Archives quotidiennes : 10 octobre 2014

De l’impudeur en toutes circonstances

Depardieu, à qui je ressemble selon les mauvaises langues, a écrit : « De toute façon, aujourd’hui, tu ne peux pas allumer un écran sans voir une bite énorme qui sort. A croire que tout le monde est devenu peine-à-jouir. »

On ne peut que lui donner raison. La subtilité a plié les gaules il y a bien longtemps. Que ce soit en politique, en culture ou en marketing il n’y a plus aucune place pour tout ce qui est suggestion. La pornocratie actuelle emplie tous les interstices de notre vie et la remplie comme la fille qui tourne dans les caves et dans laquelle ils se mettent à 3.

Que ce soit clair, j’aimais bien les filles avec des jupes au ras de la salle de jeu, mais c’est devenu tellement commun que ça n’a plus d’effet. Je suis d’une génération qui devait acheter des magazines porno en cachette avec le rouge au front devant le vendeur, comme un rite initiatique. Aujourd’hui les nichons et les derches sont partout et de nouveau ce n’est pas vrai que pour les corps, c’est aussi le cas pour les esprits. Cette transparence immonde qui est devenu la norme nous évite de réfléchir ou d’avoir de l’imagination. Elle nous repait avant même que nous ayons senti le moindre tiraillement de désir. Bref, elle nous tue l’âme et le corps.

De nouveau, je suis assez loin d’être un père la morale, mais garder un peu de dignité, éviter de se répandre, être bien éduqué et savoir ce qui se fait et ce qui ne se fait pas me semble bien plus important pour pouvoir vivre ensemble que toutes les campagnes subventionnées avec notre graisse pour nous inculquer le vivre ensemble.