveille au milieu de cette ivresse et on ressent le besoin de s’en extirper, de prendre du recul face à cette pantalonnade. Alors on fait le choix de s’ostraciser ou de faire face à une indifférence bourrue du groupe qui équivaut à une peine de mort sociale.

Tant qu’il dure le groupe est un piège comparable au chant des sirènes et dès qu’il est dispersé, il n’en reste pas plus de matière.

C’est pour ça qu’il n’y a aucune chance pour que je devienne un militant d’aucune sorte. Je n’en tire aucune fierté, je le constate.