Zimmer, JFK, le Che et l’adolescence perpétuelle d’un monde alzheimerisé

La disparition de la morale, battue en brèche dans tous les secteurs de la société, et l’avènement de l’individu hors sol et impulsif comme modèle absolu nous a amené à une drôle de situation où, dans un monde vieillissant l’adolescence et tout ce qu’elle se trimballe de répugnant, de l’acné explosive aux cartes de France quotidienne, du manque d’hygiène au romantisme le plus stupide, est devenu la norme.

En musique on nous bassine avec du Hans Zimmer, le genre de compositeur qui souligne tout ce qu’il fait de la façon la plus vulgaire possible pour bien s’assurer que vous avez compris où il voulait en venir et que vous ressentez ce que vous devez ressentir. Cette musique est aussi subtile qu’un coup de pied dans les balloches en une douce soirée printanière. L’illustration parfaite de pourquoi Gainsbourg considérait la « petite » musique comme un art mineur.

En politique, tout le monde veut se la jouer rebelle tout en étant assis sur des gros tas de subventions. En gros on veut vivre sa vie mais avoir quand même le droit de venir chialer dans les jupons de maman pendant que papa, ce salaud qui ne comprend rien à notre petit cœur si beau et à nos aspirations si grandes, paye pour le studio et la femme de ménage. On se tire mollement la nouille en rêvant de cette infâme raclure de JFK dont j’ai déjà dit tout ce qu’il y avait à dire (on clique sur le lien si on veut en savoir plus) ou de ce résidu de fond de chiottes de Che Guevara. Les minables qui nous supplient de voter pour eux plutôt que de les renvoyer à des postes à leur niveau, comme dame pipi, promeneur de chiens ou branleur de dindons, veulent être aimés comme le premier boutonneux venu. Pour ça ils sont prêts à toutes les bassesses et à sauter quand on leur dit de sauter. Ca devrait donner à tous les gens normaux l’envie d’être cannibales pour les dévorer vivants, les vomir, les remanger puis les déféquer Cioran style.

En littérature, presque tout ce qui est édité, et surtout qui se vend, maintenant à la puissance de narration d’un moteur de mobylette sans courroie de transmission. Il ne s’agit plus que de parler de son gigantesque nombril. Moi, moi, moi, ouin, ouin, ouin, je veux qu’on me reconnaisse pour la petite fleur fragile mais si belle que je suis, je veux de l’épanouissement, je veux du bonheur, mais surtout tout cela m’est dû, j’y ai droit, démerdez vous pour me le donner et tout de suite !

Ce qui est bien normalement avec l’adolescence, c’est que c’est un passage. Chez nous c’est devenu un mode de vie sécrété par des restes de soixante-huitards dont on n’arrive pas plus à se débarrasser que d’un herpès bucco-génital virulent et récalcitrant.

Il est parait-il des terres brulées donnant plus de blé qu’un meilleur avril. Je propose qu’on vérifie en équipant les catapultes de koalas enflammés.

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36 réponses à “Zimmer, JFK, le Che et l’adolescence perpétuelle d’un monde alzheimerisé

  1. cretinusalpestris

    C’est ce qu’on appelle  » l’adulescence programmée « .

  2. Toujours pertinent. J’avoue, sur « branleur de dindons », j’ai pouffé.
    ;-)

  3. Hans Zimmer… Alors qu’il y a du post hardcore Français : https://www.youtube.com/watch?v=NA1VfrB-q0Q

  4. Hi hi hi ! Très bon article !

    [Je viens de découvrir Hans Zimmer grâce à vous… beurk]

    • Merci, je me sens bien en jambe là

      • Cela se sent ! ^^

        N’oublions jamais que le désir de « faire jeune » est un désir de vieillards… L’inverse étant tout aussi vrai, la plupart des « réacs » ont une vraie âme d’enfant.

        « En littérature, presque tout ce qui est édité, et surtout qui se vend, maintenant à la puissance de narration d’un moteur de mobylette sans courroie de transmission. »

        Figurez-vous que les Goncourt, dès avant la moitié du XIXe, ont senti venir dans l’art moderne les premiers symptôme de cette vogue… ce simplisme hébété de soufis extatiques tournant comme des girouettes autour de leur nombril… Il faut vraiment que je trouve le temps de copier quelques passages éclairants…

        Contente de voir que vous avez finalement remonté la pente… [En ce moment, c’est moi que les questions d’éducation rendent vaguement dépressive… alors voyez chacun son tour… Ma petite fille est une sorte de force de la nature… plus grande (de taille), plus turbulente, plus rusée aussi, que la moyenne des garçons du même âge… Elle rit d’une grosse voix quand je me fâche, et montre alternativement les boutons de mon chemisier et mes boutons d’acné en clamant : « BOU-TON » quand je lui fais les gros yeux, elle m’arrache à mon PC en me pinçant et en m’enfonçant ses petits ongles dans les cuisses quand elle trouve que mon temps serait mieux employé à jouer avec elle … elle s’agrippe à moi le soir comme un petit koala et me fait des bisous dans le cou pour prolonger la séance « chansonnettes » du coucher et briser chez moi toute résistance ! Omg !]

      • Ce qui compte c’est que les merdes du jour nous épaississent assez le cuir pour qu’on puisse supporter pire demain.

        Sinon pour les enfants, j’ai remarqué avec le mien qu’en étant ferme une bonne fois, on s’octroie de nombreux jours de calme.

      • Il faut que le coeur se bronze ou se brise… dit-on. :(

        Oui, c’est ce à quoi j’ai été occupée, ces derniers jours : couper un peu le robinet à tendresse. Histoire de lui montrer qu’on ne pouvait pas non plus pousser mémé dans les orties. Alors oui, à présent, je crois qu’elle est plus calme.

        En réalité elle est toujours calme, pourvu qu’on se dévoue entièrement à elle et qu’on lui accorde le maximum possible de temps et d’attention. Je dis « on », mais il ne s’agit que de moi.

        Il me faudrait une gouvernante anglaise. *Sob* Mais j’ai pas les moyens. ^^ Alors je la fais moi-même. Nous allons au parc et je marche lentement derrière mon petit tank, les mains croisées dans le dos, avec un air digne, en essayant d’anticiper quand elle s’apprête à manger des cailloux. Je fais aussi, à moi toute seule, la cuisinière, la femme de ménage et la nounou… N’est-ce pas formidable ? Ne dit-on pas que l’on n’est jamais mieux servi que par soi-même ? ^^

        En écrivant ça je me fais penser à un vieux fou vu dans je ne sais quel film d’Audiard qui, ayant renvoyé son majordome, se sert lui-même à table en monologuant : « Monsieur est servi – Merci Alfred ».

  5. Très intéressant billet sur la culture du blé. Ca fait réfléchir.
    Presque aussi bon que le précédent sur la pédophilie.

    • Nous en sommes tous convaincu ici.

    • Robert Marchenoir

      Concernant le rafraîchissement du koala, je signale qu’on en est sûr, maintenant : ce n’est pas le taux de profit qui croît tendanciellement, comme le pensait cet abruti de Marx, mais le taux de connerie.

      Voici en effet le commentaire recueilli et publié sans moufter par le Figaro :

      «On ignore si, en adoptant cette position, le koala capte la fraîcheur de l’arbre ou, ce qui est plus probable, transmet sa chaleur interne à l’arbre pour mieux l’évacuer», précise le Dr Baptiste Mulot, responsable vétérinaire au zoo de Beauval, le seul en France à accueillir des koalas.

      http://www.lefigaro.fr/sciences/2014/06/04/01008-20140604ARTFIG00317-le-koala-caline-les-arbres-pour-mieux-se-rafraichir.php

      Je vous laisse méditer sur cette réflexion, proférée par quelqu’un qui se pare du titre de docteur, qui a fait des études scientifiques, et qui a été interrogé par un journaliste de la rubrique scientifique d’un célèbre journal français.

      Il y a tout, là-dedans : l’ignorance abyssale, la stupidité crasse et l’arrogance satisfaite du type qui arrive tout de même à faire des phrases, en faisant passer pour une hypothèse scientifique intéressante ce qui n’est qu’une manifestation éclatante de sa connerie.

      Il y a trente ans, ce genre de bêtises était réservé aux sketchs de Coluche. Il y a un siècle, cela aurait fait une bonne saillie pour l’almanach Vermot. Aujourd’hui, c’est dit le plus sérieusement du monde par des gens que tout le monde reconnaît comme des scientifiques, et publié par des gens qui ont des diplômes de journalisme.

      Je crois que c’est cuit, là.

      • C’est bien connu que le bois est conducteur de chaleur…

      • cretinusalpestris

        Je me suis renseigné à ce sujet.

        J’ai calculé que l’argent (le métal, pas le moyen de paiement) possède une conductivité thermique environ 2500 fois supérieure au bois.

        A noter au passage que les résineux sont plus conducteurs que les feuillus, détail que j’ignorais jusqu’à ce jour.

        Enfin bref, le koala devrait donc privilégier les surfaces en argent plutôt que les arbres.

        Mais peut-être ne le sait-il simplement pas ?

      • Robert Marchenoir

        Hausse tendancielle du taux de connerie :

        Un vétérinaire tire sur un employé de zoo déguisé en gorille

        http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2014/06/05/97001-20140605FILWWW00372-zoo-1-veterinaire-tire-sur-un-employe-deguise.php

        Décidément, ça a l’air d’être une belle race d’abrutis, les vétérinaires de zoo. Je préfère les koalas.

      • Et pourtant un vétérinaire qui s’appelle Mulot devrait s’y connaître, non ?

      • Ils prennent vraiment nos Koalas pour des cons ! Il y a des moyens plus efficaces pour se rafraîchir ! Chuis en colère !
        http://ingeniblagues.free.fr/histoires_en_images/koalas_apprivoises/koalas_apprivoises.php

      • Robert Marchenoir

        Le bois est mauvais conducteur, mais ce n’est pas le problème. L’étude nous apprend que les arbres sur lesquels s’étend le koala sont plus frais que l’air ambiant, et que donc le koala s’allonge dessus pour se rafraîchir. Jusque-là, ça relève du bon sens.

        Le problème, c’est quand Monsieur Mulot se demande si c’est l’arbre qui transmet sa fraîcheur au koala ou le koala qui transmet sa chaleur à l’arbre, alors que ces deux propositions sont rigoureusement équivalentes.

        Monsieur Mulot pousse la cuistrerie jusqu’à prétendre qu’il est plus probable que le koala transmette sa chaleur à l’arbre, mais il se garde bien d’expliquer sur quoi il se base pour dire cela, et il fait bien, car il serait bien en peine de démontrer une telle absurdité.

        C’est à peu près aussi con que de se demander, lorsqu’on met un glaçon dans le pastis, si c’est le glaçon qui transmet sa fraîcheur au pastis (et en effet, celui-ci se refroidit), ou si c’est le pastis qui évacue sa chaleur en direction du glaçon (car en effet, celui-ci fond). Le plus abruti des piliers de bistrot n’aurait pas l’idée de supputer qu’il est plus probable que la flotte transmette sa chaleur au glaçon que l’inverse.

        Le dernier des paysans illettrés du XIXème siècle savait, par expérience, que lorsqu’on met en contact deux corps de températures différentes, celles-ci ont tendance à s’équilibrer.

        Le docteur Mulot, savant du XXIème siècle, après de longues études comprenant probablement l’étude des lois de la thermodynamique, n’a pas encore atteint ce degré de compréhension du monde.

        Le niveau baisse.

        A moins que le docteur Mulot n’ait décidé de tester la connerie du journaliste en lui lâchant délibérément une énormité, mais, franchement, j’en doute.

      • J’ai bien peur que Marchenoir se trompe et que le bon docteur Mulot ait raison.

        Il faut comprendre en effet que réception de la chaleur et diffusion de la chaleur sont deux phénomènes physiques bien différents. Par exemple, le soleil ne se refroidit pas au contact d’un espace plus froid de la même manière qu’une poêle chaude plongée dans l’eau froide, pour la raison bien simple que la poêle se contente d’être chaude alors que le soleil produit de la chaleur. Il faut donc dire que le soleil réchauffe l’atmosphère tandis que la poêle est refroidie par l’eau.

        De même, l’arbre est frais mais ne produit pas de la fraîcheur à la manière d’un congélateur, tandis que le koala produit de la chaleur.

        Il y a aussi le cas d’une fille chaude qui réchauffe l’ambiance, mais qui tout à coup peut se retrouver refroidie par des avances un peu trop salaces. On dira alors qu’elle a eu chaud, mais en ce qui me concerne tout cela me laisse froid.

      • cretinusalpestris

        Mon propos était juste de préciser qu’il y a des moyens plus efficaces que de se rafraîchir sous un arbre et que telle n’était peut-être pas forcément la volonté première du koala en grimpant dessus.

        Je pense que c’est un sujet qui mériterait d’être approfondi, bien plus que le thème de l’article de l’Amiral qui a heureusement la chance de posséder des commentateurs doués, qui savent rediriger avec souplesse le débat sur des voies plus enrichissantes, intellectuellement parlant.

      • Robert Marchenoir

        La citation du vétérinaire de Beauval est toujours stupide et dépourvue de sens, même si l’on considère que le koala produit de la chaleur. Au demeurant, comment savez-vous que l’arbre ne produit pas du froid ?

      • Je plaisantais, Robert. En réalité je suis bien incapable de trancher cette question. J’essayais seulement d’en parler en ayant l’air d’être au courant de quelque chose, pour voir, et finalement je me suis aperçu que ce que je disais n’était pas si bête.
        Ce qui est un peu humiliant : si j’ai l’air intelligent en essayant de faire l’idiot, je me demande de quoi j’ai l’air quand j’essaie de dire un truc intelligent…

      • Robert Marchenoir

        Ce n’est pas bête en ce sens que vous introduisez une notion supplémentaire : la distinction entre un corps inerte et un corps produisant du chaud ou du froid par l’apport d’une source d’énergie.

        Le problème est que ce n’est pas pertinent par rapport aux propos du vétérinaire : contrairement à ce que prétend ce dernier, le froid n’est pas un fluide spécifique que l’arbre pourrait communiquer au koala, et qui serait différent de la chaleur allant du koala vers l’arbre. La température est une seule et même caractéristique de la matière, qui se transmet d’un corps à l’autre suivant certaines règles. Un corps à une température de – 50°C est chaud. Il est simplement moins chaud qu’un corps à + 40 °C.

  6. J’attend avec impatience votre compte-rendu du 1er film de Gia Copula: Palo Alto.
    http://journalmetro.com/culture/506071/palo-alto-la-premiere-fois-de-gia-coppola/

    En résumé, une fille de star du cinéma s’ennuie dans son manoir coincé entre SF et Stanford et s’est mise dans l’idée de raconter « la jeunesse » dans un film où jouent ses copains/copines, eux aussi fils/filles de star du cinéma qui s’ennuient dans leur manoir coincé entre SF et Stanford, basé sur une histoire écrite par une autre star du cinéma qui s’ennuie bla bla bla. Trop dure la vie de gosse de riche. Tous les ados vont s’y identifier, pas de doutes. Déjà que Sofia était pénible avec ses films nombrillistes, la nièce semble prometteuse !

    Concernant Hans Zimmer, il ne compose pas ses musiques. Il écrit 3/4 notes, ce qu’on appelle « le thème », parfois rien du tout et balance juste une idée, puis il a une armée de petites mains qui écrivent pour lui l’harmonie, l’orchestration, etc… Reste plus qu’à signer et toucher le chèque. D’après ceux qui ont bossé avec lui, il ne sait pas lire la musique, mais à part ça c’est un génie visionnaire et son plus grand talent réside dans le « spotting », ce que précisément vous semblez adorer !
    http://www.soundtracksandtrailermusic.com/2013/07/hans-zimmer/

    Belle époque, non? :)

    • Vous me vendez du rêve là…

      Sinon le « spotting » kézaco?

    • J’aurais du lire l’article avant de vous poser la question sur le spotting…

    • Aaargh… Sofia Coppola… Avec son Marie-Antoinette, que je n’ai même pas trouvé le courage d’aller voir… juste quelques extraits, et les détestables affiches… Cette vogue actuelle des cup cake kawaï et des proutprout machère sucrés en robes de princesse cheap… je n’ai pas de mots pour dire ce que je déteste tout ce cirque… C’est un package.

      Ce que je déteste le plus au monde c’est qu’on tourne en dérision, qu’on prostitue mes goûts d’enfants, comprenez-vous… Cela est d’une pornographie exhorbitante… comme un concours de mini-miss… comme un visage en plastique cousu sur du matériau humain…

    • Ouai mais bon, ya Emma Roberts…

  7. La méthode de la femme post-moderne pour ne plus prendre de poids : ne plus manger avec la bouche, mais seulement avec les yeux. Surtout, perdre le sens du goût !

    https://www.google.fr/search?q=cup+cake&client=firefox-a&hs=8Ts&rls=org.mozilla:fr:official&channel=sb&source=lnms&tbm=isch&sa=X&ei=41eQU4vvOaaK0AXxtoCIDA&ved=0CAYQ_AUoAQ&biw=1280&bih=864

    F**** them all cruchasses !

    • Apprendre à se nourrir de symbole, voilà la solution ultime à tout !
      La femme qui apprend à préférer jouer à la dinette plutôt que de se nourrir, est une femme qui apprend à s’enfiler à peu près n’importe quoi sans ciller. S’enfiler, au sens entier du terme. :)

  8. Désolée, je m’étale…

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