Déliquescence physique et déliquescence morale

Nul ne nie que nous vivons matériellement mieux que nos ancêtres. En tout cas pas je ne le nie pas. J’ai même écrit des billets entiers sur le fait que nous vivons même mieux que nos parents, même si notre pouvoir d’achat ne semble pas être comparable.

Mais si c’est un progrès en termes de confort, qui peut affirmer que cela le soit en terme d’élévation de l’âme ou même en matière de psychologie ?

En effet, c’est bien joli de tout obtenir en appuyant sur un bouton ou en tournant une molette, mais ça nous ramollit considérablement aussi. Sans ouvrir un débat sur le bienfondé de la première guerre mondiale, quel homme de mon âge et vivant dans des conditions moderne serait assez fat pour affirmer qu’il pourrait supporter plus de 3 grosses minutes ce que nos arrières grands-parents ont pris dans les dents pendant 4 ans ?

Alors oui le chauffage central et la diminution de la mortalité infantile c’est super, mais est-ce que ça nous prépare au combat du futur ? Permettez-moi d’en douter. Je n’ai jamais vu d’esprit vraiment fort dans un corps mou. Je n’ai jamais vu d’âme s’élever dans la facilité. C’est peut-être pour cela que l’art du Moyen-Age me touche plus que celui de mes contemporains. C’est un peu comme ce principe qui veut que les moches soient meilleures au lit parce qu’elles savent que chaque fois pourrait être la dernière alors que les belles savent qu’elles auront toujours l’occasion de recommencer.

Au passage, il ne faut pas s’étonner que des gens ayant accès à tout tout le temps et sans effort considèrent comme normal que le grand état maman soit là pour satisfaire leur moindre besoin.

L’avenir qui s’annonce selon moi ne me parait pas être doux comme du sous poil de koala et sera particulièrement cruel avec nous qui nous sommes trop habitués à la facilité.

Il serait peut-être bon de garder ça en tête quand on jouit sans entrave de la modernité.

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30 réponses à “Déliquescence physique et déliquescence morale

  1. En fait, vous ne le savez peut-être pas mais vous êtes assez rousseauiste.
    Si, si. :-)

  2. Avec ce billet vous allez vous mettre les libéraux à dos. Bien que cela s’exprime différemment chez eux, ce sont des matérialistes qui ne voient et jurent que par le marché, la production, la croissance et évacuent généralement toute autre considération.

    • J’aime vivre dangereusement… Et vous noterez quand même que je fais le lien entre notre confort et l’état omniprésent qu’ils déplorent et que je conchie aussi.

    • « ce sont des matérialistes qui ne voient et jurent que par le marché, la production, la croissance et évacuent généralement toute autre considération. »

      Bien sur, c’est évident…

      Et les royalistes ne pensent qu’à asservir le peuple sous le joug d’une aristocratie qui n’a de mérite que celle de la naissance.

      :)

      • Vous pouvez bien railler, il n’en reste pas moins vrai que le libéralisme est un matérialisme. Ce n’est pas un jugement de valeur, juste un constat. Et si on se penche sur le cas des libertariens, des randiens, on peut même voir une forme de matérialisme historique.

    • Mais bien sûr, Koltchak. D’ailleurs, j’ai une info pour vous : les royalistes sont des snobs qui pensent appartenir à une race supérieure, qui préfèrent fantasmer sur un monde révolu plutôt que de s’atteler aux problèmes de l’heure, qui rêvent à un retour de la monarchie où eux, bien sûr, tiendraient le rôle de la noblesse, et qui, dès qu’on commence à fouiller un peu, ne sont jamais bien loin de l’une des passions les plus viles de l’humanité, j’ai nommé l’antisémitisme.

      Voyez, moi aussi je peux le faire.

      • Je note qu’à part la pirouette vous n’apportez aucun élément permettant de démentir ce que j’affirme. As usual, technique libérale bien rodée que l’on trouve sur Libéraux.org.

      • Robert Marchenoir

        Non, en effet, Koltchak, je n’apporterai aucun élément permettant de réfuter ce que vous affirmez, pour deux raisons très simples :

        1) Je l’ai déjà fait des milliers de fois, y compris lors de discussions avec vous, y compris sur votre propre blog. Non seulement vous n’en tenez aucun compte, mais vous m’avez clairement expliqué que j’étais indésirable chez vous. Vous êtes donc particulièrement culotté de me réclamer, ici et maintenant, un cours de libéralisme qui vous a été dûment administré par le passé, et dont vous avez refusé la livraison sans daigner ouvrir le colis.

        2) Le procédé auquel vous avez recours ici est particulièrement malhonnête. Se livrer à une affirmation péremptoire, sans le moindre fait ni le moindre argument pour l’étayer, puis sommer ceux qui ne sont pas d’accord de fournir, eux, faits et arguments, c’est l’équivalent, dans l’ordre intellectuel, du romanichel qui vous fait les poches après vous avoir demander de signer une pétition contre la faim dans le monde. C’est l’un des trucs favoris des idéologues, des sectaires et des complotistes. Moi aussi je peux écrire : la lune est faite de fromage mou, prouvez-moi donc le contraire.

        3) Au demeurant, la réfutation du slogan grotesque selon lequel le libéralisme serait un matérialisme figure en d’innombrables exemplaires, sous d’innombrables formes, par d’innombrables auteurs, dans des milliers de sites, d’articles et de livres, que pour certains, vous avez sans nul doute assidûment consultés, puisque vous en citez certains. Voyez-vous, Koltchak, je pourrais prendre votre indignation au sérieux si vous étiez un semi-analphabète n’ayant jamais rien lu et incapable d’articuler deux idées. Mais ce n’est visiblement pas votre cas. Le degré zéro de l’honnêteté intellectuelle exige, en pareil débat, de tenir compte des faits et arguments qui sont déjà dans le domaine public pour aller au-delà.

        Mais non. Vous, vous jouez au con. Vous faites comme si nous n’avions jamais eu cette discussion, sur ce blog et ailleurs, comme si personne n’avait jamais réfléchi au sujet, aujourd’hui, hier, depuis des siècles, comme si vous étiez un oisillon frais tombé du nid.

        Sans moi, vous êtes bien gentil.

      • Robert,

        je ne serais pas aussi sûr que vous pour affirmer que le fait que le libéralisme ne soit pas un matérialisme soit dûment démontré. La recherche google « libéralisme et transcendance » me renvoie nombre de pages du site liberaux.org et des quelques pages que j’ai pu survoler, il me semble que la question agite bien le Landerneau libéral, sans pour autant obtenir une réponse univoque.

        Vu de l’extérieur, l’impression que j’ai est que pour les libéraux leur vision est essentiellement économique. Je me refuse à employer l’adverbe exclusivement. C’est pourquoi je pense que le libéralisme est en premier lieu un matérialisme, puisqu’il semble restreindre toute forme de transcendance à la sphère privée.

  3. « J’ai même écrit des billets entiers sur le fait que nous vivons même mieux que nos parents »

    C’est bien le chauffage central et les smartphone mais je préférerai quand même pouvoir m’acheter un appart comme mes parents et mes grands-parents…

    Pour le reste, je suis entièrement d’accord avec vous.

  4. C’est pour ça qu’il faut engranger les millions, et faire dormir ses enfants dans les écuries.

  5. Avant toute chose, j’aimerais repréciser un petit truc, Amiral. Je n’ai jamais prétendu idolâtrer notre époque, son matérialisme, ses « avancées » pas toujours heureuse. Ce qui me gène aux entournures, ce sont les délires à base de « avant [quand ? on ne sait pas trop] les gens étaient plus heureux parce que [ils étaient croyants/pauvres/ce qu’on voudra] ». Ce que vous n’avez pas fait, mais ce qui a été fait dans les commentaires sur le trésor de la cathédrale. J’ai simplement indiqué que tout ça c’était bien gentil, mais que personne ne pouvait prouver que les gens étaient « plus heureux avant », ni plus idéalistes, ni quoi que ce soit. Ou alors, qu’on me le prouve, statistiques et données historiques à l’appui.

    Maintenant, saurions-nous résister comme nos aïeux dans une troisième guerre mondiale ? Je ne sais. Certaines fictions, comme la remarquable série The Walking Dead, tendent à me faire penser que oui : la série montre très bien comment des personnages finalement insignifiants trouvent des ressources insoupçonnées pour vivre, survivre, dans un monde devenu hostile : une femme battue et dominée par son salaud de mari survit, un flic devient leader, un livreur de pizza n’hésite pas à assurer des missions ultra risquées face aux zombies, enfin, un ancien rond de cuir minable devient le fameux Gouverneur.

    • Savoir si les gens étaient plus heureux avant est une question délicate et les statistiques ne peuvent que peu ou mal y répondre. Mais il est impossible de déduire d’une absence d’un équipement qu’ils ne connaissaient pas qu’ils étaient plus malheureux. Un des rares moyens est peut-être de prendre en considération les mémoires et autres souvenirs du temps et de ne pas considérer des propos du style « nous étions pauvre mais nous ne le savions pas (Eisenhower) » comme le signe d’un malheur qui s’ignorait.
      On peut aussi regarder les grandes révoltes comme des signes de malheur à un instant et observer que ce n’est pas toujours lié aux plus graves embarras matériels (la révolution française, par exemple).

      Sur l’idéalisme, il me semble quand même qu’ici et maintenant, il y a un relatif manque, et peut-être même que les Ersatz d’idéal moderne (doigts de l’homme…) qu’on nous propose souffrent d’un manque systématique de transcendance.

  6. « Nul ne nie que nous vivons matériellement mieux que nos ancêtres. »

    Nul ne nie que nous vivons MATERIELLEMENT. Point.

    Pas même Artémise.

    « la série montre très bien comment… etc »

    On appelle ça le rêve américain. J’aime bien le rêve américain moi aussi. Le rêve américain est un rêve. Tout comme le rêve de Michelet est un rêve français. D’ailleurs le rêve américain a beaucoup emprunté au rêve français (qui est son aîné).

    Croyez-vous que ce sont uniquement les sciences qui impulsent sa marche au monde ? Non. Vous venez de prouver par vous-même que le rêve avait sa fonction vitale (pour les peuples, pour l’Histoire, pour la civilisation), aussi.

    Michelet a écrit ceci à ce sujet :

    « Si l’on voulait entasser ce que chaque nation a dépensé de sang, et d’or, et d’efforts de toute sorte, pour les choses désintéressées qui ne devaient profiter qu’au monde, la pyramide de la France irait montant jusqu’au ciel… Et la vôtre, ô nations, toutes tant que vous êtes ici, ah ! la vôtre, l’entassement de vos sacrifices, irait au genou d’un enfant.

    Ne venez donc pas me dire: « Comme elle est pâle, cette France !…» Elle a versé son sang pour vous.. — « Qu’elle est pauvre! » Pour votre cause, elle a donné sans compter… Et n’ayant plus rien, elle a dit : « Je n’ai ni or, ni argent, mais ce que j’ai, je vous le donne… » Alors elle a donné son âme, et c’est de quoi vous vivez (2).

    « Ce qui lui reste, c’est ce qu’elle a donné… » Mais, écoutez-bien, nations, apprenez, ce que sans nous, vous n’auriez appris jamais : « Plus on donne, et plus on garde! » Son esprit peut dormir en elle, mais il est toujours entier, toujours près d’un puissant réveil.

    Il y a bien longtemps que je suis la France, vivant jour par jour avec elle depuis deux milliers d’années. Nous avons vu ensemble les plus mauvais jours, et j’ai acquis cette foi que ce pays est celui de l’invincible espérance. Il faut bien que Dieu l’éclaire plus qu’une autre nation, puisqu’en pleine nuit, elle voit quand nulle autre ne voit plus; dans ces affreuses ténèbres qui se faisaient souvent au moyen âge et depuis, personne ne distinguait le ciel; la France seule le voyait.

    Voilà ce que c’est que la France. Avec elle, rien n’est fini; toujours à recommencer.

    [(2) Non, ce n’est pas le machinisme industriel de l’Angleterre, ce n’est pas le machinisme scolastique de l’Allemagne, qui fait la vie du monde; c’est le souille de la France, dans quelque état qu’elle soit, la chaleur latente de sa Révolution que l’Europe porte toujours en elle.]

    Quand nos paysans gaulois chassèrent un moment les Romains, et firent un empire des Gaules, ils mirent sur leur monnaie le premier mot de ce pays (et le dernier) : Espérance. »

    […]

    « Cette nation a deux choses très-fortes que je ne vois chez nulle autre. Elle a à la fois le principe et la légende, l’idée plus large et plus humaine, et en même temps la tradition plus suivie.

    Ce principe, cette idée, enfouis dans le moyen âge sous le dogme de la grâce, ils s’appellent en langue d’homme, la fraternité.

    Cette tradition, c’est celle qui de César à Charlemagne, à saint Louis, de Louis XIV à Napoléon, fait de l’histoire de France celle de l’humanité. En elle se perpétue, sous forme diverse, l’idéal moral du monde, de saint Louis à la Pucelle, de Jeanne d’Arc à nos jeunes généraux de la Révolution; le saint de la France, quel qu’il soit, est celui de toutes les nations, il est adopté, béni et pleuré du genre humain.

    « Pour tout homme, disait impartialement un philosophe américain, le premier pays, c’est sa patrie, et le second, c’est la France. » — Mais combien d’hommes aiment mieux vivre ici qu’en leur pays! Dès qu’ils peuvent un moment briser le fil qui les tient, ils viennent, pauvres oiseaux de passage, s’y abattre, s’y réfugier, y prendre au moins un moment de chaleur vitale. Ils avouent tacitement que c’est ici la patrie universelle. »

    • C’est peut-être cela qui a causé la perte de la France. Il est plus qu’évident que la foi, la générosité, les grands principes, les belles idées du peuple de France ont transitées du catholicisme aux idées de la révolution, en la croyance au progrès social, et bien évidemment aux grands idéaux de gauche. Et pour toutes ces idées, même quand les gens cessent d’y croire, il reste des institutions vidées de leur esprit, mais qui marchent encore. Les gens d’autrefois avaient une foi incroyable, et partaient aux croisades. N’ayant plus la foi, il restait encore un clergé qui touchait la monnaie. Les gens de juste hier croyaient au progrès social, à l’intégration, aux beaux idéaux républicains. Maintenant personne n’y croit, mais la machine fonctionne encore, et elle nous tue.
      Les élites d’avant avaient de grands idéaux et ces idées paraissaient centrales. Et cela fonctionnait parce que d’autre gens, beaucoup plus nombreux, comptaient. N’avaient pas de grandes idées, mais une ferme à faire tourner, des entrepôts à remplir et des familles à élever. Ils assumaient le principe de réalité, pour parler comme l’autre con. Ils faisaient tourner la machine, dans l’ombre. Une élite existait parce que des castes existaient. Il est bien évident qu’en faisant de l’homme un être économique avant tout, les grandes idées cessent d’être centrales, et les élites ne sont plus une caste, mais le peuple en plus riche.
      La France cumule un double handicap; celui d’avoir encore des idéaux auxquels personne n’adhère, mais qui fonctionnent, sans avoir les moyens de les payer. Et celui de ne pas assumer d’être un homo economicus avant tout.
      De Gaulle disait un truc du genre, la diplomatie sans la menace de la force est comparable aux aboiements du roquet (un truc du genre). Avoir des idées généreuses, sans en avoir les moyens, est aussi ridicule. Compter est peut-être judéo-protestant, mais c’est cette morale qui a gagnée. La France ne serait peut-être pas autant dans la merde si nous avions leur tiédeur. Mais allez savoir, c’est peut-être ça qui nous sauvera. Mais c’est mal parti.

      • « Avoir des idées généreuses, sans en avoir les moyens, est aussi ridicule. Compter est peut-être judéo-protestant, mais c’est cette morale qui a gagnée. »

        Ils ont gagné ? Pas si sûr…

        Aujourd’hui la fameuse croissance dont on nous rebat les oreilles, elle n’est pas plus ailleurs qu’elle n’est en France. La France ne « profite » pas (au sens où elle ne devient pas plus prospère, mais on ne peut pas dire non plus que d’autres profitent d’elle, de sa situation. Car il y a une stagnation qui, en dépit des quelques pays qui semblent s’en sortir encore vaguement, est en passe de devenir générale, voyez-vous.

        « La France ne serait peut-être pas autant dans la merde si nous avions leur tiédeur. »

        Aujourd’hui « ils » le sont aussi. Tous le monde est dans le même bateau.

        Seulement, « eux » ont tenu la barre jusqu’à présent. Et « nous » sommes encore muselés. « Eux », les matérialistes, continuent à dire qu’il n’y a pas d’autre voix que la leur qui soit la voix de la sagesse. Et ils se moquent bien de l’Espérance française, et ils se moquent bien de l’Espérance des gaulois – qui ont /chu/ à travers l’histoire tant de fois pourtant, et cependant qui n’ont jamais pour autant cessé d’exister… Les gaulois sont aux fers dans la cale, on se moque bien d’eux.

        Moi je me demande à quel moment on va s’apercevoir qu’ils pourraient peut-être ajouter l’ingrédient qui manque la tambouille générale, et relancer la machine… Moi je me demande à quel moment – et combien de naufrages il va falloir – pour qu’on leur redonne enfin la parole… et peut-être même le gouvernail. Car l’Espérance au gouvernail, il me semble que ce serait très beau. Il me semble même que là serait sa place !

        ***

        Foin des castes ! Faisons appel à la noblesse qui se trouve d’ors et déjà en chacun de nous. Interrogeons le Noble, interrogeons le Christ, qui sommeille en chacun de nous-même… Ce sera déjà bien assez !

      • Paul Hodell-Hallite

        Mais où sont les Gaulois?

      • Ils sont dans la pleine !

      • Plus sérieusement, le gaulois, c’est comme le Noble, (c’est comme le Juif, et c’est comme le Christ)… c’est toi si tu veux. ;)

      • Paul Hodell-Hallite

        Allons, jeune fille, un peu de sérieux.

  7. Vous avez bien de la chance si vous « jouissez sans entraves de la modernité ». Moi, je connais surtout des gens qui ne savent pas comment se loger, qui ne savent pas de quoi ils vivront dans un an, qui ne trouvent pas de travail, qui ne sont pas sûrs d’avoir de quoi subsister dans leurs vieux jours, etc.

    Une fois de plus, nous avons ici la confusion des ordres. La vertu, c’est une qualité individuelle. Certes, elle peut être enseignée et apprise, mais ce n’est pas un régime politique quel qu’il soit qui va l’instaurer. D’autre part, penser qu’on peut remédier au relâchement des moeurs en baissant le chauffage, c’est… outrageusement matérialiste, justement.

    La fraude marxiste et l’illusion technicienne imprègnent notre univers mental. La première prétendait qu’il suffisait de plaquer la bonne mécanique sur la société pour qu’aussitôt tous les vices humains disparaissent. Du coup, tout le monde est marxiste maintenant, y compris les anti-marxistes. Tout le monde cherche, au supermarché de la politique, le bon bouquin qui contient la recette magique. Il suffirait de l’appliquer pour que tout le monde redevienne vertueux. Pour les uns, il faut faire régner la justice sociale, pour les autres, il faut exterminer les Juifs, pour d’autres encore il faut supprimer la démocratie ou faire des pipes à Poutine, etc.

    De même, sous prétexte que la technique fait effectivement des miracles, il suffirait de retirer la technique pour réformer les moeurs.

    La vérité est qu’il n’y a aucune recette miraculeuse qui puisse instaurer la vertu, aucune autorité politique qui puisse l’imposer. C’est un effort individuel, aidé par la religion.

    Et puis il y a aussi quelque chose qui s’appelle la décadence.

    • Mais vous êtes gonflé Robert! Je ne parle nulle part de vertu ni même de régime politique (même si je considère qu’un état intra utérin comme le notre à des conséquences émollientes sur la population). Je ne fais que me poser la question de l’effet que le confort moderne à sur la population. Par exemple, si vous perdez la moitié de vos enfants en bas âge, vous n’aurez pas la même relation avec eux que si vous avez un môme à 40 ans. C’est comme ça. Pas la peine de se jeter du marxisme à la tête.

      • Robert Marchenoir

        Comment ça, vous ne parlez pas de vertu ?

        Vous parlez d’élévation de l’âme, de courage, d’ardeur à la tâche. Ce ne sont pas des vertus ?

        Vous ne parlez peut-être pas de régime politique, mais moi j’en parle. On a le droit d’essayer de réfléchir ? On a le droit d’élargir le champ, de généraliser, d’aller au-delà du propos que vous tenez pour essayer de comprendre les grands mouvements d’opinion qui agitent la société, sans que vous vous sentiez personnellement attaqué ?

        Ou bien doit-on se tenir à deux options :

        – Oh, oui ! sublime billet ! comme je suis d’accord !
        – Oh, non ! caca prout ! quel horrible facho, ou monarchiste, ou libéral, ou communiste, etc ?

      • oui je parle de vertus, pas de vertu. C’est subtile mais ce n’est pas la même chose.

        Ah oui bien sur qu’on à le droit d’élargir le débat, mais vu que vous m’avez écrit, ou du moins j’ai cru comprendre, que j’avais une analyse des choses teintée de marxisme, j’ai supputé que c’était en lien avec ce que j’écrivais. m’voyez?

  8. Bien sûr la vertu a une dimension individuelle, mais pas seulement, sans quoi la notion d’éducation n’aurait aucun sens. Une société doit être conforme à certains principes si l’on veut que les individus s’y épanouissent convenablement, c’est-à-dire développent leur potentiel et apportent quelque chose aux autres. L’un de ces principes c’est précisément que l’individu ne doit pas être considéré comme la cellule de base de la société, d’abord parce que l’individu, en tant que tel, ne peut pas exister. Imaginez l’individu de deux mois qui se retrouve tout seul dans la forêt : combien de temps survivra-t-il ?

    C’est pourquoi la politique est une chose sérieuse et qu’il faut construire une bonne société, autant qu’il est possible. Tout miser sur l’individu, assigner à celui-ci la responsabilité de se construire tout seul comme vertueux, est une aberration issue en partie d’une lecture excessivement mystique du christianisme, où l’homme doit faire son salut quoi qu’il advienne, et même si la terre s’écroule et que les innocents sont jetés en masse dans les flammes. Tout est bien si l’on est soi-même un juste. L’Eglise (l’ancienne) avait eu la bonne idée de remettre un peu de loi naturelle, de sens du relatif et donc de politique dans tout ceci.

    C’est pourquoi encore il n’est pas inutile de se demander dans quel type de société l’homme peut le mieux réaliser son essence. Je ne suis pas sûr que la société féodale ait tout mon agrément, mais je suis bien certain que la société actuelle est la pire de toute l’histoire de l’humanité chrétienne et occidentale (pour les sociétés exotiques, rien ne m’apparaît valable). Quand je vois les jeunes qu’elle produit, j’ai peur.

  9. Je préfère me taper une super belle nana et regarder avec plaisir son jolie petit popotin que de me farcir une moche et vomir ma Pelforth ; une fois le travail fini.

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