Y’a un tchéchène dans ta Poutine ?

La méchante extrême droite française se déchire depuis quelques temps sur Poutine.

Pour certain il est le grand homme qui va sauver notre cul à la peau si douce des vilains barbus, y’a qu’à voir comme il travaille le tchéchène façon médiévale (et peu importe que Moscou soit submergée par une immigration musulmane massive hein, c’est qu’un détail). Poutine c’est le grand homme d’état avec des bourses tellement massives qu’on pourrait utiliser son scrotum pour recouvrir l’Elysée, l’Assemblée Nationale et le Sénat façon Christo. Il chevauche des tigres, fait peur aux patrons semi-juifs qu’on volé le peuple russe et il dit aux ricains d’aller s’empaler sur une bitte d’amarrage et de faire l’avion. En plus la Crimée ça a toujours été un territoire russe et toussa

Bon.

Pour d’autres, il n’est que l’héritier de ces crevures moisies de cocos, il veut nous niquer, son peuple s’est paupérisé à cause de lui, il est ontisémite, il nous éloigne de nos gentils alliés américains qui ne veulent que notre bien duveteux et en plus il leur pique leur grosses bagouses et il fait peser sur le monde des risques de guerre avec sa volonté de maintenir sous son talon ferré les anciens satellites de l’URSS et vive l’Ukraine libre et indépendante et toussa.

Rebon.

Je dois avouer ne pas avoir de religion en la matière. Si j’ai une certaine admiration pour l’autocrate qui très clairement se branle de ce que pense la communauté internationale et qui a une véritable stature d’homme d’état qu’on soit d’accord avec lui ou pas je dois aussi admettre avoir une certaine répugnance pour le personnage qui semble bel et bien être un salopard de modèle peu courant.

En gros, je pense que Poutine n’en a rien à foutre de notre gueule. Il ne va surement pas « sauver l’Occident dont il se moque comme de sa première paires de bottes fourrées en poils de militants pour la liberté. Il n’est pas notre ami même s’il peut potentiellement être notre allié. C’est le chef d’un état étranger pas l’homme providentiel du monde blanc.

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74 réponses à “Y’a un tchéchène dans ta Poutine ?

  1. Entièrement d’accord avec votre conclusion. Mais c’est justement parce qu’il défend les intérêts de son pays sans se soucier des jérémiades internationales que l’on peut avoir du respect pour le personnage.

    Les idéalistes adolescents réacs qui le voient comme le sauveur de l’Occident n’ont rien compris. Déjà parce que la Russie ce n’est pas l’Occident.

  2. Pas trouvé de Koala en Russie, mais il y a des sportifs ! Bon, c’est pas PSG/OM c’est sûr, mais le vainqueur gagne tout de même une Lada Niva.

  3. Il fait le job pour son pays. Rien à lui reprocher. D’accord avec vous, Amiral. La comparaison est dramatique avec les guignols qui nous gouvernent (tous, UE, US etc.) ! Face au totalitarisme du XXI° (Allah) il n’est pas plus dans la merde chez lui que nous. Et tout ce qu’on trouvent c’est de lui montrer qu’on est des lopettes et de le pousser encore plus à se tourner vers les chinetoques et l’Asie, ce qui va nous achever. On aurait pu s’entendre avec lui mais que peut-il avoir à foutre de nous vu ce que nous sommes devenus ?

    • « Si nous ne nous soumettons par à Poutine, il fera alliance avec la Chine et ce sera très mauvais pour nous. »

      Cet argument absurde, curieusement, est le même que « le système » nous a servi pour nous expliquer qu’il fallait absolument faire entrer la Turquie dans l’Union européenne, que nous n’avions pas le choix et que sinon, ce serait la catastrophe : si nous « n’arrimons pas solidement la Turquie à l’Europe », alors les Turcs nous abandonneront (mon Dieu, quel malheur !) et feront alliance avec d’autres.

      Les mêmes, à l’extrême-droite, qui rejettent vigoureusement cet argument concernant la Turquie sont les premiers à le mettre en avant quand il s’agit de la Russie. Comme c’est curieux, et comme c’est bizarre.

      Au demeurant, prétendre qu’un rapprochement entre la Russie et la Chine va « nous achever » est faire preuve d’une singulière ignorance de la situation. Les gens qui disent cela partent toujours du principe qu’une alliance entre la Russie et la Chine se ferait au bénéfice de Moscou. Rien n’est moins sûr ! Il suffit de comparer les populations des deux pays, et leur prospérité respective… Le récent accord pétrolier entre les deux pays a été signé par la Russie dans de très mauvaises conditions. Elle a été obligée d’accepter un prix de vente notablement réduit. Et puisqu’on parle de revendications territoriales, c’est plutôt la Chine qui risque d’envahir la Russie que l’inverse, ne serait-ce que sous forme d’immigration-invasion dans les zones frontalières…

      La Chine est une puissance opportuniste, conclut des accord temporaires et défend avant tout ses intérêts. Comme la quasi-totalité des pays du monde, elle n’a pas soutenu la Russie lors du vote de l’ONU sur la Crimée. En fait, le précédent diplomatique et juridique créé par l’annexion de la Crimée menace directement la Chine, qui renferme en son sein des conflits potentiels similaires.

      C’est tout de même curieux, cette conception de la diplomatie qui suggère systématiquement des alliances avec les puissances qui nous sont fondamentalement hostiles (la Russie, la Turquie, l’islam…) sous prétexte que, sinon… elles nous seront hostiles.

      Le plus paradoxal est que ce sont les mêmes qui traitent la France et les Français de « lopettes », sous prétexte qu’ils… ne se soumettent pas aux quatre volontés du tsaricule Poutine.

      Nous ne devons pas avoir la même conception de la virilité, ni de l’indépendance nationale.

      • Le précédent diplomatique du rattachement de la Crimée à la Russie est le précédent diplomatique de la reconnaissance du référendum sur l’independance du Kosovo.
        Berger, bergère, réponse, toussa toussa.
        L’événement a eu lieu en 2008, et de mémoire il me semble que Frédéric Pons dans Valeurs Actuelles disait que ce n’était pas forcément la meilleure idée que d’écarter d’un revers de main le veto de la Russie sur le sujet. Il n’avait pas forcément tort, puisque Poutine argumente sur ce précédent pour justifier le référendum demandant le rattachement de la Crimée à la Russie après la sécession de la première.

      • Robert Marchenoir

        Donc, si je comprends bien, Popeye, vous dites que les Etats-Unis se sont mal comportés au Kosovo, en appliquant un principe immoral. Par conséquent, vous approuvez les Russes qui se sont mal comportés en Ukraine, en appliquant (prétendez-vous, mais admettons) le même principe immoral.

        Il me semble que quiconque serait, à la fois, honnête, rationnel et cohérent, et partirait des prémices dont vous partez, condamnerait à la fois les Etats-Unis et la Russie.

    • Il ne fait pas le job pour son pays, c’est ça l’illusion.
      Il entraîne son pays vers l’abîme dont il tentait péniblement de sortir.

  4. Vous enfoncez une porte ouverte, là. Je ne crois pas qu’il y ait grand monde pour croire que Poutine va venir nous sauver, en France, des immigrés et des femens. En revanche on peut l’admirer pour sa capacité à défendre son pays, sans oublier que nous avons tout intérêt à nous allier aux Russes contre les Américains qui font n’importe quoi (exemples partout dans le monde).

    • Vous avez raison: il serait bon aussi de calculer la criticité réelle des boucs émissaires à critiquer. En l’occurrence, je crois que l’obamania a présenté des fréquences qui ont surclassé la gravité des quelques poutiniens.

  5. « Il n’est pas notre ami même s’il peut potentiellement être notre allié »
    Le raisonnement simpliste qui parle d’amis/ennemis et de méchants/gentils est simplement à bannir.
    Seuls nos intérêts comptent. Il peut être utile de s’allier à Poutine demain et de ne plus s’allier après-demain.
    Mais l’intérêt de la France rentre-t-il simplement encore en ligne de compte dans les décisions de nos gouvernements successifs?

  6. Point de départ de tout ça: l’Ukraine et sa minorité orientale russe qui réagit au nationalisme ukrainien encouragé par les Américains et les Européens. Avec quelques arrière-pensées otanesques un peu agressives vis-à-vis de la Russie (il faut bien un ennemi aux militaires). Autres éléments: les minorités russes en Europe, fruit de l’URSS. Et enfin les frontières que la communauté internationale n’aime pas voir bouger de peur que cela donne des idées à d’autres séparatismes. Il suffit de voir ce que les médias occidentaux ont pensé et pensent encore des indépendantistes de Catalogne ou d’Ecosse.
    Poutine, un dictateur infréquentable? Moins que Staline et ses successeurs et pourtant on n’a pas trop réagi quand les chars russes sont entrés à Budapest ou à Prague.
    On a peur de la Russie? On devrait plutôt se soucier de l’Islam.

  7. Je plussoie, cher Amiral.

  8. Complètement d’accord avec Buck Danny et Marco Polo, dans les relations internationales il voit les intérêts de son pays et point barre. Sinon je ne pense pas que ce soit un « salopard de modèle peu courant ». Je le vois plutôt comme un de Gaulle (capable de prendre des décisions « dégueulasses » mais parce qu’ils pensent que ce sont les meilleures, à long terme, pour son pays (théâtre de Beslan pour l’un, accords d’Evian pour l’autre)). Mais un de Gaulle qui aimerait l’argent et supporterait un certain degré de corruption pour ses amis. Après, ça reste un type qui n’a jamais assassiné de petite vieille, violé de petit garçon, déporté d’innocents ou violé de koala, donc quelqu’un à qui on peut serrer la main.

    • Vous oubliez un peu vite le rôle plus que trouble tenu par le FSB dans les attentats de 1999, pierre angulaire de l’accession de Poutine au pouvoir suprême. Peut-être que Poutine a provoqué la mort de plus de 300 Russes pour déclencher la seconde guerre en Tchétchénie. Ou peut-être pas. On ne le saura probablement jamais.
      A titre de disclaimer je n’ai pas d’opinion sur le sujet. Comme la majorité des intervenants ici je le vois comme uniquement préoccupé de l’intérêt supérieur du pouvoir russe – qu’il personnifie. Mais il me semble utile de rappeler qu’en la matière, il ne recule devant rien. Les morts suspectes d’opposants trop ouvertement déclarés sont également là pour le rappeler. Si son leadership peut sans doute se comparer à celui d’un de Gaulle, on peut difficilement en dire autant de son sens de l’éthique.

      Le vrai problème que pose Poutine à l’Europe, c’est que sa stratégie de domination du marché mondial des énergies fossiles ne s’aligne pas vraiment avec les intérêts européens.

  9. Poutine est un ancien agent du KGB en poste à Berlin.

    Un petit extrait d’un dialogue entre Napoléon et Las Casas à Sainte-Héléne: Il a préssenti à 100 ans d’avance l’arrivée d’un despote à la tête de la Russie.

    Napoléon parlait de la supériorité de la Russie sur le reste de l’Europe : « on ne peut attaquer la Russie que pendant trois ou quatre mois de l’année, tandis qu’elle-même dispose de douze mois contre nous; aux avantages qu’elle doit â la nature s’ajoutent ceux que lui donne la masse énorme de sa population, brave, docile, patiente et comprenant des hordes nombreuses pour qui privations et blessures sont un élément naturel de la vie. Qui ne frémirait à la pensée de pareilles foules, impossibles à attaquer de flanc ni de revers, écrasant tout dans leur victoire et disposant pour leur retraite, quand elles sont vaincues, de déserts glacés? Si l’un de ces tsars barbus se levait tout à coup, l’Europe entière lui appartiendrait. Il peut commencer par Berlin ou par Vienne, allumer quelques foyers d’incendie en Italie, entrer en triomphateur à Paris, et se proclamer nouveau Libérateur. Vous de mandez; dans quel but? Pour établir une Société nouvelle, que l’Europe attend comme un bienfait et appel de ses désirs. »

    Il ne faut jamais l’oublier …

  10. Poutine est un ancien employé du KGB arrivé par défaut au pouvoir dans les wagons de la coterie Yeltsine qui voulait préserver leurs « avantages acquis ». Il a la mentalité soviétique du siècle dernier. Le jeu de cache-cache en Ukraine en est la preuve. L’usage d’une tactique de déception systématique signe l’origine.
    On sait maintenant que tout camion désimmatriculé est russe et que tout soldat sans insigne l’est aussi. C’est puéril !
    Ce qu’il ne voit pas, c’est que la guerre moderne n’est plus que d’acier et de poudre, mais que l’effondrement des cours des hydrocarbures et que le sauve-qui-peut des capitaux russes sont autrement puissants que des batteries de 122 servies par des fantômes. Son économie va ressembler furieusement bientôt aux temps bénis des défilés astiqués, sans effets sur le panier de la ménagère.
    La Chine va recevoir du gaz à prix cassé. Elle gagne et ne donnera rien en échange.

  11. Hélas complètement d’accord.
    Je ne dis pas que je suis d’accord avec vous « hélas ».
    Mais que Poutine est un gros coco_nostalgique « hélas ».

  12. Au cours de la lecture du billet(très bien d’ailleurs),j’ai cru en lire un de fdpdelamode.
    C’est un compliment,aussi.

  13. Quand le « chercheur » Emmanuel Todd, qui n’a jamais étudié la Russie ni l’Ukraine, se permet de donner des leçons sur Europe 1 en pontifiant sur la situation russe, et en disant, mot pour mot, qu’il « souhaite la victoire de la Russie » (Pierre Laval : « Je souhaite la victoire de l’Allemagne »), il ne faut pas s’étonner du torrent d’aberrations reprises en boucle sur Internet.

    En tête de ces aberrations : Vladimir Poutine, lui au moins, serait un homme d’Etat qui défendrait les intérêts de son pays.

    Il y a confusion sur la signification de l’expression homme d’Etat. D’ailleurs, les Français ont un problème avec la notion d’Etat en général.

    Contrairement à la croyance populaire, Etat de droit ne signifie pas Etat gentil, de gauche, où la Sécurité sociale rembourse les visites chez l’homéopathe. Etat de droit signifie Etat qui se soumet aux lois qu’il a lui-même votées. C’est donc, très grossièrement, le contraire : Etat de droit signifie Etat modeste, qui soumet son pouvoir à des limites rigoureuses.

    Contrairement à la croyance populaire, homme d’Etat ne signifie pas autocrate avec de grosses couilles, qui menace ses voisins, les envahit et s’empare de leur territoire, et, à domicile, terrorise et emprisonne quiconque ose manifester son désaccord avec lui. Homme d’Etat signifie dirigeant doté d’une lucidité supérieure quant aux intérêts de son pays (ce qui peut se trouver), et, surtout, capable de sacrifier ses intérêts personnels à ceux de son pays (ce qui est beaucoup plus rare). C’est donc, là encore, le contraire de ce que s’imaginent les Français : un homme d’Etat est un dirigeant qui sait se donner des limites. Un homme d’Etat préfère renoncer au pouvoir lorsqu’il ne peut plus servir son pays.

    Sur les deux critères, Vladimir Poutine échoue lamentablement.

    Quel était l’objectif proclamé de la Russie, son intérêt présumé, dans l’affaire ukrainienne ? Conserver ce pays dans sa zone d’influence. C’était, si j’ose dire, facile : après 170 ans de vie commune avec la Russie (sous la botte russe, faudrait-il dire), les Ukrainiens étaient très proches des Russes : ils étaient nombreux à avoir des amis et de la famille en Russie, ils s’y rendaient souvent, le commerce entre les deux pays était très important, et la grande majorité des Ukrainiens parlait russe, contrairement aux clichés de « géopolitique » grossiers qui distinguent une « minorité russe » prétendument opprimée, à l’est, par la majorité ukrainienne à l’ouest, et qui sont simplement la désinformation des services secrets russes.

    Bref, les Ukrainiens, tout en ayant leur propre identité nationale, étaient plutôt bien disposés envers les Russes, malgré les griefs historiques parfaitement justifiés qui auraient pu être les leurs (6 millions d’Ukrainiens exterminés par la faim par le pouvoir soviétique). Il n’y avait, contrairement à ce que prétend la propagande du Kremlin, pas d’hostilité systématique envers les Russes.

    De plus, la Russie, par la force de l’histoire, contrôlait largement l’Ukraine : l’armée était massivement noyautée par les services secrets russes. Le président Porochenko a fait sa fortune en vendant du chocolat aux Russes. Et je ne parle pas du gaz russe dont dépend l’Ukraine.

    Vladimir Poutine avait donc toutes les cartes en main. Et que fait-il ? Il se répand partout en insultant les Ukrainiens, en disant que leur pays n’existe pas, que c’est un simple territoire russe. Constatant que sa marionnette Ianoukovitch est renversée par un soulèvement populaire, au lieu de tenir compte de l’état d’esprit des Ukrainiens comme l’aurait fait un véritable homme d’Etat, au lieu de composer pour conserver l’avantage historique de la Russie en Ukraine, il invente un complot américain et européen imaginaire, annexe la Crimée, ajoute l’insulte au préjudice en prétendant qu’il n’y est pour rien, que l’armée russe n’a pas envahi la Crimée, rajoute une seconde insulte quelques mois plus tard en reconnaissant qu’il avait menti délibérément, que bien sûr l’armée russe avait envahi la Crimée, il organise la subversion dans le Donbass, envoie des miliciens et des armes téléguidés par l’armée russe, suscite le brigandage, le pillage, les enlèvements et la torture, envahit l’Ukraine continentale à l’aide de forces sans drapeau (ce qui est un crime de guerre), ment à nouveau en prétendant qu’il n’y est pour rien, que l’armée russe n’est pas dans le Donbass après que sa guerre a fait 4000 morts, mais menace néanmoins d’envahir Kiev, menace les pays baltes d’intervention militaire, menace l’Europe d’attaque nucléaire, et tout cela pour quel résultat ?

    En Crimée, les prix explosent, les rayons des magasins sont vides, les habitants commencent à regretter leur vote, parce que le grand homme d’Etat Vladimir Poutine a oublié de prévoir l’approvisionnement de la péninsule après l’annexion : isolée par un semi-blocus de l’Ukraine, la Crimée ne peut se nourrir et communiquer avec la prétendue mère-patrie que grâce à une unique ligne de ferry, plus que saturée.

    En Ukraine, le sentiment national s’est réveillé, les Ukrainiens ne peuvent plus voir les Russes en peinture, ceux qui parlaient russe sont passés à l’ukrainien (de même qu’en France, longtemps après l’Occupation, les gens ne pouvaient plus entendre parler allemand sans dégoût), des bataillons de volontaires se sont levés pour renforcer l’armée régulière, la population — riches et pauvres confondus — manifeste sa solidarité avec l’armée en lui offrant l’approvisionnement qui lui manque, la résistance se manifeste jusqu’en Crimée, où les étudiants patriotes revêtent le costume national ukrainien en boycottant les manifestations officielles de fin d’année, les Ukrainiens manifestent leur modération et leur légalisme en reléguant à la marginalité électorale les prétendus partis « néo-nazis » (qui ne sont en réalité pas plus néo-nazis que le Front national qui les diffame et les combat), la quasi-totalité des pays de l’ONU refuse d’avaliser l’annexion de la Crimée, première modification des frontières par la force depuis 1945.

    Bref, l’immense homme d’Etat Vladimir Poutine, le nouveau Conducator de l’extrême-droite et des communistes européens réunis, a fait tout ce qu’il fallait pour garantir à la Russie une solide haine des Ukrainiens pendant au moins cent ans, pour les convaincre que leur avenir était bien au sein de la civilisation occidentale des Etats de droit et non au sein de la civilisation autocratique russe, pour l’arrimer solidement à l’Europe occidentale et la détacher définitivement de la Troisième Rome fantasmée par le Kremlin et son idéologue Alexandre Douguine.

    Sans compter que tous les voisins de la Russie qui ont partagé un passé commun avec elle, et donc auraient pu entretenir avec elle des liens privilégiés, ont toutes les raisons du monde pour se méfier d’elle désormais, et se rapprocher de l’Union européenne, voire réclamer la protection de l’OTAN.

    Beau résultat pour « les intérêts russes », en vérité !

    Et à l’intérieur ? Eh bien à l’intérieur, c’est pareil. Pour commencer, en excitant les passions nationalistes en Crimée et en Ukraine, Poutine a pris le risque immense de les réveiller en Russie même, Etat multi-ethnique s’il en fut jamais, et qui n’a tenu ensemble jusqu’à présent que par la force, voire les déportations et les massacres. Grâce à l’action judicieuse du Luminaire Mondial Vladimir Poutine, la Fédération de Russie pourrait bien être la prochaine Yougoslavie.

    Ensuite, la tactique éculée de tous les autocrates, qui consiste à étouffer les insatisfactions de leur peuple par des gesticulations militaires, a toujours été vouée à l’échec. Menacer Obama de vitrification nucléaire ne changera rien au fait que la PIB de la Russie, « très grande puissance » selon le néo-communiste Emmanuel Todd, n’est pas supérieur à celui de l’Italie, que les effectifs de sa population se sont effondrés et ne sont pas supérieurs à ceux du Japon, que la Russie est sans doute le champion du monde des avortements avec un nombre égal à celui des naissances, qu’elle a une économie de type tiers-mondiste ou moyen-oriental avec une part disproportionnée reposant sur le gaz et le pétrole, que l’insécurité juridique voulue et organisée par Poutine condamne l’économie à la stagnation, qu’à une région moscovite marquée par une prospérité apparente, pour ne pas dire à un bling-bling über-sarkozyste, s’oppose la misère réelle du reste du pays, etc.

    Quant à Poutine, son seul objectif est de se maintenir au pouvoir coûte que coûte, avec un culte de la personnalité devenu hallucinant. C’est tout le contraire de l’homme d’Etat, dont la définition est, je le rappelle, qu’il sacrifie ses propres intérêts à ceux de sa patrie.

    Il s’emploie à stériliser le pays en interdisant l’émergence de toute élite qui ne lui obéirait pas au doigt et à l’oeil. Il s’enferme dans un autisme dangereux : l’invasion de la Crimée a été improvisée, décidée sur un coin de table entre cinq personnes seulement — même le ministre des Affaires étrangères n’a pas été mis au courant.

    Tandis que les oligarques et les députés placent leur fortune à l’étranger et envoient leurs enfants faire leurs études en Grande-Bretagne (même la fille de Poutine vit dans « l’Occident » tant honni), les talents s’expatrient en masse en Europe et aux Etats-Unis, et ne restent que les gens qui réclament des « pensions ».

    Toute ressemblance avec un pays en forme d’hexagone ne serait pas du tout fortuite. Voilà probablement le secret de l’adulation suspecte dont bénéficie Poutine en France : les Français et les Russes s’adonnent aux mêmes vices politiques et sociaux. L’arrogance russe répond à la vanité française. L’agressivité militaire russe trouve son équivalent dans les rêves français de grandeur mondiale. Le néo-stalinisme russe rappelle l’étatisme forcené des Français. Le culte de la personnalité poutinien correspond à la nostalgie française de l’homme fort. L’aptitude de Poutine à mentir ouvertement et sans honte répond à la malhonnêteté foncière des Français dans la vie quotidienne. La recherche du bouc-émissaire, le faites ce que je dis, pas ce que je fais, la capacité à se payer de mots sont caractéristiques d’un pays comme de l’autre.

    Il n’est jusqu’à l’antisémitisme qui trouve des racines particulières en France comme à Moscou.

    • D’accord avec vous. Ce con de Poutine finira par avoir l’OTAN sur le Dniepr, alors que les Américains n’en avaient aucune envie.

      • Très drôle. Les Américains ne veulent pas non plus dégommer la Syrie, ils n’ont rien contre l’Iran, etc. C’est toujours les autres qui les provoquent, comme ce con de Saddam. Alors ils sont bien obligés de répondre, à leur corps défendant.
        Vous essayez vraiment de nous faire avaler cette « analyse » ou c’est seulement de la lèche à l’égard de Marchenoir ?
        Ou alors c’est du second degré et c’est moi l’idiot (hypothèse toujours possible, soyons prudent).

      • @Marco Polo
        Expliquez-moi pourquoi les Américains auraient un projet pour l’Ukraine alors que c’est le bâton merdeux de l’ancien COMECON ? L’Ukraine est un grande Sicile mafieuse dont la partie « rentable » est hostile à l’Occident depuis le début. Prendre l’Ukraine occidentale revient à la porter à bout de bras, comme d’ailleurs la Crimée pour la Russie, la proie étant un désert sans ressources ni eau potable ni cultures !
        Ce pourquoi d’ailleurs, mais cela ne vous a pas échappé, le Kremlin a absorbé le territoire en deux morceaux, la municipalité de Sébastopol déclarée ville fédérale russe (inaliénable) et la République de Crimée, une colonie-tonneau des Danaïdes qui pourrait bien revenir sur le tapis vert après quelques milliards de roubles de perte !
        Mais vous êtes tout à fait en droit de croire au « complot yankee », ça meuble les conversations d’hiver à peu de frais, surtout de recherches.

    • Alors là !
      D’accord, complètement.

  14. Francois Thom et Alain Besancon taillent une sacrée croupière à Poutine et à son gouvernement dans le dernier numéro de Commentaire. Googlez Francoise Thom et vous allez tomber sur des milliers de hits la roulant dans la boue. Toute la racaille d’extrèrme-gauche et d’extrème-droite qui d’un seul homme se lévent pour défendre bec et oncle le très grand homme d’Etat que serait Poutine. Sans parler des sites russes de propagande en langue francaise qui nous bourrent le mou.

  15. Lorsqu’on me dit qu’un chef d’Etat « défend les intérêts de son pays », et qu’il est courageux, cela ne me suffit pas. Pas plus qu’il ne me suffit de savoir que quelqu’un « croit en Dieu » pour le trouver sympathique. Je demande encore à savoir comment il comprend les intérêts de son pays et au service de quelle cause il met son courage. De même que je demande à savoir en quel Dieu il croit exactement avant de me sentir des affinités avec lui.

    Si un chef d’Etat estime que l’intérêt de son pays est de dominer ses voisins et d’établir sur eux une sorte d’empire, je ne vois pas bien en quoi cela serait supérieur à l’internationalisme affiché d’un BHL. En fait c’est même ce genre d’impérialisme agressif et brutal qui est le meilleur argument de vente pour le cosmopolitisme, et qui le nourrit.

    De la même manière, si la religion de quelqu’un lui prescrit de faire la guerre aux incroyants dès qu’il le peut et d’épouser des fillettes de neuf ans (entre autres choses) je ne vois pas bien en quoi cela préférable à l’athéisme des femens (par exemple). En fait ce type de religiosité est le meilleur argument de vente de l’athéisme.

    Donc que Poutine « défende les intérêts de son pays » ne me le rend que modérément sympathique, parce que je n’ai pas l’impression que la manière dont il comprend cet intérêt soit particulièrement juste ni particulièrement bon pour nous.

    Pour le reste, il me semble que le culte de « l’homme fort qui remettra de l’ordre dans tout ça » n’est que la poursuite de l’irresponsabilité par d’autres moyens. Pas mon truc là non plus.

    • @ Aristide :

      La poursuite de l’irresponsabilité par d’autres moyens.

      Exactement. Et c’est bien pour cela que Poutine ne se contente pas d’être anti-américain, anti-ukrainien, anti-occidental, anti-Union européenne ou anti tout ce qui ne le reconnaît pas comme son seigneur et maître : il est vigoureusement, explicitement anti-libéral.

      Or, le libéralisme, c’est la responsabilité. Voilà l’un des points de cécité volontaire les plus importants des anti-libéraux.

      Un anti-libéral n’est jamais pour rien dans ce qui lui arrive : c’est toujours la faute des autres, de la société, du gouvernement, du grand capital, de la mondialisation, des Américains, des néo-nazis, des non-musulmans, des Juifs… Attitude qui permet le confort moral, mais qui interdit naturellement tout progrès et garantit la stagnation, voire l’arriération ou la décadence.

  16. La Russie, c’était mieux avant.

  17. Il me semble que le débat est assez mal amorcé quand on considère que Poutine n’a rien à faire en Ukraine, que les Ukrainiens sont de gentils patriotes qui veulent s’émanciper des Russes et que les Américains comme les Européens sont neutres dans toute cette histoire, de sorte que s’ils défendent l’Ukraine contre la Russie c’est parce que les méchants sont les Russes.

    Il est tout à fait évident que les Russes ont le droit à la fois historique, moral et politique d’intervenir en Ukraine, et cela pour deux raisons principales.

    D’abord parce qu’une bonne partie des Ukrainiens (à l’est) sont russophones et de culture russe, et que le nouveau pouvoir ukrainien a montré sa volonté de ne pas respecter cette identité. Il est légitime de venir en aide à une minorité opprimée avec laquelle on entretient des rapports culturels étroits. C’est entre autres pour cette raison que j’estime légitime de taper sur la gueule des islamistes qui veulent éradiquer les chrétiens d’Orient.

    Deuxièmement, l’Ukraine est limitrophe de la Russie et donc c’est un enjeu de pouvoir entre grandes puissances, les Américains voulant y imposer leur volonté pour affaiblir la Russie. Ce n’est même pas un secret de polichinelle : c’est l’évidence assumée de la logique otanienne. Dans ces conditions la Russie peut légitimement intervenir en vue de contrer cette agression américaine.

    Soyons clair : quand l’Amérique intervient en Ukraine il s’agit d’agresser la Russie. C’est de la géographie élémentaire. Il est bien évident que la démocratie et les droits de l’homme ne jouent aucun rôle dans l’attitude des « occidentaux » en la matière.

    Il était tout à fait légitime également pour les Américains d’intervenir sur leur continent contre les menées soviétiques lors de la guerre froide. Question de géographie là encore. Vous ne pouvez pas laisser votre ennemi s’installer sous vos fenêtres sans réagir.

    Tous ceux qui refusent de voir les choses sous cet angle me semble manquer de sincérité.

  18. « la malhonnêteté foncière des Français dans la vie quotidienne »

    Comment voulez-vous dialoguer avec un type qui sort des âneries pareilles…

  19. [Hum, gourance, j’ai posté ça sur le fil précédent, je le remets donc au bon endroit. Avec quelques enrichissements, la maison ne reculant devant rien pour satisfaire sa fidèle clientèle. L’Amiral peut effacer le doublon, s’il n’a rien d’autre à foutre.]

    L’un des plus énormes mensonges de Vladimir Poutine est sa prétention à défendre les Ukrainiens d’origine russe dans les régions où ils résident. Son agression de l’Ukraine n’a rien à voir avec la défense des populations locales… et d’ailleurs il le dit lui-même, quand on l’écoute bien.

    L’ancien président de la Géorgie Mikhail Saakashvili, en poste au moment de l’invasion de son pays par l’armée russe, en 2008, a déclaré lors d’un discours à Lviv, en août dernier, qu’il avait eu pas moins de 36 entretiens avec Vladimir Poutine. Presque à chacun de ces entretiens, Poutine lui a répété que l’Ukraine n’était pas un pays, mais un simple territoire.

    Poutine a réaffirmé cette conviction à de multiples reprises, auprès de nombreux interlocuteurs, longtemps avant le soulèvement de Maïdan et l’invasion de l’Ukraine.

    Le vrai mobile de son agression, c’est donc bien qu’il ne reconnaît pas la souveraineté nationale de l’Ukraine. De toute l’Ukraine, pas seulement des régions dites russophones.

    D’ailleurs, la totalité de ses prises de position et de ses actes sur cette affaire ne s’explique que par cet axiome de départ. Symétriquement, si l’on tient compte de cette conviction, ses actes et ses déclarations les plus irrationnels en apparence deviennent tout à fait cohérents.

    L’invasion de l’Ukraine par la Russie est souvent comparée, à juste titre, à l’annexion des Sudètes par Hitler en 1938 et au démembrement de la Tchécoslovaquie. Les parallèles sont en effet frappants : présence d’une minorité allemande, invocation du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, organisation d’une agitation nazie sur place préalablement à l’annexion, promesse d’Hitler de ne pas aller plus loin (la fameuse paix de mille ans), trahison par la France de son engagement à garantir les frontières de la Tchécoslovaquie (équivalent du mémorandum de Budapest pour l’Ukraine — que Poutine a été le premier à trahir, on l’oublie trop souvent), ressentiment des Tchèques s’estimant abandonnés par les Alliés après les accords de Munich, lâcheté de la France et de la Grande-Bretagne face à l’agresseur nazi qu’il s’agit d’amadouer… jusqu’à la présence, dans la région annexée, de mines de charbon convoitées par Hitler (comme dans le Donbas).

    En 2014 comme en 1938, la question se pose : Hitler — pardon, Poutine — ira-t-il plus loin ? Se satisfera-t-il de la Tchécoslovaquie (pardon, de l’Ukraine), ou prendra-t-il la Pologne (les pays baltes, la Géorgie, voire… la Pologne) ?

    Hier, Hitler était considéré par de nombreux Français comme un rempart contre le communisme. Aujourd’hui, Poutine est considéré par de nombreux Français comme un rempart contre « l’ultra-libéralisme ».

    Mais il est un autre parallèle, au moins aussi frappant quoique peu évoqué : l’écrasement, par les Soviétiques, du soulèvement de Budapest en 1956 et du printemps de Prague en 1968. Poutine envoie ses chars en Ukraine parce qu’il ne supporte pas que les Ukrainiens choisissent la liberté, exactement comme Krouchtchev et Brejnev ont envoyé l’armée rouge pour mater la Hongrie et la Tchécoslovaquie.

    En somme, l’histoire se répète sur un mode grotesque. Là où Moscou revendiquait haut et fort l’invasion de la Hongrie et de la Tchécoslovaquie, Poutine en est réduit à une invasion péteuse et sournoise de l’Ukraine qu’il accomplit tout en la niant.

    En empruntant à la fois à la partition nazie et à la partition communiste, Poutine réalise une synthèse parfaite des deux idéologies et montre leur proximité. D’ailleurs, il suffit de consulter la liste des observateurs européens fantoches convoqués par Poutine pour fournir un vernis de légitimité aux scrutins frauduleux qu’il a organisés en Ukraine : s’y côtoient, dans une parfaite harmonie, représentants de l’extrême-droite (dont le Front national) et communistes d’extrême-gauche. On y trouve même un « national-bolchevique » belge, formule polie pour ne pas dire « national-socialiste », qui serait vraiment trop connoté (et empêcherait Poutine de prétendre que les néo-nazis sont au pouvoir en Ukraine, alors qu’ils sont au pouvoir en Russie). D’ailleurs, ce parti emprunte son nom à l’ex-parti national-bolchevique russe, dont Alexandre Douguine, l’inspirateur idéologique de Poutine, fut l’un des piliers.

    On ne s’étonne plus de la proximité, en France, du programme du Front de gauche et de celui du Front national, ni des accents de plus en plus communistes du discours de Marine le Pen. Au Parlement européen, l’extrême-gauche et l’extrême-droite votent ensemble. L’internationale rouge-brune existe bien.

  20. [Et voici le deuxième post mal placé sur le fil précédent.]

    Qui est Vladimir Poutine ? La réponse est simple : c’est un bandit. Un chef mafieux.

    C’est évident lorsqu’on considère son comportement politique, mais il est très instructif d’apprendre comment il fonctionne sur le plan personnel.

    Lors de son discours de Lviv, Mikhail Saakashvili a expliqué la méthode de « négociation » de Vladimir Poutine. Rappelons le contexte : le président géorgien de l’époque avait entrepris d’éliminer la corruption de son pays et de s’ouvrir à l’Ouest. En réponse, la Russie a envahi et occupé une partie de son territoire.

    Lors de son dernier entretien avec Saakashvili, Poutine lui a fait différentes menaces, puis a conclu : vos amis occidentaux vous proposent toutes sortes d’avantages et vous font miroiter toutes sortes de promesses ; ils n’en tiendront aucune. Moi, je ne vous propose aucun avantage. Au contraire, je ne vous offre que des ennuis sans fin. Mais moi, je tiens mes promesses…

    On mesure le gouffre avec la méthode traditionnelle de négociation d’Obama ou des Européens, qui consiste à dire : soyons gentils avec nos adversaires, en retour ils seront gentils avec nous. « N’irritons pas l’ours russe ; la Crimée a toujours été russe, Poutine défend ses intérêts, après tout c’est bien normal ; si on le laisse faire chez lui, il nous laissera faire chez nous, etc .»

    L’autre information très révélatrice fournie par Saakashvili, c’est que Poutine, lors de ses entretiens avec les chefs d’Etat occidentaux, tente de les intimider physiquement. Il a mentionné Sarkozy comme l’une des victimes de ses méthodes, sans donner davantage de détails. En revanche, il a expliqué comment il a essayé de faire peur à Angela Merkel, physiquement peur.

    La première fois qu’il a rencontré Merkel, à Irkoutsk (donc chez lui, en Russie), il s’est fait accompagner de deux énormes chiens. Pourquoi ? Parce qu’il savait qu’Angela Merkel avait une phobie des chiens…

    Voilà le genre de personnage auquel nous avons affaire. Si Poutine est capable de se comporter de la sorte avec Angela Merkel, qu’on nous présente comme le seul dirigeant occidental capable de le comprendre (elle parle russe, il parle allemand, ils ont tous deux occupé des responsabilités en Allemagne de l’Est…), imaginez quelle est son attitude avec les autres. Imaginez ce que cela signifie pour sa vision du monde, sa conception des relations humaines, des rapports avec son peuple, des relations entre les nations. Confieriez-vous la paix dans le monde à un individu doté d’une personnalité aussi perverse ?

    On est bien loin du prétendu homme d’Etat dont la France devrait s’inspirer ! Un homme d’Etat, c’est, par exemple, le général de Gaulle qui s’engage à fond dans la guerre contre l’Allemagne, puis, une fois la victoire obtenue, noue des liens d’amitié personnels avec le chancelier Adenauer parce qu’il est convaincu que c’est dans l’intérêt des deux pays, et, pour sa première visite officielle en Allemagne, apprend par cœur ses discours en allemand, par égard envers ses hôtes.

    Poutine est ce qu’on appelle en anglais un bully, mot sans équivalent en français, mais dont la traduction la plus proche est voyou, ou, de façon plus moderne : racaille. Vladimir Poutine, dans sa politique comme dans ses échanges personnels avec ses partenaires, se comporte exactement comme une racaille arabe de nos banlieues : intimidation, menaces, prédation, sabotage, agression, violences, comportement tribal et mensonges, mensonges, mensonges.

    Tu parles d’un défenseur de la civilisation occidentale… Un héritier de la Horde d’Or, peut-être. Mais certainement pas le parangon des vertus judéo-chrétiennes et gréco-romaines…

    Parmi ses admirateurs français, et occidentaux de façon générale, il y en a qui ignorent sincèrement cet aspect de sa personnalité. Et puis il y a ceux qui le défendent précisément en raison de sa nature de voyou, qu’ils envient secrètement, parce qu’ils ont eux-mêmes une mentalité de voyou.

    Il ne manque pas de personnages de ce genre parmi les néo-communistes cachés ou déclarés, y compris ceux qui se dissimulent derrière une défroque réactionnaire ou d’extrême-droite.

    Lisez le reste du discours de Saakashvili, c’est très intéressant :

    http://euromaidanpress.com/2014/08/10/saakashvili-ukraine-will-be-the-end-of-putin/

    • C’est quoi ces techniques de Sioux pour perdre les fidèles lecteurs ? Et ma réponse, hein, elle reste de l’autre côté, c’est pratique !

      Bon ben je la remets aussi, en version alternative :

      Oulala, Poutine n’a pas été gentil avec Angela ! Même qu’il a essayé de lui faire peur ! Angela en était toute bouleversée, elle qui ne veut que le bonheur des Russes, des Français et des poissons rouges. Le pire, c’est que la maîtresse n’a rien dit !

      Marchenoir n’a semble-t-il jamais entendu parler de Machiavel et s’étonne qu’un Poutine ose essayer de faire peur aux autres lors des négociations. Il paraîtrait que ce serait incorrect, genre mœurs de voyous.

      Vous croyez que Napoléon respectait mieux les codes bourgeois de la bienséance dans les dîners mondains qu’il organisait avec ses copains Russes, Angliches et Prussiens ?

      Vous croyez que Sarko a demandé la permission avant de faire exécuter Kadhafi ?

      En fait, Marchenoir est un bisounours.

  21. Ce matin, j’ai écouté l’émission de Finkielkraut sur France-Culture dédiée à l’affaire ukrainienne. Thème de la semaine :
    Répliques – L’Ukraine, La Russie, L’Europe
    Invités : François Bujon de l’Estang (ancien ambassadeur), Philippe de Lara (maître de conférences en science politique)
    C’était réellement intéressant. Y fut évoquée la grande retenue de Loukacheko à l’endroit de la politique hégémonique du Kremlin-KGB, Loukachenko qui soutient à fond Porochenko. Bizarre non ? Marco Polo.

    On peut écouter l’émission en allant sur le site ad hoc :
    https://itunes.apple.com/fr/podcast/repliques/id114880560?mt=2

  22. à Catonéo :

    Je vois les choses beaucoup plus simplement, c’est-à-dire en géopolitilogue (du dimanche, certes).
    La Crimée est historiquement russe et c’est la porte sur la mer noire, Poutine ne pouvait s’en passer. L’Ukraine est à la frontière et il n’y a aucune raison de laisser sans rien dire s’y installer l’Otan.
    Maintenant, économiquement, la Crimée est peut-être un bâton merdeux, mais il n’y a pas que l’économie qui compte.

    Quant à l’intérêt de l’Amérique pour l’Ukraine, c’est précisément pour des questions de géostratégie.

    On dirait que les libéraux ont du mal à comprendre un fait pourtant élémentaire : le PIB n’est pas le seul indice d’intérêt. Les îles Falkland, par exemple, sont économiquement d’un faible intérêt, mais l’Angleterre est allée jusqu’à la guerre pour les défendre. Il n’y a pas que la géopolitique, d’ailleurs, il y a aussi le prestige et l’honneur (ou l’idée que l’on s’en fait). Cela aussi est un puissant moteur d’action.

    Les Américains ont explicitement désigné la Russie comme ennemi, ce qui est une folie pure. On ose même nous faire croire que Poutine aurait des envies d’invasion de la Pologne. En réalité la Russie n’est pas si puissante, comme Marchenoir l’a souligné (population équivalente à celle du Japon, notamment). Il n’ y a rien à redouter de la Russie. Rien. Aucun de nos intérêts n’est en danger du fait de la Russie. C’est une question de géographie aussi : nous n’avons pas de territoires en contentieux. Il n’y a donc aucune raison d’épouser les intérêt impérialistes américains.

    Car l’impérialisme est du côté américain. Quelle autre nation est ainsi répandue à travers le monde ? Quelle autre nation provoque autant de guerres ? Quelle autre nation entretient une telle armée ? Quelle autre nation se pose systématiquement comme gendarme et conscience du monde ?

    Il n’est que de voir les résultats atterrants en Irak, Syrie, Afghanistan (et en Lybie, avec la France en fer de lance) pour comprendre que l’Amérique, c’est le mal.

    Pour tout vous dire je pense que l’Amérique a toujours été le mal, que l’Amérique incarne depuis deux cents ans le mal majeur de ce monde, son cancer. L’Amérique a toujours été pour l’intelligence européenne un repoussoir, une espèce de monstre bourgeois protestant et boutiquier, une bible à la main, une winchester dans l’autre, avec la prétention d’imposer partout sa vision simpliste des choses. Une vison qui souvent, d’ailleurs, se résume à soutenir les islamistes les plus sanguinaires.

    Les Serbes en savent quelque chose, et combien d’autres peuples.

  23. Je ne suis pas d’accord avec vous. Je trouve votre approche manichéenne et n’ai pas suffisamment de temps pour la réfuter ce soir. Mais pensez à une seule chose : les gouvernements des Etats-unis oeuvrent à l’horizon de deux ans. Tous les deux ans, on a des élections qui rebattent les cartes. Ce n’est pas idéal pour poursuivre un complot. Et ils font beaucoup d’erreurs à cause de ces ruptures politiques.

    • Je trouve au contraire que la politique extérieure américaine est d’une grande cohérence : c’est systématiquement n’importe quoi. Après avoir bêtement combattu Saddam Hitler une première fois, ils y sont revenus une seconde fois. L’échec fut patent, mais rebelote en Afghanistan, en Syrie, en Libye. A chaque fois on installe le chaos, et tout cela en entretenant les meilleurs rapports avec l’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie qui sont les principaux pourvoyeurs d’islamisme. Cette politique ne change pas tous les deux ans, il me semble. Cela fait longtemps que ça dure. Mais peut-être vous réjouissez-vous de l’existence de la Bosnie musulmane, du Kossovo musulman et maintenant de Daech, dernière co-création incontestable de l’Amérique ?

      Actuellement, le pire ennemi des chrétiens d’Orient est assurément l’Amérique. N’oubliez pas au passage que les Ricains ne sont pas « chrétiens », ils sont protestants et détestent les papistes et autres orthodoxes, se sentant plus proches de l’autre peuple élu qui se trouve là-bas. Cela aussi, c’est un positionnement de fond qui ne change pas tous les deux ans.

      Enfin, je ne crois pas qu’il y ait un « complot ». Qui dit complot dit secret, alors que les Américains défendent ouvertement les intérêts des Juifs et des Arabes sunnites contre ceux des chrétiens d’orient. Les Américains sont ouvertement les alliés des pays les plus hystériques du monde, Arabie saoudite et ses satellites, rejoints maintenant par une Turquie aux mains d’un malade mental de premier ordre.

  24. Ah tiens, un autre factoïde intéressant, que je n’ai lu naturellement ni dans la presse française, ni dans la blogochose française. Il y a quelques jours à peine, Vladimir Poutine a justifié en public l’alliance entre Staline et Hitler (donc le dépeçage de la Pologne), en même temps qu’il critiquait l’Europe pour les accords de Munich.

    Interrogé, par ses auditeurs russes, sur ce deux poids deux mesures, il a répondu, en substance : bah oui, l’URSS n’avait pas envie de se battre à ce moment-là, c’était bien son droit.

    Le fait que de telles déclarations se produisent au moment même où la Russie a envahi l’Ukraine n’est évidemment pas neutre.

    On voit à quel point sonne faux la mythologie officielle qui veut que le nazisme n’ait été vaincu que grâce à l’URSS. Imaginez cinq minutes un président français, de gauche ou de droite, revendiquant la collaboration, et disant : bah oui, on n’avait pas envie de se battre à ce moment-là contre les Allemands, c’était bien notre droit…

  25. Les Russes nous montrent le chemin des valeurs chrétiennes : lors de l’accident d’avion qui a coûté la vie au PDG de Total, de courageux anti-libéraux, n’hésitant pas à lutter contre le consumérisme occidental, ont volé, sur leurs cadavres, la montre suisse du pilote, le collier de l’hôtesse de l’air, ainsi que son iPad.

    Ces faits ne se sont pas déroulés sur je ne sais quel aérodrome perdu au fin fond de la Sibérie, mais sur un aérodrome régulièrement emprunté par les VIP du régime, et par Vladimir Poutine en particulier.

    Et nous parlons là de l’avion d’un ami du Kremlin, Christophe Margerie, infatigable promoteur de la cause russe à Paris, qui a été décoré après sa mort par Vladimir Poutine.

    • Votre énergie à déclamer des pavés anti russes et pros américains, en relayant toute info vaguement propagandesque anti russe (les russes sont des pilleurs de cadavres) sont vraiment suspectes. Soit vous vous ennuyez, soit vous êtes un obsessionnel, soit vous êtes réellement comme le dit Marco Polo un agent stipendié.

      J’ai été amusé par votre attaque sur Todd aussi, qui se permet de commenter le conflit russo-ukrainien, alors que ce n’est pas sa spécialité. Par contre vous vous êtes expert en géopolitique internationale, en particulier celle d’Europe de l’est apparemment.

  26. Et maintenant on tombe dans l’anecdote dérisoire :
    – Poutine n’utilise pas de papier-cul biodégradable ;
    – Poutine a une petite bite ;
    – Poutine pète au lit.

    Bientôt Robert va nous apprendre que les Russes boivent de la vodka.

    • A court d’arguments, vous trollez !

      • Allons, allons : j’ai démontré que bien des pans de l’aventurisme américain relèvent d’un tropisme foncier quand vous affirmiez, de votre côté, sans arguments, que leur politique changeait tous les deux ans.

        Mais mon billet précédent est surtout ironique, bien sûr, et s’adressait à Marchenoir. Les petits travers supposés de Poutine, et même les gros, ne m’intéressent pas. Ce n’est ni mon père, ni mon fils, ni mon ami personnel. Je me moque qu’il soit honnête. Je me demande simplement s’il va dans le sens de l’intérêt de mon pays. Et je pense que oui, puisqu’il s’oppose à l’impérialisme américain.

      • Marco
        C’est c’la oui…
        Les ennemis de nos ennemis sont nos amis naturels…
        On aura tout lu !

      • à Carine :

        Arrêtez de vouloir me répondre avec deux lignes de commentaires stupides, s’il vous plaît, comme si votre hauteur de vue, votre intelligence, votre culture avaient été déjà largement démontrées et qu’il vous suffisait désormais de lancer à la volée anathèmes et bons-points que nous autres, misérables tâcherons de la réflexion, n’aurions plus qu’à ramasser avec déférence.
        Merci d’avance.

  27. Je me demande si cette discussion ne rate pas un fait essentiel massif : la Russie est foutue.

    L’effondrement démographique russe renvoie tout débat sur l’avenir de ce pays au domaine de l’humour noir (on pourrait probablement dire la même chose de l’Europe et du Japon, mais c’est une autre histoire).

    C’est d’ailleurs ce qui rend la Russie si dangereuse : c’est une voie raisonnable, ou, du moins, rationnelle, pour n’importe quel dirigeant russe, Poutine ou un autre, d’utiliser la puissance russe pendant qu’il en reste encore.

    • Le rêve impérialiste de Vladimir Poutine se fracasse sur le pantographe des réalités. Il atteint péniblement le PIB de l’Italie avec une rente minière énorme. Mais le prix de la rente est fait à Londres et à New York comme en Afrique pour les bananes et le café ; et l’argent qu’il en tire dépend du marché des changes qu’il ne peut maîtriser. Le rouble brûle les doigts de tout le monde.

      Aussi sort-il les chars et les canons (obsolètes) de 122 contre les cours du pétrole, effondrés sciemment par ces diables d’occidentaux et leur allié séoudien, et ne parvient pas à stopper l’hémorragie financière d’une oligarchie qui le porte encore à bout de bras, tant qu’elle y voit son intérêt. Ce « chef » d’Etat est aussi dépassé que le nôtre.
      Il n’en est que plus dangereux !

    • Non, Franck, il n’y a aucun ratage : je pense avoir été le premier à souligner, sur les blogs de la réacosphère que je fréquente, que l’image de la Russie répandue par les pro-Poutine occidentaux, répétant la propagande du Kremlin sans réfléchir, est fausse : la puissance réelle de la Russie (population, PIB, etc) est très loin du cliché réactionnairement correct : « Il ne faut pas agacer l’ours russe » (quel ours ?), « Poutine au moins défend les intérêts de son peuple et a remis la Russie sur la carte », etc.

      Et comme vous le dites, cela ne rend Poutine que plus dangereux. La menace n’est pas affaire que d’effectifs. Sinon, pourquoi s’inquiéter à ce point de l’organisation de l’Etat islamique ? Ils ne sont que 30 000, à tout casser.

      En effet, Poutine a fait une croix sur tout ce qui pourrait améliorer le sort des Russes, au profit d’une rhétorique guerrière, chauvine et revancharde qui met tous les maux domestiques sur le dos du bouc-émissaire américain et « occidental ». Mais ce faisant, il s’enferme dans un piège. Ayant lui-même copieusement lavé le cerveau de son peuple à l’aide d’une propagande télévisuelle auprès de laquelle la Pravda était un modèle de rigueur et d’objectivité, ayant interdit l’émergence d’une élite politique, économique et intellectuelle capable de développer la Russie, il ne laisse à son pays qu’une seule perspective : être un voyou international.

      Ce qui ne peut pas bien se terminer, ni pour la Russie, ni pour le reste du monde.

      Mais je me garderais d’être aussi pessimiste que vous. La Russie n’est pas « foutue ». L’histoire n’est jamais écrite à l’avance. L’Europe s’est bien relevée de la peste noire, et c’était autre chose que le déclin démographique de la Russie.

      D’ailleurs, puisqu’on en parle, l’avenir de la Russie pourrait bien se trouver en Ukraine… mais pas de la façon dont on l’envisage au Kremlin, naturellement. L’Ukraine possède un potentiel considérable (agriculture, gaz, industrie…), même s’il est en ruines actuellement. Or, l’Ukraine, grâce au tsaricule Poutine paradoxalement, s’est redécouvert un élan national, un patriotisme, une solidarité. Et, surtout, elle a pris la résolution d’exercer cet élan national dans un cadre libéral, respectueux du droit et de la liberté (et c’est bien sûr ce qui met en fureur tous les mini-me poutiniens de la mouvance rouge-brune française).

      L’Ukraine est donc très bien placée pour, avec l’aide de l’Europe et des Etats-Unis, retrouver et largement dépasser sa prospérité passée, mais aussi pour inspirer les Russes à suivre sa voie.

      Et c’est bien ce qui terrorise Poutine : que les Russes puissent décider de suivre l’exemple ukrainien, que des Maidan se déclenchent en Russie même, que les Russes décident de rejeter l’autocratie poutinienne et de prendre leur sort en mains.

      Ce qui pourrait se produire plus tôt qu’on ne croit, car le mythe ethno-chauvin entretenu par la désinformation du Kremlin cache de profondes forces centripètes. La Fédération de Russie n’est qu’un collage de nationalités hétéroclites, que seule la force, voire la terreur ont maintenu ensemble jusqu’à présent.

      Et là, on ne parle pas d’immigrés, qu’ils soient de première, deuxième ou troisième génération. On parle d’autochtones… En Russie, l’islam n’est pas une religion importée…

      Tout ce que Poutine trouve à faire, pour fédérer ces ethnies disparates, c’est de proclamer une définition de « l’identité russe » reposant sur un suprémacisme russe… chose qui n’avait jamais été tentée même à l’ère soviétique… et qui n’est pas vraiment de nature à rallier les multiples autres composantes de ce qu’on appelle la Russie aujourd’hui… sans même parler de « l’étranger proche », auquel la doctrine diplomatique poutinienne impose de se soumettre à Moscou.

  28. « pendant qu’il en reste encore » pléonasme : « pendant qu’il en reste »

  29. Un aperçu de l’industrie poutinienne du trollage organisé, révélé par Le Figaro :

    «La France doit-elle livrer le navire Mistral à la Russie?» C’est la question à laquelle nos internautes ont été invités à répondre ce week-end. Pourtant, nous avons décidé de ne pas en divulguer le résultat en une du quotidien ce lundi. Cette question a en effet été l’objet d’une manipulation par le biais d’un vote automatique massif.

    En étudiant le détail du trafic, nous avons constaté d’importantes anomalies, signes de fraude. Par exemple, une seule adresse IP (le numéro d’identification d’un appareil informatique) russe avait voté 23.000 fois! Côté ukrainien, une autre IP totalisait 4300 votes à elle seule.

    Evidemment, cette IP ukrainienne est probablement aux mains des séparatistes.

    Par ailleurs, nous avons observé, dans la nuit du samedi au dimanche (entre 23 et 5h) une hausse significative des votes, notamment en faveur du «oui». Une fréquentation nocturne qui n’est pas un comportement habituel des internautes. Nous avons donc été la cible de robots.

    Nous disposons de plusieurs filtres «antispam», qui nous permettent d’exclure des IP lorsqu’elles émettent un nombre suspect de votes. Nous pouvons, au choix, supprimer une IP de notre analyse statistique au-delà de 1500 votes (filtre léger), 50 (filtre moyen), ou 1 (filtre sévère) maximum, et ainsi «corriger» les données brutes. Par défaut, sur la dernière question du week-end, nous disposions donc d’un filtre intermédiaire, portant les résultats de la question à 78% de oui et 22% de non. En «léger», nous passions à 64% de oui, en «moyen», à 55%, et en «sévère», à 56%. Si l’on avait exclu les IP ayant voté plus de 50 fois, près de la moitié des suffrages n’aurait pas été prise en compte.

    En juillet , nous avions constaté que notre question sur la responsabilité de la Russie dans le crash du vol MH17 avait été la cible d’appels massifs à voter, depuis les réseaux sociaux.

    http://www.lefigaro.fr/international/2014/11/17/01003-20141117ARTFIG00218-pourquoi-nous-n-avons-pas-publie-les-resultats-de-notre-derniere-question-du-jour.php

    C’est à une véritable guerre de l’information que se livre le Kremlin en direction de l’Occident, et il faut entendre ce mot au sens militaire, pas au sens métaphorique. C’est un retour aux bonnes vieilles « méthodes actives » du KGB, comprenant diffusion de fausses rumeurs, recrutement d’agents d’influence, corruption par l’argent, création de faux partis politiques, de faux « think-tanks », subversion, provocation, etc. (Exemple : la rumeur selon laquelle le virus du SIDA aurait été créé par la CIA a été lancée par le KGB.)

    Voyez, sur ce blog américain, le démontage d’une opération de désinformation menée par le Kremlin, avec l’aide des rouges-bruns français du Réseau Voltaire :

    http://malcolmpollack.com/2014/11/15/did-this-happen/

    Des opérations comme celle-ci, il y en a des centaines. Sans arrêt. Le « conspirationnisme » n’est pas une lubie, c’est l’une des méthodes de la « guerre spéciale », ou « guerre hybride », organisée par Moscou pour affaiblir, démoraliser et diviser l’Occident.

    Un remarquable rapport qui aide à faire comprendre la nature de cette guerre menée par la police politique de Vladimir Poutine contre l’Europe et les Etats-Unis :

    http://www.interpretermag.com/wp-content/uploads/2014/11/The_Menace_of_Unreality_Final.pdf

  30. « Un remarquable rapport qui aide à faire comprendre la nature de cette guerre menée par la police politique de Vladimir Poutine contre l’Europe et les Etats-Unis »

    Contre l’Europe et les Etats-Unis ? Cela tombe bien, c’est justement ce qu’il faut détruire.
    Et leurs agents stipendiés avec.

    • Détruire l’Europe dit-il…
      Comment fait-on pour confondre l’Europe et l’Union européenne ?

      • J’avoue être profondément troublé par le soutien apporté à la Russie et à Poutine par la droite et l’extrème-droite. Après avoir été pendant 70 ans la vraie patrie de millions de francais adhérents au Parti Communiste, la voilà devenue le dernier rempart de l’occident face à la marée islamique et la plutocratie judéo-américaine. Quel égarement.
        A ce sujet un bel article paru dans Le Monde d’Alain Besancon.

        UNE AIDE FRATERNELLE
        Alain Besancon

        C’ÉTAIT ATTENDU. Quand la Russie veut prendre le contrôle d’une nation voisine, elle emploie une méthode éprouvée. Elle discerne, encourage et organise un parti pro-russe dans cette nation. Elle proclame que ce parti est opprimé. Alors elle envoie des soldats pour lui apporter «une aide fraternelle» (bratskiaia pomosh) et le libérer.
        Elle a fait ainsi en Pologne au XVIIIe siècle et l’a soumise morceau par morceau. Elle « défendait les libertés polonaises » et soutenait les populations orthodoxes contre l’oppression du catholicisme. Elle eut pour cela les faveurs des Lumières françaises. Elle a envahi la Hongrie en 1848 dans le cadre de la Sainte Alliance et de nouveau en 1956 dans le cadre de l’internationalisme prolétarien. Puis la Tchécoslovaquie en 1968.

        La Russie se conçoit comme un empire

        Elle a appliqué cette méthode dans les années 1920 et a soumis la Mongolie extérieure, la Géorgie, l’Arménie. En 2008, toujours de la même façon elle a arraché deux provinces de la Géorgie. Aujourd’hui elle envahit l’Ukraine et apporte à la Crimée son aide fraternelle.

        Il n’y a pas de limite à cette expansion. La Russie n’est pas une nation. Elle n’a pas et n’a jamais eu de frontière naturelle. Elle se conçoit comme un empire. Voire comme une sorte d’Église.

        Au temps d’Ivan le Terrible, la Russie encore arriérée et très pauvre avait vocation d’étendre le royaume orthodoxe à toute l’Europe. Elle se considérait comme le seul pays encore chrétien. Pierre le Grand pensait que l’étendue déjà immense de son empire était la preuve de sa vocation à s’étendre encore.

        La secte léniniste qui a pris le pouvoir en 1917 avait le projet d’une révolution mondiale et l’a maintenu jusqu’à sa chute. Tout pays communisé devait se convertir au modèle soviétique. La Russie ne conquérait pas : elle réunissait des terres dont le destin manifeste était de se joindre à la Russie, ou à l’Union soviétique, dans l’amour.

        Le tropisme migre dans les droites

        Ce grand dessein a séduit les Français. Nos communistes se transportaient spirituellement « au pays des soviets » et le mimaient dans leur vie publique et privée. Aujourd’hui le tropisme vers la Russie a l’air de migrer dans les droites. Pourquoi cet amour pour l’amour à la Russe ?

        Notre grand historien Michelet écrivait de la Russie et de sa propagande en 1853 : « La Russie en sa nature, en sa vie propre, étant le mensonge même, sa politique extérieure et son arme contre l’Europe sont nécessairement le mensonge. » Mais ce mensonge est cru parce qu’il porte un attrait religieux universel, tantôt «chrétien», tantôt séculier, mais toujours religieux.

        Michelet encore : « Hier encore elle nous disait : « Je suis le christianisme » », demain elle nous dira : « Je suis le socialisme. » Elle l’a dit, en effet, de 1917 à 1989. Aujourd’hui elle brandit de nouveau ses coupoles et ses croix. Toujours elle nous demande de l’aimer. La France aussi abrite un « parti russe » toujours prêt à excuser le comportement, quel qu’il soit, de cette étrange seconde patrie spirituelle.

      • Dites, Carine, si vous voulez absolument le dernier mot je vous le laisse, mais ne faites pas semblant de ne pas comprendre les choses.

      • Du tout !
        Avez-vous vu que je vous l’ai laissé, le dernier mot ?
        Je crois que nous ne parlons pas de la même chose, alors autant couper court.
        Nous n’avons même pas le même lexique…

      • Rogemi
        Je vous ai cité chez Hoplite.

      • C’est en attente de validation.

      • Robert Marchenoir

        Excellent article, Rogemi.

        Besançon citant Michelet : « La Russie en sa nature, en sa vie propre, étant le mensonge même, sa politique extérieure et son arme contre l’Europe sont nécessairement le mensonge. » Mais ce mensonge est cru parce qu’il porte un attrait religieux universel, tantôt «chrétien», tantôt séculier, mais toujours religieux.

        Comme quoi, il y a bien un génie des peuples, une identité nationale qui se perpétuent à travers les siècles — et les régimes politiques. On trouve, chez Tocqueville, de telles citations qu’on jurerait écrites pour décrire la France de 2014.

        Le mensonge est en effet la caractéristique la plus frappante de Vladimir Poutine (et de son peuple, puisqu’on nous répète à satiété à quel point celui-ci le soutient). C’est une des choses qui sépare radicalement la Russie de l’Occident, lequel s’est construit sur la science et donc la vérité. Y compris pour la partie chrétienne de sa culture, qui, bien que religieuse, s’appuie sur la vérité, l’honnêteté et la réprobation du mensonge.

        Or, l’exigence d’honnêteté abandonne de plus en plus la société occidentale, qui cède aux facilités du relativisme, du tout se vaut, du « c’est mon opinion et j’y ai droit », des vérités au pluriel (« c’est votre vérité, ce n’est pas la mienne »).

        Un important journaliste américain a cité les propos réprobateurs que lui a tenus un haut fonctionnaire de l’administration Bush : rejetant une question gênante, ce dernier a moqué la prétention du journaliste a être, je cite, « reality-based ». Vous êtes encore un de ces ringards qui croient que la réalité existe, lui a-t-il dit en substance. La réalité est ce que nous en faisons. Nous la fabriquons, et vous y croyez. Quand nous voulons en fabriquer une autre, nous la changeons, et vous y croyez aussi.

        On devrait pouvoir retrouver l’équivalent presque exact de ces propos dans Alice au pays des merveilles.

        Voilà pourquoi la dezinformatsia (en russe dans le texte) rentre comme dans du beurre en Occident (et même aux Etats-Unis) : parce que les Occidentaux ont déjà baissé leur garde, et ont abandonné la rigueur quotidienne qu’exige le maintien et le développement de leur civilisation.

        http://gatesofvienna.net/2013/12/the-new-dezinformatsiya/

        Heureusement, une guerre n’est jamais perdue, et il demeure des gens qui sont reality based, suivant la formule méprisante de ce haut fonctionnaire : des gens qui croient qu’il y a le vrai et le faux, que l’honnêteté est une valeur et que le mensonge est condamnable.

        C’est aux Etats-Unis qu’ils sont le plus nombreux et constituent une force politique de poids (et pas en Chine, soit dit en passant, où le mensonge n’est pas un péché comme dans le christianisme). La France a déjà, pour une large part, sombré dans la superstition et la pensée magique. Elle est à ce titre une cible de choix pour la dezinformatsiya de Vladimir Poutine.

  31. Vous avez raison Rogemi, y’en a marre de l’impérialisme russe, de leurs fast-food répandus partout, de leur sale musique qui colonise nos radios, de leur propagande en faveur du métissage et du transsexualisme. Heureusement que les Américains font contrepoids.

    • Purée Marco, vous avez l’art de répondre à côté.
      Rogemi vous parle d’Histoire, vous répondez déclin culturel.

      • C’est que je suis beaucoup moins intelligent que vous, Carine.
        Vous, en deux lignes, vous pouvez rembarrer n’importe qui en lui mettant le nez dans le caca. C’est bien. C’est le genre d’illusions qu’autorise internet.

      • Marco Polo
        Respirez !
        Quelqu’un (pas moi) vous donne les arguments que vous réclamez bruyamment.
        Et votre réponse se veut ironique (14h08).
        Et vous dites que c’est moi qui rembarre…

        Allez, brisons-là.
        Comme vous le dites, nous sommes sur le net, derrière un écran.
        Tout ça ne sert à rien.

        Un mot cependant :
        Je ne cherche à mettre le nez de personne dans le caca, ni à rembarrer, ni quoi que ce soit.
        Je ne cherche rien.
        Ce que je fais ? Pas grand chose.
        Quand des gens que je ne connais pas (Rogemi), ou que je connais (virtuellement) mais avec lesquels je n’ai jamais trop sympathisé (Marchenoir, avec qui je me suis souvent engueulée et avec qui je m’engueulerai encore) disent des trucs qui honnêtement me semblent justes, corrects, ou tout simplement avec lesquels je suis en accord, et bien, je le dis.
        Excusez donc mon outrecuidance !
        Je sais que je ne devrais pas, car ça a l’air de vraiment vous déranger.

        Mais je continuerai à le faire.
        Jusqu’à ce que le maître des lieux me dise de me taire, pour ne pas vous déplaire.

  32. Personne ne force les gens à aller manger dans les boui-bouis américains, de regarder à satiété des séries et des films américains, de lire des bestsellers américains, d’acheter des ordis et des smartphones américains, d’écouter toute l’année de la musique pop produite aux USA, etc.. etc.. etc.., d’aller faire des achats de Noel à New York et j’en passe et des meilleures.

    Une autre citation pour aggraver mon cas. C’est un propos de Napoléon à Sainte-Héléne et vous verrez qu’il voyait loin puisque sa vision s’est réalisée 100 ans plus tard.
    :
    A Sainte-Hélène, Napoléon disait au comte de Las Cases:  » Il parlait encore de la supériorité de la Russie sur le reste de l’Europe : on ne peut attaquer la Russie que pendant trois ou quatre mois de l’année, tandis qu’elle-même dispose de douze mois contre nous; aux avantages qu’elle doit â la nature s’ajoutent ceux que lui donne la masse énorme de sa population, brave, docile, patiente et comprenant des hordes nombreuses pour qui privations et blessures sont un élément naturel de la vie. Qui ne frémirait à la pensée de pareilles foules, impossibles à attaquer de flanc ni de revers, écrasant tout dans leur victoire et disposant pour leur retraite, quand elles sont vaincues, de déserts glacés? Si l’un de ces tsars barbus se levait tout à coup, l’Europe entière lui appartiendrait. Il peut commencer par Berlin ou par Vienne, allumer quelques foyers d’incendie en Italie, entrer en triomphateur à Paris, et se proclamer nouveau Libérateur. Vous demandez; dans quel but?
    Pour établir une Société nouvelle, que l’Europe attend comme un bienfait et appel de ses désirs.

    • Vous réactivez le mythe de l’ogre russe, de la brute des steppes, du Cosaque et du barbare capable le matin d’éventrer des femmes enceintes et le soir de pleurer au son de violon.

      Tout cela n’est que mythe. Un mythe comme il en existe pour à peu près tous les peuples.

      On a dit à peu près la même chose sur les Allemands, avec le paradoxe supplémentaire d’un peuple barbare et organisé, brutal et technicien en diable.

      On a dit que les Italiens étaient de femmelettes et de mauvais soldats.

      On a dit que les Belges étaient des imbéciles, que les Anglais étaient des épiciers, que les Français étaient des serial-lovers.

      Tout cela n’a pas beaucoup de sens. Concernant les Russes tout vient du rapport de voyage de l’abbé Chappe d’Auteroche qui, au XVIIIe siècle rédigea un pamphlet contre la Russie qui fit grand bruit. J’ai sous les yeux la réédition de Fayard (2003), avec une présentation d’Hélène Carrère d’Encausse et surtout, en contrepoints, la réponse que l’impératrice Catherine II fit elle-même à l’abbé, sous pseudonyme. Cet « antidote », comme elle nomma sa réponse, est remarquable. « Ce n’est pas en Russie que Callas et le chevalier de La Barre ont été jugés », dit-elle par exemple. Evidemment on reste dans le ton du pamphlet et l’ironie l’emporte assez souvent sur l’argumentation. Catherine II, qui était d’ailleurs allemande, parlait parfaitement le français, était européenne jusqu’au bout des ongles mais épousa totalement la Russie. La Russie, pays arriéré et sanguinaire ? Quelle triste plaisanterie. Il n’est que de voir sa production littéraire et artistique.

      Marchenoir est en train de rameuter tout ce que la blogosphère compte d’anti-russes primaires ou secondaires. Tout cela est ridicule, car il est ridicule d’être anti-russes. La Russie ne nous veut aucun mal, la Russie ne veut pas gouverner le monde, la Russie ne veut pas gérer l’économie mondiale. Tout cela est au contraire le souhait explicite de l’Amérique.

      Mais comme la meute est maintenant rassemblée, je quitte la scène. Je vous laisse vous monter le bourrichon, les gars, et je vais boire une vodka à votre santé.

      • Ce que vous ne semblez pas admettre, c’est qu’on puisse faire une différence entre la Russie, le peuple de Russie (je devrais dire les peuples) et son nouveau tsar, qui les mène au chaos d’avant.
        De même que quand je dis pis que pendre des Etats-Unis, je ne parle pas du peuple américain, mais de ceux qui mènent la politique impérialiste que nous connaissons et déplorons.
        Mais ça…

  33. Marco Polo il faudrait commencer par être sérieux et voir les choses telles qu’elles sont.
    A part les Serbes tous les peuples slaves que ce soient les Polonais, les Ukrainiens, les Croates, les Pays Baltes, les Tchéques, les slovaques, etc.. cad tous ceux qui ont vécu pendant des siècles sous la botte ou la menace russe ont peur et c’est la raison pour laquelle tous ces peuples n’ont eu qu’une idée en tête, après l’éffondrement du rideau de fer, entrer le plus vite possible dans l’OTAN et se mettre sous la protection américaine.
    Vous m’accorderez que le plus raisonnable est de se fier au jugement de ceux qui ont dans le passé expérimenté dans leur chair le despotisme russe.
    Poutine voulait avec son pétrole vassaliser l’Europe et sa manière grossière de menacer à tous propos ses voisins avec l’arrêt des livraisons en gaz et en pétrole est particulièrement repoussant.
    Ensuite il ne faut pas oublier que si les américains ont foiré ces dernières années au Proche-Orient l’Union-Soviétique a armé, entrainé et soutenu pendant des décennies le terrorisme arabo-musulman, le Liban et la Syrie ont été le terrain de prédilection du KGB et de ses sbires et c’est sous le controle des conseillers soviétiques que le Hezbollah a foutu le merdier dans le monde arabe et en Palestine.
    On ne peut en aucun cas, que cela vous plaise ou non, faire la moindre confiance au régime poutinien.

  34. Mais comme la meute est maintenant rassemblée, je quitte la scène. Je vous laisse vous monter le bourrichon, les gars.

    Eh bien voilà, je crois que la démonstration est faite. Je me suis volontairement abstenu, pendant toute la durée de cette discussion, de réagir aux provocations du sieur Marco Polo, de lui répondre en aucune manière ou de corriger ses assertions plus grotesques les unes que les autres. Je me suis contenté d’exposer, de mon coté, un certain nombre de faits et d’arguments (rarement entendus d’ailleurs), documents à l’appui, car je fais partie de ces ringards qui sont encore reality-based, voyez-vous.

    Au bout d’un certain temps, interviennent Carine et Rogemi qui, eux aussi, présentent des arguments à l’encontre des revendications russes. Du coup, notre plus grand philosophe vivant, qui a une Très Grosse Bibliothèque, se vexe et « quitte la scène » — je ne sais pas si vous mesurez la prétention du propos.

    C’est donc une « meute » qui est « rassemblée » (une meute est un ensemble de personnes qui n’ont pas les mêmes opinions que Son Eminence Monsieur Polo), et qui « se monte le bourrichon » (tandis que ceux qui sont de l’avis de Monsieur Polo ne se montent rien du tout : ils sont illuminés par le Puits de Sagesse que le monde entier nous envie).

    Tout cela est naturellement un coup monté, car « Marchenoir est en train de rameuter tout ce que la blogosphère compte d’anti-russes primaires ou secondaires. »

    Entre parenthèses, merci de faire monter gratuitement mon Google Rank. On a beaucoup vu, ici, Marco Polo citer mon nom. On l’a beaucoup moins vu citer des noms de Russes ou d’Ukrainiens parties prenantes du conflit dont nous sommes en train de débattre — mais cela prouve, je suppose, à quel point il sait de quoi il parle.

    Donc, ça aussi c’est un complot : après les Américains qui sont à la source de tous les malheurs du monde depuis deux siècles (dixit Marco Polo), voilà ma pomme qui « rameute » ceux des commentateurs qui n’ont pas l’heur de recevoir son imprimatur.

    Un jour, je mettrai en ligne une photo du centre de commandement à partir duquel j’écris ces lignes, avec les vingt écrans géants qui m’environnent, les images de surveillance qui me parviennent directement de la flotte d’avions-espions de l’US Air Force, le téléphone rouge qui me relie à la Maison Blanche, et les rangées de boutons qui me permettent de convoquer à la seconde des bataillons d’intervenants « anti-russes primaires ou secondaires ».

    C’est un boulot exigeant, mais putain qu’est-ce que c’est bien payé…

    Notez la délicieuse rhétorique paléo-communiste revival des années 70, qui distingue les anti-russes secondaires (malavisés mais excusables, on peut encore discuter avec eux) des anti-russes primaires (décidément trop cons : comment peut-on être s’obstiner de façon aussi « primaire » dans l’erreur, alors que tout le monde sait bien que c’est la Russie qui va nous sauver des pires maux qui menacent l’humanité : le rap et les McDo ?).

    Ici, je fais une parenthèse, car bien que je n’aie pas l’habitude de me battre avec des cochons (l’homme et le cochon en ressortent couverts de boue de la tête aux pieds, mais le cochon aime ça), des fois c’est tellement facile de tirer une vache dans un couloir qu’il ne faut pas s’en priver : il est tout à fait clair que Valdimir Poutine va éradiquer le rap de la surface du globe et dégoûter les Européens du fast-food comme il l’a fait avec tant de succès en Russie.

    Espérons que Marco Polo tiendra ses promesses et ne reviendra pas sur ses adieux à la scène, désormais occupée par « la meute anti-russe » — bien que j’aie comme un doute.

    Il y a quand même un sacré paquet de malades sur Internet.

    • Je me demandais aussi si vous me snobiez. Pas de bol, je viens de vous contrer sur un autre fil avant de voir votre conclusion ici. On va croire que c’est une maladie, en effet. Mais non : vous avez seulement le don de m’exaspérer.

  35. .
    Woland, si vous faisiez un billet avec comme titre « POUTINE », je pense qu’on atteindrait les mille commentaires, avec 705 interventions (au moins) de Marchenoir.

    Après, je ne sais pas si c’est une bonne idée: des agents russes viendraient dézinguer notre Bob, et on en aurait de la nostalgie.

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