Archives quotidiennes : 22 janvier 2015

Nous sommes au bord du gouffre, il est temps de faire un grand pas en avant

L’ami Goux, qui sent et goûte meilleur que le Canigou même si la vue de son sommet est moins belle, nous a gratifié de l’un de ses textes si finement ciselé que, si l’on ne prend pas garde, il pourrait nous convaincre qu’effectivement tout est foutu et qu’il ne nous reste plus qu’à attendre la fin de la manière la moins inconfortable possible.

Je ne peux que manifester avec la plus grande véhémence ma désapprobation complète et voilà ce que je lui aurais exposé s’il m’avait dit ça au cours d’une des conversations que j’ai parfois la chance d’avoir avec lui.

Je l’ai dit, je le répète, je le martèle avec la furia endiablée d’un porteur de marteau en 732, non ce n’est pas fini. Non la grosse dame n’a pas chanté. Non le petit mousse n’est pas condamné à vivre dans un monde de plus en plus répugnant et arriéré.

Quand bien même ce serait un combat perdu d’avance, nous nous devons de le mener ne serait-ce qu’en souvenir de nos glorieux ancêtres qui, s’ils avaient pu prévoir l’avenir auraient ramassé ce satané coton eux-mêmes.

Nous sommes à un moment charnière de l’histoire et nous pouvons effectivement disparaître entre autres parce que nous n’avons pas de réel combat à mener. L’ennemi nous est présenté comme une ombre qui se glisse contre nous et nous recouvre mais qui n’aurait ni visage, ni matière. On nous refuse le droit de le nommer et même de le voir malgré tous ses efforts pour avancer à visage découvert. Mais il est en train de se montrer, tous les jours un peu plus, et quand nous serons acculés, que nous n’aurons plus d’autres choix que ceux de disparaître ou mourir, alors, je veux le croire, nous ramasserons le premier caillou, la première mâchoire de koala, le premier bâton, la première poignée de sable venus et nous la lui balancerons à la gueule en retrouvant la sauvagerie primale qui nous anime depuis la nuit des temps.

Non, ce n’est pas perdu. Tout ce que nous demandons c’est que ceux qui n’y croient plus ne gênent pas ceux qui veulent encore se battre, non pas pour sauver ce qui tient encore debout puisque plus rien ne vaut la peine d’être sauvé vu le niveau de pourriture atteint, mais pour sauver l’esprit qui nous a animé si longtemps.